mardi 3 décembre 2019

Les Portes De la Sagesse 6/138


Les 138 Portes de la Sagesse - Porte 6

Chapitre 2 - Portes 5   " Les Séphirot et les Lettres "


Cette porte va définir la fonction de la Séphira qui est ''création'' et ''conduite'' mais pas sa nature car elle est divine.

Une Séphira est une force, une mesure avec laquelle, D-ieu crée les mondes et les dirige, la Séphira est donc une sorte d'outil de la création et un instrument dans la conduite de l'histoire, la direction.
Le désir divin est de faire connaître ces Séphirot de telle sorte que chaque mesure se révèle à travers une illumination et lorsque le prophète la perçoit, il la comprend de suite. Il y a donc une relation entre voir et comprendre. Il ne s'agit donc pas de voir des formes que la Séphira émet mais de comprendre ces illuminations. 
Le Lion du Char Céleste n'a jamais été un Lion, mais une direction que l'on peut comprendre comme les qualités d'un Lion. Comme un rêve, le fait de percevoir des images, n'est pas une véritable vision mais une compréhension de quelque chose. Il y a quelque chose qui scintille dans notre esprit et qui provoque une compréhension comme chez le prophète car le rêve est un des aspects de la prophétie.
 Il faut comprendre que lorsque l'on dit qu'il y a tel aspect dans la Séphira, il ne s'agit pas que cette chose existe réellement dans la Séphira elle-même mais elle émet un flux qui engendre une compréhension dans notre esprit et lorsque le prophète voit un mouvement dans cette illumination, il comprend de suite ce qu'il va se passer dans la conduite.

Le Ramh'al veut nous dire que la connaissance des Séphirot, c'est la prophétie. Lorsque nous disons par exemple '' ceux qui descendent dans le char céleste'', cela veut dire qu'ils descendent dans le plan divin de l'histoire car d'après le Ramh'al, le char céleste est l'association des Séphirot, lorsque les Séphirot s'enchevêtrent entre elles. Elles se relient selon tel mode ou tel mode et provoquent une compréhension chez celui qui descend dans ce plan.

Il y a deux parties dans cette porte 6:
 d'une part la connaissance des Séphirot à travers leurs fonctions, c'est-à-dire création et conduite.
 L'autre aspect étant sa compréhension.
Mais il y a aussi dans les Séphirot le concept de l'éternité mais nous ne pouvons l'atteindre pour le moment. Par contre, cette fonction de la création a été révélée par tous les sages, les Séphirot en tant qu'instrument.
Mais les Séphirot en tant que direction n'a pratiquement été révélée que par le Ramh'al.
Le rapport avec le char céleste est clair car ce char est la révélation prophétique qui est elle-même la révélation de la direction divine dans la création.
Chaque Séphira est une mesure comme une partie de la volonté divine liée à un but. 
Le Eïn Sof n'a pas de mesure et donc ne peut être conçue car l'homme ne peut comprendre que ce qui est dans la limite. La limite étant la partie dans la volonté divine. 
Par le fait de séparer l'action en plusieurs parties, les Séphirot sont données à être perçues. Nous parlons ici de la volonté qui a un but car si elle n'a pas de but, elle est sans fin et donc indivisible car elle reste infinie.
 Par contre puisque cette volonté est limitée, nous pouvons parler de forces et de mesures.
Voici l'exemple du corps et de l'âme.
Dans le corps, il y a le corps en entier et aussi on peut parler de parties du corps, des membres du corps faisant partie d'une seule réalité qui s'appelle le corps. Il y a un parallèle entre la Néchama et la volonté divine avec un but qui aussi se subdivise. Cependant il y a une différence entre la Néchama et le corps. 
Celui qui est capable de voir la Néchama, il verra des forces de la volonté ou des aspects de la volonté humaine comme l'imagination, le cognitif, la mémoire...
donc la Néchama s'exprime à travers plusieurs effets, plusieurs idées que l'on appelle des forces mais en vérité il y a aussi une unité mais là, nous ne parlerons pas de membres mais de forces comme les forces du Eïn Sof. On va voir par la suite que cette comparaison avec la Néchama est impossible car l'âme est créée par contre la notion des Séphirot au moins au niveau de leur nature est de l'ordre du divin. 

Nous parlons ici uniquement des Séphirot en tant qu'instrument. Que fait D-ieu des Séphirot.
 Comment la force se révèle, quel est son effet? 
Lorsque l'on parle de force c'est en tant que fonction qui s'exprime par quelque chose de concret qui s'appelle la création, l'histoire, la direction.
Chaque Séphira est une mesure particulière séparée. Il y a bien entendu deux voies: Il y a la voie des Séphirot qui n'est pas la voie de l'infini et il y a la voie de toute possibilité ou de l'infini où tout est enfermé dans le UN.
Même ce pluralisme et ces forces multiples sont intégrés en une seule force que l'on ne peut saisir car uniquement ce qui se distingue peut être saisi. On ne parle pas donc de cette voie. L'homme lorsqu'il fait plusieurs actions, chaque action, chaque effet doivent avoir une cause, mais s'il y a plusieurs effets liés à une seule cause, quelque chose intégrant le tout, on ne peut plus distinguer même dans les effets et même s'ils sont différents. Dans la voie de la limite, une cause ne peut sortir qu'un effet.
Pour cela, D-ieu va créer les causes c'est-à-dire les différents instruments où il y aura le rouge, le blanc etc...
 Et dans ces couleurs, nous dirons que le H'essed est l'origine du blanc, la rigueur, la Guévoura, l'origine du rouge... mais le Eïn Sof est à l'origine de toutes ces couleurs. Pour que nous puissions distinguer, il faut passer par une conduite de cause et d'effet. 
Mais dans le tout puissant, il n'y a aucune force limitée qui s'associe à lui, toute force est incluse en lui. Pour cela, il peut tout faire en même temps. Donc, il n'y a pas la cause pour laquelle il devrait agir de la sorte.
 Ce n'est uniquement pour la conception de l'homme que la cause est essentielle, c'est l'idée de la compréhension. C'est pour cela que les Séphirot ont été dans la création pour diriger et aussi pour être perceptibles pat l'intelligence humaine. Pour cela, les Séphirot ont ce potentiel d'être perçues en tant que compréhension.

 Chez le Ramh'al, c'est l'idée essentielle des Séphirot, cette volonté divine qu'elles soient perçues par les créatures car les Séphirot en tant qu'instrument de création, n'apportent rien aux créatures car nous ne comprenons rien à la création elle-même. Mais grâce à elles, on pourra relier telle créature à tel principe, tel événement à tel principe mais c'est tout, ce n'est rien qu'une relation. Mais puisque D-ieu veut que l'on comprenne, le prophète lorsqu'il voit tel mouvement dans telle Séphira, comprend l'événement et donc à ce moment, les Séphirot sont liées à la compréhension. Elles ne sont plus simplement des instruments liées à la création mais elles servent aussi à la compréhension. D-ieu veut se relier et donc, il va émettre quelque chose qui peut amener la créature à une compréhension de l'infini. Cette compréhension de l'infini passe alors par les actions des Séphirot.

La voie des Séphirot qui est la voie que l'infini va utiliser pour agir comme les hommes à savoir comme la créature qu'il va faire, avec la nature de la créature.
D-ieu ne va pas agir selon sa nature qui est infinie mais selon les qualités de l'être créé comme ce que nos sages enseignent:'' par dix paroles, le monde a été créé'' c'est-à-dire que ces dix paroles, ces dix Séphirot ne sont là non pas seulement pour créer le monde car il aurait pu le créer par une seule parole, une seule Séphira, mais ces dix Séphirot sont là pour nous permettre de comprendre cette création afin de nous relier à l'infini. 
Il y a cette notion de justes et de mécréants donc l'action est liée au relatif et non à l'absolu. 

Pour cela, maintenant, on va distinguer une cause spécifique à chaque action ou à chaque groupe d'actions. Et qui dit cause dit raison et qui dit raison dit sens. Et par cela, comprendre qu'il y a une direction unique vers l'unité divine qui s''exprime à travers toutes les créatures, à travers tous les aspects de l'histoire. Et cette conduite va dévoiler à la fin, la réalité de cette unité divine. Que cela soit la création, l'histoire ou les créatures, elles ne sont là que pour ce but, révéler cette gloire divine qu'il n'y a rien d'autre qui soit réel et qui agit. D-ieu peut créer autrement et s'il a choisi de créer de telle sorte, c'est pour se rattacher et se rattacher ne peut se faire que par la compréhension, c'est le Daat, l'union, cette relation que D-ieu veut avec l'être humain et aussi avec toute la création.

Chaque Séphira est une mesure de cette volonté mais attention, on ne divise pas l'infini car il n'y a pas de division dans le sans fin alors de quoi parle-t-on lorsque l'on parle de mesure? 
Il ne s'agit uniquement de dévoilement de sa volonté qui est le Kéli, la force qui se révèle de la volonté, ce qui s'exprime de lui. Lorsque nous parlons des Séphirot, nous ne parlons que de la révélation de la volonté et donc cela est l'expression réellement d'une mesure. Cependant, la volonté est l'infini, le Eïn Sof lui-même. Mais les Séphirot ne sont pas le Eïn Sof comme une chose qui va être entraînée et qui va procéder de lui directement. Ce n'est pas une partie que je sépare de lui, ce n'est pas comme un morceau de bois que je découpe d'un autre morceau de bois. Ce n'est pas un objet mais plutôt une sorte d'émanation mais ce n'est pas exactement cela. Car une émanation vient de quelque chose qui reste le même et ce qui vient de lui ne se distingue pas de lui. Mais c'est la définition qui est la moins éloignée de sa fonction. Nous avons déjà expliqué qu'il y a une interrogation si les Séphirot sont divines ou Kélim, instruments de la divinité. En conclusion, elles sont les deux, et divinité et instrument. On va les considérer tantôt comme divinité tantôt comme instrument.
Et même si nous parlons d'un nombre de Séphirot, donc d'une distinction, les Séphirot ne sont pas quelque chose de nouveau donc elles sont de nature divine par contre son dévoilement, ce qui s'exprime à partir d'elles, est nouveau et donc un instrument, un Kéli. Nous pouvons donc accepter que les Séphirot soient en tant que créatures, la première création qui se distingue de lui. Nous ne parlons que de son dévoilement. Mais ce qui est avant le dévoilement nous échappe et même si cela était un nombre qui s'exprime d'après plusieurs causes, cela reste que c'est au-delà de la limite, au-delà du Tsimtsoum.

