vendredi 23 février 2018

Paracha-Tetsave- Zohar

 

Zohar Tétsavé- Zakhor 

« Souviens toi de ce que t'a fait Amalek en te rencontrant dans le chemin»

Amalek n'apparaît pas subitement devant le peuple d'Israël, il est existant depuis la nuit des temps. Le Zohar demande '' où est la place de Amalek dans les mondes supérieurs?'' le Ramh'al explique que lorsque Israël en bas efface le souvenir d'Amalek, alors en haut, Dieu efface aussi son souvenir. Le nom ''Amalek'' est composé de la fin de deux noms ''am'' pour Bilham et ''lek'' pour Balak qui sont deux grands mécréants et haineux du peuple d'Israël qui en fait sont deux forces mâle et femelle qui procèdent de Amalek. Ces deux forces peuvent se matérialiser dans les deux cultes de l'occident et de l'Islam: Essav et Yishmaël. Mais le Zohar dit qu'il y a cinq catégories dans Amalek dont le érev rav. De Avraham est sorti l'écorce Yishmaël, de Yitsh'ak, Essav et de Yaacov le érev rav. Le Zohar explique que l'exil le plus dur est celui issu du érev rav. Qui est ce érev rav? Ce sont nombre de peuples qui se sont mélangés avec Israël. Ils n'ont aucun lien avec Israël. Tout ce qu'ils veulent est de dominer. Ils ne veulent pas recevoir de bien d'Israël. Ils n'ont aucune envie de réparer ou de rechercher le bien pour le peuple d'Israël. Il est dit d'effacer le souvenir de Amalek c'est-à-dire sa philosophie car c'est par son esprit que Amalek se dresse contre Israël et la Torah. Il n'est là que pour attirer Israël dans un autre endroit où règne le bien et le mal. Là-bas est sa place dans les mondes supérieurs, dans la dualité des forces supérieures. Il est là pour créer le pendant au bien, attirer l'homme dans cette perception duelle de la création. Alamek est la représentation du serpent ontologique. Dieu a donné au premier homme l'obligation de s'occuper de cette réparation, d'annuler la force du serpent, de l'affaiblir et de la transformer mais il n'a pas réussi. Le monde tel que nous le connaissons est la résultante de ce Amalek qui n'a pas été effacé. Alors la révélation de l'unité n'a pu se faire et même Israël n'a pu réussir à l'effacer complètement. Yéhochoua n'a pu que l'affaiblir et non l'effacer, de même le roi Shaoul n'a pas réussi. 

Il est écrit « tu n'oublieras pas» le Ramh'al explique ainsi: « n'oublie pas en bas afin que la force divine ne s'affaiblisse pas dans les mondes supérieurs.» car après le don de la Torah, l'unité divine s'est révélée dans les mondes supérieurs. La valeur numérique de Amalek est la même que ''el ah'er'' ''dieu étranger'', 240 qui est en parallèle avec ''el éh'ad'' ''le Dieu unique''. Un autre versant impur qui est construit par rapport au versant sacré. Amalek fait ressentir que tout ne provient que de causes nouvelles et proches alors que la voie du sacré fait ressentir que tout n'est que volonté divine, qu'il n'y a rien d'autre que lui. Si un homme croit que c'est le médicament qui le guérit, c'est qu'il est dans la conduite de Amalek mais celui qui ressent que tout n'est que volonté divine, que la guérison comme la maladie ne proviennent que du plan divin inéluctable programmé depuis la nuit des temps est dans cette structure divine sainte. Toute la longueur de l'exil n'est que la conséquence de cette perception de la vie issue de ce ''el ah'er'' contraire du ''el éh'ad''. Il suffit de rééquilibrer notre perception pour faire que le ''r'' de ah'er devienne ''d'' de éh'ad. Ajuster nos actions vers Dieu fera que la véritable matrice se révèle et domine la création. L'impureté de l'écorce de Amalek s'est épanchée uniquement dans deux nations: Essav et Yishmaël. Tout ce qu'ils font est pour leur propre profit et même lorsqu'ils montrent l'étendard de Dieu. C'est cela la force de l'écorce: recevoir pour soi et non pour épancher. De même le vin, prendre l'écorce du vin enivre mais prendre le fruit fait sortir le secret. Cet envie chez ces nations de recevoir Dieu est en fait une envie personnelle de dominer, c'est l'expression même de l'écorce qui est dans son impureté la plus totale. Ces nations veulent se placer au-dessus des lois de la nature pour les dominer tout simplement, au-dessus de Élokim mais ils ne peuvent reconnaître le Tétragramme car ce niveau de perception est en dehors de l'écorce car il faut s'annuler complètement. Il n'y a pas écrit une seule fois le nom de Moshé dans le récit de la sortie d’Égypte, pourquoi? Car Dieu est partout et Moshé n'a pu faire ce qu'il a fait, uniquement parce qu'il s'est complètement annulé. Nous voyons que Essav compte les mois selon le soleil et Yishmaël selon la lune. Ces deux astres sont en fait la construction de Amalek, le soleil étant Zéïr Anpin et la lune, Noukva. Ces deux visages sont les deux penchants du mauvais côté qui provient du jugement. l'un est masculin et l'autre féminin. Il y a deux sortes de jugement: le jugement pur et dur qui frappe (le pouvoir masculin) et un jugement plus perfide (le pouvoir féminin) qui nous éloigne de Dieu. Ce jugement ne veut qu'empêcher l'homme d'arriver à ce plan divin de la perfection. Le but de Yishmaël est qu'Israël n'ai pas de part dans sa propre terre. Il y a deux racines au mal: la brisure des vases qui est dans le mystère des rois de Edom et la diminution de la lune qui est dans le mystère de Yishmaël. Cette diminution de la lune est cette empêchement que développe Yishmaël pour empêcher Israël de s'unir complètement à Dieu, afin que la révélation de sa royauté se révèle sur Israël. Essav et Yshmaël se partagent la puissance dévastatrice de Amalek, l'un par la force de la rigueur du jugement et l'autre par le fait d'empêcher la bonté de s'épancher. Tout le mal à notre époque est au niveau de la Noukva et plus au niveau des rois primordiaux, des six Séphirot inférieures. Notre travail maintenant est de travailler sur cette Malkhout, sur le retour de la révélation divine dans tous nos ressentis, dans toutes nos pensées, toutes nos paroles et toutes nos actions. Par le fait de faire régner Dieu sur nous, automatiquement, Amalek s'effacera de lui-même.

 5778 Rav Mordékhaï Chriqui


 

jeudi 22 février 2018

Fete-Pourim- Pas de Mordehai sans Aman



Fete-Pourim- Pas de Mordehai sans Aman

Nous allons parler du mystère de Pourim ou de la tête inconnaissable. 
Il y a un concept dans la Kabbala qui s'appelle ''Récha Déla Etyada''. 
C'est un plan divin que le Zohar appelle ''la tête inconnaissable''. Elle conserve en elle tout le plan secret de l'histoire qui est pour nous de l'ordre du caché, du ''Esther'' ou plus exactement de l'ordre de la non-perception et de l'insaisissable, de la non-compréhension. 
Nous allons trouvons cette notion dans l'histoire de Pourim. Le Talmud enseigne ainsi: « un homme a l'obligation de se saouler à Pourim jusqu'à ne plus distinguer entre ''béni soit Mordékhaï'' et ''maudit soit Aman''», ne plus distinguer entre le bien et le mal par le fait de confondre Aman et Mordékhaï.
 La valeur numérique de ''ברוך מרדכי'', ''béni soit Mordékhaï'' est la même que ''ארור המן'', ''maudit soit Amman'' qui est de 502. le but de Pourim est d'arriver au point de non-connaissance, de non-distinction et non pas de se saouler.
La dégradation du peuple d'Israël a commencé par l'intronisation du roi Ah'achvéroch lorsque les juifs ont profité de son banquet où le roi va s'habiller des vêtements du grand prêtre et où les ustensiles sont ceux du saint temple.

D'après les Kabbalistes, il y a un flux divin qui illumine dans chaque fête. Ce flux caractérise la fête, il contient un message profond de l'ordre de la divinité. Chaque fête exprime le divin d'une manière différente, un Partsouf différent, une configuration particulière.
 Le Ari Zal enseigne que la Fête de Pourim révèle le Yessod de Abba. Le fondement de la sagesse qui est de l'ordre de l'amour qui se révèle tous les jours lorsque nous disons dans la prière '' béni soit l'éternel qui aime le peuple d'Israël'' et au moment du ''Shéma''. Et même lorsque nous montons à la Torah, il y a ce niveau de Yessod de Abba qui se révèle.
 Le Ari Zal dit que toute la journée de Pourim, il y a cette émanation.
Qu'est cette émanation qui caractérise la fête de Pourim?
Le Talmud demande: « où est mentionné le nom de Esther dans la Torah? 
Aster astir panaï miliphnéeme» « je cacherai mon visage de devant eux». Donc cette dissimulation de la présence divine qui se trouve dans la Torah, la Méguila Esther va la révéler. ''Méguila'' veut dire ''dévoiler'' et ''Esther'' veut dire ''la dissimulation'' car le mot ''אסתר'' se décompose ainsi ''א....סתר'', D-ieu caché qui est dévoilé au moment de Pourim par la lecture de la Méguila.
 La Méguila va révéler le D-ieu de l'histoire , l'histoire étant dirigée par l'unique.

