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dimanche 18 février 2018

Paracha-Ytro-2 états avant la révélation de l'Unite


Amalek et Yitro: deux étapes avant la révélation de l'unité

Ces deux personnages représentent deux étapes importantes dans la révélation finale.
« Yitro le beau-père de Moshé a entendu tout ce que Dieu avait fait pour Moshé et pour son peuple...» il a entendu en particulier la guerre contre Amalek qui est celui qui renie l'unité de Dieu. Yitro a connu toutes les forces de la nature, il était un serviteur de toutes ces forces idolâtres. Ce même homme va donner son nom à ce chapitre où les dix paroles vont être données.
 Le Zohar explique que Yitro est le premier a avoir reconnu Dieu comme étant non seulement le Dieu créateur mais aussi le Dieu dans l'histoire. Si Yitro n'était pas venu recevoir le peuple d'Israël, alors jamais les forces du mal auraient pu se soumettre au pouvoir divin. Du fait que Yitro reconnaisse la grandeur et la puissance de Dieu c'est-à-dire son unité suprême et qu'il se soumette à cette unité, alors les forces ontologiques de toute l'impureté que l'on appelle les ''forces du côté maléfique'' ont pu se soumettre à l'unité divine. Il fallait d'abord que le Roi ''Pharaon'' puis le prêtre Yitro reconnaissent Dieu et qu'ils se soumettent à celui qui dépasse toutes les forces et les dieux qu'ils avaient reconnus en tant que forces divines pour que les forces du mal puissent être brisées afin que l'autre côté se soumette au pouvoir suprême que ce soit dans les mondes supérieurs ou dans les mondes inférieurs. Ce n'est qu'après la soumission de ces trois êtres que sont Pharaon, Yitro et Amalek que Israël va pouvoir recevoir la Torah. Alors toutes les nations reconnaîtront que Dieu est l'être souverain. À ce moment, toutes les croyances ont été brisées. Yitro étant la symbolique du paganisme. Pour cette soumission, Yitro a eu le mérite d'avoir ce chapitre de la Torah en son nom. Il reconnaît alors cette relation privilégiée que Israël a avec Dieu. Amalek est le moteur qui va amorcer le retour et cette avancée de Yitro vers le Dieu de vérité. Yitro rejoint le peuple d'Israël à Réfidim, un endroit où les hébreux étaient démotivés dans l'avancée au mont Sinaï. C'est à cet endroit que le peuple d'Israël va rencontrer Amalek et va lâcher prise dans la possibilité de saisir la perception de l'unité divine. Il était fatigué de vivre cette perception divine où l'homme est absent, sans liberté sensorielle alors Amalek apparaît. En vérité, le peuple d'Israël montre qu'il n'est pas encore prêt à vivre l'expérience de l'éternité. Amalek représente cet autre dieu ou plutôt cette force qui veut occulter le véritable Dieu. Il est celui qui cache l'origine des origines. Il remet en question la souveraineté de Dieu. Il n'y a que les lois de la nature et le hasard pour lui. La cause principielle n'existe pas pour lui. Il y a plusieurs causes mais aucune n'est absolue, n'est permanente, n'est éternelle dans le temps. Amalek ressemble à Yitro qui est lui aussi au service des forces multiples de la nature. Mais il y a une distinction entre Amalek et Yitro. Si Yitro représente le paganisme où toute cette multitude de forces régit la création, il arrive quand même à reconnaître qu'il y a une force qui est au-dessus de toutes ces forces. Yitro avait une intimité avec ces forces mais en apprenant que Amalek est tombé, il a compris que le Dieu d'Israël était extraordinaire. Amalek occulte Dieu en acceptant des lois et non des dieux. Toutes ces forces sont la conséquence du hasard. Le hasard n'est que la dissimulation de Dieu, il n'y a rien d'actif dans sa matérialisation. Il ne vient pas remplacer Dieu mais il vient le cacher, le nier. Il croit qu'il n'y a aucune puissance qui dirige le monde. Il n'existe qu'au niveau de l'immanence, de Dieu dans ce monde et non de Dieu dans son universalité, de l'au-delà de la création. Il vient combattre Dieu dans l'histoire et non le Dieu de la création. C'est une guerre contre l'athéisme alors que Yitro représente le paganisme. La valeur numérique de Amalek est la même que ''l'autre dieu''. Il y a le Dieu unique et l'autre dieu. Comment peut-on renier Dieu? C'est en vivant uniquement la nature du monde que l'on peut se détacher de cet emprise de la matière et de ces dissimulations qui empêchent la perception divine. Toutes les forces cosmiques si elles sont en harmonies peuvent permettre de percevoir l'unité qui les relie entre elles. Amalek n'est pas en