 Seules les causes nombreuses sont de l'ordre du créé car ces causes engendrent la compréhension et donc le dévoilement des mesures de l'infini et même si cela paraît absurde de parler de mesures dans l'infini. Mais puisque nous ne parlons que de révélation, donc il est possible d'exprimer des mesures de l'infini.
La Séphira ne procède pas directement de l'infini. Mais comment cela peut-il en être ainsi vu  que nous disons que c'est un enchaînement qui procède de lui, comme un enchaînement de cause et d'effet?
 Donc on peut appeler les Séphirot un effet qui procède d'une cause. Elles sont secondes de quelque chose qui les précède.

En vérité, il y a deux sortes d'enchaînement.
 Les Séphirot ne sont pas un enchaînement nouveau. On ne peut dire que les Séphirot existent d'une manière qu'elles n'existaient pas avant comme les corps des êtres séparés qui existent d'une manière nouvelle qui n'existaient pas auparavant. 
Les Séphirot peuvent être considérées comme des différentes parties qui sont au sein d'une unique entité, lorsque l'enchaînement évolutif va se révéler, en vérité ce qui se révélera est l'infini, le Eïn Sof mais qui ne révèle que ce qu'il veut bien révéler.
 En d'autres termes, dans chaque action, dans chaque mouvement, dans chaque créature, il y a un ordre de l'infini mais dans la majorité, il reste caché et il y a une partie qui se révèle. Et ce qui se révèle est ce qui n'est pas caché par lui. 
Mais en vérité, dans chaque créature comme dans chaque action qu'il y a dans l'histoire, il y a l'infini lui-même. Donc ce qui émane de lui n'est pas quelque chose de limité. Quant à ce qui se révèle, c'est de l'ordre du limité. Et ce qui est perçu n'est que la limite. Avant que les Séphirot ne se révèlent, elles ne sont que divines comme les multitudes de forces qui existent dans l'infini. Et toutes ces forces ont un titre: Eïn Sof. Mais dès qu'elles se révèlent, elles sont appelées ''Séphirot'' par rapport à une action qui se révèle, c'est tout mais nous ne savons ce que c'est car cela reste divin. Mais à partir du moment qu'elles se révèlent, alors elles ne sont plus appelées ''Eïn Sof'' car maintenant elles ont une fin et une limite et pour cela, elles sont appelées Séphirot. 
Ces forces qui étaient inclues dans la divinité sont de l'ordre de l'infini. À partir du moment qu'une partie de ces Séphirot se révèlent, elles deviennent finies. 
Seules, les Séphirot en tant que mouvement, qu'instrument peuvent être perçues car finies mais les Séphirot en tant que divinité, on ne sait pas ce que cela est. Car dans chaque Séphira, il y a cette relation avec l'infini, il y a ce Kav, ce fil infini, ce rayon dans les Séphirot qui reste divin. Et ce qui va se révéler, n'est qu'une limite qu'il veut révéler. Donc ce qui se révèle n'est pas sa nature divine elle-même mais ce n'est que de l'ordre de l'accidentel car lié à une volonté qu'il veut bien révéler. Si nous voyons le taureau ou le lion dans la Séphira ou bien la couleur blanche, cela n'est pas lié à la nature de la Séphira. En aucun cas, l'image qui se révèle au prophète est liée d'une manière inhérente à la Séphira. Il n'y a aucun taureau dans la Séphira. Il n'y a pas la couleur blanche dans la Séphira ''H'essed''. Le blanc n'est lié au Hessed que par accident. Et si nous disons que la couleur est liée à la nature de la Séphira, nous disons que la Séphira n'est que créature sans divinité du tout. Mais si nous la lions à la volonté, alors nous révélons de la même Séphira deux choses différentes et même presque opposées. Il se révèle tout d'abord cette création et cette histoire, c'est-a-dire ce qu'il veut bien révéler. 
Mais il y a un autre aspect qui est plus grand encore et qui ne se révèle pas: l'éternité, le monde futur.
 À ce niveau, nous ne sommes plus dans la révélation, nous sommes dans l'unité. Ce n'est plus dans le sens de recevoir mais pour le moment, les Séphirot se révèlent à partir d'un nombre infini mais du fait qu'elles sont liées, on va lui donner une définition, une couleur un animal qui sont les expressions des Séphirot. Mais cela ne veut pas dire que la Séphira contient la Guévoura où le H'essed ou le taureau....et nous verrons ce qu'elle contient. Les Séphirot sont liées à la providence, au contrôle divin.

     Que doit-on comprendre des Séphirot ? 
D-ieu veut utiliser des forces pour créer le monde. Il veut que l'on comprenne quelque chose, que l'on perçoive la divinité. Lorsque les Bné Israël ont fait le veau d'or, ils ont perçu quelque chose du divin mais ils sont tombés et ils ont matérialisé leur vision et ont fait un taureau. Mais ce taureau est en fait un principe divin dans le char divin, dans la direction divine comme Abba et Ima. 
De même les nations en ont fait des images. Lorsque D-ieu veut nous faire comprendre quelque chose, il ne veut pas exprimer plus que cela. Il veut exprimer une compréhension mais non une matérialité de lui-même. Il veut que l'on comprenne quelque chose de lui, c'est à cela que servent les Séphirot d'après le Ramh'al. C'est ce que voit le prophète en vérité et la Torah de Rabbi Shimon bar Yoh'aï est la Torah de la prophétie par laquelle il voit et explique l'histoire de la création. La compréhension que nous avons est liée à une volonté et c'est cela qui est nouveau et c'est ce qu'il veut révéler. 
Donc en vérité, ce qui se révèle, tout le temps que cela est partiel, alors est de l'ordre des Séphirot car dans la véritable révélation, il n'y a rien d'autre que lui. 
Le Ramh'al dit qu'à la fin des temps, on ne connaîtra plus D-ieu à travers les Séphirot. Il n'y aura plus besoin de cela. On ne connaîtra D-ieu que par l'infini, par le Eïn Sof et c'est cela l'unité en dehors des mesures car celles-ci ne sont pas liées à la nature divine mais uniquement à la volonté divine qui est dans le temps. 
Ce n'est maintenant seulement, à travers cette partialité, ce pluralisme, cette gradation qui est liée à la non-perfection. À la fin, lorsqu'il y aura la véritable perfection, celle-ci ne se révélera que sous la forme de l'unité. Mais pour le moment, tant que l'on n'a pas atteint cette unité, alors il y a une volonté qui se révèle à travers les créatures, à travers les événements. Mais c'est cette volonté qui fait que l'on comprenne et par cette mesure qu'il a voulu que l'on perçoive. D-ieu a institué une loi qui permet de voir, de percevoir et de comprendre cette mesure. Tout est lié à une volonté, tout n'est qu'une matérialisation de la volonté. Ce qui définit toutes les formes que l'on perçoit n'est rien qu'une volonté. Cela ne procède pas de son émanation. Nous ne parlons qu'au niveau de ce que l'on saisit à partir de sa volonté.
Le prophète est capable de percevoir uniquement par sa faculté imaginative. Ce n'est pas quelque chose qu'il voit mais c'est par la force de l'imagination qu'il va traduire ce qu'il voit en tant qu'image réelle et concrète comme la vision du taureau. En d'autres termes, lorsque l'on voit le taureau dans le char céleste, il n'y a pas de taureau mais il y a quelque chose qui émet dans l'esprit qui va faire que la faculté imaginative va traduire par un taureau. Toute la forme du taureau n'est que dans l'imagination, ce que l'on comprend, ce que l'on saisit mais en aucun cas, on ne peut percevoir ce qu'il y a dans le char céleste. Car lorsque l'on voit la Séphira, on comprend. Lorsque le prophète perçoit la vision prophétique, se grave dans son cœur l'interprétation.
 Le Ramh'al veut nous expliquer que tout ce qu'a parlé le Zohar n'est rien qu'une parabole, ce n'est qu'une vision. Ce que nous devons comprendre, c'est l'interprétation.
 Le prophète voit quelque chose mais ce qui est important est le message qui est tapi derrière la parabole. Le prophète ne voit qu'un symbole qui signifie quelque chose. Les Séphirot sont en d'autres termes des symboles. Et nous devons en trouver l'explication pour comprendre ce qu'elles signifient. Car le prophète, lorsqu'il voit, il comprend de suite l'explication. Comme un rêve, il y a la vision et le message. On peut dire aussi lorsque l'on parle des Séphirot, des yeux, de la barbe ou des oreilles, ce ne sont que des symboles mais il faut les déchiffrer pour comprendre ce qu'ils signifient. Cette vision n'est pas inhérente à la nature, elle n'est liée qu'à une volonté. L'action qui se révèle de cette volonté ne peut être reliée à aucune nature. 
La vision qui se révèle de la Séphira telle que la couleur ou la forme de l'animal ne définit en aucun cas cette nature mais elle se révèle à partir d'une volonté. 
Ce qui importe maintenant est qu'à partir de telle action ou de telle créature ou de tel effet, de telle Séphira, nous devons comprendre le sens de cette illumination et ses détails. Les vicissitudes du temps sont aussi des perturbations dans ces illuminations qui sont liées à ces mouvements, à ces Séphirot. 
Par la vision prophétique, on les comprend car l'acte est spécifique à un temps précis. La révélation est liée au temps. En d'autres termes, c'est quelque chose qui se révèle mais qui n'est pas dans la nature même de la Séphira.
Qu'est-ce que le partsouf de Guévoura?
 Cela se révèle comme un décret mais à quoi correspond-il en haut?
 L'image est liée à la volonté qui se révèle mais pas à la nature même de cette mesure, Séphira ou émanation. La vision n'est pas essentielle provenant de la nature de la Séphira mais occasionnelle et fortuite provenant du temps et de l'action divine. Pourtant en dehors de l'action divine, il y a une créature qui s'appelle le ''verre'' ou le ''cristal'', il y a toutes sorte de couleurs... qu'expriment t-ils et comment s'expriment-ils? 
Le Ramh'al veut nous amener à la vision dans sa véritable nature. Quel est son reflet dans le divin et de quoi peut-on parler? 
Puisque D-ieu veut se faire comprendre, il veut se révéler. C'est quoi cette face définitive que l'on appelle ''dévoilement de son unité''?
 Que doit-on comprendre de lui, de cet au-delà de l'histoire et de la nature?
 Le Kéli est la révélation mais la nature en tant que telle est la Séphira.