 Pour cela, on déploie toute la Méguila, pour dire qu'il y a une expansion de la divinité où il faut voir aussi la fin. Mais le début aussi est important même s'il semble insignifiant, D-ieu est derrière cet insignifiant. 
Chaque fois qu'il est mentionné le nom ''le ROI'', il s'agit du véritable roi, D-ieu et même si le texte parle en fait du roi Ah'achvéroch car en fait il n'y a qu'un seul roi et malgré nous, nous accomplissons sa volonté.
 Il y a dans l'histoire de Esther quelque chose de particulier. Tout le monde accomplie la volonté de D-ieu mais Amman lui-même l'anti-thèse du peuple juif, va faire toute l'histoire de Pourim.
 C'est lui qui amène Esther au pouvoir, c'est lui qui amène l'idée de tuer Vachti et plus tard il va donner l'idée aussi de couronner Mordékhaï. C'est lui qui est l'invité d'honneur du festin d'Esther. Amman a la valeur numérique de 95, c'est la même que ''כס יה'' ''le trône de D-ieu'' qui se traduit plutôt par ''celui qui cache le divin'', celui qui met en doute le trône de D-ieu en enlevant le א du mot ''כסא'' le trône. 
Le monde devient manquant de l'unité divine. Il montre que ce monde ne fonctionne que par le hasard. Nos maîtres appelle Amman qui est le petit-fils de Amalek, le petit-fils du hasard. 
L'histoire de la Méguila n'est superficiellement qu'une suite de hasards. Mais en vérité, ce même Amman, ce ''כס יה'' est le Roi, ''המלך'' qui a aussi la valeur numérique de 95. En réalité, même celui qui pense caché D-ieu, réalise la volonté de D-ieu. Et nos maîtres vont jusqu'à dire que ce qu'a fait la bague royale au doigt de Amman, 48 prophètes et 7 prophétesses n'ont pu le faire. Il n'y a pas eu plus grande unité dans le peuple d'Israël qu'au temps du décret de Amman. On n'a jamais accepté la Torah comme nous l'avons acceptée à l'époque de Ampeut-être man. Donc le Mal travaille pour D-ieu aussi bien que le bien.

Il faut arriver à Pourim à une situation où on ne sait plus qu'est-ce qui travaille le mieux pour D-ieu! Est-ce MordékhaÏ ou bien Amman? 
Lorsque l'on dit qu'il faut boire jusqu'à ce que l'on ne peut plus distinguer entre Mordékhaï et Amman, cela veut dire que nous arrivons à un niveau de perception où le bien et le mal se confondent car allant dans une même direction, la réparation du monde.
Il y a quelque chose d'extraordinaire qui se passe à Pourim qui ne s'est jamais passé avant. Les prophètes auparavant guidaient le peuple afin de s'opposer au mal. À Pourim, il y a une autre voie qui s'est révélée. 
Esther a pris en considération le Mal. Elle rentre à l'intérieur de la bouche du lion qu'est Amman. Elle travaille en cachette, elle ne veut pas faire savoir qui elle est. En cachant son origine, elle limite la présence divine qui elle-aussi se cache dans tous les palais, se cache à travers tous les hommes qui réalisent sa volonté divine.
Le Ramh'al dans Daat Tévounot explique dans le chapitre sur l'arbre de la connaissance du bien et du mal ainsi: il y a un arbre du savoir, la voie du savoir du bien et du mal qui passe par la perception du bien et du mal que D-ieu a proposé au premier homme et qui se trouve dans le Gan Eden. Et il y a une autre voie qui est la voie de la soumission, la voie de la foi, l'arbre de la vie éternelle, la voie de la vie avec D-ieu. Il y a aussi voie de la vie sans D-ieu, la voie de l'expérience.
 L'arbre de la connaissance est la voie de l'expérience où l'homme expérimente sa vie et où il comprend tout ce qu'il fait. Il comprend par son contraire, il comprend le bien par le mal, la lumière par les ténèbres. Cette voie, c'est la voie que le premier homme a pris et toute l'humanité après lui, c'est la voie de la dialectique, la voie de la dualité, la voie de l'expérience. Dans cette voie de l'arbre de la connaissance, il y a une chose et son contraire. Car la compréhension ne peut se faire que par une limite qui est son contraire. On ne saisit et donc on ne limite une chose que par son contraire. Pour comprendre la vie, il y a besoin de la mort. Dans cette voie de compréhension, la mort est inéluctable. ''le jour où tu consommeras de cet arbre, tu mourras''. En fait, tu vivras mais dans un niveau de perception où la mort est sa limite. On rentre alors dans l'extase du plaisir et de l'envie car cette vie n'a un sens que par cette mort. Donc, il faut goûter chaque moment de notre vie comme s'il était le dernier moment de notre vie. Il faut essayer de le capturer afin de ne pas le laisser s'échapper. Tout fonctionne donc par son contraire et même D-ieu va fonctionner ainsi, il va œuvrer au niveau de l'histoire par rapport à l'arbre de la connaissance. En d'autres termes, Mordékhaï ne peut être Mordékhaï sans Amman. Sans Parho, qui est Moshé Rabbénou? 
C'est cela le sens profond de ''viens vers Parho''. Même Moshé Rabbénou a besoin de Parho pour se révéler. Pour sortir d’Égypte, il faut un esclavage auparavant. Il faut passer par une réalité que l'on appelle Parho, que l'on appelle le mal. Il y a une réalité qui s'appelle l'écorce. C'est la raison pour laquelle il faut parler de Ah'achvéroch et de Amman avant même Mordékhaï. Il faut commencer la Méguila par le mal, par Ah'achvéroch, par Amman, par le festin. Comme il est dit à propos du commencement de la création, le monde était plongé dans le chaos, dans les ténèbres. Ce n'est qu'après que la lumière est apparue. Ce n'est qu'après que Essav soit sortie, que Yaacov a pu sortir saisissant son talon. Il faut que Essav se révèle entièrement pour que se révèle Yaacov. On a besoin donc du mal pour révéler le bien et donc, on a besoin de Amman.
Après la sortie d’Égypte, il y a eu la révélation sinaïtique et l'on s'est séparé complètement de la perception de la dualité et donc du mal. On était séparé de toutes les nations. Auparavant on était dans le ventre des peuples, on était dans la capitale des nations. Mais maintenant, nous sommes dans une dimension où seul D-ieu réside et où le mal n'agit plus en nous. Cette dualité qui procède du serpent et qui a confondu l'homme, a été interrompue avec la révélation sinaïtique. Dès que D-ieu s'est révélé ''JE suis Hachem...'', il n'y a plus donc la mort puisque la vie ne se perçoit plus par son contraire. 
Israël perçoit alors la vie réelle sans la mort. Nous sommes revenus au niveau de la perception de l'arbre de la vie éternelle. On ne recherche plus à comprendre, à saisir la vérité par une chose et son contraire.
 Puis on a échoué ce projet de vivre la vie éternelle et la brisure des tables nous ramène à la situation de deux tables et non pas d'une table unique.
 Dans les premières tables, il est écrit ''לוחת'' ''louh'at'' au singulier et non pas ''לוחות'' ''louh'ot'' au pluriel pour définir les tables. 
Cela signifie que les deux premières tables n'étaient qu'une seule table.

 Alors qu'au moment du deuxième don de la Torah, elles étaient devenues deux, il y avait la droite et la gauche, les lumières et les ténèbres... 
nous sommes revenus à la dualité et nous avons aussi une Torah de la dualité, une Torah qui va réparer la dualité. Elle prend conscience de cette dualité, elle prend en compte cette dualité. 
Cette dualité est représentée par les 49 façons de rendre impur en face des 49 façons de rendre pur. Contre les 49 degrés d'impureté, il y a 49 degrés de pureté. Il y a des permissions et des interdits. Nous vivons dans la confrontation pour réparer la dualité grâce à la Torah.
 Mais il y a une porte, la cinquantième qui est la voie de la prophétie, la voie de l'unité que l'on appelle la cinquantième porte. 
Le Ramh'al dans Daat Tévounot dit que ce que le premier homme a refusé d'accepter cette veille de Shabbat à la fin du sixième jour, il va l'accepter à la fin du sixième millénaire. Mais il va le recevoir par l'expérience. Il finira l'expérience du monde et par cela il acceptera cette vérité qu'il n'y a rien d'autre que D-ieu.

 Mais pour le moment, il y a beaucoup de lois que l'homme considère en dehors de D-ieu jusqu'à ce qu'il comprenne la véritable cause de toutes ces lois. Il aurait pu accepter directement ce principe qu'il n n'y a rien d'autre que lui. Mais maintenant, l'homme va descendre dans une situation où il va être confronté à l'expérience, une chose et son contraire. Par exemple, on étudie un texte du Talmud, on l'analyse. C'est une analyse logique mais en vérité il y a deux manières d'accepter une Mitsva soit en l'acceptant telle qu'elle elle soit par l'expérience c'est-à-dire avec une analyse, par une confrontation.
 D'après le Zohar et les maîtres de la Kabbala, le Talmud a été donné avec les deuxièmes tables de la loi.
Dans les premières tables, il n'y avait que les cinq livres de la Torah et d'autres maîtres rajoutent le livre de Yéhochoua. Toute la dialectique, toute la confrontation, toute la dualité se trouvent dans le Talmud. À savoir la logique humaine, c'est l'arbre de la connaissance, la voie du savoir. 

