jeudi 26 octobre 2017

Abraham, l évolution de la Création, Noah et Abraham



Paracha ''Béréchit-Noah-Lekh lékha''

Que signifie le mot ''Béréchit'' ''au commencement''?
 Cela signifie le début de la création. Le Midrash demande pourquoi la Torah commence par la création du monde et non par la première Mitsva donnée au peuple d'Israël car la Torah est le livre des Mitsvot? 
Pourquoi la Torah se montre t-elle plutôt comme un livre de la cosmogonie, de la Théogonie, du Dieu de la création plutôt que comme un livre de commandements et d'éthiques, un livre sur le comportement humain? 
Le Ramban explique qu'il est nécessaire de parler de la création car c'est la racine de toute la croyance en un Dieu créateur, c'est la source de la foi. Et celui qui ne croit pas dans ce commencement de la création c'est-à-dire qu'il pense que le monde est antérieur et non créé qui est l'avis de Aristote et de la plus grande majorité des penseurs grecs, renie le principe même de la création, il nie l'origine des origines. Il renie en fait le Dieu transcendant, le Dieu précédant la création. Le principe premier de la foi est qu'il y a un Dieu transcendant qui a créé le monde. Et celui qui ne croit pas à ce principe, tous les commandements de cette Torah n'ont aucun sens pour lui bien qu'il les accomplit. Pour cela, il faut d'abord affirmer le premier principe de cette croyance en Dieu même si cela n'est pas démontrable de manière expérimentale. Il faut savoir qu'il y a une racine, un début. Penser qu'il n'y a pas de commencement est remettre en cause toute la Torah, c'est la raison pour laquelle la Torah a commencé par ''Béréchit'', la description de la création. Rashi explique plutôt que la Torah commence par la création pour donner le droit à Israël de vivre dans la terre que Dieu lui a donné.
Ce sont deux vues différentes de la Torah. Il y a une vue anthropocentrique qui montre que la Torah a été donnée aux hommes (Rashi) pour leur enseigner comment se conduire et pour cela, il fallait commencer la Torah par la première des Mitsvot. Mais d'après la raison du Ramban, la Torah est une vue théocentrique ou Dieu est le centre et où toute la Torah tourne autour de cette connaissance divine. C'est le Dieu créateur qui nous fait prendre connaissance du commencement de la création. C'est la Torah du Dieu transcendant qui veut se révéler à la création.
Mais il ne faut pas tomber dans l'erreur que la création est le but ultime de la volonté divine. La création et les créatures aussi, d'après le Ramh'al, ne sont qu'un moyen, une étape et non un but en soi pour cette volonté primordiale, pour cette cause principielle qui est de révéler son unité. Et donc, si le but n'est pas la création, pourquoi donc avoir commencer par la création?
 En fait Dieu veut révéler une œuvre qui n'est pas en fait obligatoire mais il l'a choisie pour se révéler. Il aurait pu choisir une autre voie. Cette voie est la voie de la création dit le Ramh'al. Il y a d'innombrables autres voies que l'on ne peut même pas imaginer pour révéler son unité mais il a choisi cette voie de la création. Elle est essentielle et c'est pour cette raison que la Torah commence avec le récit de la création.
Le récit de la genèse vient nous révéler le Dieu créateur mais ce Dieu créateur n'est qu'un aspect de l'éternel. Selon la Kabbala, il y aurait plusieurs visages de Dieu et un de ses visages s'appelle le ''créateur''. Mais par ce visage, nous ne pouvons pas connaître cet être premier. On connaît le Dieu créateur et plusieurs peuples ont retenu cette idée unique de Dieu en tant que créateur. Mais pour Israël, ce Dieu créateur n'est qu'un aspect du divin comme il y a un autre aspect de Dieu qui est celui du Dieu libérateur qui nous fait sortir d’Égypte, qui nous fait sortir de notre perception limitée, illusoire et erronée, de cette prison psychique qu'est notre perception sensitive. Mais pour l'instant, avec Adam, Dieu se révèle en tant que Dieu créateur. Mais ce n'est pas l'unique visage de Dieu.
Avec Noah, nous allons comprendre un autre aspect de Dieu. Dans la génération de Noah', le monde atteint un niveau de dégradation totale, le chaos, la confusion et la débauche à tous les niveaux de la création. Cette débauche amène Dieu à décider non pas de détruire le monde mais de révéler ce second aspect, ce second visage. Il est vrai que cela passe par une certaine destruction du monde mais ce qui est important est de saisir une sorte de trame derrière tout le récit de la Torah où tous les événements décrits ne sont que des révélations des aspects du divin. Avec Noah, nous allons découvrir un nouvel aspect divin, le Dieu de la justice. Alors Dieu dit à Noah de prendre de toutes les espèces de créature ''mâle et femelle''. Le Ramh'al explique que cette dualité ''mâle et femelle'' est le principe même du Tikoun, de la réparation. Ce mélange de ces deux forces est en fait la véritable détérioration du monde. C'est aussi une confusion entre le ciel et la terre, deux pôles opposés qui se mélangent. Les cieux étant considérés comme l'énergie masculine qui engendre et la terre comme l'énergie féminine qui reçoit et qui produit. Il faut marquer une distinction, un firmament entre ces deux forces créatrices. À la génération du déluge, il n'y avait plus cette distinction et c'est ce qui a provoqué le chaos. Alors le visage de Dieu en tant que Dieu de la justice va alors se révéler. Ces visages dans la Kabbala sont appelés ''Partsoufim'' ce visage de la justice est lié aussi aux sept lois Noah'ides qui représentent les sept qualités inférieurs, les sept Séphirot inférieurs qu'il faut réorganiser. Ces sept Séphirot sont le fondement même qui constituent les bases d'une société saine. Ces sept Séphirot correspondent aussi au règne des sept rois primordiaux qui vont régner avant que ne règnent les rois d'Israël. Ces rois qui veulent dominer de manière individuelle ressentant chacun d'eux, une illusoire sensation d'autonomie qui sont le résultat de la brisure des vases. Ces sept causes de la création en voulant devenir rois se sont déconnectés de la cause première. La réparation de ces vases va se faire avec Noah. Noah va faire entrer dans l'arche sept spécimen de chaque sorte de bête pure et deux spécimen mâle et femelle pour les bêtes impures car le Tikoun passe toujours pas l'accouplement. Le couple qu'est le ciel et la terre, l'homme et la femme. C'est la confusion, ce mélange de ces deux forces qui a provoqué et engendré la confusion. Et justement par le déluge, Dieu dévoile son visage de justice qui est l'union de la bonté et de la rigueur. La bonté étant la fonction de l'expansion et la rigueur étant la fonction de la limite. Ces deux forces sont représentées par l'homme et la femme. Et c'est justement ces deux forces ''bonté-rigueur, homme et femme, masculin et féminin qu'il faut mettre en place grâce justement au Dieu de la justice. La justice stipule cet ordre qui est établie par les sept lois de Noah. C'est aussi la conduite de la rétribution, de la récompense et de la punition. Dans l'idée de l'arche de Noah, il n'y a pas que la notion de ''sauver le monde'' mais il faut surtout reconnaître la notion de justice divine, le Dieu de la limite, dans la limite et qui nous limite. Mais cet aspect de Dieu n'est pas seule, il y a bien d'autres aspects de Dieu qui définissent ses qualités mais non son essence. Nous avons vu donc un visage de Dieu créateur, du Dieu transcendant d'avant la création et avec Noah, un autre visage de Dieu, celui de la justice. C'est la conduite du jugement dans la dualité. La Torah n'est pas l'histoire des hommes mais c'est la Torah de Dieu qui va se réaliser par l'histoire des hommes.
Le troisième chapitre de la Torah est lié au récit de Avraham qui va révéler l'aspect du Dieu unique qui n'accepte plus d'autres dieux, d'autres divinités, d'autres forces indépendantes et séparées de lui. Jusque là, il a laissé les hommes aller dans des voies erronées de la divinité. Avraham va casser les statues représentant les dieux de son père. Ces dieux étant des représentations des envies de l'homme, il y a un dieu pour la subsistance, un dieu pour la guérison, pour le mariage... avec Avraham, nous arrivons au monothéisme, au Dieu unique diffusant toutes ces différentes énergies. Avant Avraham, ce Dieu unique agissait mais ne se faisait pas connaître. Avec Avraham, nous avons affaire à un Dieu que l'on ne voit pas mais que l'on entend. Avraham est le premier prophète. Il connaît Dieu par la parole. Sa première parole était qu'il parte de son pays, de cette perception idolâtre de la vie, de toutes ces connaissances qui sont sa matrice. Quitter la ville où est né Avraham, ''Our Kasdim'' qui est le berceau de toutes les civilisations. Avraham quitte alors une très grande civilisation! Pour aller dans une terre en friche, sans aucune civilisation.
 Il doit quitter cette perception humaine d'une extrême complexité pour arriver à la perception divine complètement épurée de toute notion humaine et duelle. Et c'est en quittant cette terre berceau de la civilisation pour entrer dans cette terre de Kanaan qu'il va réussir à percevoir quelque chose d'insaisissable, la parole de Dieu.
 Quand Dieu dit à Avraham de quitter la terre, cela veut dire ''quitter ce monde construit par la perception des sens'', sort de toutes les sciences issues de ces sens, de l'intelligence humaine. La connaissance de Avraham est énorme avant de connaître Dieu. Il avait une maîtrise sur toutes les forces angéliques qui se diffusent dans la matière. (il y a une tradition que toutes les Médecines orientales notamment les centres énergétiques, la Medecine par les plantes, ...proviennent du livre d'Abraham). Mais il a cherché la cause première et non les causes proches de toute chose. Il rejetait les causes proches que les gens ont rendues divinité. Lorsque les causes apparaissent, ce sont les divinités qui apparaissent, ce sont les lois de la nature, c'est cela l’idolâtrie. C'est la cause de toutes les causes que Avraham recherchait. Et en allant en terre de Kénaan, il trouve le point central, la pierre fondamentale qui est la racine de toutes les humanités. C'est la matrice du monde. Mais qui est au-dessus de ce point? 
C'est cela qu'il va découvrir par la voix et non par l'image. Il va comprendre que Dieu est aussi dans l'histoire non dans l'histoire des hommes mais dans l'histoire divine qui a un but précis: révéler son unité dans la création. Les hommes n'étant que l'expression de cette histoire de l'unique. 
Avec le premier homme, c'est le Dieu de la création qui s'est révélé par la création mais non le Dieu de l'histoire. Avec Noah c'est le Dieu de la loi, le sens des responsabilités qui incombent à l'homme. Avec Avraham, le Dieu universel s'est révélé, le monothéisme est apparu et ceci par la négation des autres Dieux. Ce n'est pas une perception active mais passive. Il n'est à ce niveau qu'une voix. Dans l'épreuve de la ligature de son fils, la voix de Dieu lui montre que même sa compassion ne doit pas être ce qui le dirige. Il ne faut pas la transformer en divinité. Certaines religions se trompent et font de la compassion un Dieu. Le Dieu universel contient tous les aspects qui se révèlent dans la création. En limitant Dieu à ses qualités, l'homme lui donne une forme, il le caractérise. Comment peut-il être amour et rigueur en même temps?
 Car en fait il est le Dieu des contraires, des paradoxes. Avraham va donc connaître Dieu par la négation. (il n'est pas amour, il n'est pas rigueur, il n'est pas compassion...). La plus grande épreuve qu'a traversé Avraham est son départ pour la terre de Kénaan car à ce moment, Dieu révèle une qualité qui est au-delà de l'universalité de l'humanité, se séparer du monde pour aller dans une terre isolée. Et donc Dieu lui montre qu'il y a une terre choisie et de même il y a un peuple choisi. À partir de Avraham, Dieu veut montrer qu'il y a une âme aux nations. Dieu veut alors construire non pas une nouvelle humanité mais une âme à cette humanité. C'est cette épreuve que Avraham a du mal à accepter. Ainsi au moment de l'ordre de la circoncision, il va demander conseil à ses amis! Pourquoi? Car il voit dans cet acte, une manière de se singulariser. Cette alliance avec Dieu, il ne la comprend pas car cela sous-entend, une séparation d'avec l'humanité. Cette singularité qu'elle soit au niveau du corps ou de la terre, est en fait une élévation pour toute l'humanité. Le Dieu qui est apparu à Avraham est un Dieu souverain qui domine toute chose et que rien n'influence. Pour lui être fidèle, il faut accepter les paradoxes, à savoir cette dualité du bien et du mal. Il faut accepter cette injustice qui surnage au-dessus de la création. Avec Noah, nous percevons la justice alors qu'avec Avraham c'est l'injustice qui apparaît avec le sacrifice de son fils. Qu'est-ce que l'injustice remet en cause si ce n'est la loyauté de Dieu, sa sincérité! Non, en fait elle remet en cause juste l'idée que nous avons de la justice qui est une perception anthropocentrique de la notion de justice. La justice divine n'est pas une justice humaine changeante et intéressée. Il nous faut nous annuler devant la volonté divine et ne pas croire que nos envies sont volontés divines. Il nous faut nous abandonner au gré de cette énergie divine qu'est la volonté divine. Et par ce lâcher-prise, l'homme amène le monde à la perfection.
 Mais cette idée de perfection, ce n'est pas Avraham qui va la révéler dans le monde, c'est avec la Torah de Moshé que cette notion de perfection va se révéler, la voie de l'éternité. C'est le Dieu de la libération qui va se dévoiler à Moshé. Le véritable message de la Torah est l'évolution même du divin c'est-à-dire la révélation même de l'être premier. Au début, il n'est que créateur, après il est justice pour devenir gouverneur. Et pour cela, il définit ce que l'on appelle le cœur du monde, l'âme du monde. Mais à la fin, Dieu va nous libérer du temps par la sortie d’Égypte. Il nous libère de la limite. Dieu est l'idée de l'éternité et de l'infini. On peut dire que la Torah vient nous apprendre les différentes configurations de la Torah. Avec la création, on n'a pas affaire avec l'infini mais plutôt avec la limite, le fini, le Tsimtsoum. Pour cela Aristote s'est trompé car il pensait que le monde lui-même était Dieu. Mais la Torah est là pour montrer l'évolution de la création vers la complétude, vers l'éternité.
Rav Mordékhaï Chriqui (5777)
Retranscription Rav Michael Smadja
Publie par la Source des sagesses