fait un athée mais il pense que la nature elle-même est dieu, il n'y a pas une force transcendante qui est supérieure à tout. Toutes les causes sont valables pour nier et renier l'unité suprême. L’Égypte est en fait toutes ces lois de la nature et Dieu nous a fait sortir de ces lois ou plutôt de la foi en ces lois. Amalek croit en ces forces de la nature mais leur retire toute notion de sacré et de divin au contraire de Yitro. C'est la désacralisation de la nature alors que chez Yitro, il y a une sacralisation de la nature. Il ne manque à Yitro que la connaissance du chef d'orchestre qui est au-dessus de toutes ces forces. À aucun instant, ces forces ne peuvent agir sans recevoir leur ordre du suprême et de l'unique. Il n'y a alors aucune force qui est intrinsèquement mal. Elles peuvent provoquer et engendrer des détériorations dans le monde mais c'est pour amener celui-ci et les hommes à une certaine conscience. Le mal ne peut être vu que comme un moyen éphémère afin que l'homme prenne conscience de l'unité divine. Et même le peuple d'Israël doit se confronter à ce dieu étranger, à Amalek, à celui qui occulte l'unité suprême. Il y a aujourd'hui des gens qui servent Dieu mais ne servent pas l'unité suprême et il y a aussi des adorateurs de la rationalité et des lois de la nature mais qui n'ont rien à voir avec le sacré, avec le saint et à plus forte raison avec le saint des saints qu'est l'unité suprême. Ces deux tendances sont aseptisées, sont sans véritable Dieu. Yitro et Amalek sont en fait deux prises de conscience, deux préparations, deux étapes préparatoires au don de la Torah. D'abord il y a Amalek qui cache et occulte qui va se soumettre et il y a Yitro qui va aussi se soumettre à l'idée du Dieu suprême. Il va aussi soumettre avec lui toutes les forces de la nature. Ces forces ne sont étrangères et idolâtres que parce qu'elles ne sont pas unifiées, parce qu'elles ne sont pas en harmonie entre elles. L'éternel est l'unificateur des forces que les nations ont rendu divines. Si avant, les nations considéraient le soleil comme un dieu aujourd'hui on peut considérer une lois physique comme immuable et donc divine. Amalek est dans l'instant présent qui est perçu comme éternel et donc sans cause exclusive. Amalek et Yitro sont dans ce côté gauche, dans cette rigueur de l'arbre de la connaissance. C'est le côté droit de l'arbre de la vie éternel qui nous amène à la conscience d'un Dieu unique et qui dirige les rigueurs de cet arbre de la connaissance. Essav correspond à ce côté gauche de la Klippa, de l'écorce, l'empreinte même de la souillure du serpent mais dans toute sa splendeur dans le secret de Caïn qui est la force de la conquête de la nature. Mais Amalek le petit fils de Essav est entré dans une plus profonde impureté, il est l'âme, l'esprit même du serpent ontologique. La subtilité de Caïn et de la gauche va être extraite par Yitro. Il va extraire le bien qui existe dans cette nature qui peut il est vrai être mauvaise. La nature comme la nature humaine peut donner des écorces si l'on ne s'occupe pas d'elle. Elle peut donner aussi des épines. Elle peut même donner naissance au serpent. Il y a donc quelque chose dans cette nature qui est d'un ordre dangereux qui est contraire à la vie. Mais en vérité, il n'y a rien qui peut être le contraire de cette vie et de cette volonté de l'éternel. Le mal n'est mal que seulement s'il est détaché de sa véritable origine. Seule, la Torah peut établir ce rapport entre le mal et sa véritable origine. L'homme par la Torah peut rattacher le mal à son origine divine. Il peut alors rattacher le présent à l'éternité en le déconnectant de sa force éphémère. Yitro n'a pu se déconnecter d'avec Amalek que lorsque Israël a fait chuter ce même Amalek. Il peut alors se plonger dans l'unité divine. Il n'y a pas plus grande force que le Tétragramme pour relier toutes ces forces. Amalek est dans la négation alors que Yitro est dans la foi même si cette foi est de l'ordre de l'erreur. C'est Amalek qui ramène Yitro à l'unité divine et même plus, c'est Amalek qui permet à Israël d'arriver au mont Sinaï. Cet possibilité de recevoir la Torah ne peut se faire uniquement si l'on retire Amalek de notre perception de l'existence. Le paganisme ne se révèle que lorsque la perception de l'existence se fait de manière particulière comme le révèle Amalek. En enlevant cette perception où tout n'est que hasard et donc sujette à mon action, alors l'unité de toutes les forces de la nature va se révéler.