Donc la Torah s'insère aussi après le veau d'or dans cette voie de la connaissance du bien et du mal. Chaque chose va être analysée, il va y avoir de nouvelles lois pour affermir ce qui a été dit au Mont Sinaï. 
Amman correspond à cette voie de l'arbre de la connaissance. Pour Esther, il est mentionné « aster ester panim'' D-ieu cache sa face. 
C'est-à-dire que Esther correspond à une dissimulation, elle dissimule son esprit, son nom, son origine, son savoir, sa faculté cognitive car Esther ne fait que ce que Mordékhaï lui dit de faire. Son savoir vient de la sagesse suprême, c'est cela le Yessod de Abba.
 Le Yessod de la H'okhma, Mordékhaï correspond à la H'okhma. 
Le Ari Zal dit que le principe de la H'okhma à Pourim éclate tout et atteint la royauté, cet aspect féminin que l'on appelle Esther.
 Le א, cette unité se révèle à Pourim à travers la dissimulation.
 Esther est le contraire de Amman. Esther est considéré comme l'arbre de la vie, c'est l'annulation, c'est l’annihilation. 
Le premier homme devait uniquement annuler son cerveau, son esprit, ses pensées issues de la dualité. Il faut accepter, se soumettre. 
Par contre l'arbre de la connaissance c'est Amman! 
C'est se présenter, s'exposer, c'est un désir, une envie, c'est exprimer son envie, son désir. Le fruit de l'arbre de la connaissance est un désir pour les yeux. Il ne veut pas être un objet dans l'histoire, il veut être un sujet. C'est ce que dit le serpent au premier homme « vous deviendrez comme D-ieu», vous n'allez pas vous soumettre toute votre vie! En prenant votre liberté, vous allez ressentir que vous êtes des dieux. Amman s'autoproclame dieu. 

Le Talmud demande: « où est mentionné Amman dans la Torah? 
Du verset AMMIN ahets azé, est-ce de cet arbre de la connaissance qu'il vous a interdit de manger?»
 Amman est une question sans réponse « est-ce de cet arbre?».
 Amman a construit un arbre de cinquante coudées que sa femme Zérech lui a conseillé de faire, le côté féminin du Mal. Et sur cette arbre, il faut pendre Mordékhaï. Il y a un niveau où le mal n'a pas accès car tout principe du mal peut se confronter à n'importe quel principe du bien.
 D'après la Kabbala, lorsque l'on dit ''ceci en parallèle à cela'' dans l'expérience humaine, il y a toujours un parallèle mais il y a un élément qui échappe au mal, c'est le Kéter, la couronne, c'est la souveraineté, c'est la direction. Amman et aussi Ah'achvéroch parlent de la direction, d'en être le moteur et de vouloir par cela diriger le monde. Ils veulent atteindre le cinquantième degré, ils veulent amener la puissance terrestre par la bague, ''טבעת'' qui est le symbole de la puissance de la nature, du ''טבע'' au niveau du divin. Celui qui domine la nature par la science ou par la force est celui qui dirige le monde, et celui-ci est Amman. Mais il y a un degré qui jusqu'à présent leur échappait. 
Le Zohar lorsqu'il parle de ''l'autre côté'', du principe du mal, il le nomme ''un royaume sans couronne''. En fait Amman veut prendre la place de Ah'achvéroch. Lorsque le ROI (D-ieu) n'arrivait pas à dormir, il a fait convoqué Amman et lui a demandé: « que faire à celui qui est l'aimé du ROI?» Amman pensant qu'il parlait de lui, lui a demandé alors de lui donner sa couronne. À la fin, c'est Mordékhaï qui va prendre la couronne du ROI.

Le peuple juif dérangeait Amman. Il a présenté ce peuple à Ah'achvéroch ainsi: « il y a un peuple ''Yechno Am ''» il y a un peuple dont le D-ieu dort 'Yochen''' cela veut dire que ce peuple est en exil et il a perdu la protection de son D-ieu qui ne se réveille qu'en terre d'Israël. Amman était un grand théologien, il avait une idée sur la cosmogonie du monde, il avait une idée sur la théogonie, sur la création du monde. Il avait une idée aussi sur la place du mal dans le monde. Amman correspondait à ce principe qui nous amène à l'incertitude où tout est remis en question. Car lorsqu'une chose est établie, il y a forcément son contraire. 
Le Ramh'al dit que le contraire de D-ieu qui est le Mal, n'est rien d'autre que D-ieu lui-même. En d'autres termes, D-ieu est tout et est UN.
 La notion de l'unité chez le Ramh'al, donne la souveraineté à D-ieu dans toute la direction et dans toute l'histoire.
 Cependant le Mal est la pierre d'achoppement qui remet en cause l'unité de la divinité où plutôt la justice divine. Le mal ne remet pas en cause le divin mais la conduite de la justice. '' Pourquoi le juste souffrirait-il? 
Pourquoi le mécréant serait-il heureux?
 Donc s'il y a un D-ieu de justice, il ne devrait pas avoir de Mal, il ne devrait pas y avoir le Mécréant ou bien le juste qui souffre! 
Le Roi Shlomo a dit: « le juste et le mécréant disparaîtront en un moment, par hasard». Ce hasard c'est Amman. Il n'existe pas de certitude, une fois c'est le bien, une fois c'est le mal. Il n'y a donc pas une voie déterminée. On est dans l'indéterminisme.
Le Ramh'al explique que celui qui veut guérir une plaie complètement, il faut qu''il aille jusqu'à la racine du mal. Ainsi celui qui veut se défaire du Mal, doit rechercher sa cause profonde. On parle ici du Mal ontologique. Car sans cause, il n'y a pas d'effet. Quelle est la racine et la cause du Mal?
 C'est pour révéler l'unité car c'est par la transformation de ce mal en bien, que son unité se dévoile. En d'autres termes, il faut que Amman accomplisse la volonté de D-ieu même lorsqu'il pense que c'est le contraire de sa volonté car en vérité c'est sa volonté et par ce Mal, D-ieu va se révéler. Il faut donc cette inversion, ce 14 Addar qui devait être un jour de destruction devienne une fête. 
Qui révèle cette fête?
 C'est Amman, c'est le Mal qui va la révéler car c'est lui qui va amener Esther au pouvoir, c'est lui qui va amener Mordékhaï au pouvoir. Cette bague que va recevoir Mordékhaï qu'il prend de la main de Amman, il va l'utiliser pour inverser le Mal et le rendre Bien.
 Moshé Rabbénou a travailler dans une autre voie, il s'opposait au Mal ou plutôt s'éloignait du Mal. 
Esther va faire quelque chose qui est apparemment le contraire de tout raisonnement logique. Esther s'est rapprochée de Amman en l'invitant à son festin. Elle voulait le séduire pour rendre jaloux Ah'achvéroch et par son don de soi, elle va réussir à faire tuer Amman. ''Que viennent le ROI et Amman aujourd'hui'' ''יבא המלך והמן היום'', explique que dans ce verset, il y a le mystère de toute l'existence et de la réalité du monde. 
Les initiales de ce verset forent le nom du tétragramme ''י.ה.ו.ה'' ce nom définie que D-ieu est toute l'existence dans le passé, dans le présent et dans le futur: ''j'étais, je suis et je serais''. 
C'est toute la réalité de l'histoire et Amman a sa place aussi dans l'histoire. 
Amman est avec D-ieu pour nous dire que toute l'histoire est l'accomplissement de la volonté de D-ieu. Dans ce programme universel, le Mal a une place, il est au service de D-ieu et il travaille autant si ce n'est pas plus que le Bien. Amman travaille autant que Mordékhaï. 
Et c'est dans la tête qui est imperceptible et qui s'appelle la Radla que se trouve le plan inconnaissable où il n'y a pas de différence entre Mordékhaï et Amman. 

C'est ce que le Talmud dit: « il faut tellement se saouler jusqu'à ne plus différencier entre ''béni soit Mordékhaï'' et ''maudit soi Amman'' jusqu'à arriver à cette cinquantième porte, jusqu'à cette tête qui donne une place à chacun dans la réalité de la réparation universelle mais un est mécréant et l'autre est juste et ces deux côtés se révèlent ensemble. Mordékhaï ne peut exister sans Amman dans le plan divin. On a besoin du serpent pour révéler le premier homme.

Beaucoup de gens pensent que D-ieu dirige le monde par la justice mais en vérité ce n'est pas sa direction essentielle. Le but de la création, la direction essentielle est la conduite vers l'unité. Le but essentiel n'est pas de faire la justice, ce n'est pas de donner dans ce monde le bonheur aux justes et le malheur aux mécréants car nous voyons le contraire dans ce monde. En fait D-ieu veut réparer le monde, il veut l'amener à la perfection, il veut le préparer à recevoir l'unité, il veut le préparer à la révélation de l'unité.
Et pour cela, D-ieu répartie la réparation du monde aux âmes. Il y a une distribution des fonctions, chacun a une place dans le monde, même Amman a sa place. 
En vérité, le Mal n'est ressenti que lorsqu'il est déconnecté de ce programme universel. Et lorsqu'il revient dans le programme, ce mal alors se transforme en bien mais si l'homme se sépare du programme alors ce Mal est perçu comme une destruction. 
Rabbi Akiba dit que en vérité tout est bien et même au moment de sa mort, il souriait! Ses élèves étaient dérangés par ce sourire et même Moshé Rabbénou était dérangé! « C'est cela la Torah? C'est cela son salaire?» car Moshé Rabbénou est le maître de la justice qui veut révéler le D-ieu de la justice. D-ieu demande à Moshé de se taire car « ainsi il est monté dans ma pensée suprême». 
Le Ari Zal explique ce verset ainsi: « lui, Rabbi Akiba est monté dans mon esprit» il est monté dans cette ''tête'' que l'on appelle la ''tête inconnaissable''. Dans la ''tête inconnaissable'' où tout est bien où plutôt où tout est pour la réparation. Ce que voit Moshé Rabbénou, c'est le nœud des ''Téphilin'' de D-ieu, disent nos maîtres. Il voit la dualité, le bien dans la dualité, ce bien qui est défini par le Mal, dont sa limite est le Mal. Moshé est là pour réparer l'arbre de la connaissance. Il veut donner une réponse au serpent. Moshé doit saisir le serpent pour le convertir à la voie du divin. Cependant il a peur du serpent, il a peur de Parho, il s'éloigne alors du mal.
Esther, elle, invite le serpent car il faut être rusé comme lui. Il faut aller à la tête du serpent, il faut aller à la racine du Mal, à la cause de la dualité. Si l'on veut réparer le monde par la voie de la Justice, on ne pourra jamais réparer le Mal. Il faut aller dans la dimension du contraire et percevoir que ce contraire n'est rien d'autre que lui.