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Abraham "Va vers Toi"

Abraham, l âme des multitudes, "Va vers toi", va pour toi-même! ( lekha,50  va vers la 50° porte)

Voici une étude du texte biblique qui nous amène en entrant dans son intériorité, le sens caché du merveilleux voyage d'Abraham.

Au tout début du chapitre, le nom d'Abraham était Abram.
"YKVK(un des noms de Dieu), dit à Abram: "Lekh lekha", Va pour toi, va vers toi, de ta terre et de ton enfantement et de la maison de ton père, vers la terre que je te montrerai" (Gen 12,1)
"Va pour toi", voilà la réponse à ta question.


Abram signifie en hébreux "Av-Ram, père-des multitudes" ou père d'en Haut. Donc, Abraham est le messager de la transcendance.

Nous allons donc étudiez ce passage sur 4 différents niveaux.
- Au premier degré, ce texte nous apprend qu'Abram entend la voix de YKVK et obéit à son injonction de partir.
"Térah" son père, fabriquait des idoles. On le sait par Josué.

 Abram fuit donc l’idolâtrie, la religion aliénante de ceux qui ne sont non-libres, soumis aux dieux, fidèles a leurs peurs et attachés aux apparences du monde. 
En fait, Dieu le libère de sa tribu, de ses coutumes et de ses croyances. 

- Au deuxième degré, YKVK, ne dit pas: "Viens vers moi", comme on pourrait s'y attendre de la part d'un Dieu qui entendrait lutter contre l’idolâtrie et le polythéisme. YKVK ne tente pas de remplacer l’aliénation aux multiples dieux  par une aliénation au Dieu Unique. Il dit "Va vers toi", Va pour toi", parce qu'il s'agit de tout autre chose!
 "Va-t'en pour toi", pour te connaitre toi-même, pour rencontrer les hauteurs dont tu es le père. Abram  s'appelle père des Hauteurs.

On dira alors qu’après notre éveil, cela devient notre deuxième naissance, bien après être venu au monde, nous nous donnons naissance à nous mêmes en acceptant notre liberté.
Quitte tes habitudes et tes désirs anciens, tes conditionnements, tes attaches, tes liens et ta prison quotidienne. 

YKVK, pousse chacun d'entre nous à se libérer. 
Laisse tes anciennes références, tes dieux, tes idées toutes faites, tes croyances limitantes; laisse absolument tout. Tout est possible dans cette seconde vie grâce à ce nouveau départ. Par pour te trouver, te re-trouver car il n'y a qu'ailleurs que nous sommes neufs (on parlerais de nos jours
donne toi la possibilité de faire "un saut Quantique")

"YKVK" s'occupe toujours  avant tout de t'émanciper. Même lorsqu'il tonne des commandements, c'est pour te libérer.

 Certains ne s'en occupent pas, quelques'uns se libèrent en une seconde (la techouvah), d'autres y consacrent leur vie. "Va pour toi", que le vertige de la liberté te fasse moins peur que les certitudes des contraintes, dépasse ton conditionnement social, le bien et le mal, vers la transcendance des contraires.