Rav Mordékhaï Chriqui 


lundi 29 janvier 2018

Paracha - Ytro - 70 anges et 70 nations





Paracha ''Ytro'' 5777

L'universalité de la Torah: les 70 palmiers, les 70 anges, les 70 nations.



Ytro était l'homme qui a connu toutes les formes d'idolâtrie et qui va donner son nom au chapitre de la Torah qui décrit le don de la Torah qui est l'antithèse de l'idolâtrie et qui refuse toute forme de divinité si ce n'est la volonté de l'unique.

Il est écrit à la fin du chapitre précédent que le peuple d'Israël est arrivé jusqu'à Élim qui a la même racine que le mot ''les dieux'' ''Élohim''. C'est une île où il y avait 12 sources d'eau et 70 palmiers. Pour quelle raison la Torah nous décrit cet endroit avant d'arriver au mont Sinaï?
Les 12 sources d'eau font allusion aux 12 tributs de l'assemblée d'Israël et les 70 palmiers aux 70 nations qui composent l'humanité et aussi aux 70 sages de la grande assemblée. 
Ce verset représente le commencement de l'universalité de la Torah avec ce nombre de 70 qui est rapporté à propos des palmiers. Ce verset peut s'appréhender de manière métaphorique. Ils ont atteint à cet endroit le niveau de Élohim, ce niveau extrême où toutes les forces de la nature ont leur source unique.
Ils ont perçu alors les 12 sources d'eau qui sont en fait 12 anges, trois anges à chaque point cardinaux. Ils sont appelés les 4 groupes ou camps de la présence divine. Les 70 palmiers représentent les 70 anges qui entourent le trône divin qui sont délégués et responsables sur les 70 nations, ce sont des intelligences séparées. Les 12 sources d'eau vont se transformer en 12 pierres au moment de l'entrée en terre d'Israël.

