samedi 11 novembre 2017

Paracha Haye Sarah - Le mystère du corps


Paracha ''H'ayé Sarah'' 5777''Sarah et le mystère du corps''

le Zohar enseigne: « viens voir, tant que le corps se trouve dans ce monde-ci, la perfection lui manque. Lorsqu'il va dans les voies de la justesse et qu'il meurt dans cette voie, le corps s'appelle alors ''Sarah dans sa perfection''». 
Le corps s'appelle ''Sarah'' dans sa perfection. Mais cette perfection ne viendra qu'à la résurrection des morts et alors viendra la joie du monde futur représentée par la naissance de Ytsh'ak, le fils de Sarah. 
Cependant Sarah se suffit à elle-même. Le corps lui-même exprime la féminité qui est le principe même du Kéli, réceptacle, receveur, le principe du vase qui contient l'âme. Il y a un certain parallélisme entre l'homme et la femme, l'âme et le corps, le Kav et le Kéli, le rayon et le vase. L'âme représentant le principe masculin et le corps, le principe féminin. L'homme et la femme possédant en eux ces deux fonctions que sont l'âme et le corps, le principe masculin et le principe féminin. 
Adir Bamarom: « je vais maintenant t'expliquer l'interprétation de la mort de Sarah. Il s'agit du secret lié à la Noukva, à la figure féminine qui a dû restée longtemps dans le Réchimou, la ''trace primordiale'' de la création afin de permettre le passage de la brisure des vases. Il y a une corrélation entre trois choses: la Noukva (la féminité), le Réchimou (la trace laissée par la dissimulation de l'infini qui va être l'ontologie de toute la création) et la brisure des vases. Par ces trois choses, nous allons expliquer l'idée de la mort de Sarah ou plutôt du corps de Sarah dans sa perfection. 
Au début, seul l'infini existe et il n'y a pas donc d'espace en dehors de lui. Dieu crée alors un ''espace'' primordial à l'intérieur même de l'infini, qui est limité et où se trouve une trace après la dissimulation de l'infini. Cette trace est à l'origine de la création matérielle. Cette trace est à l'origine du corps, c'est l'ontologie même du corps humain. Le corps exprime toute la création comme il est dit ''le corps est un petit monde'' c'est un microcosme. Toutes les caractéristiques du monde sont incrustées dans le corps. Et même l'âme humaine possède tout ce qu'il y a dans le corps. 
Cependant dans l'âme, tout est unifié alors que dans le corps, il y a une multitude de parties différentes, les yeux les oreilles la bouche, la langue.....le tout étant composé de 613 parties. L'âme aussi dit le Ramh'al, possède 613 lumières mais qui ne représentent qu'une seule réalité. C'est la même âme qui se trouve à tous les niveaux du corps qu'elle soit dans l’œil, l'oreille ou la bouche...quand au corps toutes les parties sont distinctes. Le corps trouve sa source dans cette trace qui va être fragmentée dans toutes ces différentes parties et en tant que corps, l'homme représente la totalité de tout ce qui existe. On peut dire aussi que toutes les populations du mondes forment un tout, une partie de l'humanité représentant les mains....chacune des parties ayant son importance, il n'y a rien de superflu. Ces différentes parties du corps expriment la même réalité que l'âme. Le corps doit être adapté et soumis à l'âme si l'on veut garder une harmonie entre l'âme et le corps. Mais si le corps gouverne, alors il ne s'adapte pas à l'âme divine qui correspond à cette unité de Dieu. Cette unité que Dieu insuffle au premier homme. Mais il lui insuffle aussi cette relation qu'il peut y avoir avec le corps et l'amener aussi à l'unité primordiale. Mais l'homme peut aussi refuser cette relation et vouloir dominer l'âme divine grâce à son intelligence, c'est-à-dire grâce à l'intelligence du corps. Par cette intelligence, l'homme verra les choses d'une manière fragmentée et n'aura pas une vision globale de la réalité de tout ce qui existe. Dans cette perspective, le corps ne peut arriver à cette complétude. Le corps peut atteindre la perfection uniquement s'il utilise le principe unificateur qui se trouve dans l'âme. Car le corps n'est qu'une trace de la lumière, des points qui sont juxtaposés les uns avec les autres mais qui ne peuvent pas atteindre cette uniformité seule si ce n'est avec l'âme qui est en lui. On peut dire que l'intelligence peut jouer le rôle de l'âme, la faculté cognitive reliant bien toutes les parties du corps. Tout le corps allant selon un même esprit. Il faut faire une différence entre l'intelligence qu'elle soit sensorielle ou cognitive de l'homme avec l'âme car cette intelligence ne procède pas de ce que l'on appelle l'âme divine. Elle procède bien sûr de l'âme humaine mais pas de l'âme divine. L'intelligence comme la faculté sensible, cognitive et imaginative sont des facultés liées à l'âme humaine que l'on appellera ''Rouah'' ou ''souffle'' pour le moment. L'âme divine a une vision globale de la création du début jusqu'à la fin comme le premier homme avant la faute aussi bien au niveau de l'histoire que de l'espace. Alors que le corps a besoin d'un cheminement graduel. Ce cheminement est en fait l'acte du Tsimtsoum, de la restriction. D'après le Ramh'al, le Tsimtsoum n'est pas le retrait de Dieu mais le retrait de son infinitude afin de révéler la gradation qui est l'acte qui va permettre au corps de se révéler en 613 parties différentes qui en vérité, ne forment ensemble qu'une seule réalité qui est l'être créé mais par le Tsimtsoum, il devient composite et qui par l'âme divine peut percevoir l'unité. 