- Au troisième degré, dans le Talmud, il se trouve une question que traitèrent les écoles de Rav Hillel et Rav Chamai:

 "Est il préférable de ne pas naître?
"Ou la vie, pour le vivant est une bénédictions?" (TB ER 13b), sujet traité pendant plus de 2 années.
Nous n'allons pas entré ici dans le sujet, mais voyons les implications des deux réponses possibles.
. Si tu prétends qu'il eut mieux valu n'avoir jamais été, alors tu dois être prêt à renier tout ce que tu es, tout ce que tu as fait jusqu'à maintenant, tout ce que tu es devenu.
Il y a une invitation à bien peser la portée de cette décision. Ton chemin spirituel, consiste dans ce cas là à expliquer à Dieu comment cesser de créer le monde et la vie. Cela commencerait par nous même et devrons découvrir par nous même comment dé-naître de notre vivant. Il nous faudrait nous demander ce que signifient Etre et n’Etre pas, et plus encore, ce que suppose n'avoir jamais été.
. Si nous pensons, c'est une bénédictions d'avoir été crée, tu dois préciser pourquoi?
 et dans cet exercice nous vas découvrir quelque chose...de notre propre désir d’Être.
La tradition juive nous transmet ce commentaire laconique: " il aurait mieux valu pour l'homme ne pas avoir été créé, mais puisqu'il l'a été, il lui appartient d'examiner sa conduite"
Donc pour répondre à une forme de la question existentielle: "Pourquoi la vie ou est il préférable de ne pas naître", les rabbins renvoient chacun à lui même "il lui appartient d'examiner sa conduite"

Examiner sa conduite, c'est s'interroger sur le sens de sa vie, de ses actes, puis observer leurs motivations, chercher en soi, à la racine de tout acte, la pulsion qui en déclenche l'idée, le besoin, la nécessité,....le Désir.

Une réponse personnelle et universelle se révèle dans cette introspection: je veux vivre.
La racine du moindre de mes actes , quelque soit les formes de lesquelles ils s'expriment, ce sont toujours le désir d’être et le désir de vivre, apercevoir cet réponse , et même assumer être le créateur de sa propre pulsion voilà un chemin possible pour son progrés spirituel.

"Va vers toi", Abraham va découvrir ce qu'il n'aurait pas vu s'il n'était pas allé vers lui-même: au delà du désir, du 
bons ou mauvais, de l'arbre de la connaissance pour trouver l'arbre de VIE.
il a contemplé le désir tout court, ni bon ni mauvais voir au delà, le désir d’être..."Adam, le père de l'humanité, affirme que les mesures de l'intérieur et de l'extérieur de sa tombe sont identiques, cad que les parois n'ont pas d'épaisseur. Il nous indique qu'entre ce monde -ci et l'autre , la frontière est sans mesure, sans importance. La vie et la non vie ont quelque chose de commun (voir l'article la lumière à partir de rien) 

Ce quelque chose , c'est le désir d’être ou le non désir d’être. Va vers toi même pour le savoir par toi-même.
Dans le Zohar, il est dit: "les justes se mettent à l’écoute de leur voix" alors que les injustes sont privés de leur lumière, leur lumière est dispersée vers l'extérieur, dans l'extériorité. Ils vivent dans des désirs sans percevoir leurs racines.
Le juste, lui écoute sa voix au plus profond de lui même "Va vers toi-même" Lorsque nous quittons tout qui est alors notre guide ? Ou sont nos repères, le lieu de la connaissance, la sagesse? interroge Job (job 28.13). En toi, nulle par ailleurs, déplace ton intention vers l'intérieur du monde , au plus profond de toi, et dévoile alors ton désir d’Être.  

- Au quatrième degrés, le niveau secret, tout va être élucider. Abraham, représente l’Âme de l’âme enseigne un maître. 
Le propre de l'homme est d'oublier d'ou il vient.
Le rôle de Dieu est de le lui demander sans cesse: d'ou viens tu? Ou vas tu ? (Gen 3.9). Mais l'ennui, c'est que l'homme lui retourne la question, Qui suis je? D’Où viens-je ? Ou vais je?
"Va vers toi-même!", tu viens de toi même et tu vas vers toi même.
Certains désirent avoir des enfants, ils veulent les voir installé et heureux, d'autres veulent réussir leurs carrières, devenir riche, célèbre, travailler.....
Mais quelle est la racine de ces désirs? 
Va vers toi même, mets toi à l'écoute de ta voix, du lieu ou tu te trouves , "Ici et Maintenant"

Abram et Abraham, c'est chacun de nous
. Avant qu'Abraham ou Abram, l’Âme de l’âme était avec l’Être YKVK. L’Âme de ton âme aussi car c’était la même car à ce niveau tout est UN.
Au niveau métaphysique, "...de ta terre" c'est ton lieu originel, "...de ta maison" c'est la présence et"... de ton père" c'est le saint, "... vers la terre que je te montrerai..." c'est ce monde ci, si tu accepte de naître, de t'éveiller car (tu possèdes le libre arbitre).


"le lieu originel", le maître désigne l’Âme de ton âme, le désir Initial.
"la présence du saint", c'est l'ame, le souffle de vies (Rouah ou les sentiments) qui pénètre le corps au moment de la création du corps.
"ce monde", représente le corps

"Va pour toi", l’Âme de ton âme au sein de l'UN désire l’être, la vie, le monde, et pour répondre à ces aspirations, elle doit se séparer de sa source qui est l’être absolu. YKVK, lui accorde ce désir.
Le Désir qui a frémi au sein de l'Un le ״י״, et qui a eu la création des mondes, pour conséquence,est le meme que celui de l’Âme de ton âme. L'enfantement de tous les enfantements, c'est le départ.
Tu es le fils de ton père et de ta mère, et le petit fils de quatre grands-parents, mais nos parents ne nous apportent que le corps de chair nécessaire pour vivre dans ce monde. Fondamentalement, tu es ton propre père.
Mais une fois, dans ce monde, YKVK s'adresse à l’Âme de l'âme qui a désiré s'en aller dans ce monde-ci "Va vers toi-même" Maintenant, que tu es né, observe le désir d’être qui ta fait naître est le sage voit alors ce qu'il prenait pour un exil est en fait fait un Exode!
L'exil est un départ involontaire, un séjour force, un acte sans désir, l'Exode est une Libération, une aventure, un départ désiré, un commencement...

de l'En Haut à l'En Bas et de l'En Bas à l'En  Haut:
- de Haut en Bas, YKVK, accorde à l’Âme de l’âme qui désire être, son désir d’Être.
- de Bas en Haut, YKVK, enjoint à l'homme "va vers toi même", ainsi si il entend l'appel, son âme se connectera à la source.

Malheureusement, l'homme a tendance à oublier sa source, ainsi l’Âme de l'âme ne s'éveille en l'homme que par la sagesse ou par la crainte ( cad par la voie de la dualité de l'arbre de la connaissance)
 Le but est d'éveiller en soi , de façon à ce que Tout soit en soi. Un vouloir unifié, un désir assumé, une union du Divin et de l'humain... "la voie du milieu,  l'arbre de Vie" 



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lundi 16 octobre 2017

Les Portes de la Sagesse 1/138


Les 138 Portes de la Sagesse du Ramh'al -

 Porte 1


Chapitre 1: Portique 1  " L'Unite et son dévoilement "


 Ce livre contient tous les principes dévoilés par le Ari Zal.
Il y a deux aspects dans ce livre :
 1/ la vision de la prophétie, le ''Marhé Anévoua'' c'est-à-dire la métaphore.
 2/ le Paradigme qui est l'interprétation de la métaphore. D'après le Ramh'al, tout ce que le Ari Zal a dit n'est qu'une symbolique. Lorsque nous parlons d'un ''kav'' d'un trait ou d'un rayon qui entre dans le H'allal, dans l'espace primordial, en fait il n'y a ni rayon ni d'espace vide. Ce n'est qu'une image pour cela, il y a lieu de comprendre l'image comme pour l'exemple de la ''barbe sacrée'', ''Dikna Kadicha'', cela ne veut pas dire qu'il y a des poils de barbe ou des cheveux. Et pourtant le Zohar est rempli de ces métaphores ou de ces symboliques que sont les yeux, les oreilles les cheveux... dans ce livre nous allons voir d'une part le premier aspect de la Kabbala que l'on appelle la ''métaphore'', la symbolique et d'autre part l'interprétation de cette symbolique.
 Dans une introduction qui s'appelle ''Dérekh Ets H'aÏm'', il est écrit ainsi:'' je te présente les 138 portes de la connaissance et si tu connais ces 138 portes, tu pourras aller dans n'importe quel livre de Kabbalah et comprendre exactement la portée de chaque enseignement''.

  Il y a trois niveaux dans la Kabbalah:
 Le premier niveau est de comprendre les Séphirot comme les principes-moteurs de la création. Et comme la création est le principe primordial, on explique alors D-ieu à travers cette création.
 Le Ramh'al dit que celui qui n'a pas atteint le deuxième niveau qui est que tout ce qui a été créé est pour le bien, D-ieu voulant révéler le bien et la création étant le moyen pour révéler ce bien.
Le troisième niveau est de révéler que tout ce qu'il a créé est pour son unité: ''tout ce qu'il a créé est pour son honneur'' c'est-à-dire révéler son unité.
Pour le Ramh'al, celui qui n'a pas compris le deuxième niveau, il n'a pas compris la Kabbalah. Car définir les Séphirot uniquement comme des moteurs et des forces de la création est très simpliste. La Kabbala n'est pas qu'une théorie de la création. Tout doit être dirigé vers une conduite qui amène à la révélation de l'unité divine. Nous verrons que dans chaque définition, le Ramh'al nous ramènera à la conduite divine. En fait c'est la définition même de la volonté divine. Il donne la possibilité à l'imparfait, à la lacune de se réaliser. D-ieu par la création ne veut révéler que sa volonté et tout le reste n'est qu'une expression de sa volonté. Pour cela, le Ramh'al ne commence pas par l'explication de la création mais par l'explication de sa volonté. Car en comprenant sa volonté, nous pourrons comprendre la création comme une expression de sa volonté.