Rav Mordékhaï Chriqui (5777)
Retranscription Rav Michael Smadja
Publie par la Source des sagesses

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lundi 25 novembre 2019

Les Portes De la Sagesse 5/138


Les 138 Portes de la Sagesse - Porte 5

Chapitre 2 - Portes 5   " Les Séphirot et les Lettres "


Nous allons commencer le sujet des Séphirot. 
De la porte 5 à la porte 18, nous allons traiter des Séphirot. Toute la création s'est faite à partir des Séphirot et des lettres. Comme il est rapporté dans le livre de la création, le ''Sépher Yétsira'': ''les dix Séphirot et les vingt deux lettres forment les trente deux voies de la sagesse'' et c'est cela ''Béréchit'' ''Beth Réchit'' deux ''commencement' qui sont deux ''sagesses''. 
Les trente deux voies se composent donc des dix paroles créatrices qui sont les dix formes de la pensée car il ne s'agit pas de la parole et des vingt deux lettres.

Les Séphirot sont des émanations qui peuvent être perceptibles ce qui n'est pas donné à l'infini d'être perçu. Nous avons d'une part l'infini dans la volonté sans but c'est-à-dire le pouvoir infini. Nous ne définissons pas l'essence de D-ieu, tout ce que nous voulons définir n'est que la puissance de sa volonté. En tout cas, le ''Eïn Sof'' ne peut être perçu, par contre les Séphirot ont cette possibilité d'être saisies.

Le sujet principal de la H'okhma de la Kabbala, est les ''Séphirot''. Bien que le but de la H'okhma est de connaître l'unité de D-ieu, comment comprendre la direction du monde, comment tout tourne vers le but. Cependant le moyen qui va être utilisé pour comprendre et la création et la conduite est compris dans le concept qui s'appelle les Séphirot. C'est cela qui va nous permettre de réfléchir sur toute cette sagesse. On ne peut commencer à réfléchir sans les Séphirot.

Les Séphirot sont des émanations, des illuminations. En vérité on parle de l'expansion de la divinité. Ici, le Ramh'al parle des Séphirot en tant que divin car il y a une divergence chez les Kabbalistes: est-ce que les Séphirot sont de l'ordre du divin ou bien sont-elles de l'ordre des Kélim, des instruments que D-ieu utilise pour la création, pour la conduite.

 Rabbi Moshé Cordovéro en conclusion dit que les deux avis sont justes. Les Séphirot étant et divin et instrument.
 Le Ari Zal est allé selon cette voie, tantôt les Séphirot sont d'ordre du divin tantôt c'est de l'ordre des Kélim. C'est en même temps Or et kéli.
 Ici, le Ramh'al fait aussi cette démarche. Tantôt il parle de divin et tantôt il parle de création de D-ieu. Lorsque l'on parle d'émanation, c'est la même chose que D-ieu en vérité comme la lumière du soleil ne provient que du soleil donc c'est le soleil. On ne peut détacher les Séphirot de D-ieu.
 Le Ramak donne l'exemple du charbon et de la flamme. Ici dans cette idée d'expansion, le Ramh'al parle du côté divin des Séphirot. Le terme de ''émanation'' ou ''illumination'' est un terme utilisé par défaut car il n'y a aucun terme pour désigner la divinité mais nous sommes obligés de lui donner un nom, nous allons choisir le terme qui est le moins éloigné. Pas le plus proche car tous les termes sont éloignés car matériels. Donc il n'y a pas d'autre choix que d'appeler les Séphirot: ''émanations''. Mais il faut savoir qu'elles ne ressemblent pas à une illumination. Lorsque nous exprimons la notion de voir c'est en fait la notion de compréhension que j'exprime par ce terme. C'est cela la définition d'une vision.

Les Séphirot ont un potentiel d'être vu, ce n'est pas obligatoire car il y a des Séphirot qui ne sont perceptibles par personne même par les anges ou par les âmes mais elles sont aptes et si elles ne sont pas visibles, cela ne veut pas dire qu'elles ont été réduites. L'idée d'être perceptible ou pas ne change rien à leur nature. Le fait de les percevoir est une possibilité mais pas une nature. On ne connaît pas leur nature mais on sait qu'elles peuvent être vues. 

Par exemple, la Guévoura peut être perçue par le moyen de l'or. Celui-ci peut définir la Guévoura. Le taureau aussi. Mais cela ne veut pas dire qu'il y a de l'or ou un taureau dans les mondes spirituels. Il y a une force qui se traduit dans un monde comme l'or ou comme le taureau. Cette Séphira de la Guévoura peut aller aussi dans la couleur rouge. Il y a plusieurs expressions de chaque Séphira. Mais sa véritable nature ne peut être saisie. Et même si elle ne se révèle pas, cela ne réduit rien à sa qualité et à sa nature.
Lorsque nous disons qu'il y a la possibilité de les voir, ce n'est pas du fait de leur nature. La Séphira n'enferme pas la possibilité d'être vue. 

Qu'est-ce qui lui donne alors cette possibilité d'être vue?
 C'est la volonté de ce qui fait agir la Séphira. La volonté de D-ieu qui fait qu'il y a la possibilité de percevoir une Séphira. La vision qui reflète de la Séphira n'est pas inhérente à la Séphira mais si l'on peut dire, elle n'est là que par accident. La vision est rattachée à sa volonté divine mais non à la nature de la Séphira. Ce n'est pas comme le diamant qui reflète une brillance qui est elle dans sa nature.
Pourquoi ne peut-on dire que la vision qui est perceptible de la Séphira, provient de la nature même de la Séphira? 

Car si elle était inhérente dans sa nature, alors il faudrait dire que les Séphirot ne sont pas nouvelles et nous savons que les Séphirot sont nouvelles. On arrive apparemment à une contradiction.
 Si nous disons que les Séphirot sont de l'ordre du divin, comment peuvent-elles être nouvelles?
 Ce qui est nouveau est créé et D-ieu est ''ancien'' et donc son émanation est ancienne comme lui. Comment peut-on dire alors que les Séphirot sont nouvelles?
 Car si nous disons que la vision des Séphirot est ancienne comme lui, comment se fait-il que l'on puisse voir un taureau maintenant?
 La vision devrait être toujours présente. 
Alors qu'est-ce qui est nouveau et ancien dans la Séphira? Qu'est-ce qui va être créé maintenant par D-ieu? 
Car nous avons dit que les Séphirot sont en même temps lumière divine et Kéli. On peut déjà répondre que le Or de la Séphira, son intériorité est de l'ordre du divin, c'est une expansion de la divinité qui se révèle. 
Par contre le Kéli est nouveau, à savoir la révélation. La Séphira de la Guévoura va s'exprimer à travers l'or, à travers le rouge. La Séphira du H'essed par le blanc. Cela est nouveau car il y a une Séphira du H'essed sans la couleur blanche. Elle a toujours existé, elle n'est pas nouvelle. Il y a une Séphira de Guévoura qui est maintenant rouge mais il y a la Guévoura sans le rouge. 
Le rouge, le taureau ou le blanc ne sont que les révélations des Séphirot.
 Le Ramh'al nous apprend ici que le Kéli c'est le révélateur mais la nature de la Séphira ne peut être saisie car c'est une divinité totale.

Si la perception de la Séphira était inhérente à elle-même, elle aurait dû toujours être là. Donc il faut dire que l'intériorité de la Séphira est divine et donc sans nouveauté. Seulement qu'est-ce qui donne la possibilité d'être perçue? 

C'est la volonté et elle leur a données ce qu'elle veut leur donner au moment du Tsimtsoum. La nouveauté est le dévoilement au niveau des receveurs. Le Kéli est en fait un dévoilement pour le réceptacle. Le receveur va recevoir à partir d'une action à partir de la Séphira. La Séphira est divine mais ce qui va être perçu de la Séphira, n'est pas de l'ordre du divin. Il est en fonction de celui qui va recevoir. C'est moi qui voit l'or, le taureau le rouge...l'eau la terre et les couleurs. 
Toutes ces perceptions ne sont que des nouveautés à partir de ce qui est ancien. Ce qui est ancien m'échappe car c'est du niveau de la divinité par contre ce qui va être perçu qui est l'expression de la Séphira n'est que le Kéli, le révélateur de la Séphira. 

Donc lorsque l'on parle des Séphirot, on ne parlera que de ce qui va être dévoilé de la Séphira, de ce qui va être exprimé à partir de la Séphira. Donc nous allons parler de la Séphira en tant qu'instrument, en tant que Kéli et jamais de la Séphira en tant que divin car elle reste comme la divinité, imperceptible. 
Donc on peut appeler les Séphirot comme une lumière qui est émanée car c'est quelque chose qui reflète à partir de lui. Et nous, nous recevons à partir de quelque chose qui est ancien et ce que nous percevons est nouveau, c'est sa révélation.
 Au début il y a ce pouvoir infini que l'on appelle le ''Eïn Sof'', l'infini divin et maintenant il y a quelque chose qui se révèle de lui et cette même lumière qui se révèle de lui, se révèle par gradation donc de manière évolutive. Et c'est cela, les Séphirot, une gradation au niveau de la révélation qui va se révéler de lui. C'est ce que l'on appelle le "Tsimtsoum".
 Donc nous avons le <Eïn sof-gradation-Séphirot>
 le Ari Zal les appelle <Eïn sof-Tsimtsoum-Séphirot>. Au début il y a le ''Eïn sof'' qui est insaisissable, c'est le pouvoir absolu qui se révèle en agissant d'une manière évolutive donc graduelle, ce qui permet de percevoir ses actions. D-ieu a créé le monde en dix actions. Car si l'action se passe d'un coup, elle n'est pas perceptible. Seule la gradation permet de percevoir une action. 
Toute la notion de Daat n'existe que parce qu'il y a une gradation, une énergie évolutive. Mais il faut le Daat pour arriver à la fin à la notion d'annulation.
Donc nous pouvons appeler les Séphirot, ''Or émanée''-''lumière émanée'' de lui, de l'insaisissable, imperceptible, provenant du pouvoir infini qui se révèle, les Séphirot étant la révélation de l'infini grâce au Tsimtsoum, cet acte qui est graduel.
Le Eïn sof ne se révèle jamais mais les Séphirot ont ce caractère de se révéler. Elles se révèle par la force de la volonté de D-ieu. Le Eïn sof n'a pas ce potentiel et donc c'est quoi le ''Eïn sof? 

C'est le ''sans fin'' ce n'est pas l'infini. C'est une définition par le négatif, nous définissons par ce qu'il n'est pas. Ce qu'il est nous ne savons pas alors nous retirons l'interprétation que nous pouvons lui donner. Nous ne pouvons parler de sa lumière car il n'y a aucun mot qui puisse exprimer l'illimité, on va lui donner quand même une définition approximative en retirant si l'on peut s'exprimer ainsi ce que l'on pouvait lui prêter et on va l'appeler le "Eïn sof" ( Le Sans Fin). Nous voulons retirer toute mesure à ce qui est avant la création. Nous pensons tous avec une fin. Une définition est en elle-même une limite, une fin. 
Les Séphirot sont le moyen de percevoir l'imperceptible et tout ce qui est perçu vient des Séphirot. Toute la perception de la création ne procède que des dix Séphirot. Mais ce qui est de l'ordre d'avant la révélation, s'appelle le
 "Eïn sof".