Mordékhaï a rassemblé tous les juifs et ils ont jeûné le jour même de Pessah', le jour même de la délivrance, le jour de la rédemption. Ce jour-là, Mordékhaï a transgressé le commandement positif de manger la Matsa, le 15 Nissan. 
Cette libération, nous la transformons en deuil afin que D-ieu la transforme en libération et en rédemption. Ce jour de deuil est devenu un jour d'allégresse disent nos maîtres. Mais il fallait commencer par le contraire. Il fallait que Esther entre dans la gueule du lion. À ce moment, il va se passer quelque chose d'extraordinaire,
Pessah qui est le jour de la délivrance divine devient le deuil d'Israël qui va devenir lui-même la rédemption totale du peuple d'Israël. Car par cette perception du contraire qui va être le moteur de la rédemption, on ressent au plus profond de nous qu'il n'y a rien d'autre que lui. Et c'est seulement la cinquantième porte qui permet cette union des contraires, qui permet la transformation du Mal en Bien. Il faut revenir à l'origine et l'origine du Mal c'est le Bien car il n'y a pas de Mal sans le Bien. Le Mal ne se révèle qu'en tant qu'absence du Bien. Mais cette réalité qui s'appelle ''Mal'', si nous l'amenons à la cinquantième porte, Amman, il faut le pendre à la potence de 50 coudées, alors, celui-ci devient pareil à Mordékhaï. Pour cela la valeur numérique de ''ברוך מרדכי'' est la même que ''ארור המן''. Il faut arriver à confondre Mordékaï et Aman jusqu'à ne plus les reconnaître. Il y a une cinquantième porte qui s'ouvre à Pourim où tout devient UN. Il y a alors cette unité qui se révèle grâce à l'union des contraires. La couronne qui devait revenir à Amman va maintenant sur la tête de Mordékhaï. Il y a une transformation du Mal en Bien. Cette transformation ne se trouve que dans cette tête inconnaissable.
« et le juste et le mécréant tu les tues en même temps» dit le roi Shlomo, il n'y a pas de différence, c'est le hasard. C'est ce que dit Amman. Mais c'est ce que nous ressentons aussi au fond de nous. Le plan divin qui est au niveau de la tête inconnaissable, la Radla, est imperméable. Il a déjà distribué les fonctions.

 Pourquoi Rabbi Ellazar doit souffrir de faim?
 Car il a reçu une fonction, il a une tâche à accomplir afin de réparer ce monde par la famine. Et même lorsque Rabbi Ellazar demande à manger à D-ieu, sa fonction ne peut être changée si ce n'est qu'il faudrait recréer le monde car tout est fixé dans cette tête inconnaissable depuis le début de la création. Et donc selon la distribution, il existe le juste qui souffre et le mécréant qui est heureux. Mais selon la voie de la justice, cela n'est pas concevable. Comment un mécréant peut-il expérimenter le bonheur? Et donc où est D-ieu? Pourquoi ces enfants doivent-ils mourir?
 Dans la voie de la justice, nous voyons que c'est la force du Mal qui domine. Chacun ressent alors la possibilité de prendre le pouvoir et de tuer pour faire la justice comme Amman ou même Hitler. Apparemment, D-ieu crée cette incertitude puisqu'il a basé tout le plan de la direction divine non pas sur la justice comme on veut le comprendre mais sur cette tête inconnaissable où l'on ne comprend pas. Cette voie de l'incompréhension donne une place à la foi, mettre notre confiance en D-ieu, faire confiance à la réparation du monde. À ce niveau, il ne s'agit pas de Daat, de connaissance cognitive car cela ne peut être perçu par la connaissance cognitive. À Pourim, il faut arriver à cette situation '' jusqu'à ne plus connaître'', jusqu'à ne plus rien comprendre, arrêter de comprendre de cette compréhension cognitive issue des contraires. À Pessah' on jeûne!!!! cela n'est pas compréhensible et pourtant c'est par cette incompréhension que la délivrance, que la rédemption est venue.
 Mordékhaï qui met les habits d'un roi et Amman les habits du grand prêtre, l'un qui prend la place de l'autre, c'est cela la dimension de Pourim. Amman ''המן'' a la même valeur numérique de 95 que ''המלך'' le roi. Il exprime le ROI, c'est-à-dire D-ieu mais il n'en est pas conscient comme le serpent qui est inconscient de sa tâche dans le monde.
Amman est celui qui tient les rênes du cheval de Mordékhaï, celui qui sert le juste. Le serpent a amené la voie de la ruse et de la dualité. Nos maîtres s'expriment sur le serpent et sur tous les mécréants ''dommage pour ce serviteur'' car en vérité, si l'homme soumet la faculté cognitive (qui raisonne dans la dualité et selon la dualité) à la foi, alors ce serpent peut être ton serviteur. Il peut te servir dans ton élévation, dans cette vision de ''il n'y a rien d'autre que lui'' où même son contraire est lui. C'est pour cela que le nom de D-ieu n'est pas mentionné dans la Meguila
 Seul le nom de Amman est mentionné « Que le roi avec Amman vienne aujourd'hui» ''י.ה.ו.ה'' il n'y a qu'une seule réalité que D-ieu veut montrer. Non seulement que le Mal est soumis à D-ieu mais qu'il n'est que volonté divine. Mais si l'homme sépare cette volonté de ce plan divin, alors dans ce cas-là, le Mal devient mauvais et il est synonyme de destruction. C'est pour cela que nos maîtres disent ''dommage pour ce serviteur''. Le Mal doit être au service du Bien. Le Mal est l'envie, le plaisir comme il est dit à propos du fruit de l'arbre de la connaissance ''c'est un plaisir pour les yeux'' qui signifie que toute cette approche intellectuelle est un plaisir, un désir de se rattacher. Comprendre est une sorte d'unification avec la chose désirée. En fait ce désir existe et se trouve dans le serpent. C'est un plaisir qui se révèle lorsque l'homme veut se singulariser. Amman veut devenir un être unique alors que Esther est le contraire, elle se dissimule, elle se cache, elle ne dévoile rien de sa personnalité. Ce qui veut se distinguer dans l'homme est ce désir issu du serpent. Par cette personnification, par ce culte de l'ego, le Mal issue de la dualité prend forme en tant que souffrance. Le serpent comme le Mal nous donne une certaine autonomie, une distinction. Mais dans l'arbre de vie, cette distinction n'est qu'une confusion. Le premier homme devait s'annuler et se confondre avec D-ieu et donc se soumettre. Alors que dans l'arbre de la connaissance, l'homme raisonne, domine, existe et ne se soumet à D'ieu que par le raisonnement en repoussant le Mal qui existe déjà en tant que mal. Et ainsi, il ne s'annule pas, au contraire, il se singularise.

Au moment de l’acceptation de la Torah par amour à Pourim, la dualité a disparue. Elle est devenue une totalité où nous n'avons aucune part particulière dedans. À Pourim se révèle le principe de l'amour dit le Ari Zal, le Yessod de Abba. C'est le principe de l'union qui se révèle. À aucune autre fête se révèle cette émanation car pour avoir cette révélation, il faut une totalité, il faut intégrer le Mal. Car si nous ne nous annulons pas complètement car cela nous fait peur, alors nous ne sommes pas entiers, nous ne sommes pas complets. « Que le Roi vienne avec Amman» dans ce cas, il n'y a plus rien d'autre que D-ieu. Mais il y a une partie de nous qui ne veut pas intégrer le tout, il y a un raisonnement, une envie qui m'empêche de me fondre au tout. À Pourim, le peuple d'Israël a atteint de la manière la plus totale l'unité de « il n'y a rien d'autre que lui».