 Il y a la volonté et les volontés.
 Il faut distinguer entre la volonté et celui émet la volonté. La volonté est ce qui s'exprime mais il faut distinguer celui qui est le créateur de la volonté. Ici, nous n'allons parler que de la volonté qui est sans fin et sans but et d'après le Ramh'al, il est autorisé d'en parler mais cependant avec une limite jusqu'où nous pouvons nous plonger. Dans la porte quinze, le Ramh'al va dévoiler quelle est la limite de cette volonté.

De quoi parle-t-on dans cet infini?
Car s'il n'y a pas de fini, il ne peut y avoir de définition. Il y a cependant une idée du sans-fin que D-ieu veut révéler. Mais puisque nous ne parlons pas de son essence même, nous avons le droit de parler de sa volonté sans fin et sans but et aussi de sa volonté avec but qui est le dévoilement de son unité.

 Il y a deux définitions dans l'unité.
L'unité dans l'existence et l'unité dans la domination. Deux sortes de connaissance dans l'unité, D-ieu étant le seul qui existe et étant le seul qui domine. La véritable croyance est la croyance dans sa domination mais l'unité dans son existence, le Rambam l'explique ainsi: il y a une existence qui fait exister toutes les existences. Nous pourrions dire qu'après qu'il ait créé les existants, il se peut qu'il y ai plusieurs existences. Le soleil est bien une existence, l'homme a une existence, l'eau a une existence! Mais en fait, la différence est que D-ieu a une existence qui est nécessaire aux autres existences et lui ne dépend d'aucune autre existence. Donc si aux autres existences, elles leur sont enlevées la cause ou une condition et bien elles disparaissent.

 Mais D-ieu puisqu'il ne dépend de rien, ne peut disparaître. Il est unique dans l'existence. Lorsque l'on dit qu'il est Un, cela veut dire que lui est et les autres ne sont que des extensions de son existence qui n'ont rien à voir avec lui. Un homme peut être ici ou pas mais lui ne peut pas ne pas être ici. Tout être créé n’est pas nécessaire. Seul D-ieu est nécessaire.

 Le Ramh'al dit que cette croyance n'est pas le principe de la croyance mais le principe de la croyance est qu'il est le seul dans la domination.

 Dans les quatre premières portes, le Ramh'al va nous expliquer l'unité dans la domination et non pas l'unité dans l'existence.
 Il est le seul qui domine. Qu'est-ce que cela veut dire?
Un homme a une volonté et il peut la mettre en pratique ou non. Que veut dire exactement ''dominer''?
 Pourquoi doit-on comprendre l'unité dans la domination?

À priori, cette unité découle de la première unité de son existence car puisque D-ieu fait tout exister donc seule sa volonté existe et domine réellement!

 Malgré cela, cette connaissance est une connaissance séparée et indépendante. C'est une connaissance dans la foi particulière. Car les incroyants peuvent dire qu'au début D-ieu est seul et par sa seule volonté il a créé des créatures mais puisqu'il les a créés avec le libre-arbitre donc pouvant décider et créer des volontés propres et indépendantes, il leur a été donné la possibilité d'empêcher sa volonté de se réaliser.

 Cela est faux de dire qu'il veut se laisser faire et que cela serait sa volonté, que c'est sa volonté que d'autres volontés puissent aller contre sa propre volonté puisqu'il est le seul qui décide. Mais cela est impossible car il ne peut y avoir deux volontés qui s'opposent.

Dans la deuxième porte, le Ramh'al va expliquer cette théorie qui dit qu'une autre volonté ne peut être en contradiction avec la première même si à priori, c'est aussi sa volonté de laisser une autre volonté se réaliser. Mais cette théorie que le Ramh'al réfute, est vraie d'un côté car elle amène au mérite et à la punition, aux épreuves. Le roi laissant son fils devant la porte d'une prostituée ayant la possibilité de faire la faute et devenant ainsi un animal ou bien il a la possibilité de s'en écarter et il devient alors un juste. Ce n'est donc pas faux mais ce n'est pas encore complètement juste car c'est la vision de l'arbre de la connaissance.

Il y a une autre perception de la vérité qui est la vision de l'arbre de vie. Dans la conduite de ''Z-A'', c'est tout à fait juste mais dans la conduite de ''arikh Anpin'' et de ''Atik'', ce n'est pas juste. Nous ne voulons pas expliquer la volonté finale dans les limites du Tsimtsoum mais nous voulons expliquer ici, la volonté parfaite. Lorsque le Ramh'al parle de l'unité de la domination, il parle au niveau du Kéter, de l'unité parfaite et totale dans sa volonté. Et même si nous nous trouvons après confrontés face à d’autres possibilités dans la conduite, il faut savoir dans quel mode on se trouve.

Le Ramh'al veut expliquer le premier axiome où il n'y a aucune autre volonté que la sienne. Il a créé la possibilité que les hommes peuvent devenir des mécréants et il a aussi créé la Sitra Ah'ara. Et donc à priori l'homme a détérioré sa nature et la volonté de D-ieu ne s'exprime pas. Il veut le temple et il n'est plus, il veut les sacrifices et ils ne sont plus, il veut la terre d'Israël et elle n'est plus!

Tout ceci à priori à cause de nos fautes et donc on l'a affecté! Cela veut-il dire qu'il a changé d'avis?
 C'est une pensée qui existe mais qui est trop simpliste. Il faut reconnaître que c'est une lecture de la Torah mais celui qui n'a pas la véritable connaissance va s'arrêter à cette volonté intermédiaire comme la nomme le Ramh'al dans ''Adir Bamarom''. C'est-à-dire que nous voyons la moitié du chemin mais D-ieu ne se situe pas au milieu, il est à la fin.

 Et en vérité celui qui perçoit la conduite de l'unité, voit maintenant aussi la fin comme Rabbi Akiba qui voit la finalité de la destruction du Beth Hamikdach, c'est-à-dire sa reconstruction au moment même où le renard foule de ses pattes, l'endroit détruit du saint des saints et rabbi Akiba se mettant à rire de joie. Pour cela, non seulement il faut avoir une connaissance parfaite de son unité dans l'existence mais aussi une connaissance de son unité dans sa volonté. Et que même ce qui à priori est contraire à sa volonté est en fait sa volonté et son unique volonté que nous percevons comme étant contre sa volonté.

Mais en fait, D-ieu est le metteur en scène de tout ce livre qu'est la création. Il est impossible qu'une volonté puisse annuler sa volonté suprême d'aucune manière. Quelque soit la situation, rien ne peut annuler et aller contre sa volonté. Et tout le temps que nous ressentons que ce qui se passe est ''à priori'' contraire à sa volonté est en fait la conséquence d'un projet très profond qu'il nous est impossible de percevoir si nous nous appuyons uniquement sur le moment présent. Notre volonté personnelle n'étant qu'un vêtement de la volonté divine suprême.
Car en fait qui anime notre soi-disant ''propre-volonté'' si ce n'est la volonté divine qui fait avancer les choses pour amener la création à la réparation universelle.
En vérité, D-ieu n'annule pas le libre-arbitre car il y a une volonté qui permet effectivement au libre-arbitre de s'exprimer qui se trouve au niveau de Z-A, lorsque se produit la ''Nessira'' la séparation.

Le Ramh'al met cette notion de ''libre-arbitre'' dans Z-A au niveau de la Nessira. C'est le principe de Rosh Hachana. Mais il y a réellement un libre-arbitre mais qui est très trompeur et qui peut amener l'homme au déni de D-ieu.

 D-ieu va ramener l'homme à sa volonté de deux manières soit par la punition ou soit par la Téchuva, par le repentir. Le Ramh'al rajoute aussi par la pureté, la Tsidkout. En vérité, toutes ces manières ne sont que pour faire annuler à l'homme son libre-arbitre de sa propre volonté, soit par les coups soit par une prise de conscience soit par la pureté de ses actions qui de ce fait, annulent automatiquement cette impression d'autonomie. Le Ramh'al dit dans '' la voie des justes'' que les souffrances ne viennent que par le manque de conscience et que si un homme prend conscience du but de son travail et de son comportement, il ne sera pas éprouvé par son corps car celui-ci sera dominé par sa conscience. Les souffrances ne viennent que pour prendre conscience de la vanité du corps.

C'est cela le libre-arbitre, le pouvoir de revenir vers lui, la manière comment revenir vers lui. Mettre ou non sa conscience au devant du corps. Mais en fin de compte tout doit revenir à la réparation finale. Nous pourrions dire aussi qu'à la fin c'est sa volonté mais au milieu, il y a des modes différents. C'est cela les partsoufim, les visages. Au milieu apparemment, il y a des modes différents.