Ce changement provient du fait qu'au début, la Torah était comparée à l'eau ( vivifiante et insaisissable) pour ensuite être fixée en pierre (limite). La symbolique de la pierre est l'immobilisme alors que l'eau est la symbolique du mouvement. La parole divine d'un niveau aléatoire, dans une dynamique du mouvement, va se graver dans la pierre. Les 70 palmiers font référence aux 70 niveaux qui amènent à l'éternité. Ces palmiers reçoivent des 12 lettres ''simples'' de l'alphabet hébraïque qui sont les canaux, les principes premiers qui vont se déverser dans la création.
L'eau étant le symbole de la simplicité de ces lettres. Au contraire des 70 palmiers qui ont chacun leur particularité, leur fonction propre où leurs actions ne ressemblent pas l'une à l'autre. La vie est liée à l'eau qui elle-même est comparée à la Torah. Si les 12 sources d'eau représentent les 12 tributs du peuple d'Israël, les 70 palmiers qui vont puiser de ces sources, correspondent aux 70 nations ou plutôt aux 70 anges préposés aux nations.
Ces 12 sources font référence aux 12 formes angéliques qui engendrent eux-mêmes les 70 autres formes angéliques.
Le Ramh'al explique que cette expérience qu'Israël va vivre à Élime, est l'étape qui précède le don de la Torah qui est apparemment donnée uniquement au peuple d'Israël et n'est donc pas universelle. Elle ne concerne que le peuple juif puisque la Torah n'est donnée qu'à ce peuple. Mais n'oublions pas que Dieu lui-même est allé au devant des nations pour leur proposer la Torah qu'ils ont refusée car ils n'y étaient pas préparés. Et donc dans la révélation du mont Sinaï, il n'a pas été atteint le niveau suprême de la révélation de Dieu. 
Le mont Sinaï n'était qu'une entrée en matière, c'est l'ouverture de la porte d'un palais et une fois que l'on est entré dans le palais c'est une élévation continuelle et perpétuelle.
Le don de la Torah est déjà un accès à la dimension de l'éternité. La Torah ayant été donnée avec cet aspect d'éternité. Mais avant d'être perçue dans son aspect d'éternité, elle va être vécue comme une expérience au niveau de l'eau. Ce sont des étapes qui vont nous amener à cette porte. Ces étapes vont nous apprendre que la Torah n'est pas immobile, elle est en perpétuel mouvement.
Il n'y a pas lieu alors de sanctifier et de sacraliser un temple dans le mont Sinaï car cela n'était qu'une révélation temporelle, un niveau dans le mouvement. Il faut continuer et rentrer dans ce palais dont la porte s'est ouverte au don de la Torah. Il y a lieu donc de propager et de faire connaître cette Torah. Le Midrash enseigne que Dieu a donné la Torah aux enfants d'Israël pour qu'ils puissent faire mériter toutes les nations. C'est cela l'idée des 12 sources et des 70 palmiers. 
Si au début la réalité de la Torah était pour le peuple d'Israël car il y avait une incapacité des nations à la recevoir, du fait de l'évolution au niveau de l'entendement des nations ou plutôt des anges qui sont préposés aux nations, ceux-ci vont aussi recevoir et atteindre un niveau supérieur à leur capacité à percevoir la réalité. Car chaque ange a apparemment une capacité de perception de toute l'existence. Les 70 anges des nations sont des intelligences divines ayant la faculté de percevoir la réalité du monde. Chaque nation ayant une relation particulière avec le divin à travers sa force protectrice angélique. Même Moshé au début sa communication avec Dieu se faisait par l'intermédiaire d'un ange. L'ange étant une identité singulière et autonome mais qui est animée continuellement par cette éternité. C'est ce rayon de l'infini qui intègre l'ange afin qu'il atteigne la nature. 
Le peuple d'Israël a expérimenté tous ces anges intermédiaires et c'est cela la notion de ''Élime'' qui est le niveau de Élohim, la révélation divine qui se manifeste par l'intermédiaire des 70 anges. N'oublions pas que ce peuple d'Israël est descendu en Égypte au nombre de 70. ils sont descendus avec les 70 principes divins qui animent les nations. C'est la rencontre avec les forces qui sont intégrées dans Élohim. Et donc avant de rencontrer au mont Sinaï, le niveau de révélation divin qu'est le Tétragramme représentant les forces au niveau de l'infini, il y a une rencontre, une étape autour des 70 palmiers où le peuple d'Israël atteint la véritable perception des forces de la nature qui sont révélées par Élohim.
Quel est le besoin de passer par la perception véritable de Élohim pour pouvoir percevoir le degré du Tétragramme?
Au départ de la création il est dit ''au commencement Élohim créa le ciel et la terre'' il n'est pas fait mention du tétragramme! Il s'agit d'une configuration divine, d'une volonté de Dieu qui n'est pas absolue. 
Élohim est le résultat de la rétraction de l'infinitude pour donner une place non pas à un autre dieu mais à une volonté spécifique de Dieu qui est limitée ou destinée à la création et à l'univers et à tout ce qu'il contient. Donc, le terme Élohim comme la création, est liée au divin et est régie par le Tsimtsoum, par la rétraction qui génère les limites et les forces des lois de la création.
Élohim peut être directement relié aux lois de la création mais aussi aux intelligences angéliques qui donnent en vérité la vitalité, l'âme à toutes les créatures. 
Israël avait besoin de connaître ce principe de Élohim. Ytro va atteindre seul cette énergie contenue dans le terme Élohim. L'idolâtrie puise sa force d'un aspect du divin. L'idolâtrie étant la séparation des volontés divines.
Le travail de l'homme n'est pas de proclamer son unité mais d'unifier toutes ces forces divines comme le verset le proclame « écoutes Israël, Dieu est notre Élohim, Dieu est UN» c'est l'unification des forces que génère Élohim. 
Les autres Nations ne restent que dans cet état de Élohim sans possibilité de les unifier pour atteindre ''AVAYA''. 
Et donc ce qui manquait à Ytro est l''unification de toutes ces forces car elles n'ont de pouvoir que parce que l'éternel leur en donne. Le peuple d'Israël va alors rencontrer à Élim tous ces anges avec les 12 sources qui donnent justement la force à ses anges de nourrir les nations. 
Ces 12 sources qui correspondent aux 12 tributs sont la symbolique des 12 permutations du tétragramme'. il y a 12 manières de permuter les lettres du tétragramme. Chaque tribut correspondant à une permutation de ces quatre lettres.
Les 70 nations correspondant au nom Élohim dans toutes ses permutations. Chaque peuple recevant directement son énergie de la configuration des lettres qui forment le nom Élohim. 
Autour du trône divin, il y a 70 anges qui sont structurés sous forme de paliers qui est l'idée de la gradation. Par contre au niveau du trône, ils sont sous forme de cercle. On peut considérer le trône divin comme les 12 sources d'eau qui sont reliées à un pôle central qui va déverser son énergie à chacune de ces sources. Et autour de toutes ces sources, il y a les 70 palmiers qui forment cette réalité des 70 nations autour d'Israël.
Cet arrêt à Élime va permettre au peuple d'Israël de jouer son rôle de luminaire pour les nations mais aussi de nourrir les intelligences angéliques.