Rav Mordékhaï Chriqui (5777)
Retranscription Rav Michael Smadja
Publie par la Source des sagesses

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mardi 12 février 2019

Les 138 Portes de la Sagesse - Porte 25


Les 138 Portes de la Sagesse - Porte 25

Chapitre 4 - Porte 25 - Adam Kadmon et ses ramifications

Porte 23 - cours audio du Rav Mordékhaï Chriqui Chlita

Les 138 Portes de la Sagesse - Porte 24


Les 138 Portes de la Sagesse - Porte 24

Chapitre 4 - Porte 24 - Adam Kadmon et ses ramifications

Porte 23 - cours audio du Rav Mordékhaï Chriqui Chlita

dimanche 27 janvier 2019

La place des Nations dans le Tikoun Olam Rav Mordékhaï Chriqui

La place des Nations dans le Tikoun Olam 


Dans le Cantique des Cantiques, le roi Salomon fait la distinction entre les ''filles de Jérusalem'' et les ''filles de Sion''. Les ''filles de Sion'' font référence aux enfants d'Israël et les ''filles de Jérusalem'' font référence aux enfants des Nations.

Le Zohar commence par cet enseignement de Rabbi H'izkia: « comme la rose au milieu des épines» enseigne le cantique. Que représente la rose? Elle représente l'assemblée d'Israël.
Le Zohar fait une double comparaison entre la mère suprême et l'assemblée d'Israël. La mère suprême est la présence divine avant qu'elle ne soit présente. C'est le principe même de la présence divine, ce que l'on appelle la ''Bina''. Avant que la présence divine soit la Malkhout dans ce monde, la providence divine, il y a auparavant cette idée du principe supérieur. De la même manière que l'assemblée d'Israël se trouve ici bas parmi les Nations, ainsi la ''bien-aimée'' se trouve parmi les anges et parmi les forces supérieures. De même que la rose en haut, la ''mère suprême'' possède les deux couleurs rouge (rigueurs) et blanc ( bontés) ainsi la rose en bas, l'assemblée d'Israël, la Malkhout, possède ces deux principes que sont la bonté et la rigueur.
Le Zohar continu: « ce que la rose possède 13 pétales ainsi l'assemblée d'Israël, la présence divine, possède 13 pétales qui sont aussi les 13 principes de la clémence (qui s'épanchent du grand visage à la H'okhma pour aller à Bina qui va embellir par ces mêmes principes la présence divine, la Malkhout, l'assemblée d'Israël).»

Pour le Midrash, si Israël est une rose, les Nations, elles, sont des épines. Celles-ci sont faites pour protéger la rose. Pour le Zohar, les Nations sont représentées pas les pétales de la rose. Au lieu d'être une autre entité (les épines), elles font partie intégrante de la rose, elles sont ses couches extérieures. Israël représentant le cœur de la rose, lui donnant sa bonne odeur. Pour le Zohar, Israël en bas, correspond au principe féminin de Dieu. De la même manière que le principe féminin en haut est entouré de toutes les forces spirituelles que sont les Séphirot, ainsi Israël se trouve parmi les Nations. Il y a un programme divin appelé la ''Matrice'', la mère suprême, de laquelle va émerger tous les flux divin, et autour d'elle, il y a des préposés appelés ''anges'' qui vont distribuer et épancher ces flux dans le monde. De même ''en bas'', se trouve l'assemblée d'Israël et autour d'elle, il y a des pétales qui sont les Nations qui reçoivent et qui épanchent aux autres degrés de la création.

D'où provient l'origine des Nations? 
Pour le Ramh'al, la séparation des Nations d'avec Israël, provient de la faute originelle du premier homme. Dans le paradis où il se trouve, il y a deux arbres spécifiques: l'arbre de la vie éternelle et l'arbre de la connaissance du bien et du mal, de la liberté, de l'initiative personnelle et de l'intuition. De ces deux programmes, le premier homme choisit le deuxième, le programme de la voie de la perception des sens. Avant la tentation de l'extériorité, avant la séduction du monde extérieur, avant la voie du savoir et de l'expérience, le premier homme était dans la dimension de ce que plus tard, la Torah va révéler, la dimension du Judaïsme. Car nous voyons que les patriarches vont réparer sa faute. Il y a donc deux niveaux d'homme en lui, celui d'avant la faute où il est animé par l'idée de l'éternité et celui d'après la faute, où il est animé par les envies, par la temporalité où le moment présent est primordial. Il est pris alors dans un engrenage sans fin où il n'y a plus de but à son existence et où l'éternité est complètement absent de sa vie. Profiter du moment présent, percevoir par les sens est ce qui l'intéresse alors. Cette dichotomie dans la perception de la vie va se matérialiser par la séparation d'Israël et des Nations. Ce sont les deux voies de l'humanité: la voie de l'unité symbolisée par Israël et la Torah et la voie de la dualité où tout ne se perçoit que par son contraire, comprendre la vie par la mort, le bien par le mal qui est la voie de toutes les Nations. Dans cette voie, ce n'est que l'envie qui va animer l'homme mais pas une envie profonde mais bien une envie des sens. L'homme alors comme l'humanité poursuit une histoire dirigée uniquement par l'envie.

Dans la Cosmogonie que le Ari Zal a explique, cette dichotomie de la création par deux principes essentiels: la lumière, ''or'' et le vase, ''Kéli''. La lumière correspondant à l'essence divine, à l'essence de la volonté de Dieu, à sa volonté à l'état pure mais il faut un instrument pour exprimer cette volonté comme une scie qui est le moyen pour couper un morceau de bois. Le Kéli est l'instrument de la lumière plus que le ''vase''. Avant le Ari, cela était défini comme la lumière et le vêtement de la lumière. Pour le Ramh'al, cette enveloppe qui va s'exprimer est représentée par les Nations. La lumière étant la volonté à l'état pure qui ne s'exprime pas alors à travers quelque chose de concret, ce n'est qu'une pensée non encore exprimée. Ce n'est que grâce au Kéli qu'elle peut sortir en acte jusqu'à ce qu'il y ai la catastrophe appelée ''brisure des vases'' où le Kéli ne reçoit plus la lumière. Il ne veut pas être assujetti à la lumière. Comme si les lois de la Nature avaient une âme. Il n'en est rien car ce ne sont que des constations des théoriciens. Il n'y a aucune volonté intérieure en elles. Les scientifiques essaient de trouver une idée unificatrice qui unit toutes ces lois fondamentales qui régissent tout l'univers et qui serait leur âme. Le Ramh'al explique que les Kélim sont les lois de la Nature. Dans ces principes premiers, il y a le vêtement et la lumière. Ce vêtement va se séparer en forme de lanières comme la lettre ו ''vav''. Cette lettre est aussi une conjonction de coordination. Ce vêtement (les 231 portes) est composé de panneaux en forme de cercles. Ce sont les lettres ו coupées l'une de l'autre. Chaque ו correspond à une particularité qui vont se rassembler dans les quatre extrémités du tétragramme. Ces lettres ו vont former alors la lettre finale ם ''mem sofit'' C'est à ce niveau que sont enracinées les âmes d'Israël. Il est écrit alors « des vêtements s'échappent des âmes» c'est-à-dire que les vêtements vont quitter les âmes. Car au début, le vêtement va être la réalité de toute la Nature et l'âme est cette idée d'Israël qui est cachée et qui n'existe pas encore. Et pourtant il est enseigné « Israël est monté dans la pensée en premier lieu». Israël est de l'ordre de la pensée. Alors que le vêtement va dévoiler cette lumière, cette pensée première. Depuis le début, il y a une dichotomie, un genre de dualité dans la création. Dans le premier mot de la Torah '' בראשית", il est fait allusion à deux commencements: un commencement caché et un commencement révélé qui est la révélation des Kélim, la perception des lois de la Nature. Israël et les Nations se trouvent dans cette dichotomie de ces deux aspects du commencement. Cette même dichotomie d'Israël et des Nations dans la création va se retrouver dans l'histoire où la direction divine va tout faire pour révéler sa conduite cachée. Il est vrai qu'avec la sortie d’Égypte, la Torah écrit que Dieu sépare un peuple de parmi un autre peuple. Dieu seul pouvait distinguer Israël des autres peuples, même les anges qui avaient le véritable discernement de la Nature, n'avaient pas cette sagesse pour distinguer Israël des Nations. Cette distinction en fait ne commence pas avec la sortie d’Égypte ni avec Avraham et ni même avec le premier homme. Cette distinction est d'un ordre métaphysique, de l'ordre de la création ontologique.

Chaque partie de la création prise à part, possède un but propre, cohérent et indépendant à sa nature. Les minéraux, végétaux animaux humains sont différents l'un de l'autre. Il ne se dessine pas entre eux un lien qui les porte vers une finalité unique. Il peut y avoir des points communs dans leur nature au niveau moléculaire mais pas dans leur finalité. Chacun converge vers un but lié à sa nature propre. Chacun porte en lui un dessein qui se suffit à lui-même. Cependant la hiérarchie qui commande toute la nature qui commence par les cieux pour terminer ici bas, est reliée par la même gradation en cercles où l'intérieur devient l'extérieur du cercle inférieur... selon le Ramh'al tout est lié de manière graduelle. Toutes les existences sont liées et nécessaires pour parachever le but de la création déterminé par la connaissance suprême dans la création. L'homme doit alors s'élever à l'état de l'éternité pour percevoir le but final de la création.
Toute parole émise au mont Sinaï se subdivisa en 70 langues et donc Dieu n'a pas parlé seulement au peuple juif, afin que chacun puisse comprendre selon son caractère et sa nature cette parole. Le peuple juif et les nations sont donc liés à la Torah, ce lien est très ancien car il est relié aux principes premiers des Kélim.

Selon le Zohar, l'arbre de la connaissance avait un rôle de rideau qui sépare le monde de la vie éternelle et le monde de la dualité. L'homme voulait arriver à ce rideau, à ce panneau où se trouve le serpent ontologique qui représente le raisonnement par les sens, le raisonnement intellectuel. Ce serpent étant tout notre système de pensées. Cette connaissance englobe toute la nature et le premier homme, créature de Dieu, va saisir cette connaissance de l'intuition, de l'initiative, de la liberté de choisir, de la découverte par l'expérience. Il reste en filigrane le peuple d'Israël qui ne quitte pas la tente, il ne veut pas sortir de la perception éternelle. Mais par cet état, le monde reste dans son état duel et même en recevant la Torah, il reste dans la dualité. On ne peut arriver à relier la réalité de tous les jours avec la foi qui est le raisonnement de l'ordre de l'éternité. Dans la temporalité, il y a le ''à priori'', il y a le ''avant'' et le ''après''. C'est l'évolution, les causes et effets, la gradation. Ce système de penser est le système de penser de toute l'humanité y compris celui du peuple d'Israël.