Rav Mordékhaï Chriqui (5776)
Retranscription Rav Michael Smadja
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dimanche 18 février 2018

Paracha-Ytro-2 états avant la révélation de l'Unite


Amalek et Yitro: deux étapes avant la révélation de l'unité

Ces deux personnages représentent deux étapes importantes dans la révélation finale.
« Yitro le beau-père de Moshé a entendu tout ce que Dieu avait fait pour Moshé et pour son peuple...» il a entendu en particulier la guerre contre Amalek qui est celui qui renie l'unité de Dieu. Yitro a connu toutes les forces de la nature, il était un serviteur de toutes ces forces idolâtres. Ce même homme va donner son nom à ce chapitre où les dix paroles vont être données.
 Le Zohar explique que Yitro est le premier a avoir reconnu Dieu comme étant non seulement le Dieu créateur mais aussi le Dieu dans l'histoire. Si Yitro n'était pas venu recevoir le peuple d'Israël, alors jamais les forces du mal auraient pu se soumettre au pouvoir divin. Du fait que Yitro reconnaisse la grandeur et la puissance de Dieu c'est-à-dire son unité suprême et qu'il se soumette à cette unité, alors les forces ontologiques de toute l'impureté que l'on appelle les ''forces du côté maléfique'' ont pu se soumettre à l'unité divine. Il fallait d'abord que le Roi ''Pharaon'' puis le prêtre Yitro reconnaissent Dieu et qu'ils se soumettent à celui qui dépasse toutes les forces et les dieux qu'ils avaient reconnus en tant que forces divines pour que les forces du mal puissent être brisées afin que l'autre côté se soumette au pouvoir suprême que ce soit dans les mondes supérieurs ou dans les mondes inférieurs. Ce n'est qu'après la soumission de ces trois êtres que sont Pharaon, Yitro et Amalek que Israël va pouvoir recevoir la Torah. Alors toutes les nations reconnaîtront que Dieu est l'être souverain. À ce moment, toutes les croyances ont été brisées. Yitro étant la symbolique du paganisme. Pour cette soumission, Yitro a eu le mérite d'avoir ce chapitre de la Torah en son nom. Il reconnaît alors cette relation privilégiée que Israël a avec Dieu. Amalek est le moteur qui va amorcer le retour et cette avancée de Yitro vers le Dieu de vérité. Yitro rejoint le peuple d'Israël à Réfidim, un endroit où les hébreux étaient démotivés dans l'avancée au mont Sinaï. C'est à cet endroit que le peuple d'Israël va rencontrer Amalek et va lâcher prise dans la possibilité de saisir la perception de l'unité divine. Il était fatigué de vivre cette perception divine où l'homme est absent, sans liberté sensorielle alors Amalek apparaît. En vérité, le peuple d'Israël montre qu'il n'est pas encore prêt à vivre l'expérience de l'éternité. Amalek représente cet autre dieu ou plutôt cette force qui veut occulter le véritable Dieu. Il est celui qui cache l'origine des origines. Il remet en question la souveraineté de Dieu. Il n'y a que les lois de la nature et le hasard pour lui. La cause principielle n'existe pas pour lui. Il y a plusieurs causes mais aucune n'est absolue, n'est permanente, n'est éternelle dans le temps. Amalek ressemble à Yitro qui est lui aussi au service des forces multiples de la nature. Mais il y a une distinction entre Amalek et Yitro. Si Yitro représente le paganisme où toute cette multitude de forces régit la création, il arrive quand même à reconnaître qu'il y a une force qui est au-dessus de toutes ces forces. Yitro avait une intimité avec ces forces mais en apprenant que Amalek est tombé, il a compris que le Dieu d'Israël était extraordinaire. Amalek occulte Dieu en acceptant des lois et non des dieux. Toutes ces forces sont la conséquence du hasard. Le hasard n'est que la dissimulation de Dieu, il n'y a rien d'actif dans sa matérialisation. Il ne vient pas remplacer Dieu mais il vient le cacher, le nier. Il croit qu'il n'y a aucune puissance qui dirige le monde. Il n'existe qu'au niveau de l'immanence, de Dieu dans ce monde et non de Dieu dans son universalité, de l'au-delà de la création. Il vient combattre Dieu dans l'histoire et non le Dieu de la création. C'est une guerre contre l'athéisme alors que Yitro représente le paganisme. La valeur numérique de Amalek est la même que ''l'autre dieu''. Il y a le Dieu unique et l'autre dieu. Comment peut-on renier Dieu? C'est en vivant uniquement la nature du monde que l'on peut se détacher de cet emprise de la matière et de ces dissimulations qui empêchent la perception divine. Toutes les forces cosmiques si elles sont en harmonies peuvent permettre de percevoir l'unité qui les relie entre elles. Amalek n'est pas en fait un athée mais il pense que la nature elle-même est dieu, il n'y a pas une force transcendante qui est supérieure à tout. Toutes les causes sont valables pour nier et renier l'unité suprême. L’Égypte est en fait toutes ces lois de la nature et Dieu nous a fait sortir de ces lois ou plutôt de la foi en ces lois. Amalek croit en ces forces de la nature mais leur retire toute notion de sacré et de divin au contraire de Yitro. C'est la désacralisation de la nature alors que chez Yitro, il y a une sacralisation de la nature. Il ne manque à Yitro que la connaissance du chef d'orchestre qui est au-dessus de toutes ces forces. À aucun instant, ces forces ne peuvent agir sans recevoir leur ordre du suprême et de l'unique. Il n'y a alors aucune force qui est intrinsèquement mal. Elles peuvent provoquer et engendrer des détériorations dans le monde mais c'est pour amener celui-ci et les hommes à une certaine conscience. Le mal ne peut être vu que comme un moyen éphémère afin que l'homme prenne conscience de l'unité divine. Et même le peuple d'Israël doit se confronter à ce dieu étranger, à Amalek, à celui qui occulte l'unité suprême. Il y a aujourd'hui des gens qui servent Dieu mais ne servent pas l'unité suprême et il y a aussi des adorateurs de la rationalité et des lois de la nature mais qui n'ont rien à voir avec le sacré, avec le saint et à plus forte raison avec le saint des saints qu'est l'unité suprême. Ces deux tendances sont aseptisées, sont sans véritable Dieu. Yitro et Amalek sont en fait deux prises de conscience, deux préparations, deux étapes préparatoires au don de la Torah. D'abord il y a Amalek qui cache et occulte qui va se soumettre et il y a Yitro qui va aussi se soumettre à l'idée du Dieu suprême. Il va aussi soumettre avec lui toutes les forces de la nature. Ces forces ne sont étrangères et idolâtres que parce qu'elles ne sont pas unifiées, parce qu'elles ne sont pas en harmonie entre elles. L'éternel est l'unificateur des forces que les nations ont rendu divines. Si avant, les nations considéraient le soleil comme un dieu aujourd'hui on peut considérer une lois physique comme immuable et donc divine. Amalek est dans l'instant présent qui est perçu comme éternel et donc sans cause exclusive. Amalek et Yitro sont dans ce côté gauche, dans cette rigueur de l'arbre de la connaissance. C'est le côté droit de l'arbre de la vie éternel qui nous amène à la conscience d'un Dieu unique et qui dirige les rigueurs de cet arbre de la connaissance. Essav correspond à ce côté gauche de la Klippa, de l'écorce, l'empreinte même de la souillure du serpent mais dans toute sa splendeur dans le secret de Caïn qui est la force de la conquête de la nature. Mais Amalek le petit fils de Essav est entré dans une plus profonde impureté, il est l'âme, l'esprit même du serpent ontologique. La subtilité de Caïn et de la gauche va être extraite par Yitro. Il va extraire le bien qui existe dans cette nature qui peut il est vrai être mauvaise. La nature comme la nature humaine peut donner des écorces si l'on ne s'occupe pas d'elle. Elle peut donner aussi des épines. Elle peut même donner naissance au serpent. Il y a donc quelque chose dans cette nature qui est d'un ordre dangereux qui est contraire à la vie. Mais en vérité, il n'y a rien qui peut être le contraire de cette vie et de cette volonté de l'éternel. Le mal n'est mal que seulement s'il est détaché de sa véritable origine. Seule, la Torah peut établir ce rapport entre le mal et sa véritable origine. L'homme par la Torah peut rattacher le mal à son origine divine. Il peut alors rattacher le présent à l'éternité en le déconnectant de sa force éphémère. Yitro n'a pu se déconnecter d'avec Amalek que lorsque Israël a fait chuter ce même Amalek. Il peut alors se plonger dans l'unité divine. Il n'y a pas plus grande force que le Tétragramme pour relier toutes ces forces. Amalek est dans la négation alors que Yitro est dans la foi même si cette foi est de l'ordre de l'erreur. C'est Amalek qui ramène Yitro à l'unité divine et même plus, c'est Amalek qui permet à Israël d'arriver au mont Sinaï. Cet possibilité de recevoir la Torah ne peut se faire uniquement si l'on retire Amalek de notre perception de l'existence. Le paganisme ne se révèle que lorsque la perception de l'existence se fait de manière particulière comme le révèle Amalek. En enlevant cette perception où tout n'est que hasard et donc sujette à mon action, alors l'unité de toutes les forces de la nature va se révéler.

Rav Mordékhaï Chriqui 


mercredi 14 février 2018

Paracha-Terouma-construire le michkan avant de recevoir la Torah



Paracha ''Térouma'' 