La conception de l'intelligence de l'âme divine n'a rien à voir avec la conception de la faculté cognitive de l'être humain. Cette faculté intelligente de l'homme n'est que le produit des sens mais non le produit de ce qu'il reçoit de ce monde qui est en dehors du corps. Le corps vivant dans une certaine structure que l'on appelle l'espace-temps, l'espace primordial qui contient tous les univers. Il représente les différentes parcelles de cet espace primordial. Ceci dit, jamais l'homme ne peut atteindre cette complétude s'il ne rencontre pas cette intériorité, ce souffle de vie qui n'est pas l'oxygène ou les vitamines dont le corps a besoin pour vivre dans ce monde. C'est un souffle qui puise son énergie du monde de l'infini, du monde de l'éternité. C'est ce souffle que Dieu a insufflé au premier homme lors de sa création.
Sarah va être la première femme qui représente cette Bina, ce discernement qui perçoit les parties (la Noukva) alors que le principe masculin est représenté par la semence qui est la représentation d'une certaine globalité (le Kav). Le tout étant enfermé dans une réalité qui est cachée comme la graine avant de la mettre en terre. La terre comme la matrice comme la Bina, le discernement va distinguer les différentes parties. On a besoin de cette dissimulation du grain dans la terre pendant la longue nuit de l'hiver pour pouvoir révéler les différentes parties. C'est cela la création car la création n'est que dans cette pluralité qui est représentée par les différentes parties du corps humain. Il n'y a pas qu'un seul fruit et même à propos du fruit de l'arbre de la connaissance, il y a une divergence pour dire quel est le fruit de cet arbre. Il y a donc différents aspects dans cette structure que l'on retrouve dans le corps humain que l'on appelle la ''distinction''. Chaque membre du corps a sa particularité, a sa singularité. Il représente une partie de l'univers aussi bien du monde animal, végétal ou minéral. Mais du monde divin, il n'y a qu'une chose qui peut l'exprimer, le représenter, c'est l'âme divine qui fait partie de ce monde de l'éternité. C'est par ce monde que Dieu nous a octroyés l'éternité. C'est cette âme divine qui a en elle la vie éternelle qu'il a ensemencée à l'intérieur de notre corps.
Le corps étant la représentation du Réchimou, d'une trace donc d'une forme donc des parties, la droite, la gauche, le haut, le bas alors que dans son expansion, l'infini n'a ni haut ni bas, ni droite ni gauche. Dans la trace qu'il laisse dans l'espace, il y a donc le principe féminin qui représente lui-même la forme que l'éternel va révéler qui est l'ontologie du corps humain et qui exprime ce microcosme qu'est l'univers dans toutes ses différentes parties. C'est le principe féminin qui réside le plus longtemps dans la trace de l'origine car en fait, il y a plusieurs éléments dans la trace, plusieurs principes. Il y a les Séphirot mais ce n'est seulement le dernier principe qui est la Malkhout, la royauté et le féminin qui est la dernière étape de l’enchaînement des mondes qui va rester le plus longtemps dans cette espace divin que l'on appelle l'espace primordial. Le Ramh'al dit que parce que la Malkhout reste longtemps dans la trace originelle issue de l'infini, qu'elle va acquérir la capacité de devenir supérieure au principe masculin. Le corps et le féminin en étant le vecteur même du Tikoun, de la réparation, puisqu'il reste jusqu'à la fin où il faut l'extraire de l'infini, de ce fait là, il a la possibilité d'atteindre un niveau qui s'appelle le ''Kéter'', la couronne. Pour cela, le Roi Shlomo dit que la femme pieuse est la couronne de son mari. . Le féminin étant un niveau inférieur car il vient à la fin de l'enchaînement de toute l'émanation divine et c'est cela la Noukva et apparemment, le principe masculin existe déjà dans les premiers degrés des étapes de l'émanation. Cependant en durant plus dans le Réchimou, il y a quelque chose d'exceptionnelle qui va se passer. La Noukva, le corps, le principe féminin peut atteindre ce niveau qui est appelé le ''Kéter'', la ''couronne'', la première étape même de la révélation de l'infini qui est le niveau le plus transcendantal.