Israël est cet ancien sacré, cet ancien qui est distingué et séparé de la nature, qui va se distinguer par les patriarches et surtout par la sortie d’Égypte. Mais ce lien avec l'éternité n'a pas abouti, encore une fois mais il a été alors révélé pour nous permettre de finir cette histoire de la temporalité.

Dieu par la création, a donné un rôle, une fonction à toutes les créatures. Il a réparti la réparation du monde selon toutes les créatures. Chaque être dans ce monde a une fonction. L'histoire fait parti de ce programme et en aucun cas, les événements qui se révèlent dans ce programme sont des tragédies liées aux impondérables. Ils ont tout un chacun un but dans la conduite qui mène au dévoilement divin dans la création. Mais personne, aucun prophète ne peut comprendre cette histoire, cette pensée mystérieuse qui est la distribution des fonctions. Cela ne dépend pas des bonnes ou des mauvaises actions de l'homme mais de la réparation. Nous sommes tous les serviteurs du palais de Dieu. Chaque être a reçu un rôle, nous sommes tous les serviteurs d'une même cause. Ce que chacun de nous reçoit de Dieu est pour la réparation universelle de la création. Il faut arriver à comprendre sa vie uniquement dans l'universel, arriver à atteindre la conscience non pas individuelle mais la conscience collective, le ''super-moi''. L'homme ne peut se réparer sans atteindre cette vision universelle. Ainsi même les nations ont pour but d'élever la parole de Dieu.

Les Nations sont ce ''ו'', ''vav'', la coordination des lanières. Au début, tout était unifié puis ces lanières sont apparues, ces lanières sont des directions philosophiques, des directions de pensées. En rattachant ces ''vav'', nous dévoilons l'essence de la création. Israël est de l'ordre de l'au-delà du temps humain objectif. En reliant Israël aux Nations, la providence divine va se révéler sur toute la création comme le Or entrant dans le kéli, la lumière dans le vase pour ne faire qu'Un: « comme cette rose parmi les nations»


mardi 27 novembre 2018

Les 138 Portes de la Sagesse 32/138

Les 138 Portes de la Sagesse - Porte 32

Chapitre 4 - Porte 32- Adam Kadmon et ses ramifications

Porte 32- cours audio du Rav Mordékhaï Chriqui Chlita
Porte 32 - cours audio du Rav Mordékhaï Chriqui Chlita


Après avoir vu Adam Kadmon qui est la première structure, avec laquelle, le maître du monde va ordonner, organiser tous les mondes, nous allons parler maintenant de la face ''Panim'' de Adam Kadmon.

En fait le Ari Zal n'a parlé en majorité que de la face de A-K, des lumières des cheveux des oreilles, des narines et de la bouche....nous allons voir au départ la généralité de la notion de ''visage''-''Panim''. La face est organisée pour émaner, illuminer ce qui s'organise à l'intérieur de Adam Kadmon. La face est en fait le symbole, le reflet de ce qui est caché. Ainsi le visage dégage la joie où la colère qui sont des pulsions intérieures du corps. Le visage reflète l'intériorité d'une personne. Donc de chaque porte sensorielle de A-K va sortir une illumination. Pour cette raison, nous parlerons de quatre mondes, le monde de la vision, de l'ouïe de l'odorat et de la parole. Il y a aussi ces lumières qui sortent du front même s'il n'y a pas de porte sensorielle pour faire sortir ses lumières. En vérité, toutes les lumières du tikoun sortent du front. Il se trouve donc que tous ces quatre premiers mondes sont la splendeur, le reflet du visage de A-K. L'intériorité de A-K ne peut être conçue. Nous n'allons alors traiter que le reflet du visage et de ce reflet, vont sortir tous les mondes.

Explication:
Nous allons essayer de comprendre la structure de A-K dans ses détails pour que l'on puisse comprendre plus tard la direction qui en résulte. Il y a la vision qui est la structure de A-K et l'interprétation qui est la direction. Ces détails vont rappeler la forme du visage de l'homme (oreilles-narines-yeux-bouche-front) qui sont bien sûr de l'ordre de la symbolique mais qui correspondent à une réalité.
Quelle est la symbolique de la face? Elle est faite pour refléter, pour éclairer. Les membres du corps.
Dans ce monde, correspondent à des principes dans la direction, le visage correspond aux orientations de l'âme pour contrôler, observer et contempler l'autre. Nous avons comme une sorte de radar avec des portes qui permettent à l'âme de sortir et de percevoir ce qu'il y a à l'extérieur de lui.
Ce sont les quatre sens qui vont permettre à l'âme de ressentir. Il y a deux actions différentes, faire entrer et faire sortir. Les sens sont des sortes de capteurs qui font rentrer l'information et aussi ces capteurs permettent de refléter, d'exprimer vers l'extérieur, s'orienter vers l'extérieur.
L'âme quand à elle se trouve à sa place. Il y a donc les orifices que nous trouvons dans la face et l'utilisation que l'âme va faire d'eux. En vérité, il faut savoir que ces orifices sont réalisés à partir de l'âme elle-même. Ces orifices ne sont pas uniquement des trous issus de la matière du corps. Mais c'est une extension de l'âme avec une même constitution.
Prenons l'exemple du fœtus, l'esprit général qui le forme, qui détermine sa structure et qui l'anime, va traverser la paroi de sa chair pour faire ses orifices au contraire des autres membres comme les pieds ou les mains où l'esprit reste à l'intérieur et n'éclate pas la paroi. Alors que dans la face, l'esprit va traverser la paroi et sortir.
À partir de ces orifices, vont se créer les sens qui sont des sortes de capteurs. Cependant, il faut savoir que cette traversée ne dépend pas des sens car plusieurs personnes peuvent avoir les mêmes membres sans avoir les mêmes sensations et même sans avoir aucune perception comme l'aveugle qui a des yeux mais qui ne voit pas. Il y a donc les orifices et les sens. Ils ne sont pas liés automatiquement. C'est par ces orifices que l'âme contrôle aussi en percevant le monde ambiant où le corps se déplace. Il y a aussi un autre aspect du visage, il reflète aussi le tempérament comme par exemple, la colère, la tranquillité....il faut pour cela que le visage lui-même soit sensible à cela. Car les autres membres du corps ne reflètent pas ce que le visage peut exprimer.
Il y a un autre aspect du visage qui s'appelle le rayonnement, la splendeur comme le rayonnement du soleil. Comme au sujet de Moshé Rabénou lorsqu'il est redescendu du mont Sinaï, il avait ce reflet. De même au sujet de Pinhas, au moment où il recevait l'esprit sacré, son visage reflétait comme l'éclair. Et si cet aspect du visage ne se révèle pas chez tout homme, c'est parce qu'il n'est pas parfait. Le visage de l'homme étant incomplet. Il y a un manque depuis la faute du premier homme. Et à la fin des temps, ce reflet va revenir sur le visage des hommes.
De même ceux qui approfondissent la H'okhma, resplendissent comme le firmament. La face est faite pour s'orienter vers les autres et aussi pour révéler l'âme selon le comportement et aussi pour révéler la splendeur. Les orifices qui sont constitués par le souffle, le Rouah', qui les arrange au moment de leur formation. Et enfin, ce visage reflète aussi les sens par ces orifices par lesquelles, l'âme va ressentir l'extérieur. Il y a donc ce que capte l'âme, ce qu'elle reflète et les orifices. Même si cette notion d'orifice est liée aux sens, la matière par laquelle les organes des sens que sont les oreilles, les yeux, le nez la bouche, va être de différente forme selon la fonction de ces organes. L'âme ressent à partir des orifices et s'il y a un défaut dans les portes de la perception, c'est un problème au niveau de l'âme.
Même si nous disons que ce n'est qu'un problème mécanique au niveau du sens lui-même, de l'oreille ou des yeux...le Ramh'al nous dit que ce n'est pas uniquement un problème mécanique car en fait c'est l'âme qui capte à travers ses organes. L'âme ressent à travers ces orifices.

Nous allons expliquer maintenant en haut au niveau de A-K. Les faces sont les ustensiles du Réchimou. Nous avons déjà dit que A-K est composé du Kav et du Réchimou. Les faces, les orifices sont des ustensiles, des instruments qui sont fabriqués à partir du Réchimou mais à travers ces ustensiles, le Eïn Sof qui est le Kav, qui est la Néchama, l'âme et qui se trouve à l'intérieur, va s'orienter et s'adresser aux autres pour diriger tous les visages qui sont ce qui va résulter de toutes les directions et faire sortir tous les mondes. De même que l'âme dirige le corps ainsi le kav dirige les visages.
Comme si ces visages étaient des genres d'ustensiles. Ces ustensiles qui font toute la constitution du visage sont représentés dans un autre monde, dans un autre visage tel que Arikh' ou Zéïr Anpin comme les 13 poils de barbes qui sont aussi un reflet, un épanchement de la sagesse. La barbe étant la sagesse qui se reflète à l'extérieur. Nous avons donc ici au niveau de A-K aussi un reflet de l'intérieur et qui ressort à l'extérieur. Le premier reflet du visage est un reflet qui est scellé. Cependant tout ce qui est caché à l'intérieur du corps de A-K va être reflété par le visage, tous les aspects de l'âme vont se refléter sur le visage.
La première étape est le reflet de la face que l'on retrouve aussi dans les partsoufim, les visages. Dans Arikh', le grand visage, on parle de 310 lumières, dans Z-A, le petit visage, on parle de 150 lumières. Il y a donc à ce niveau, une première étape d'un rayonnement qui est caché et qui va traverser et réaliser les quatre orifices que sont les yeux, les oreilles, le nez et la bouche. Le véritable rayonnement est celui qui est avant ces traversées de la lumière vers l'extérieur. Ces traversées ne sortent pas d'un seul coup. Son rôle essentiel est de faire les orifices et puisque le reflet est constitué à partir de la Néchama, qui est pour le moment cachée, c'est la raison pour laquelle, on peut trouver dans le visage l'idée du caractère, du tempérament qui est caché car avant les orifices. Mais dans les orifices eux-mêmes, rien n'apparaît.
Ces orifices sont comme une interface. Le reflet intérieur qui est le reflet du visage a une représentation générale, il représente le tempérament général. Par contres les orifices ne représentent que partiellement un élément selon l'endroit où il se trouve soit dans la vision, soit dans l'odorat...
Au moment où les lumières vont sortir, nous sommes dans la direction elle-même. Ces lumières qui sortent sont utilisées par la Néchama en tant que flux pour aller contrôler ce qu'il se passe dehors. Mais la racine de toute cette providence, de tout ce contrôle et de cette direction.