Le Mishkan est le but de toute la création. La perfection de tout le monde de la Assya et de la création se trouve dans la construction du temple.
Il y a une Mitsva particulière donnée à chacun de nous de construire le Beth Hamikdash. Moshé Rabbénou qui connaissait l'importance du Mishkan (qui est l'essence même de la perfection de la conscience éternelle, de cet état d'esprit du monde futur où aucune altération ne peut perturber l'esprit) a demandé comment le Mishkan peut-il être construit dans ce monde? Et Dieu lui répond que même un seul homme du peuple d'Israël en est capable. Chacun en particulier peut construire cet état d'esprit dans ce monde comme il est dit ''de tout homme que son cœur tend à donner''.
La construction du Mishkan n'est pas une notion liée à l'assemblée entière.
La Térouma (le prélèvement) dont parle la Paracha est la part divine qui se trouve en chacun de nous et qui est la Malkhout, la Chékhina. Le temple en fait est la forme dévoilée de la Chékhina mais même sans le temple, il y a en nous cette part de divin particulière. Dans chacun de nous il y a cette part de divin qui se dévoile dans le Mishkan. C'est pour cela, que tout un chacun de nous a le pouvoir et le devoir de le construire. Le Ramh'al affirme que la Néchama (l'âme divine) de l'homme est une partie de la Chékhina. Elle est l'expression d'une seule et unique chose. ''et prenez pour moi'' prend la partie sainte qui est en toi et sépare la de toi'' au moment où l'homme purifie cette partie qui est en lui qui s'appelle ''la Malkhout'', il construit dans son esprit, un endroit où la Chékhina peut se révéler et résider.
Il est écrit au sujet de la création: '' et Élokim a fini le septième jour son travail qu'il a fait et il s'est reposé le septième jour de tout son travail qu'il a fait. Et Élokim a béni le septième jour et l'a sanctifié. Car en ce jour, il s'est arrêté de tout son travail que Élokim a créé pour faire'' le Midrash expliquant ces derniers mots ''que Élokim a créé pour faire'' ainsi:'' Élokim a créé le monde manquant afin que l'homme puisse le parfaire que ce soit dans l'espace (Olam) dans le temps (chana) ou dans l'âme (Néchama) qui forment le mot ''Achane''. Il faudrait comprendre comment pouvons-nous parfaire le jour du Shabbat, le jour de la plénitude et de la sérénité spirituelle. En fait le septième jour correspond à la Malkhout qui est la seule Séphira qui n'a pas été complétée, c'est une vitre teintée que nous devons éclaircir afin de laisser passer la lumière divine pour la digérer. C'est un luminaire qui ne brille pas, il reçoit sa lumière des mondes supérieurs. Dieu a donné la Torah au mont Sinaï et à ce moment, il a complété le sixième jour qui est le six Sivan. Que manque t-il à la création? La Malkhout, le Kéli pour recevoir la révélation de ce luminaire qu'est le Kav par le principe du Yessod qui lui, représente la sixième Séphira, le sixième jour. Mais le peuple d'Israël n'a pu faire ce Kéli. Il a fait un autre Kéli. Puisqu'il est écrit qu'une femme ne peut enfanter d'un premier rapport et donc au moment du premier don de la Torah, l'union ne pouvait être parfaite, il a fallu Yom Kippour qui est le principe de la réparation de la Noukva du dixième millénaire et non du septième millénaire (l'ordre de la construction du Mishkan).
Dieu n'a pas complété ce luminaire (la Malkhout) afin que la révélation vienne du haut en bas, il veut que la révélation se fasse d'en bas, de ce monde, de la terre d'Israël où tout un chacun même un non-juif peut percevoir Dieu, peut ressentir la prophétie qu'il y a dans le peuple d'Israël, qu'il ressente l'unité comme il n'y en a dans aucun autre endroit. C'est cela le véritable Tikoun dans ce monde. Car ce luminaire qu'est la Malkhout est recouvert d'un tain qui peut s'enlever grâce aux six cent mille âmes d'Israël et aussi grâce au Mishkan. Car il est aussi mentionné les mêmes mots ''pour faire'' au sujet de la construction du Mishkan. C'est ce que veut nous dire le Midrash: dans chacun de nous est insufflée cette possibilité de révéler la Chékhina qui est en nous et c'est cela la perfection qui nous est demandée de compléter par la construction du Mishkan. Alors la Malkhout se rallume et éclaire le monde entier. Pour cela, il est écrit ''et il a terminé le septième jour'' ce jour, il s'est retiré de sa fonction de créateur, il n'a fait que créer la Malkhout, à nous de la parfaire. La réparation et la perfection de la Chékhina ne peut se faire uniquement que par le peuple d'Israël, par le rassemblement de toutes les âmes d'Israël. La Malkhout ne peut être une construction parfaite par l'action unique de Dieu. Il a fait de la Malkhout, une vitre avec tain. Il y a besoin de H'okhma, Bina et Daat car ainsi le verset enseigne: le Mishkan ne peut se construire que par la H'okhma, Bina et Daat que Dieu a donnés à Betsallel et à tout homme sage de cœur comme Rabbi Shimon bar Yoh'aï le Ari Zal, le Ramh'al...qui ont participé à la construction de la Malkhout. La construction du temple n'est pas qu'une construction physique mais c'est surtout une construction spirituelle, un travail mental de tout le peuple d'Israël où la perfection de la création dépend du rassemblement de tous les exils. Toutes ces âmes forment un seul et unique endroit spirituel. La construction du Mishkan n'est pas une simple Mitsva comme les autres, c'est le Tikoun de la Chékhina elle-même. Car chaque Mitsva que nous faisons n'est qu'un ensemencement dans la Mitsva qui est elle-même une partie de la Chékhina. La Chékhina est liée aux Mitsvot, à notre foi, à notre travail. Et donc toutes nos actions, nos paroles, nos pensées doivent avoir comme but le Tikoun de la Chékhina. Quel est notre rôle dans ce monde? Mettre les Téphilin? Poser les Mézouzot? Si notre intention n'est pas pour réparer la chékhina, révéler la présence divine dans le monde, nous ne sommes pas quitte de notre obligation d'accomplir les Mitsvot. Ce Tikoun est le Tikoun du septième jour, de la Malkhout qui est la globalité de tout le travail de la création. Par la construction du Mishkan se parfait la création. La perfection du monde ne se fait pas par le don de la Torah qui vient du haut mais par la construction du Mishkan qui vient d'en-bas.
C'est ce que nous enseigne le Midrash:'' au moment où les enfants d'Israël ont dit « faisons et écoutons» de suite, ils leur a été demandés de construire le Mishkan avant même de recevoir la Torah. Car le fait d'annuler ses propres aspirations, répare ainsi la Chékhina qui se révèle alors en nous. C'est cela la véritable réparation du monde, le dévoilement de la Chékhina c'est-à-dire la prise de pouvoir du divin dans le Kéli qui est notre corps. 

Rav Mordékhaï Chriqui (5776)
Retranscription Rav Michael SmadjaPublie par la Source des sagesses

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Le Messie et Messianite


Le Messie et la messianité 


« Jamais le sceptre n'abandonnera la tribus de Yéhouda jusqu'à ce que viendra Shilo» le sceptre représente le Messie. Il faut savoir que pas une fois, la Torah parle du Messie de manière claire. Cette idée du Messie est surtout rapportée chez les prophètes d'Israël. 