Nous pouvons maintenant comprendre que Sarah soit la perfection du corps. Avraham revient du ligotage de son fils Ytsh'ak, c'est-à-dire le ligotage du corps qui est dispersé dans ses différentes parties. Par cette ligature, le corps comprend son origine qui est la mère de Ytsh'ak. Cette mère va représenter ce qui est le plus complet dans l'existence. Et ce n'est qu'à ce moment que Avraham va connaître Sarah ''et voici tes yeux vont connaître ton maître'' le jour de sa mort, il va prendre conscience de cette matrice qu'est le corps qui a donné naissance à ce qu'il y a de plus parfait dans le monde. Le corps représenté par Sarah est le Tikoun de H'ava la première femme qui a été construite par Dieu lui-même et qui correspond à ce discernement comme il est dit ''et il a construit ''Vayiven'' la femme'' ce mot ''Vayiven'' a pour racine ''Bina'' le discernement et en elle, la femme a un discernement supérieur à l'homme. Ce discernement qui a été donné à la femme-corps, c'est la réparation des vases. La brisure des vases qui s'est passée lors de la création, est cette incapacité de l'origine de la créature-vase à recevoir la lumière infinie. 
Le corps a une difficulté à s'unir à l'âme et cette incapacité est à l'origine même de la création où le principe lui-même va être incapable de gérer toute la création, de comprendre toute la création car l'homme qui contient tous les éléments de la création est seul capable de saisir et de gérer la création jusqu'à son origine. Au début, cet homme ne voulait pas gérer cette création pour l'unifier au maître, à la cause de toutes les causes. La création voulait elle-même prendre ses distances c'est-à-dire elle voulait choisir, décider. C'est cela l'idée de l'arbre de la connaissance. On peut dire que la faute du premier homme est cette distinction, cette séparation, cette brisure avec l'infini, avec la source. Car pour pouvoir choisir, il faut se séparer de cette source et par ceci, créer son propre moteur. Ce moteur sera notre corps, notre oxygène, notre nourriture matérielle. Cet intelligence humaine sera le moteur de l'homme, l'intelligence inférieure, la connaissance à partir de l'expérience, à partir de la perception des sens. H'ava et Adam sont allés dans cette voie de l'expérimentation, dans la voie du corps et de l'intelligence du corps issue de l'envie.
Sarah n'est pas dans cette voie. Elle va nous apprendre une autre voie, la voie de l'arbre de vie. C'est pour cela que lorsqu'elle désire quelque chose, sa décision ne plaît pas à Avraham. Alors l'éternel lui demande de l'écouter. Le niveau prophétique et le degré de l'âme divine de Sarah est bien plus supérieur à celui de Avraham. D'ailleurs Sarah est aussi appelée ''Yiska'', le rayonnement, cet aura qui est au-dessus de sa tête. Et donc sa perception n'est pas seulement le fruit de son intelligence, d'une expérience à partir de ses sens. Sa vision va au-delà des sens, elle est très grande, elle est englobante. C'est cela le ''Daat élionne'', la connaissance supérieure, la connaissance suprême ou la connaissance divine. 
Cette connaissance qui procède de l'âme divine a cette capacité de voir du début jusqu'à la fin. Pour cela Dieu demande à Avraham d'écouter Sarah car son corps est lié à son âme. C'est cela la réparation des vases. Cette brisure des vases n'est pas une fragmentation irrémédiable et si l'homme arrive à concentrer son esprit vers un point, alors toute cette fragmentation va revenir à une unité du corps et de l'âme. En se concentrant dans un seul point ou dans une seule lettre, on peut arriver à ce dévoilement de l'âme divine qui nous entoure et qui nous intègre. Cette idée de la différenciation est la notion de la femme et si elle reste dans ce niveau de différenciation, alors c'est la fragmentation, la brisure, la mort. C'est ce qu'a fait H'ava, elle a amené la mort en voulant vivre cette différenciation qui est un plaisir et même une convoitise de cette intelligence naturelle. La colère est une expression de la séparation du corps et de l'âme et la joie est au contraire l'expression de l'union de l'âme et du corps. 
Ce corps doit reconnaître l'âme au moment où il l'anime. Au moment où le corps est conscient que c'est l'âme qui l'anime, il atteint cette perfection qui est cette unification des différentes parties qui déterminent l'homme. Si l'homme laisse ses yeux dominer, alors la perception de l'existence devient différente. 
Pour la Ari Zal, le règne de la lumière des yeux (lumières de BEN) c'est déjà la brisure des vases. La brisure se réalise uniquement lorsque les yeux commandent tout seuls, lorsque les sens commandent tout seuls. Sarah est celle qui a su unifier les sens à l'âme. La fragmentation ne peut nous amener qu'à la temporalité. Avraham a pris conscience que le corps n'est pas en contradiction avec l'âme, que le rayon n'est pas en dichotomie avec le vase. C'est Sarah qui a été la première à faire l'union de l'âme et du corps, du rayon et du vase. La vie de Sarah se révèle au moment de la mort de ce corps. Sarah est le vecteur de la réparation des vases, le vecteur de l'unification de l'âme et du corps. 