En vérité cette direction est une chose à part. Nous parlons maintenant de ces lumières qui sortent et qui vont faire la réalité des orifices et des sens. Après avoir fait les orifices et les sens, il va y avoir un deuxième reflet qui va cacher le reflet intérieur, le flux intérieur. La Néchama ne se montre pas du tout puis elle se révèle par le tempérament et à partir de ce moment, c'est le rayonnement qui commence à sortir à l'extérieur et qui va se refléter dans les quatre orifices que sont les oreilles le nez la bouche et les yeux.
Apparaît alors le deuxième reflet que l'on appelle la brillance du visage. Ce n'est seulement que par le deuxième reflet que la Néchama va capter, ressentir et agir au niveau de l'entrée et de la sortie. Mais toute l'existence de ce reflet lui-même n'est issue que du premier reflet qui va traverser et faire les orifices. L'ustensile, le Kéli est apparemment à l'extérieur provenant du deuxième reflet.

Mais le Ramh'al veut nous dire que le Kéli est construit par le Or, la lumière du Kav. Comment considérer ces lumières qui sortent de Adam Kadmon?
Est-ce qu'on les considèrent comme une marmite avec des trous d'où le feu qui est en-dessous de la marmite pénètre par ces trous dans la marmite?
Dans ce cas, il n'y a pas de différence dans la nature du feu. Mais en fait, la lumière qui va sortir par ce trou va être différente que celle qui sort par un autre trou car c'est la lumière elle-même qui a fait ce trou et donc la lumière ne peut passer que par ce canal qu'elle a perforé.
Donc Adam Kadmon n'est pas comme une marmite qui a déjà des orifices formés. Il y a donc un rayon, un point de traverse et il y a un deuxième rayon. C'est donc la Néchama qui fabrique les orifices après s'être installée dans la trame. À partir du moment que nous parlons de quatre sens, cela doit procéder de la force qui est inclue en elle. Donc telle action correspond à telle expression et ce qui se fait dans une ouverture ne se fait pas dans une autre ouverture. L'oreille n'est pas la bouche qui n'est pas le nez car ces organes correspondent aux forces qui sont à l'intérieur même, dans la Néchama elle-même.
En d'autres termes, ces quatre sens correspondent à l'ensemble de la Néchama qui représentent les quatre lettres du tétragramme, ''AB-SAG-MA-BEN''. Toutes les lumières qui reflètent de Adam Kadmon c'est la AVAYA et elles correspondent aux quatre aspects de ce visage. Les orifices eu-mêmes reflètent la nature de la lumière qui va sortir et qui va s'exprimer. En premier, la lumière crée l'orifice puis après elle revient pour repasser par l'orifice et s'extérioriser. La construction des orifices est inhérente à l'essence même de ces lumières qui vont sortir à l'extérieur. Ici, nous avons des lumières différentes qui sortent de la même source qu'est l'âme.

En résumé, nous pouvons dire que la Néchama est là pour refléter et éclairer le visage et même pour sortir sans être interrompue par une cloison afin de ressentir. Ce même aspect qui se trouve dans le visage fait les orifices des sens. Ces Kélim qui sont les orifices vont servir à refléter la Néchama tout le temps qu'elle se trouve dans le visage et aussi, ils vont sortir et fabriquer le second rayonnement qui est la synthèse des orifices. À la différence du premier rayonnement, le deuxième rayonnement va aller dans le détail. Le premier rayonnement étant une lumière générale alors que le deuxième rayonnement est une lumière dans le détail. Et à partir de la Néchama, quelque chose de particulier va se révéler par les orifices en dehors des sens eux-mêmes. Ces sens ne sont pas le résultat uniquement des orifices, ils sont aussi de l'ordre de la Néchama qui se grave dans ce premier rayonnement qui est la lumière intérieure. Ce que reflète le visage de la Néchama est l'ensemble de sa situation. Comme pour l'homme, il y a le tempérament et de cet aspect vont sortir les orifices qui sont l'expression de la première lumière générale. Il y a donc une première expression et une deuxième expression et les orifices ne sont que les détails d'une expression générale.

D'après le Ramh'al, il faut toujours voir l'unification et de ces quatre mondes, ''oreilles-nez-bouche- yeux'', il faut voir le but unique, il n'y a pas quatre buts différents. Le seul but est de faire le monde de la Atsilout. Mais celui-ci va se construire par quatre étapes qui correspondent aux septième, huitième, neuvième et dixième millénaire où le corps va s'intégrer avec la Néchama.
Dans le sixième millénaire, il y a tous les détails du corps, dans le septième millénaire, les principes premiers du corps disparaissent petit à petit. On a alors un début de généralité. Et le huitième millénaire le corps perd les généralités et aussi le neuvième jusqu'à ce qu'au dixième millénaire, il n'y ai plus de trace du corps et c'est ce qui fait l'unification du corps à l'âme. Mais dans les six premiers millénaires, tous les détails sont créés par tous ces quatre mondes ''Ozen-H'oten-Pé-énaÏm'', ''oreilles-nez-bouche- yeux''.
Tous ces mondes qui vont se révéler maintenant sont les quatre étapes de la construction du corps mais ce qu'il y a dans l'oreille, il y a dans le nez et ce qu'il y a dans le nez, il y a dans la bouche et ce qu'il y a dans la bouche, il y a dans les yeux. Ce sont les mêmes dix Séphirot mais qui se détaillent différemment. Dans l'un des orifices, l'extériorité est plus grande que l'intériorité alors que dans un autre l'intériorité est plus grande que l'extériorité jusqu'à ce que le Kéli se révèle. Et où se révèle t-il?
Il se révèle dans la bouche puis dans les yeux. Il y a dix Kélim mais dans la bouche, c'est la première révélation. Et dans les yeux, il y a plus de détails, il y a dix Kélim et dix lumières. Dans les oreilles, il n'y a qu'un signe, la lettre ''ה'' le ''Hé''. Dans le nez, il y a la lettre ''ואו'', le ''Vav''.
Le Ramh'al veut garder l'idée générale avant les détails car ces orifices ne font détailler qu'un élément de la Néchama.
Au début, l'ensemble de la Néchama se révèle dans le visage puis il a ces orifices, ces traversées puis il y a la seconde lumière et celui-ci même s'il ne reflète que des détails, à partir de lui, on peut remonter à la première lumière et de cette lumière intérieure, on peut remonter ce qu'il y a à l'intérieur du corps c'est-à-dire la Néchama. On a trois éléments à la fin. Une deuxième lumière qui est la symbiose des détails des orifices, une première lumière intérieure et l'âme, la Néchama. En somme, la direction de D-ieu est cachée à l'intérieur qui va se révéler dans une première étape dans le visage et ensuite par les orifices.

Dans cette porte, le Ramh'al introduit la notion de ''Ozen-H'otem-Pé'', ''l'oreille-le nez-la bouche'', il y a aussi la lumière des yeux. Le visage de A-K est fait pour émaner et faire resplendir ce qui se trouve à l'intérieur du corps de Adam Kadmon. Car ce qui se passe à l'intérieur n'est pas accessible et ce que l'on va saisir n'est uniquement ces émanations, ces mondes qui surgissent de son visage. Ces mondes sont de l'ordre de quatre: la vision-l'ouïe-l'odorat-et la parole. La lumière des yeux vient à la fin car il y a une contradiction dans le Ets H'aïm quand les yeux ont-ils été créés dans la gradation au niveau du temps soit avant la lumière des oreilles ou soit après la lumière de la bouche.
En vérité, la lumière des yeux a un niveau plus grand que celle de la bouche. Pour cela, le Ramh'al reprend cette structure en mettant la vue en premier comme dans les Tikouné Zohar. Une autre émanation procède du front de Adam Kadmon. Tout le Tikoun dépend de cette lumière qui sort du front. Tous les mondes ne sont en vérité que le rayonnement, la splendeur de ces lumières de Adam Kadmon. Mais A-K lui-même est insaisissable. Ce que l'on saisit n'est uniquement cette émanation qui procèdent de son visage.