La création est une dissimulation de Dieu et ses lois (Élokim) correspondent aussi aux lois divines . On ne parle pas de Dieu mais de ses lois. La loi des lois ou bien la cause des causes, on n'en parle pas. Il y a un principe qui relie toutes ces lois et il est essentiel de croire en ce principe qui est le commencement de tout. Dans l'histoire, Dieu se révèle et on peut lui attribuer la justice, la compassion, l'amour...mais ni l'amour, ni la compassion, ni la création, ni l'harmonie de toute la création ni le chef d'orchestre ne peuvent signifier et définir exactement la nature de Dieu. Mais nous pouvons parler de ses actions car ce que nous connaissons de Dieu est la relation. Dans le judaïsme, l'idée de la création n'est pas tellement importante car la majorité des enseignements ne s'occupent pas de cela, il n'y a pas de cosmogonie juive. Ce n'est qu'à partir du Ari Zal, il y a 500 ans qu'a été composée une cosmogonie, une théorie divine de la création à partir de l'enseignement du Zohar. Le Zohar ne parle pas seulement de la création, il prodigue un enseignement ésotérique aussi bien dans l'histoire, dans la création, dans la psychologie, dans l'être, dans l'âme humaine, dans la réincarnation. Le Ari Zal s'est fixé sur l'idée de l'infini et de tous ses degrés et ses enchaînements jusqu'à arriver à la création du monde.
Le Rambam explique que le fait que jésus soit venu dans ce monde, a préparé le monde à l'idée du Messie. Cette idée est alors propagée partout alors que dans le judaïsme, elle est très peu exprimée. Avant la H'assidout, on n'en parle que très peu. Cette notion du Messie n'est pas très acceptée par les maîtres de la Torah. Que va vraiment apporter le Messie au monde? Mais Maïmonide remet à sa place cette notion du libérateur comme étant un des principes de foi du judaïsme. Il va être celui qui va nous préparer à l'expérience de l'unité divine. Il va nous révéler que le Messie est le moyen de passer de la vie matérielle à la vie divine, il arrange le monde pour le préparer à l'éternité, à vivre la révélation de l'unité. Pour l'instant, nous ne sommes pas prêt à vivre ce niveau de réalité. Avec le Zohar, a commencé déjà cet enseignement de la délivrance pour se préparer à la révélation. Dieu enverra un intermédiaire, un moyen qui sera de la descendance de David pour faire passer le monde de la temporalité à un monde qui ne vit plus la désuétude, la détérioration, le mal. Il faut donc amener le monde à l'éternité qui est la perfection de ce monde. Pour cette mission, Dieu va envoyer le Messie. À son époque, Israël sera réparé en premier lieu et après toute la création entière, les hommes changeront leur cœur de pierre en cœur de chair. Il n'y aura alors comme orientation dans le monde que la connaissance de Dieu. Il déversera de son souffle lui-même, l'énergie divine et tout le monde sera dans la joie et la plénitude. L'ambition de chacun sera de se rapprocher et de s'unir à Dieu. Rabbi Akiva déjà il y a 2 000 ans, vivait le Messie. Pour Maïmonide, ne pas croire en la venue du Messie remet en cause, tous les principes de foi du judaïsme.
Le Ramh'al va faire une distinction claire entre le Messie fils de Yossef et le Messie fils de David. Une seule fois dans le Talmud, il est fait mention du Messie fils de Yossef à propos de son oraison funèbre. Dans le Midrash, il en est fait révérence dans la confrontation de Yéhouda et de Yossef. Le Gaon de Vilna explique que le Messie fils de Yossef a pour tâche de rassembler les exilés et de se confronter avec les nations. Dans chaque génération, il y a un ou même plusieurs Messie fils de Yossef. C'est une étape de réunification du peuple juif qui doit amener à la fin à la révélation du Messie fils de David. C'est une étape qui va sortir ce peuple de la dégradation, de la honte alors les nations commenceront à considérer, à respecter Israël. C'est lui qui va rehausser le peuple juif dans l'exil. Comme Yossef, tant qu'il était vivant, l'esclavage ne pouvait commencer. Esther et Mordékhaï avaient endossé ce rôle de Messie fils de Yossef, ils vont réussir à rehausser l'image d'Israël et beaucoup de non-juifs vont se convertir, Israël va alors retourner dans sa terre. 
Mais le Messie fils de Yossef a une autre fonction: il est lié au secret. Le Ramh'al va s'étendre sur cette notion de secret à son propos. Il se tient dans les écorces, les Klippot des mondes. Ces écorces correspondent aux fautes, aux erreurs et celui qui ne descend pas dans le monde du mal, dans le monde des écorces, ne pourra pas sortir le peuple d'Israël de l'exil. Cette idée de faire une ''faute au nom de Dieu'' c'est-à-dire de faire sortir le mal de l'écorce, purifier l'écorce, est très délicate. Ce sont les actes de Yaël, de Yéhoudite, de Esther mais surtout de Tamar avec son beau-père Yéhouda qui va engendrer la descendance du roi Messie fils de David. Tout cela prouve qu'il faut rentrer dans les ténèbres et par une action terrible descendre dans le mal. Ce n'est que par une telle action que les plus grands secrets vont être révélés. Même Moshé est descendu dans cette écorce, il est enterré dans un endroit terrible d'idolâtrie. Donc, le Messie fils de Yossef se trouve aussi dans ces écorces et c'est de là-bas que les secrets vont se révéler. C'est ce qui va libérer l'emprise de toutes les écorces sur les âmes d'Israël et plus tard sur les corps d'Israël. Les écorces sont représentées par les idées fallacieuses du monde. Ces idées sont liées aux envies mais aussi aux sciences, à tout ce qui peut occulter la présence divine et remettre en question l'idée de l'être primordial. L'écorce est en fait Amalek, le dieu étranger. Il représente celui qui se prend pour le créateur. Il se présente non pas comme une idole mais plutôt comme une force, une science. C'est cela que le Messie fils de Yossef va combattre, ces idées fallacieuses où Dieu est occulté. Le Messie fils de Yossef va révéler le secret de la véritable force du monde, il explique à Pharaon comment sauver son pays de la destruction. En fait, Dieu a voulu révéler Yossef en mettant la famine dans le pays. Le secret que révèle Yossef est la perception de l'au-delà afin de sortir de cette soupe cosmique d'où toutes les créatures sont issues. Yossef navigue dans ce monde de la connaissance par la perception des sens qu'est l’Égypte. Ces sens qui vont révéler la sagesse exotérique, les sciences et même au-delà des sciences. Le Zohar dit que le Messie fils de Yossef doit se trouver dans une place où tout se joue, où la puissance du monde se génère. C'est là-bas où l'âme du Messie, l'âme de Moshé et de tous les Messies fils de Yossef se trouvent enfermés dans ces écorces de la création. Et pourquoi? Pour faire la transformation, la réparation du mal en bien. Il y a écrit dans les prophéties que dans le décret de l'exil, les ''femmes coucheront''. Puisque la femme n'est pas affectée par l'union comme nous le voyons lorsqu'une femme juive a une relation avec un homme non-juif, l'enfant est juif car elle n'est pas affectée, donc les femmes dans leur union, ne transgressent pas. Au contraire des hommes qui eux doivent se laisser tuer plutôt que de s'unir de façon interdite.
Il y a un secret dans la personne même du Messie fils de Yossef. Il existe deux aspects dans le Messie:1/ l'unification des forces (la Yéh'ida), en langage moderne c'est la théorie de l'unification. Le Messie va terminer le perfectionnement de cette unité, c'est la messianité 2/ l'homme qui est apte à être roi. Le Ramh'al dit qu'il y aura beaucoup de personnes qui vont s'occuper de ce travail. C'est le travail qui va se faire au niveau des écorces afin qu'elles n'obstruent pas notre vision afin de ne pas être corrompu ni par la gloire, ni par l'argent ni par tous les vices de ce monde. Cet homme n'est pas le véritable Messie mais il travaille pour lui, il s'inscrit dans la messianité. Le Messie fils de Yossef est l'esprit messianique et il peut y avoir plusieurs hommes dans une génération qui œuvrent à amener l'esprit d'unitude sur terre. Ils sont englobés dans cette partie d'âme appelée ''Yéh'ida''. Yossef dans le chariot divin est appelé ''taureau'' qui représente la gauche de cet enchevêtrement de forces qui procèdent de ce char divin. Il est la rigueur, la loi, la rationalité. Le Messie fils de Yossef peut être pris dans le piège de ces idées fallacieuses et c'est l'âme de Moshé, sa Torah qui va le protéger car elle aussi est entrée dans cette écorce. Cette écorce est cet esprit qui bouleverse tout le monde et qui occulte l'essentiel qui est la relation avec Dieu. Alors l'homme s'enfonce de plus en plus dans l'attraction de cette écorce qui va en fin de compte l'amener à la mort. Moshé avec la Torah est le véritable libérateur. Il est le premier libérateur et sera le dernier libérateur. Moshé dans les écorces continue un travail qui n'a pas été fini par le Messie fils de Yossef. Josué qui est le Messie fils de Yossef n'a fait qu'affaiblir Amalek, il n'a pu retirer cette esprit qui remet en cause l'unité divine, l'unité de Dieu dans l'histoire. Yossef est un fils de Rah'el qui correspond à la beauté de ce monde et il y a un danger à cette beauté si elle n'est pas reliée au Messie fils de David. Mais en attendant le Messie libérateur, c'est le Messie fils de Yossef qui fait le travail de la messianité qui est la fabrication de la ''Yéh'ida''. Ce sont les âmes liées à cette messianité qui vont retirer ces imperfections de la vision humaine. Ces imperfections sont les raisons causales de toute chose. On croit à cette relation de cause proche à un effet immédiat. C'est l'écorce qui engendre cette façon de comprendre les choses. Dieu a voulu faire sortir les choses sans l'écorce comme il demande à la terre: « fais sortir des arbres-fruits produisant des fruits». Mais la terre désobéit et crée un arbre qui donne des fruits, c'est la matérialisation de l'écorce de la racine même de l'arbre et aussi l'écorce du fruit. C'est le refus d'accepter l'ordre suprême pour aller selon sa liberté, selon sa nature. C'est ajouter une part qui s'exprime par l'écorce. L'écorce elle-même peut se matérialiser dans l'ego, l'esprit fallacieux, l'esprit malin...cette écorce est tout sauf la réalité. Mais cette écorce a un rôle exceptionnel de protection du fruit. Il y a un aspect beaucoup plus profond dans cette écorce. Pour le Ramh'al, il ne s'agit pas de jeter l'écorce. Comme le mal lui-même, il faut la transformer, il faut lui donner un rôle dans ce travail, un peu comme la vésicule biliaire et le foie. Le foie est une usine extraordinaire qui transforme tout sauf certaines choses qu'il rejette et la vésicule est là pour les recycler. Le prophète dit au nom de Dieu que tout est au service de Dieu et même le plus petit des insectes, même l'écorce est un maillon dans la conduite divine dans ce monde. Il y a un travail à faire avec le mal comme Aman qui a fait revenir le peuple d'Israël vers son Dieu ce que 48 prophètes et 7 prophétesses n'ont pu réussir à faire. Il ne faut pas en vouloir à Pharaon et à Aman car ils sont eux-aussi des canaux et des instruments comme les prophètes. Cela dépendra des mérites du peuple. Yossef a compris cela: on peut amener même avec Pharaon quelque chose de vrai. Pharaon lui-même reconnaît qu'il n'y a pas un homme comme Yossef qui possède l'esprit divin. Yossef va alors comprendre que ce n'est pas le hasard qui engendre cette situation mais bien Dieu lui-même.