Dans le temple, le Ramh'alexplique qu'il y avait deux autels. Un pour sacrifier les animaux qui se trouvait au niveau de la cour du temple, qui était pour purifier les instincts animaux de l'homme et expier ses fautes et il y avait un autel pour brûler des encenses qui se trouvait à l'intérieur du temple. 
L'autel extérieur servait aussi à purifier l'esprit des anges. Alors que l'autel intérieur était pour le sacrifice des âmes et c'est le don de soi qui correspond à l'offrande des âmes.
Il y a alors deux offrandes: l'offrande des anges par le sacrifice animal et l'offrande des âmes par la combustion des encenses. 
Lorsque l'on parle des sacrifices d'animaux, on parle de la réparation au niveau du corps humain et lorsque l'on parle des combustions des encenses, on parle de la réparation de l'âme. Cette âme humaine est l'âme divine qui est à l'intérieur du palais. 
On peut considérer dans ces deux aspects du Tikoun du monde, un aspect qui s'appelle la ''AVAYA'' qui apporte l'idée de l'éternité et il y a un deuxième aspect qui est l'idée du divin'.
C'est la révélation de Dieu dans l'histoire c'est-à-dire dans la nature même de ce monde. Bien que Élohim est différent de AVAYA, il en est son émanation pour créer et gérer l'histoire.
Le problème ne provient que lorsque l'on s'arrête à Élohim tout seul, cela génère alors l'idolâtrie car il y a alors dissociation d'avec l'unité du tétragramme.Il faut alors à tout prix faire cette unification de toutes ces forces venant de Élohim avec AVAYA. C'est pour cette raison que le peuple d'Israël est venu avant le don de la Torah à Élime pour faire cette unification des 70 forces de Élohim aux 12 sources du tétragramme.

C'est Ytro qui est le premier à faire cette unification
L’Égypte est le centre de toutes les forces qui sont à l'intérieur de Élohim. Moshé avait lui-même le Daat Élohim, l'esprit de Dieu saisissant la pensée divine dans son ensemble mais pas dans ses spécificités car il se tenait face à face avec Dieu. Son entendement était de l'ordre de AVAYA. 
Ytro avant même le don de la Torah, prononce le tétragramme. Il est déjà le précurseur de ce que Israël va vivre sur le mont Sinaï. Il perçoit le transcendant et l'immanent de Dieu. Cette relation de l'éternité dans la temporalité existe grâce aux palais et au trône divin.
Ytro a compris cette unification des forces par la sortie d’Égypte. À Élim, cette unification ne va pas se faire par la confrontation mais par l'entendement. Le Zohar explique qu'au moment où Ytro a reconnu la puissance unificatrice qui relie toutes les forces, ces même forces ont elles-aussi reconnu Dieu.

Rav Mordékhaï Chriqui 5776
Retranscription Rav Michael Smadja

Publie par la Source des sagesses

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Paracha - Ytro - Lien Amalek et Ytro


Paracha ''Ytro'' 

Lien entre Ytro et Amalek



La Paracha parle du don de la Torahmais avant d'arriver à ce moment, les enfants d'Israël ont rencontré Amalek. Comme il est dit sur le verset ''et Ytro a entendu'' qu'a t-il entendu? La guerre contre Amalek. 

Le Zohar fait un lien entre Ytro et Amalek. La guerre contre Amalek a entraîné une brisure des forces de l'impureté et une soumission de ces forces de la Klippa, de l'écorce. Et ceci aussi grâce à Ytro car il a compris à ce moment qu'il n'y avait aucune force dans la Klippa et l'idolâtrie. Il connaissait toutes les forces idolâtres du monde pour à la fin reconnaître que seul Dieu dirige toutes ces forces. ''maintenant je sais que Achem est Élokim''.