 Comme nous devons croire à l'unité de son existence, nous devons croire aussi à l'unité de sa volonté qui domine et qui ne dépend de personne. De la même manière que de son unité existentielle, procèdent toutes les autres existences, ainsi de sa volonté unifié, procèdent toutes les autres volontés. De la même manière que sans son existence, il est impossible d'être, ainsi sans sa volonté, il est impossible qu'il y ai une autre volonté. Sans lui, il n'y a pas de volonté propre. Toutes les autres volontés ne sont que des conséquences de cette volonté divine qui procède d'un plan profond. Il ne faut pas croire qu'à partir du moment qu'il a voulu des volontés, qu'il lui a légué le Rouah' et qu'il a donné à l'homme un pouvoir, cela le distingue complètement de lui. Cela est impossible à penser car il est le seul qui domine.

  Que signifie ''domination''?
 Cela veut dire une domination totale et absolue que rien ne peut empêcher. En vérité, un homme a une volonté mais il y a beaucoup de choses qui peuvent l'empêcher de la réaliser. Donc s'il y a une possibilité d'être empêchée, bien que cela soit une volonté, cela n'est pas une volonté absolue. Chez D-ieu, rien ne peut l'empêcher. Et même si apparemment, ce sont des volontés contraires à sa volonté, elles ne sont pas du même genre de volonté. En fait ces volontés sont des désirs humains qui ne sont pas égales à sa volonté. Du fait qu'elles procèdent de sa volonté, nous les appelons des volontés mais en vérité lorsque nous parlons de volontés humaines, ce n'est qu'un langage emprunté. Ces volontés n'ont rien avoir avec ce qu'est la véritable volonté mais elles lui ressemblent de manière superficielle.

 Il est vrai qu'il y a une certaine domination de l'homme mais ce n'est pas cela réellement la domination. Il faut comprendre notre croyance non seulement dans son existence mais aussi dans sa domination car les scientifiques eux-mêmes sont arrivés à une connaissance de l'existence de l'unité divine. Mais cela ne suffit pas pour servir D-ieu. Ce n'est que par la proximité dans sa conduite, que nous pouvons le servir, que par rapport à ce qu'il se passe dans l'histoire, donc dans sa gouvernance. L'unité dans sa domination est le véritable infini, elle est dans son existence qui est insaisissable.

 Puisque deux dominations ne peuvent exister, donc elles existent mais sans commander car ainsi, cela ne contredit pas le pouvoir de l'existant premier.

 Dans l'existence première, il est acceptable de trouver un créateur et des créatures tout en ne contredisant pas son unité. Mais dans l'unité de la domination, il est impossible de dire cela car si nous disons qu'il y a une volonté complète et totale à par sa volonté suprême, et même si nous disons que ces volontés ne sont pas nécessaires et que la première oui et qui se déduisent de la première volonté, cela contredirait la volonté primordiale et suprême car nous ne pouvons concevoir deux dominations en même temps, car l'une remettrait en cause l'autre. Alors que dans l'unité de l'existence, l'une ne remet pas en cause l'autre à partir du moment que nous acceptons qu'elle est la première et que les autres ne sont que des conséquences de son existence.

Mais dans la domination de l'unité, l'une remet en cause l'autre. Nous pouvons comprendre qu'une existence limitée puisse être englobée dans une existence sans limite. Mais au niveau des volontés on ne peut ainsi accepter qu'une autre volonté puisse exister en dehors de la volonté suprême même si elle en découle. Donc lorsque l'on dit que seule sa volonté domine, on ne peut croire qu''il y ait une autre volonté dominante. Croire en D-ieu sous-entend croire en son existence primordiale et surtout en sa domination suprême dans sa conduite dans le monde. Et c'est ce que D-ieu veut révéler dans l'histoire du monde: montrer un unique dominateur et dirigeant.

     À partir du moment que l'on accepte l'idée de l'unique, cette idée ne s'exprime qu'à travers la domination, à savoir que si dans le monde, il y a quelqu'un d'autre qui domine et même pour un court moment comme Aman ou bien Hitler, il faut comprendre que ce n'est pas une domination totale. Et il faut tout ramener à la cause première que tout vient de lui.

Il y a deux manières de voir les événements: soit à fortiori soit à priori. Ceux qui ne connaissent pas la Torah de l'unité, ils disent que tous les événements sont à fortiori et que tout ce que fait D-ieu est pour le bien. Plus tard, ce mal arrivera au bien. Mais au départ, le mal existe. Mais cela n'est pas ainsi car en vérité ce mal renie la souveraineté de sa volonté si nous disons qu'il l'a lui-même permis. La volonté des hommes ne peut en autant cas empêcher la volonté divine. Et donc si nous disons que seule sa volonté est réelle et que rien ne peut l'empêcher, donc à chaque instant, c'est sa volonté qui domine et donc son action est à priori. Et même dans l'instant du temps présent, le mal n'a jamais été à l'encontre de sa volonté.
 Ici, on n'explique pas l'enveloppe de ces moteurs qui vont engendrer toutes les vicissitudes du monde mais on explique l'âme de ce moteur, l'infini, l'âme de toute la direction.
 Toutes les créatures, tous les mondes, toutes les conduites, toutes les différentes directions, tous les événements ne sont qu'une expression de cette unité.
Le seul problème est que l'on parle d'un pluralisme, d'une dimension infinie d'attributs de D-ieu mais ils ne vont qu'exprimer qu'une seule expression unique: le règne de D-ieu. Et tout ce qui a été créé n'est que pour la révélation de son règne.

Il n'y a pas de création pour la création elle-même mais pour le but de faire régner D-ieu sur elle. Le Ramh'al explique que tout ce que le Ari Zal a expliqué est l'union dans les six mille ans de la création, rien que les partsoufim du milieu et le Ramh'al va expliquer l'union avant et après les six mille ans. Comment s'unit le début à la fin. Comment la fin est le début et le début la fin.

Rav Mordékhaï Chriqui (5777)
Retranscription Rav Michael Smadja
Publie par la Source des sagesses

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mercredi 4 octobre 2017

La Souccot et le souffle saint


La Soucca et le souffle saint

Il faut savoir que l'essence véritable de la Soucca ne peut se percevoir que de manière passive car nous voyons que la bénédiction que nos sages ont instaurée, est: ''qui nous a ordonnés de s'installer dans la Soucca''. 

Cette notion de ''Yéchiva'' de ''s'asseoir dans la Soucca''est en fait toute la notion de sortir de la conduite de la nature. Un homme lorsqu'il se trouve dans sa maison, s'appuie sur des certitudes précises qui émanent des lois de la nature. Son environnement naturel devient sa réalité fixe. Même lorsqu'il sort de son ''chez soi'', son esprit est figé et emprisonné dans ces certitudes qui émanent de SA maison. En sortant de SA maison, de ces vérités issues de la conduite naturelle et en entrant dans la Soucca, l'homme change de niveau de perception et entre dans une conduite supra-naturelle, il entre sous la protection de la providence divine, c'est le mystère du DAAT ( situé au niveau de la glande pineale ) de la connaissance supérieure du niveau de l'intellect séparé de la nature qui ne se base pas sur les sens et ses lois.
Il y a les Moh'in de l'enfance qui sont les cerveaux issus de la perception des sens qui sont liés aux lois de la nature. Les lois de la nature étant les rigueurs, les Guévourot. Mais il y a les grands Moh'in et les Makifin qui sont issus de l'intellect séparé. Il y a un intellect naturel que l'homme utilise pour percevoir ce monde qui est un intellect qui est la conséquence de ses expériences et qui fonctionne selon la conduite de ce monde. 

À Souccot, après un travail de purification que nous avons effectué, nous sommes sortis des limites de cette nature et nous sommes entrés dans une conduite d'un autre niveau, d'une autre nature où l'homme est transporté dans la Kédoucha. C'est la voie de la sérénité, la voie de l'arbre de vie alors que la voie de l'arbre de la connaissance est la voie de l'expérimentation, de l'épreuve, la voie des lois de la nature, la perception des sens, la voie de la causalité proche.
Il y a une autre voie donc qui est la voie du souffle saint, le chemin de l'arbre de vie. 

Seulement, Adam et après lui sa progéniture ont préféré aller selon la nature de ce monde qui est la perception du bien et du mal, le chemin de l'épreuve et de l'expérimentation. La notion de l'arbre de la vie est au contraire la notion passive de la ''Yéchiva'' de ''s'asseoir dans la Soucca''. Il est vrai qu'après la faute de Adam et du veau d'or, l'homme a la sensation qu'il doit agir pour que les choses fonctionnent et s'enclenchent mais cette sensation peut se réduire ou s'augmenter selon la proximité ou l'éloignement qu'il a avec son créateur. Le labeur étant là pour casser les écorces, Klippot de l'impureté.
La Soucca est une conduite complètement opposée, c'est une conduite qui se fait par la sérénité, la non-action, le non-labeur. C'est cela la notion de ''Léchev BaSoucca'' ''s'asseoir dans la Soucca''. Il n'y a aucune action autonome, le mouvement ne se perçoit venant que de la source originelle.
Cette perception de la réalité ne peut s'atteindre que par l'intellect séparé, le souffle saint. L'homme dans ce niveau de perception sait quoi faire selon l'intellect supérieur.
Le Ari Zal enseigne que chaque jour de Souccot, il faut épancher un aspect de la Lumière du Makif qui se trouve dans l'intellect, dans le DAAT, (se matérialisant en H'assadim) et le propager dans l'existence du monde qui est le principe de la Noukva. 