On a déjà expliqué toute la notion de la traversée où la lumière éclate et sort de l'intérieur de Adam Kadmon vers l'extérieur. En vérité cette lumière a déjà une caractéristique avant de sortir. Tout le sujet est de savoir comment elle prend cette caractéristique? Est-ce qu'elle prend cette caractéristique avec l'orifice qu'elle crée en traversant la paroi de A-K c'est-à-dire que la lumière devient lumière de l'oreille et non lumière de la vision uniquement au moment où l'orifice de l'ouïe se crée ou bien il y a déjà une nature spécifique avant que l'éclatement de la paroi se fasse car si elle n'avait pas une nature caractéristique au départ, alors n'importe quelle lumière pourrait sortir et serait déterminée par sa sortie. Mais le Ramh'al enseigne ici qu'il y a un rayonnement intérieur et un rayonnement extérieur. Il y a donc une brillance intérieure spécifique qu'il y a avant même les orifices et une seconde brillance qui va se construire à partir de tous les orifices en même temps. Lorsque le visage exprime la joie ou la tristesse ou l'angoisse.....cette expression du visage est une synthèse de plusieurs éléments, c'est à partir du rayonnement extérieur. Le rayonnement intérieur est le rayonnement qui va déterminer la sortie comme un vêtement de la Néchama, celle-ci serait l'intériorité de Adam Kadmon puis il y aurait un premier vêtement, les orifices et un deuxième vêtement.
La Néchama qui est intérieure se trouve cachée dans le corps et ne se dévoile jamais puis nous avons à faire à un premier rayonnement où la Néchama se dévoile. En étant à ce premier niveau de ce rayonnement comme une sorte de splendeur dans le visage (où il n'y a pas encore les orifices) qui va se renforcer, éclater et sortir. Il va défoncer la paroi et fabriquer les quatre orifices du visage. Et ensuite il y a un second rayonnement qui se tient au-dessus du rayonnement intérieur, comme un rayonnement à l'intérieur d'un autre rayonnement. Et c'est à partir du second rayonnement que le tempérament se marque.
La Néchama est faite pour éclairer dans le visage et aussi elle est prédisposée à sortir à l'extérieur mais ce qui va sortir n'est rien qu'une splendeur, un rayonnement d'elle. La Néchama reste toujours à l'intérieur. (dans Adir Bamarom, le Ramh'al dit que la Néchama sort des yeux, comme nous voyons dans le Talmud, qu'il y a des justes qui pouvaient tuer quelqu'un avec le regard).
Ici le Ramhal explique que c'est la splendeur, la lumière de la Néchama qui sort. C'est comme une émanation d'elle qui brille à l'extérieur. Les orifices ont un double rôle: un rôle de capteur afin de faire rentrer de l'extérieur vers l'intérieur mais ils servent aussi à ressentir et à faire révéler. Car la face révèle aussi l'intériorité de l'homme, son tempérament du moment. La Néchama fait ressentir ses besoins mais elle capte aussi. Selon ce rôle et cette fonction, elle va faire les fractures et par cela les orifices afin de sortir et créer les sens. Et donc le visage est disposé à ces deux rôles: se tenir à l'intérieur de ces quatre sens.
Le Ari Zal enseigne que le mystère des Kélim va commencer avec les lumières de ''Ozeine-H'otem-Pé'' les oreilles-le nez-la bouche''. Par cette révélation, va se révéler le Kéli. Ces mondes sont appelés les mondes de Adam Kadmon:''A-H'A-P''. Quels sont leurs rôles dans la Torah du Ari? C'est la révélation du Kéli.
C'est une gradation pour la perception du Kéli. Il y a un Kéli qui est caché à l'intérieur de la Néchama et celle-ci veut révéler la notion de l'instrument qui est une préparation à la création. C'est dans les lumières des yeux qu'il va y avoir une révélation de dix Kélim par rapport aux dix lumières. Et c'est à ce niveau que le monde va commencer, le début de la création. C'est une préparation au Kéli. D'après le Ramh'al, ''A-H'A-P'' est la direction du monde dans l'éternité. Ce que l'on appelle le ''monde futur'', le septième, huitième, neuvième et dixième millénaire. La lumière de la bouche est le septième millénaire, le huitième millénaire est la lumière du nez, le neuvième millénaire est la lumière des oreilles et le dixième millénaire est les lumières des cheveux.
Pour le Ramh'al, ce n'est pas seulement la révélation d'un Kéli mais c'est aussi une conduite.
La Néchama en étant dans le visage sans les orifices va faire le second rayonnement. Donc nous voyons que les Kélim sont une révélation de la Néchama. Ce sont quatre sortes de révélation que sont les sens et qui sont les ramifications de la Néchama. Ce que la Néchama faisait au niveau général, elle va le faire en détail par les ''Ozeine-H'otem-Pé''. Chaque sortie de chaque orifice dévoile un aspect de la Néchama. Et tout cela, en dehors des sens eux-mêmes qui vont agir. Il y a les sens qui vont se révéler à travers ces orifices et ce que eux, ils font, indépendamment de ce que la Néchama fait d'eux selon ce que le mouvement et de ce qu'elle va réaliser à l'intérieur et de ce qu'elle veut exprimer à l'extérieur. Il y a ce que la Néchama va révéler à travers eux et ce que eux, ils font indépendamment de ce que la Néchama fait d'eux.
Selon ce que le mouvement et ce qu'elle veut réaliser à l'intérieur et ce qu'elle veut exprimer à l'extérieur, elle va les utiliser. Les sens ont un rôle de capteur, saisir les informations de l'extérieur afin de se relier à l'extérieur. Ils ont aussi un premier rôle qui est de révéler l'intérieur. Ce que la Néchama révèle dans le visage en vérité, c'est l'aspect général de sa situation, de son état et selon cet état, elle fait les orifices. Et à partir des orifices, on peut analyser ce qui se passe à l'intérieur même si ce qui est à l'intérieur de A-K est imperceptible, cependant, on peut revenir et remonter de l'extérieur à l'intérieur.
Il y a trois niveau: la Néchama qui est l'intérieur du corps de A-K, se trouve au niveau du cœur, du corps et du visage. Et du visage, elle se révèle par les orifices. En fait chaque membre du corps reflète la Néchama entièrement. La dernière révélation de la Néchama se fait dans le rayonnement du visage et c'est ce que nous pouvons atteindre.
On ne peut connaître l'intérieur même du visage. Tous les détails de ce rayonnement sont les mondes dont parle le Ari Zal:''Ozeine-H'otem-Pé''. Nous savons quand même qu'il y a une racine à l'intérieur qui correspond à la direction suprême de A-K lui-même. De là nous pouvons saisir combien notre compréhension est petite car nous ne pouvons atteindre le plan interne de toute la direction. Ce que nous allons atteindre à la fin n'est rien que la lumière des yeux mais ''Ozeine-H'otem-Pé'', cela ne sera qu'après la résurrection des morts car maintenant, l'homme est limité par la mort mais s'il n'y avait pas la mort, il aurait pu comprendre même la bouche et le nez. Pour cela, le Ari n'a parlé principalement que des lumières des yeux, de la brisure des vases. Et c'est au niveau des lumières des yeux, qu'il y a la création des quatre mondes ''Atsilout-Bryia-Yétsira-Assyia'' mais au-delà des yeux, on ne connaît rien, on sait juste que c'est un préambule, une préparation aux lumières des yeux.
Mais en vérité, la direction profonde est au-delà de notre entendement, au-dessus de ''Ozeine-H'otem-Pé'' qui est de l'ordre de l'intériorité de A-K. Nous ne connaissons que ce qui resplendit à l'extérieur. Il faut savoir que dans ce territoire du visage de A-K, il y a toute la direction du début jusqu'à la fin, du premier millénaire au dixième millénaire. Ce n'est qu'après la fin du dixième millénaire où il y a la purification de tous les mondes, de tous les corps qui vont rester et qui ont subi une adhésion depuis le septième millénaire.
Au dixième millénaire, on parle de l'éternité de l'éternité, un niveau où on ne peut même pas parler de quoi que ce soit. Déjà qu'à partir du septième millénaire, il n'y a que le Ramh'al qui en parle. Même si nous arrivons à saisir au niveau de ''Ozeine-H'otem-Pé'', son but qui est la révélation de l'unité, on ne connaît pas plus que cela. Cependant dans ''Ozeine-H'otem-Pé'', il y a quelques détails qu'en même.
Il faut comprendre un concept qui est général: tout ce qui se fait dans une place est réalisé et déterminé selon cette place. Dans le visage de A-K, l'oreille est la place qui va affecter l'action elle-même et donc ce qu'il se fait, se fait selon la place. C'est par rapport à la place que nous pouvons atteindre. Toute notre perception ne se fait que parce qu'elle est liée à cette place. Il n'y a pas de possibilité de percevoir la Néchama ou une qualité de la Néchama s'il n'y a pas cette place.
Lorsque nous disons ''Zéïr Anpin, Abba, Ima'', en vérité, c'est la même lumière du Eïn Sof qui s'épanche dans plusieurs éléments, dans plusieurs partsoufim (visages) selon l'endroit où la lumière va se révéler alors va se révéler une configuration, un aspect déterminé. Lorsque nous parlons d'une place spécifique, c'est qu'il y a une raison car c'est cette place que nous allons percevoir. C'est la structure par laquelle les êtres inférieurs peuvent comprendre. Mais il faut savoir que nous ne comprenons que la forme, le superficiel de ce que la direction a mesuré. C'est comme une sorte de Tsimtsoum, de vêtement afin de pouvoir saisir une réalité. Et donc, on ne peut percevoir que les limites de cette réalité qui correspond cependant à la véracité de la chose. Il faut seulement approfondir et ne pas s'arrêter à la forme. C'est ce que l'on appelle la symbolique. Lorsque l'on parle de l'oreille, on parle de la symbolique de l'oreille, de même pour les lumières des cheveux, les poils de barbe. Ce sont les racines de ce qui se trouve dans ce monde. Si le maître voit que l'élève ne peut pas comprendre, il lui donne une image afin de comprendre et pouvoir accéder à cet enseignement. Mais à la fin, lorsqu'il comprendra la vérité, il verra la différence comme la lumière avec les ténèbres. Ce que nous recevons de manière superficielle, lorsque l'on comprendra la vérité des choses, on verra qu'il y a une mesure incommensurable.
On a dit que la direction est dans le Réchimou et le Kav est caché à l'intérieur. Le Réchimou étant la racine de la direction et le Kav, le rayon, il intègre et agit de manière cachée à l'intérieur de ce Réchimou. Selon cela, le Kav qui est la lumière du Eïn Sof, rentre à l'intérieur du Réchimou. Par ces deux axes, le Kav et le Réchimou, va se former Adam Kadmon. A-K est la synthèse du Kav et du Réchimou, c'est l'association du corps et de l'âme. Jusqu'à présent, nous avons parlé de la Néchama donc du Kav. Si toute la direction est de l'ordre de la Néchama et qui sort à l'extérieur, alors il y a une contradiction avec la porte 27 où le Ramh'al dit que la direction est de l'ordre du Réchimou, le Kav ne faisant que ressortir ce qui est caché dans le Réchimou du potentiel en acte. Une deuxième action du Kav étant de tout ramener à l'unité, de ramener le mal au bien alors que maintenant, le Ramh'al nous dit que le principe de l'action de la direction se fait par le Kav!

Ce qui se révèle ne se révèle pas selon la Néchama mais au contraire selon le corps car c'est l'endroit, c'est l'espace qui détermine. Le corps est appelé ''espace'' car la Néchama le remplit. L'âme prend un aspect du corps. En vérité la Néchama agit selon le corps. Comme le corps est composé d'orifices, la Néchama va pouvoir utiliser le corps comme un ustensile que l'on vide et que l'on remplit. Ceci selon les aspects du corps et la nature de ses orifices. La Néchama n'agit pas selon elle mais selon le corps. Et c'est cela le mystère de ''Ozeine-H'otem-Pé'', c'est le mystère des Kélim. Ce sont eux qui déterminent la manière comment la direction va se révéler dans le monde. Donc ''Ozeine-H'otem-Pé'' ne sont pas que des trous pour diffuser mais ils donnent aussi une forme à la direction, une caractéristique. C'est cela le mystère du Kéli.