Le Zohar comprend que cette guerre a fait prendre conscience à Ytro de l'illusion de toutes ces forces dans le monde jusqu'à ce que toute la Paracha soit appelée sur son nom. Cela veut dire que cette soumission et cet abandon de Ytro à Dieu a entraîné le don de la Torah. Et donc cette guerre contre Amalek est ce qui a permis le don de la Torah. Lorsque Ytro a vu toutes ces forces dominatrices et orgueilleuses reniant le pouvoir divin, asservies et soumises à Dieu, n'étant que des productions de sa volonté unique et infinie, il a compris alors ce qu'était la réalité de ce monde et il a eu le mérite d'avoir une part dans notre Torah.

Bien que les Hébreux ont vu tous les miracles de la sortie d'Égypte et de l'ouverture de la mer des joncs, il y avait toujours la possibilité de refroidir leur foi. Malgré tous les miracles qu'un homme peut percevoir, il aura toujours en lui un Amalek qui va se réveiller pour le faire chuter. Ces miracles ne sont que des accidents naturels…

seul notre force, notre intelligence est notre dieu. C'est cela le travail de Amalek. Mettre un semblant de logique naturelle dans la conduite de ce monde.

Mais pour percevoir l'unité divine et la conduite inexorable de sa volonté vers son but final qui est la révélation divine, ''et Ytro a eu peur (vayh'ad Ytro)'' langage d'union, il faut annuler toutes les philosophies erronées qui se dressent devant l'homme qui avance dans le chemin de la vérité. Il faut casser cette perception des sens et lui faire la guerre. Si tu ne t'attaques pas à ton intelligence sensorielle, c'est fini, la guerre est perdue.

Ytro a compris cette guerre ''et Ytro a entendu'', il a gagné cette guerre. ''vayih'ad Ytro'' il a uni son cœur à Dieu et est devenu juif. De même, à l'époque de Pourim, les enfants d'Israël ont reçu la Torah avec amour, et cela après qu'ils aient fait la guerre à Aman. Sans avoir combattu et gagner Aman, il est impossible de recevoir la Torah. C'est-à-dire sans vaincre cette perception de la vie comme nos sens nous la fait percevoir, il est impossible de rentrer dans le chemin de la Torah.

Il est écrit:'' il est impossible de se tenir dans les paroles de Torah tant que nous n'avons pas trébuché sur elles'' la base de tout est le déni.

L'idolâtrie est la source de toutes les fautes. Se séparer de l'unité divine est la faute qui engendre toutes les mauvaises qualités de ce monde.

L'exil et l'esclavage en Égypte ne suffisent pas pour recevoir la Torah. La purification n'est pas terminée, le serpent est toujours là. Ce qui a tué le serpent est le coup qui lui a été donné au niveau de la tête. 

En vérité, la klippa, l'écorce précède le fruit, recouvre le fruit, le protège. Amalek est le contraire de l'unité, c'est l'expression de la dualité. C'est le principe de l'accident, du hasard. C'est ce qui contre-dit la raison primordiale. Amalek est la cause proche de toute chose car il ne peut renier que toute chose a une cause.

Mais pour lui, la cause principale est la cause proche déclenchée par notre perception. C'est sur cette idée de cause principielle que se fait la guerre contre Amalek.

Amalek d'après le Zohar est le principe même de la domination des Kélim, renforcement de la Klippa. Il est le principe des dieux étrangers ''אל אחר'' a la même valeur numérique 240 que עמלק, Amalek. La symbolique de la dualité. 


Et pour cela, Moshé devait prendre Yéhochoua pour faire la guerre contre Amalek. La Torah est la cause primordiale de toute chose. Dieu est la cause cachée et imperceptible mais il y a une cause révélée ''il n'y a de commencement que la sagesse'' ''il n'y a de commencement que la Torah'' et Amalek est le commencement des nations qui est la perception de la cause proche au contraire d'Israël qui est la perception de la cause principielle. Il faut arriver au départ à annuler cette perception sensorielle qui n'est engendrée que par la cause proche qui occulte et fait abstraction de la cause réelle de l'unité divine. Il faut effacer la connaissance superficielle pour s'annuler dans la connaissance supérieure de l'unité divine.



Rav Mordékhaï Chriqui
Retranscription Rav Michael Smadja 5776
Publie par la Source des sagesses


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