À la fin des sept jours de Soucot, les niveaux de DAAT sont complets pour s'épancher dans ce monde. Le monde doit atteindre ce DAAT par lequel il est relié afin de ressentir qu'il ne reçoit son existence uniquement de Dieu. À ce niveau de perception, nous annulons toutes les causes de la dissimulation divine. C'est la notion du Léviathan qui a tué sa Noukva, son corps, afin d'annuler la cause proche de toute chose qui dissimule la véritable cause originelle. L'enfant naît de l'union d'un masculin et d'un féminin et lorsque le féminin s'annule, apparaît alors la véritable cause de la naissance qui est la volonté divine. C'est le principe du Lévi qui a dit au moment de tuer ceux qui ont fait le veau d'or avec préméditation ''mon père et ma mère je ne reconnaissais pas'' c'est-à-dire que Lévi était arrivé à un niveau de perception où les causes proches de toute chose n'étaient plus perçues mais uniquement la cause originelle divine. C'est le symbole du Léviathan qui accompagne Dieu et qui en tuant son côté féminin, n'a plus d'envie de ce monde. La Soucca unit le souffle saint et la H'okhma, la Soucca étant l'union des deux noms ''י.ה.ו.ה'' et ''אדני'' qui est le mystère de la Émouna, de la confiance en l'unité divine, cette notion d'intellect séparé.

La Soucca renferme en elle aussi cette notion de séparation des autres nations de ce monde comme à Pessah. À Pessah c'est la séparation du peuple d'Israël par le corps et à Souccot par les lumières c'est-à-dire l'âme. La Soucca nous sépare et nous déconnecte de ce monde grâce aux Makifim et aux nuées de gloire. La véritable séparation ne se faisant que par le DAAT et par le moyen de la Soucca et des quatre sortes de végétaux, Israël se sépare pour percevoir cette lumière de sainteté qui va le transporter dans les mondes supérieurs et l'élever pour dominer les nations par sa perception issue de l'intellect séparé. Et plus encore, Israël devient alors le transpondeur de la Kédoucha qui va par son biais s'épancher sur toute la création et sur toutes les nations.
De même que l'arche de Noé et l'arche de Moshé faisaient écran pour les séparer de la matière afin de faire épancher de IMA, l'énergie divine qui renforçait son DAAT ainsi la Soucca fait aussi office d'écran et épanche la lumière divine de IMA dans la création. 

L'homme en entrant dans la Soucca, se sépare des lois de la nature et entre dans une autre sphère de perception, une autre conduite divine qui va le diriger dans la création. Il sort de la conduite où les référents sont dans les limites de l'espace-temps pour entrer sous les nuées de gloire.
Cette nuée représente les compréhensions divines qui arrivent sur l'homme d'elles-mêmes, une compréhension au niveau de l'âme. Mais il y a une autre compréhension issue de l'intellect physique qui perçoit les choses selon son contraire, le bien par rapport au mal. C'est l'arbre de la connaissance. C'est le DAAT inférieur mais il y a le DAAT supérieur qui se révèle dans la soucca.
C'est une connaissance qui est purifiée du mal et qui s'épanche de la source qu'est BINA. Le Yessod de BINA s'habille dans Zéïr Anpin, se sépare en Hassadim et Guévourot. Et nous ne voulons épancher que les H'assadim de DAAT vers la Noukva. Et c'est ce qui différencie Israël des nations. Mais s'il nous manque cette sagesse venant de ce DAAT, il manque alors cette intériorité et cela a pour conséquence que nous ne sommes plus séparés des nations. Et au contraire nous devenons inférieurs à eux qui sont eux, le symbole de l'expérience issue de l'arbre de la connaissance. 

Cette Torah qui va nous élever est la Torah qui provient de BINA, c'est cela le souffle saint. Pour cette raison, le saint temple est appelé ''Souccat Shalom''. Lorsque le temple a été détruit, la prophétie a été annulée et a été remplacée par l'extériorité de la sagesse c'est-à-dire la Torah orale qui est la période des sages. Du temps du temple, c'était la période des prophètes car le temple comme la Soucca relie les cieux et la terre. Le matériel étant élevé au niveau du spirituel pour être sous sa domination.
Le mot ''Soucca'' a la même valeur numérique que ''AVAYA'' le monde de la Atsilout et ''ADNOUT'' les trois mondes inférieurs ''B-Y-A'' et la même valeur que ''AMEN' qui est de 91. il n'y a plus besoin de travailler la terre afin qu'elle sorte ses fruits mais de suite les cieux s'unissent à la terre et sort alors le souffle saint. Ainsi la Soucca a cette aspect du souffle divin.

Le Gaon de Vilna enseigne qu'il y a deux Mitsvot qui se font par le corps entièrement: résider en terre sainte et résider dans la Soucca.

Maintenant après la faute de Adam et du veau d'or, nous avons rejeté cette compréhension de l'intellect séparé pour nous laisser dominer par l'intellect inférieur issu du corps et de ses sens.

Ainsi à Rosh Hachana, nous faisons régner Dieu sur la création, à Yom Kippour nous annulons les forces du corps et à Souccot commence l'amour divin.

Rav Mordékhaï Chriqui (5777)
Retranscription Rav Michael Smadja
Publie par la Source des sagesses

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lundi 2 octobre 2017

Souccot, le Mystère du Léviathan


Souccot

le mystère du ''Léviathan'' qui est le principe du service du Lévi

Le Lévi est le mystère du Kéli ( réceptacle recevant de la source, la lumiere, la vibration,....) de même que la Soucca. Le Talmud enseigne qu'à la fin des temps Hachem va construire une Soucca avec la peau du Léviathan pour les justes. Les justes étant les ustensiles divins dans ce monde. Et le Talmud continue en disant:'' tout celui qui accomplie la Mitsva de la Soucca dans ce monde, même Dieu l'installera dans la Soucca du Léviathan dans le monde futur''. Et même si la personne n'est pas un juste.
Le Léviathan est la même notion que le service du Lévi qui est d'accompagner Dieu dans la réparation du monde. La Soucca est dans le principe du Kéli. La Soucca est une construction qui se tient par des parois qui sont la symbolique des limites de ce monde, les quatre parois représentant les quatre points cardinaux de même que le toit représente les direction du haut et du bas. ( les 6 directions) Les nuées de gloire aussi font allusion aux limites de ce monde.

 Donc la Soucca est la représentation même de ce qu'est un Kéli. Si nous comprenons que Kippour est un service du dévoilement de l'intériorité même de IMA par la purification du saint des saints où le corps est secondaire puisque nous jeûnons, nous voyons au contraire la notion de Souccot comme étant le service divin par le corps où le principe même du service dans la Soucca est de s'asseoir pour manger. La réparation faite à cette fête passe par la réparation du corps par le moyen de la nourriture. À Kippour, le service se fait par la souffrance du corps afin de purifier l'âme alors qu'à Souccot le service se fait non seulement pour unir Dieu avec sa présence mais plus encore c'est la réparation du corps. La majorité du corps doit obligatoirement se tenir dans la Soucca pour être quitte de la Mitsva. C'est le principe du domaine public qui est appelé les ''six limites''. 
Il est connu que la brisure des vases est justement l'éparpillement de ces six limites, des six Séphirot inférieures. C'est-à-dire que les Kélim se séparent des orot, des lumières divines. Dans le temps où la lumière, le Or qui est le principe des Moh'in, ne s'épanche pas du Yessod de Ima, alors les Séphirot qui constituent les limites du Kéli vont se désolidariser et l'existence du Kéli ne va se faire que grâce aux 288 étincelles qui constituent la réalité du Kéli mais si les Moh'in agissent alors le Or va s'insinuer dans le Kéli afin de réunir toutes ces forces qui constituent les limites du Kéli et celui-ci alors recevra une existence éternelle. 
Nous avons vu cela aussi à propos des tables de la loi au moment où les lettres se sont incrustées dans la pierre c'est-à-dire l'incrustation de l'âme dans le corps qui représente la pierre ''אבן'' des tables qui est le principe du nom de 52 et qui s'unit avec les Orot, les lumières des lettres qui composent le nom de ''MA''. Ce n'est que lorsque s'unit la lumière au Kéli, les lettres à la pierre que se révèle l'éternité. Nous voyons donc que le monde futur ne se tient que lorsque l'âme s'unit et s'épanche à l'intérieur du corps pour le dominer. Alors le corps est nourri directement par l'âme. De même que nous voyons Moshé rabbénou au moment du don de la Torah être nourri directement par l'âme divine, n'ayant plus besoin alors de nourriture matérielle. 
C'est le principe de Souccot où le corps s'élève et se sépare de la matière par le fait que les lumières de IMA s'épanchent sur le corps. À Kippour c'est l'âme qui s'est séparée de la matière complètement mais à souccot c'est le corps grâce à l'âme qui va s'élever et se séparer de la matière en entrant dans la Soucca. La Soucca sépare et sanctifie le corps de la matérialité de ce monde. Pour cela, en entrant dans la Soucca, on doit se comporter avec autant de sainteté que si l'on entrait dans le saint temple. Tout ce qui touche à la Soucca devient réservé ''Mouksé'' et il est interdit d'en profiter d'une autre manière.
C'est du même ordre que doit être la réparation du monde, la révélation de la providence divine dans le monde qui va alors se séparer de sa matérialité pour se sanctifier. Le but de la création est d'atteindre la sainteté. 