Le corps n'est pas quelque chose d'accessoire, il va permettre à la Néchama de se dévoiler. Et c'est selon le corps que la Néchama se dévoile. Pour cela, dans le Ramh'al, le principe premier de la réparation des Mitsvot se fait par le corps. Les Mitsvot ne sont pas pour la réparation de la Néchama mais pour le corps. C'est une purification du corps afin que la Néchama puisse plus se révéler.
Le principe du service est le Tikoun des Kélim, des sens mais il faut savoir ici déjà dans A-K que la Néchama se présente et se révèle à travers ces Kélim. La Néchama agit selon la nature de ''Ozeine-H'otem-Pé'', selon les caractéristiques des Kélim du corps. En sortant des Kélim, c'est là que la Néchama fait le rayonnement et c'est cela toute la notion de Adam Kadmon. C'est ce rayonnement qui se forme comme une sorte de tempérament qui se révèle à travers et à partir des Kélim que sont ''Ozeine-H'otem-Pé''. La Néchama n'ajoute rien au corps selon ce qu'il est. Même en sortant ses rayons, la Néchama ne les sort que selon le corps comme nous verrons toutes ces notions où les Moh'in sont appelés soit le nom de 72, ''AB'' qui fait allusion au crâne de A-K. Ozeine étant le nom de 63, ''SAG''. Ce nom de 63 qui est reliée à l'oreille est en vérité une lumière de la Néchama mais c'est le Ozeine qui va déterminer le nom de SAG à savoir la nature.
Cependant ces orifices ont un rôle de révélateur. Pour le Ramh'al, le Kéli est là pour révéler une action. Le Kéli n'est pas uniquement un réceptacle mais le moyen de révéler une action. C'est cela, la fonction du Kéli, révéler la direction de la Néchama.
La direction étant l'union de la Néchama avec ce qui le relie à l'intérieur avec le corps mais la révélation de cette union de la Néchama avec le corps à savoir le Kéli se fait dans le visage par la traversée de ces orifices. La révélation se fait dans ce rayonnement d'après les orifices. On voit qu'il y a ici une union du Kav et du Réchimou, du Or et du Kéli. Le rayonnement étant le résultat d'une synthèse. Ce n'est pas l'âme et ce n'est pas le corps. Un homme qui dort, n'a pas de rayonnement donc ce rayonnement ne provient pas du corps. Il faut une Néchama pour qu'il y ai un rayonnement. Donc c'est la Néchama avec le corps qui forment le rayonnement.
On voit aussi que le rayonnement de Adam Kadmon reflète le corps car sans lui, il ne peut se révéler. Tout ce que nous connaissons est seulement après que le Kav se soit habillé dans le Réchimou c'est-à-dire lorsque le Or est dans le Kéli et après le rayonnement va sortir dans le visage et donc le Or possède déjà l'aspect du Kéli avant de sortir. En d'autres termes, il n'y a pas de hasard car le Or a déjà une caractéristique avant qu'il ne sorte. Il va dans l'orifice où il doit aller pour sortir. Il a donc un aspect du Réchimou à l'intérieur avant de sortir. Mais en fait, nous ne connaissons pas sans le revêtement.
Est-ce que la Torah peut être comprise sans qu'elle ne parle d'animaux ou d'homme? On a besoin d'histoires, d'éléments de ce monde pour révéler de grands mystères. Mais tout cela n'est que l'habit et celui qui s'arrête à l'histoire reste dans le superficiel. Et même dans la Kabbala, il y a une superficialité et il faut remonter à l'intérieur où il y a un symbole qui se révèle. Dans l'oreille de Adam Kadmon, Hachem veut révéler quelque chose à travers cet habit, à travers cet orifice. Tout ce qui sort à l'extérieur a déjà été préparé à l'intérieur du corps. Pour cela, en vérité, il faut qu'il y ai un parallèle entre ce qu'il y a à l'extérieur et ce qu'il se passe à l'intérieur. Donc un détail va se révéler ici dans un élément du visage et un autre détail se révèle dans un autre élément du visage. De chaque sens va sortir une émanation et donc ces quatre éléments vont révéler un certain ordre. Ils ont chacun une particularité et aussi un point commun. Ce sont quatre genres d'homme, un étant plus pur que l'autre, la Néchama se révélant plus.
L'union du corps avec la Néchama est plus puissante dans l'oreille que dans le nez et celle du nez est plus puissante que celle de la bouche. Pour cela, le septième millénaire révèle les créatures dans certains aspects où le corps est plus pur par rapport aux six premiers millénaires qui eux vont développer les sens. Nous voyons nous-mêmes qu'à la fin du sixième millénaire, les découvertes scientifiques sont exceptionnelles. Et au septième millénaire, on va être au niveau du Rouah' Akodesh, de l'esprit pur où le corps n'a plus besoin de se nourrir. Au septième millénaire, la Néchama nourrit le corps car il est soumis à sa force. Mais pendant les six premiers millénaires, le corps n'est pas soumis à la souveraineté de la Néchama.

Il ne s'agit pas des sens mais des mondes qui vont sortir donc des directions et même du front, va sortir une direction car dans ce front, il y a aussi un orifice qui est très subtil. Ce sont les Téphilin qui se tiennent au niveau du front et ''à la fin des temps on verra que le nom AVAYA est appelé sur toi'', cela parle des Téphilin. C'est une sorte d’œil que l'on n'utilise pas pour le moment. Il faut le voir comme un sens. Tous les mondes de A-K ne procèdent que de cette illumination qui resplendit de A-K. Ce n'est pas l'essence même de A-K mais sa brillance comme la brillance d'un lingot d'or qui n'est pas le lingot lui-même.
Tout ce que l'on voit dans l'arbre est une chaîne comme Arikh qui va sortir Abba et Ima. De Abba et Ima sort Zéïr Anpin et de Z-A va sortir Noukva. Il y a un enchaînement. De Atsilout sort Béryia qui sort Yétsira qui sort Assyia car tous ces mondes sont des continuités des mondes qui les précèdent. Dans A-K, il n'y a pas cette gradation. Dans cet arbre il y a des voiles, des points de traverse qui vont créer ces mondes l'un après l'autre. Il y a alors une naissance de la création. Dans cette manière de percevoir, on peut dire que les mondes sont l'un en-dessous de l'autre. Ainsi en est-il des Partsoufim, de Arikh' sort Abba et Ima, par l'unification de Abba et de Ima sortent Z-A et Noukva. On voit ici que les mondes ''A-H'A-P-E'' ''oreilles-nez-bouche-oeil'' ne sont pas issus d'un enchaînement l'un de l'autre. Tous sont comme parallèle. On ne peut pas dire que ''A-H'A-P-E'' serait sous Adam Kadmon car ils ne sortent pas de la même manière que sortent les Partsoufim. Au niveau de A-K, il y aurait comme un saut.
Qu'est cette notion d'enchaînement?
On a un monde A puis un monde B qui est comme A mais réduit et moins puissant. C'est cela la gradation, l'un au dessous de l'autre ayant une correspondance mais ce n'est qu'uniquement par rapport à leur niveau que la différence se fait. Ce que nous avons vu jusqu'à présent dans les Séphirot, Kéter-H'okma-Bina-Zéïr Anpin-Noukva, est qu'il y a un ordre décroissant mais ce ''A-H'A-P-E'', ces mondes sortent d'une manière qui n'est pas ordonnée selon cet ordre de la gradation.
Pourquoi ces mondes ne sont-ils pas sortis de manière décroissante?
Car il y a un ''saut'' d'un sujet à un autre, le nez ne procède pas de l'oreille, la bouche ne sort pas du nez. Nous ne percevons pas à priori une relation dans cette structure. C'est une structure qui n'est pas une structure. Il n'y a qu'une seule réalité qui est essentielle dans cet espace primordial, c'est Adam Kadmon qui est l'arbre essentiel qui est composé d'une Néchama et d'un corps et de la splendeur de son visage. Cette structure remplit tout l'espace primordial. Et c'est cela toute la structure de ''Avaya''. Mais nous ne recevons rien que l'image de sa direction qui est l'aspect le plus bas. Et c'est dans l'image qui se révèle à nous, ce ''Ozen-H'oten-Pé-Enayim'' que se révèle la gradation. Car un homme ne peut comprendre que s'il y a un enchaînement. Les éléments qui ne s'enchaînent pas, l'homme ne peut en saisir la réalité.
Aujourd'hui, même dans la physique, nous essayons de comprendre les différentes lois qui régissent toute la création, tous l'univers afin de trouver quelque chose qui relie tous les êtres entre eux. Le Ramh'al nous dit que l'origine de tous ces aspects ne sont pas liés entre eux. Il n'y a qu'un aspect, une image que nous recevons qui va se lier, ce ''Ozen-H'oten-Pé-Enayim'' qui sont relier l'un avec l'autre. Et en vérité c'est dans l'aspect inférieur que l'on appelle la ''révélation'' que l'homme va pouvoir saisir la création car nous relions quelque chose. Les événements se relient entre eux. Pour cette raison, les mondes ''A-B-Y-A'' vont être compris par cette relation qu'est la gradation avec ''Ozen-H'oten-Pé-Enayim'' par les noms ''AB-SAG-MA-BEN''. En vérité ces lumières que sont ''AB-SAG-MA-BEN'' ne sont pas sortis d'une manière graduelle. Ils se révèlent d'une manière ordonnée mais ils sont sortis par ''saut'' et non par ''gradation''.

Adam Kadmon est en vérité la structure de ''AVAYA'' qui est l'ordre général. Mais ce n'est qu'un aspect de la ''AVAYA'' que nous allons recevoir. Nous allons percevoir un aspect de ''AB'', un niveau de ''SAG'', un niveau de ''MA'' et un niveau de ''BEN''. Nous parlons à ce moment d'un niveau ordonné, au niveau de ce qui se révèle à nous mais pas de ce qui est sorti et comment ils sont sortis. En d'autres termes, ce que nous allons recevoir n'est que par les Kélim, les ustensiles de ''OZEN-H'OTEN-Pé-ENAYIM''. Par cette ordre qui sort de ''OZEN-H'OTEN-Pé-ENAYIM'', nous pouvons percevoir une gradation. Mais il faut savoir que de la structure elle-même, la structure de AVAYA qui s'appelle Adam Kadmon, n'est perceptible que la brillance. C'est la raison pour laquelle le Ari Zal n'a pas expliqué tout ce qui se passe dans A-K et n'a parlé que de ces mondes car A-K lui-même est caché dans toute cette direction. Même si les sorties ne sont pas ordonnées, cela n'est pas le chaos, le Tohou-Bohou. Il n'y a pas un désordre à ce niveau bien qu'il n'y ai pas encore une gradation. Il y a une structure selon le plan infini. On peut voir le visage de A-K dans sa splendeur et ces brillances qui sortent de lui sont en vérité selon la structure ''AB-SAG-MA-BEN''. Ces lumières de ''AB-SAG-MA-BEN'' ne sont pas sorties l'une de l'autre comme nous pouvons le voir dans ''ARIKH- ABBA- IMA- ZEÏR ANPIN- NOUKVA'' où les lumières sortent l'une de l'autre. De même que de Atsilout sort Brya, Yétsira sort de Brya et Assyia sort de Yétsira. Mais en vérité, chacun a sa source séparée.

Rav Mordékhaï Chriqui 
Retranscription Rav Michael Smadja

Publié par Blog Rabbi Moche Haim Luzzato 
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