La couronne qui transforme l'homme en roi Messie est cette fabrication de tous ces sages qui étaient engloutis dans les grandes épreuves de ce monde et qui ont réparé l'unification, l'unitude des esprits et de toutes les forces qui existent dans la création. Cette couronne est le niveau d'âme appelé ''Yéh'ida''. Cette couronne est fabriquée par les hommes de la messianité.
Un homme possède trois degrés principaux d'âme: le Néfech-le Rouah'-la Néchama, l'âme animale-l'esprit cognitif- l'âme divine. Le rôle d'une personne est dans ce troisième niveau d'âme. Le Néfech et le Rouah' peuvent être commun à nombre de personnes. Mais il y a un niveau spécifique à chacun qui s'appelle la ''Néchama''. Le prophète possède un quatrième degré supérieur aux trois autres: l'intellect-agent qui procède d'un autre monde. Cette intelligence est une intuition vraie, c'est l'esprit prophétique. Le prophète a une vision car il devient le réceptacle de la lumière divine. Ce degré d'âme s'appelle ''H'aya''. À sa création, le premier homme a reçu ces deux extrémités d'âme que sont Néfech et H'aya: l'âme animale qui le branche avec la matière et la partie supérieure, la H'aya qui le relie à l'infini et qui permet de percevoir la réalité de toute chose. C'est comme une sorte d'aura au-dessus de la tête du prophète mais en fait tout le monde la possède mais personne est en contact avec elle, avec ce degré de communication. Cette âme fait de l'homme quelqu'un qui comprend les choses avant tout le monde car il est dans le surpassement de l'être. Notre intelligence humaine est construite par nos sens et nos perceptions mais ce n'est pas la véritable connaissance qui est puisée par l'au-delà de notre perception physique, d'ailleurs, l'aura de cette H'aya est au-dessus de la tête. Il y a un niveau encore plus grand de l'âme et qui est l'âme universelle, la ''Yéh'ida''. Ce n'est pas un niveau d'âme qui appartient spécifiquement à une personne. Même la H'aya n'appartient pas à l'homme car elle n'intègre pas le corps mais elle est là aussi pour le protéger, elle apporte la vie divine en l'homme. La Yéh'ida est commune à toutes les créatures comme il est enseigné ''et toi tu donnes la vie (MéH'ayé) à toutes les créatures''. La Yéh'ida est la présence divine qui marque le caractère de l'unitude qui relie et rattache l'histoire de tout le monde. C'est cette Yéh'ida qui est enfermée dans les Klippot. Ce sont les Klipot qui commandent alors la Yéh'ida. Les gens de la messianité essaient de sortir la Chékhina, cette présence divine par la véritable sagesse, la H'okhma. C'est la science du monde, du Arikh' Anpin. Il y a deux H'okhmot, la sagesse du petit visage, la sagesse de Élokim, c'est la science de la nature, des 32 chemins de la sagesse qui correspondent aux 32 fois énoncés le nom Élokim dans le récit de la création. Ces 32 chemins correspondent à la sagesse du monde. Mais il y a une autre sagesse qui n'est pas celle du monde et qui est celle de l'éternité, celle qui amène le monde à sa plénitude, à sa perfection, à l'infini. C'est la sagesse cachée qui est la science du Messie. Le Messie va être le révélateur du souffle de Dieu. Ce souffle est symboliquement issue des narines du grand visage qui est un plan de la création d'avant la création. Et dans ce plan, il y a une sagesse qui n'est pas cachée mais dès qu'elle se révèle, il y a une dissimulation qui se forme et qui ne laisse pas cette sagesse descendre. Avec Moshé, cette sagesse s'est révélée mais en brisant les tables de la loi, cette sagesse s'est de nouveau dissimulée. Et même Moshé a perdu cette cinquantième porte et est resté dans les écorces de la dualité des 49 portes de la sagesse. C'est le roi David qui va ouvrir la cinquantième porte. Les psaumes sont compartimentés en cinq livres comme la Torah. La couronne du roi David est aussi enfoncée dans les écorces mais par la messianité, vont être ramenés non seulement le peuple d'Israël mais aussi toutes les nations au service de la sainteté, et les soumettre à la sainteté comme il est dit « je transformerai toutes les nations en un langage pur et clair». Toutes les sciences alors seront obsolètes, il n'y aura plus que le langage divin, l'esprit divin qui se révélera.
Ce n'est que l'esprit de la sagesse de la Yéh'ida qui va permettre ce travail de l'unitude, de l'unification des valeurs et même si elles paraissent antinomiques et antagoniques. La soumission des nations va se faire par l'union des contraires. Comme nous voyons à propos de l'agneau pascal que l'on fête tous les ans à Pessah' qui est en fait l'idole et le dieu égyptien. En fait c'est la force même de l'écorce qui est utilisée pour revenir à l'unité divine à la fête de Pessah'. De même à Pourim, le service se fait par le vin qui est en fait le support du festin de Assuérus. Qui révèle Esther si ce n'est Vachti! C'est la fête de la transformation du mal en bien où le désespoir se transforme en joie. Il faut rentrer dans l'écorce pour comprendre d'où elle puise sa force, sa véritable énergie. Ce ne sont pas les causes proches qui sont les véritables causes. L'écorce ne veut révéler que les causes proches mais le Messie va révéler la véritable cause qui est l'origine de tout. Les causes proches ne sont des causes qu'à la condition qu'elles soient animées par l'âme universelle qu'est la Yéh'ida. Ces causes ne  marchent que lorsqu'elles sont reliées à ce rayon de l'infini, à la Yéh'ida cette force qui relie le tout. Cette Yéh'ida est représentée par la ''grande couronne en or'' et aussi par la Ménorah qui est fabriquée avec les sept branches qui correspondent aux sciences qui convergent toutes vers la science centrale qui est représentée par la lumière centrale de la Ménorah. Toutes les réparations du roi David vont dans ce sens, il prend la puissance du monde que Moshé a révélée auparavant et qui montre que tout a été créé par une même et unique volonté pour ramener les écorces à leur origine. Si Moshé a fait descendre la Torah sur la terre, David doit faire revenir par la Torah, le mal au bien sur la terre. Le roi David est la réparation du mal. Moshé frappe le mal, il se confronte au mal mais il n'a pas la possibilité de l'amadouer, de le dompter, de l'apprivoiser. Avec David, la faute n'est pas une faute car il est arrivé à un niveau où la ruse est absente. La ruse étant la conséquence de cette situation où Dieu n'est pas présent. David est sorti de la logique et des causes proches. Il a compris que la force ne venait ni de lui ni d'autre chose que Dieu alors la peur, la ruse l'ont quitté comme le psaume le dit « même dans les profondeurs de l'enfer, rien ne m'arrivera». Il n'y a que Dieu qui existe et il est avec lui et lui est avec Dieu. Personne dans ce monde ne peut lui faire de mal. Lorsque Dieu aime les voies justes d'un homme, même ses ennemis le servent. À la fin des temps, tous viendront apporter au Messie des plateaux d'argent et d'or, se prosterneront et reconnaîtront que seul le Messie peut leur enseigner. L'ennemi n'est ennemi que par ignorance. Le mal ne se révèle que par le manque d'influence de cette Yéh'ida. Yossef est devenu le maître du secret et qui va enseigner à David, c'est le Messie fils de Yossef qui va enseigner au Messie fils de David mais il n'a rien en lui du libérateur. Le Messie fils de David est une âme pure qui ne connaît rien de ce monde. Le travail du Messie fils de Yossef est de faire descendre sur terre la sagesse cachée et c'est Amalek qui contient cette couronne, cette sagesse cachée et l'empêche de sortir. Amalek amène la fausse foi tout comme les faux messies. La Torah s'affaiblit en cachant le secret et en révélant ce secret, on donne la force à la Torah. Le Messie fils de Yossef va relier cette sagesse exceptionnelle à la création. Elle a le pouvoir d'unifier toutes les forces de la nature car il y a une sagesse qui divise en 32 chemins, c'est la sagesse du petit visage. Dans cette voie, c'est grâce à la différenciation que l'on comprend. On distingue alors le jour et la nuit, l'homme et la femme, la lune et le soleil, l'arbre et le fruit. Et même la foi du juif va se diluer dans cette distinction des antagonismes. Et cela est la conséquence de la fermeture des sources de la sagesse cachée. Ce secret a été caché à Moshé lui-même. En cassant les tables de la loi, il a perdu l'accès au secret. 
Pourquoi Dieu a t-il proposé la Torah à Essav et à Yishmaël? Seul Moshé a compris le message divin donc ce qui manquait aux nation pour recevoir la Torah était un Moshé! Les enfants d'Israël ont reçu deux couronnes chacun sous le mont Sinaï en recevant la Torah. Ces deux couronnes représentent Essav et Yishmaël. Ces deux couronnes correspondent aux deux parties supérieures de l'âme: la H'aya et la Yéh'ida. Par ces deux couronnes, Israël domine et les nations n'ont plus d'autre choix que d'apprendre d'eux. Toute la nature repose sur ces deux fondements que sont Essav et Yishmaël. Et lorsque le peuple d'Israël a fait le veau d'or, ces deux couronnes leur ont été repris. À partir de ce moment, Israël ne peut plus dominer et au contraire, il est soumis au pouvoir de la nature des autres nations. Cette connaissance issue de ces deux parties d'âme se trouve maintenant dans l'unification qui est faite par le roi David et son Messie. Il est le synthétiseur final mais avant cette unification, il y a beaucoup de sages qui vont essayer de trouver et de relier justement la matière et la lumière. Le Zohar dit que les vêtements de lumière du premier homme sont devenus matière. La lumière est alors devenue matière mais avant la faute, le corps n'était pas corrompu, il était lui-même une énergie lumineuse. Le corps est corrompu seulement s'il est matière, il est éternel seulement s'il est lumière. Tant que le corps est matière, il est dans la temporalité et a besoin de la matière pour exister. Le Messie fils de Yossef n'est pas un homme mais une grande époque qui a commencé avec la destruction du temple et avec la révélation du secret par le Zohar. C'est grâce à l'islam que l'idée de l'unité du monde s'est propagée dans le monde et c'est grâce au christianisme, que la notion du Messie s'est propagée dans le monde. Ce sont ces deux couronnes qui ont été données au peuple juif au moment du don de la Torah. C'est par la messianité que va se révéler le secret de ce qui anime réellement toutes les créatures, toute l'histoire et c'est ce que Yossef dit à ses frères « ce n'est pas vous qui m'avez envoyé en Égypte mais c'est Élokim qui m'a placé ici pour préparer l'exil». Cette couronne qui perçoit Dieu dans toute la création est construite par Rabbi Akiba, par Rabbi Shimon, par le Ramh'al...par tous ces maîtres et même par nous-mêmes si nous savons relier tout à la cause première. La compréhension vient tout d'abord en acceptant que tout vient de Dieu, l'écorce devenant fruit alors. C'est cela sortir de la Klippa, c'est sortir des causes proches pour rejoindre la cause originelle. Ce n'est qu'au moment où nous cessons de croire à l'autonomie et à la souveraineté du dieu étranger, des forces étrangères de notre corps que nous sortons de ces écorces pour devenir fruit et énergie divine.

Rav M.Chriqui Fevrier 2018
Retranscription Rav M. Smadja