Et comment le corps peut atteindre la sainteté?
 Grâce à la lumière qui s'introduit dans ce corps, cette lumière étant la divinité de son âme. Et même si cette Soucca se fait dans le domaine public, dans les six limites qui définissent la matière,elle va pouvoir sanctifier la matière issue de ces six Séphirot grâce à la lumière qui va s'y introduire par la Mitsva de la Soucca, par la IMA qui protège et qui entoure ces six limites de la matière. Et alors l'éternité va apparaître même dans le corps, même dans la matière grâce à cette lumière englobante de IMA qui s'épanche sur ces six Séphirot. Par cela, le mal va se séparer de la matière elle-même.
Mais lorsque le corps domine de la domination des sept rois primordiaux, les forces du corps prennent une réalité individuelle et se révèle alors la destruction du temple où règne le chaos. C'est la domination du mal sur la matière, c'est la domination des Kélim, des sept principes inférieurs, ces sept même principes qui représentent les sept jours de Souccot. 

Et de même, les trois branches de myrte, les deux branches de saule la branche de dattier et le Ettrog en tout k . Ce sont les sept Séphirot que IMA entoure et nourrit. Au moment de la création, IMA n'a pas uni toutes les forces créatrices mais au contraire toutes ses forces se tenaient l'une contre l'autre, l'une voulant dominer l'autre à tour de rôle. À ce moment, se révèle la détérioration. Chaque force existe en elle-même et par cela, va dominer seule. Le corps ressentant une impression d'autonomie créée par la domination de la force qui se révèle à ce moment précis. Mais lorsque toutes ces forces sont englobées sous la domination d'un seul pouvoir, le pouvoir de IMA, il y a alors un salut pour ces forces qui vont alors révéler leur véritable potentiel divin. IMA est cette arche qui va protéger et sauver tous ceux qui se réfugient en elle et c'est l'idée que véhicule la Soucca qui recouvre Z-A et Noukva qui sont le mystère des sept principes inférieurs et qui correspondent aux sept jours de la fête. Au moment où Z-A et Noukva se trouvent en dehors de l'influence de IMA, chacune de ces forces tend dans une direction contraire aux autres. Et c'est la destruction du temple.