Rav Mordékhaï Chriqui 5777
Retranscription Rav Michael Smadja

Publie par la Source des sagesses

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vendredi 10 novembre 2017

Paracha Haye Sarah


Paracha ''H'ayé Sarah'' Le Keli  forme parfaite unit à la Lumiere 


C'est la seule fois comme le dit le saint Zohar qu'il est mentionné l'enterrement et l'oraison funèbre d'une femme dans la Torah.
 Le nom de ''Kiriat arbah'' ''la vallée des quatre'' n'est pas simplement le nom de l'endroit de sa sépulture mais aussi le nom de quatre lettres le nom ''Avaya'' ''le nom de quatre'' que Sarah notre mère a eu le mérite de faire régner sur elle. 
L'autre nom de cet endroit est H'evron qui est une allusion au lien qu'elle avait avec la présence divine, c'est aussi le lien entre les cieux et la terre. Cependant Sarah représente plus que cela comme le mentionne le Ramh'al dans ''Daat Tévounot''. Sarah dans son essence fait allusion à la complétude, à la perfection du corps.
Le Zohar explique ainsi:'' tant que le corps se tient dans ce monde, il est manquant dans sa perfection et après qu'il soit devenu un juste, aille dans les chemins de rectitude et meurt dans sa droiture, il s'appelle alors « Sarah dans sa perfection»''. 