La réparation du monde passe par IMA qui va recouvrir et unifier toutes les limites de la création que sont Z-A et Noukva. Et c'est ce qui manquait au niveau du monde des Nékoudim, du monde des points, au moment de la brisure des forces cosmiques que sont Z-A et Noukva. Chacune de ces forces se révélant d'elle-même sans pouvoir fédérateur. Et c'est en fait la révélation de la création qui se fait à ce moment car sans ce chaos cosmique, la création ne peut venir à une réalité matérielle. Mais cette création va à la mort si elle ne revient de suite sous les ailes de IMA qui est en fait le principe du Shabbat où le plaisir et l'envie sont autorisés s'ils sont fédérés par la sainteté du jour.
 Mais si l'envie n'est qu'une pulsion indépendante, cela révélera alors que c'est le corps et ses forces cosmiques qui la contrôlent et cela devient négatif car elle renforcera son pouvoir autonome. Cela est alors une destruction et non une réparation du corps. Pour cela si Adam avait attendu le soir du Shabbat pour manger du fruit de l'arbre de la connaissance, il aurait pu englober les énergies développées par le corps (l'arbre de la connaissance) dans le service divin (l'arbre de la vie). Et c'est le travail de la Soucca: manger, boire, se reposer, dormir, c'est-à-dire toutes les activités corporelles qui sont matérielles, s'intégrant dans cette conduite divine qui est appelée IMA. C'est la différence d'avec le mont Sinaï où Dieu a retourné la montagne comme on retourne un chaudron sur Israël afin de les obliger d'accepter la Torah qui est aussi le principe de IMA. Là-bas, il fallait l'annulation du corps pour que IMA puisse épancher son pouvoir fédérateur. Pour cela, les âmes se sont séparées du corps au moment de la parole divine. 
Les Moh'in se sont séparés lorsque les enfants d'Israël se sont endormis avant de les retrouver au moment de recevoir la Torah. Ce qui n'est pas le cas au sujet de la Soucca qui est en fait la réparation du corps. Au moment de manger et même de dormir dans la Soucca, l'homme fait revenir les Moh'in sur lui. Normalement au moment de manger, se séparent les Moh'in car l'homme est un animal. Il n'y a que l'envie qui le domine. À plus forte raison, lorsque l'homme dort, la conscience des Moh'in est encore plus éloignée de lui. Mais grâce à la Soucca, dans ces moments où les Moh'in doivent se séparés, c'est-à-dire au moment de manger et de dormir, par la bénédiction ''léchev basoucca'', les Moh'in reviennent sur l'homme au lieu de partir. 
Au moment où il y a la domination des Kélim, du corps grâce à la lumière englobante de IMA, grâce au Or Makif, toutes ses forces (les envies) que le corps développe pour prendre le contrôle vont s'unifier et se mettre au service du Or. C'est l'union des deux noms divins ''אדנ.י'' et ''י.ה.ו.ה'' qui font ''יאהדונהי'' qui est la même valeur numérique (91) de ''אמן'' qui est la même valeur numérique que ''סוכה''. Le nom ''י.ה.ו.ה'' étant le principe de la lumière, du Or et le nom divin ''אדנ.י'' étant le principe du Kéli, du corps. Par la sainteté de la lumière qui s'épanche de IMA, alors le corps va se soumettre à elle, s'élever à son niveau afin de devenir son serviteur. De cette union, va s'épancher l'éternité. 
C'est cette même Mitsva de la Soucca que Dieu a proposée aux nations pour justement relier le corps à l'âme. Cette Soucca reliant les cieux et la terre et celui qui est méritant a alors la possibilité de s'introduire dans le monde futur. Mais si l'homme ressent cette chaleur de cette lumière de IMA comme du feu cela veut dire que le corps ne peut supporter la lumière de ce Or car il est sous la domination des sens encore, sous la dominations des sept rois primordiaux.
Ce lien de l'âme et du corps, nous le voyons dans cette notion du Léviathan. Le Léviathan est le mystère du Tsadik, du juste qui accompagne Dieu. C'est celui qui ne veut pas des envies de ce monde, l'envie de son corps n'est qu'une envie spirituelle. Pour cette raison, le toit de la Soucca est fait de choses qui viennent directement de la terre car pour lui, le corps est complètement spirituel. C'est le principe du Lévi. Au moment de la résurrection des morts, va se relier le corps à l'âme, c'est le principe du monde des Akoudim. Dans une naissance normal, il y a d'abord le corps qui apparaît issu de ses parents puis à l'âge adulte (Bar Mitsva) les Moh'in viennent sur l'homme, son âme peut alors dominer le corps, il devient l'enfant de Dieu. Avant, il était le fils de la matière. Mais par ce processus de la résurrection des morts, l'homme naît directement de la main de Dieu. ''c'est Dieu qui nous fait et non nous-mêmes''. L'homme devient un ustensile conscient de son état et non quelque chose d'indépendant qui se construit de lui-même. Au moment de la résurrection, toute la création va ressentir qu'il n'est que la matérialisation d'une seule volonté.
 À ce moment, l'homme a le mérite d'avoir cette mère suprême, cette IMA providentielle qui est la cause éloignée, la cause supérieure de sa venue au monde. Il y a une mère proche qui est la mère biologique ou bien le pays, la nation, ou bien nos propres actions étant le déclencheur de toute chose et il y a une mère originelle qui est la véritable cause de tout. Par ces choses que la mère biologique épanche sur son enfant (nourriture...) alors dans la Soucca, nous pouvons recréer le lien avec notre mère originelle. Avec les Moh'in de l'enfance nous ne pouvons que nous relier à la cause proche de toute chose: à l'oxygène, à l'eau, à la nourriture...à toutes les raisons proches qui nous tiennent en vie. Mais à la résurrection des morts, les lois ne seront plus les mêmes, les cause proches ne seront plus perçues et seule la cause originelle se révélera. À ce moment, le corps va renaître par l'épanchement divin et s'unir de suite à l'âme qui va directement nourrir le corps. C'est alors le début de l'éternité et le corps se sauve de l'emprise de toutes les forces des lois de la Nature. C'est à ce moment que s'unissent 
''י.ה.ו.ה'' et ''אדני'' et faire ''יאהדונהי'', l'union de l'unité divine ''IMA'' avec ces créatures ''Zéïr Anpin et Noukva''. Au moment de la brisure, il y a une séparation de IMA et de ZOUN et par la Mitsva de la Soucca, IMA se réunit de nouveau à ZOUN et se révèle alors la notion de monde futur où le corps atteint cette Kédoucha et s'intègre à l'âme tirant sa vitalité d'elle directement. Et pour cela, il faut devenir Lévi et c'est le principe du Léviathan afin d'être prêt à accompagner.
 Au moment où l'homme comprend que son corps n'est qu'un ustensile et non un roi, il devient le compagnon de la Chékhina mais au moment où celui-ci ressent qu'il a un pouvoir de domination, qu'il ressent qu'il est roi, alors survient la destruction de son temple. C'est la domination des rois primordiaux. Mais lorsque l'homme ressent que son corps n'est qu'un instrument dans les ''mains'' de Dieu, pour les besoins de la volonté divine alors il élève son corps au niveau de son âme qui va l'amener à l'éternité. Et c'est toute la notion de la femme aussi qui s'appelle aussi Liviathrène car elle accompagne l'homme. Si elle comprend qu'elle n'est dans ce monde que pour accompagner l'homme, alors elle mérite d'atteindre un niveau extrême de spiritualité. De même que la peau du Léviathan devient la structure de la Soucca elle-même. Si l'homme fait régner son corps alors il s'introduit dans le chaos, dans la destruction mais s'il réalise que ce corps ne lui a été donné que pour servir Dieu, il rend possible ce lien entre Dieu et le monde entier. Il rend possible l'union de l'arbre de la connaissance avec l'arbre de vie.
 Ce ne sont pas deux arbres antagonistes. Il faut arriver à les unir, à n'en faire qu'un seul arbre et c'est le principe du Messie fils de Yossef (l'arbre de la connaissance, le Kéli) et le Messie fils de David (l'arbre de vie, le Or). Réunir ces deux notions divines que sont ''י.הו.ה'' et ''אלהים'' et les deux noms ''י.ה.ו.ה'' et ''אדני'' la liaison du corps et de l'âme. C'est ce que demande Dieu de faire à Adam, de manger le fuit de l'arbre de la connaissance mais le soir de Shabbat. En mangeant le fruit avant l'entrée de Shabbat, cela a eu pour conséquence la domination du corps sur l'âme car la Kédoucha ne s'est pas encore révélée. Le soir de Shabbat, la Kédoucha de IMA se réveille et par cela, alors le corps peut supporter la force du fruit de la connaissance pour s'en servir et s'élever au niveau de l'âme. Sinon, le corps ressent une illusoire autonomie qui est issue de ses propres pulsions. Mais à l'entrée de Shabbat, c'est IMA qui domine et alors, le corps peut manger et profiter des délices de ce monde car le corps est à ce moment envahi par la sainteté que déverse IMA qui fait que le corps se tient au niveau de l'âme. Le fait de manger devient un délice spirituel, pour cela, Dieu veut vraiment que l'homme mange de l'arbre de la connaissance mais pas quand le corps domine car à ce moment la spiritualité devient de la philosophie et de l'intellectualisme et non Torah. Cet intellectualisme (l'arbre de la connaissance) doit être sous la domination de la crainte divine (l'arbre de vie) mais si cet intellectualisme précède la sagesse divine, il n'en découle que la domination du corps et des sens. En mangeant dans la Soucca, nous ramenons, nous réunissons toutes les limites du monde sous les ailes de IMA et alors, l'arbre de la connaissance peut alors se révéler. En sortant des limites de la matière, de son corps, et en entrant dans la Soucca c'est-à-dire en ressentant que le monde n'est que aléatoire et la spiritualité étant l'éternité, alors, il est certain qu'il arrivera aux portes du monde futur. La Néchama devenant la Soucca de son corps. En vérité le monde se trouve sans Soucca,. Lorsque Dieu a construit son monde, les six limites que sont les six Séphirot inférieures et qui sont la matière et le principe de la création, il l'a construit sans Moh'in, sans cerveau pouvant se relier au divin. Abba et Ima que sont H'okhma et Bina sont les forces les plus précieuses qu'il y a dans la création. Car par ces Moh'in, la matière s'élève. Le Shabbat il y a d'elle-même cette notion d'élévation des mondes. Assya monte dans Yétsira, Yétsira monte dans Bérya et Bérya monte dans Atsilout et alors, Ima domine et il y a encore au-dessus la domination de Abba et de Arikh. Mais le Shabbat, c'est la domination de Ima qui est un goût du monde futur. Lorsque Ima étend son énergie prolifique sur l'homme, alors celui-ci entre dans un état second où c'est l'intellect supérieur qui épanche sa volonté et l'homme se trouve alors connecté à l'unité divine qui épanche ses bénédictions.
 Mais si l'homme est dominé par ses pulsions et n'est dirigé que par son intellect inférieur commandé par ses sens, le corps devient alors le maître et se coupe complètement de la source divine et prolifique qu'est Ima. Lorsque l'homme entre dans la Soucca, il lui vient un autre Daat, un autre intellect, l'intellect supérieur venu de Ima. Une énergie différente l'habite, un Or intérieur différent et un Makif différent. Et alors les six limites inférieurs vont être envahies de cette énergie qui va les dominer pour les faire agir dans un même but, la révélation de l'unité divine de ce monde. Moshé rabbénou lui-même est appelé ''Léviathan'' car il a élevé son corps au niveau de l'âme pour s'unir complètement à Dieu en tout temps. C'est le niveau du Léviathan. La Nature est dans le mystère de Ima qui entoure (makif) tout ce qui se trouve en elle c'est-à-dire la création et qui la protège de ces eaux tumultueuses que sont les forces du corps. Le Léviathan ressent cette force protectrice dans son corps car celui-ci ressent qu'il est alimenté par son esprit et non par son corps et c'est cela le tikoun olam, la réparation du monde. L'homme doit arriver à un niveau où son action n'est plus une action particulière pour sa propre réparation mais pour une réparation universelle. Ses préoccupations doivent se tourner maintenant vers l'extérieur, vers l'univers et vers tous les mondes que sont le monde des âmes, le monde des anges et le monde des corps. C'est cela la réparation de la providence divine, le Tikoun Hachékhina. Lorsqu'un homme se préoccupe non pas de son propre jardin d'Éden mais du monde de Dieu, de la révélation de la présence divine dans la création, alors il devient un Cohen et son service s'élève au niveau du saint temple. Il fait parti alors de la tribu de Lévi. Ses préoccupations sont d'un autre niveau, au niveau de l'univers et de la réparation des trois mondes. L'homme essaie alors de réparer son entourage et non lui-même. Il arrive à ce moment à se séparer des causes proches pour atteindre la cause originelle. Et la véritable cause du service divin est la réparation du monde c'est-à-dire la révélation de la présence divine sur terre en faisant épancher l'énergie divine de Ima jusqu'aux créatures. Lorsque les Séphirot inférieurs entrent dans la Soucca, ce pouvoir des rois antérieurs s'annule par le fait que ces forces sont entourées par le toit de la Soucca, cette lumière entourant, ce Or Makif qui vient de Ima pour devenir un Kéter au-dessus de ces forces. C'est la réparation de la brisure des Kélim. Mais la Ima supérieure ne peut entourer ces forces si le corps et ses forces ne s'annulent par au préalable (c'est le travail de Yom Kippour). Alors le corps comprend qu'il n'est là que pour accompagner l'âme et non le contraire. Le Kéli n'étant plus un roi mais un instrument. Lorsque le Kéli ressent qu'il n'est que le réceptacle de la lumière alors se révèle l'éternité de la création. Il sort alors des limites de ce monde bien qu'il se trouve encore dans ses limites. En s'introduisant dans les limites de la Soucca, si nous arrivons à éliminer nos propres limites alors nous nous introduisons dans l'illimité qui s'épanche justement des limites de la Soucca qui est la matérialisation de la IMA supérieure. De même que dans le temple, les mesures de la chambre où se trouve l'arche sainte était de cinq Amot jusqu'au côté sud de l'arche et cinq Amot du côté nord de l'arche alors que la largeur du saint des saint était de dix Amot. Nous comprenons que l'arche elle-même ne prenait pas d'espace car c'était d'un niveau d'au-delà des limites. Le Léviathan a ce niveau où le corps n'est plus séparé de l'âme. Sa peau ''עור'' devient alors sa lumière ''אור''. 
Le corps se nourrissant uniquement de la lumière divine et non des forces enfouies dans la matière. Il ne sera alors plus dépendant des forces des sens et des limites de la nature. Parce que dans ce monde, la séparation est effective, alors l'âme ne peut nourrir le corps. Ce n'est qu'au moment où l'homme se nourrit de la cause originelle que la réalité de la création va se révéler. Et ce du fait qu'il s'est déconnecté des causes proches que sont les sens et les pulsions du corps. Nous ne devons utiliser l'arbre de la connaissance, l'intellectualisme le pouvoir des sens et du libre-arbitre qu'après que nous nous soyons plongés dans l'arbre de vie, le pouvoir de l'unité suprême où les forces du corps sont assujetties à l'âme. Alors la nourriture devient un plaisir éternel et non un plaisir des sens.

Rav Mordékhaï Chriqui (5777)
Retranscription Rav Michael Smadja
Publie par la Source des sagesses

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