Le Ramh'al mentionne que le principe du travail de l'homme se fait par le corps et non par la Néchama, par l'âme. Et donc la perfection est au niveau du corps. La Néchama pourra alors s'élever par le moyen de ce corps. La réparation, le Tikoun se fait principalement au niveau du corps de l'homme. 
Le Zohar dit que le corps dans sa plénitude s'appelle ''Sarah''. Comment Sarah a t-elle pu avoir le mérite d'être le principe même du corps dans sa perfection? Car en fait son nom au départ est ''Iska'' c'est-a-dire le ''rouah' Akodech'', l'esprit saint. Même dans le sentier des justes, il est mentionné cette notion de souffle saint, Rouah' Akodech. 
En fait ce souffle saint est la perfection de l'acte, le Tikoun de l'acte, sa réparation comme nous disons '' qui nous a sanctifiés par ses commandements''. Il est certain que tout homme a une âme supérieure, une partie divine venant de l'au-delà et cette âme est enfermée dans ce corps mais il est possible de se dépêtrer de cette enveloppe par le moyen du rouah', de l'esprit qui est dans l'homme, c'est la force intellectuelle et aussi la force de la perception des sens. 
Comment ce rouah' peut être dominé par l'âme et non par les sens, le corps lui-même et ses sensations que sont l'amour la faim, les envies...?
C'est grâce en fait à son pouvoir de réflexion. Chez Sarah, il est possible de dire que son esprit était relié, rattaché dans son intériorité, à la Néchama et automatiquement, le corps s'unit à l'âme.

 Cela veut dire que toute la vie de Sarah, elle était reliée à l'infini, à la sainteté de la source divine. Pour cela, Dieu dit à Avraham d'écouter la voix de Sarah car il était secondaire dans la prophétie au regard de Sarah. 
Comment Sarah a t-elle pu atteindre ce niveau de perception de vérité?
 C'est en fait le principe secret de Sarah. Pour cela, la Torah parle de sa mort, de son enterrement et de son éloge funèbre. Quel besoin a la Torah de parler de l'enterrement du corps de Sarah?
 C'est vrai que le corps sert l'âme, qu'il est une sorte de véhicule à l'âme et de ce fait il a une certaine sainteté. Le Ramban explique que le corps est comme le parchemin en rapport à la Néchama qui serait les lettres
mais pourquoi la Torah a t-elle besoin de parler de l'enterrement de son corps plus que tous les autres justes? 
En fait la notion de corps dans la Kabbala est beaucoup plus élevée que le fait d'être le support de l'âme.
 La forme de l'homme en fait représente ''Adam Kadmon'', l'homme primordial. 
Avant de parler de l'âme, on parle dans la création, de la forme de l'homme. 
La forme de l'homme, la tête, le corps les membres font référence à la perfection, à l'ensemble de toute la création, à la conduite divine dans la création. La forme de l'homme inclue toute la création, toutes les créatures et toute la conduite divine dans ce monde. Pour cela, le corps n'est pas qu'un simple assemblage de morceaux de chair qui sont rattachés pour agir dans une certaine forme mais au contraire il y a un corps et l'âme n'est là que pour agir sur lui et le bonifier. La forme du corps est plus élevé que l'âme elle-même. Bien que l'on dise que la racine de la Néchama vient de dessous le trône divin c'est-a-dire le monde de la création, ''Brya'' mais qu'est-ce que la forme de l'homme? 
C'est ''Adam Kadmon'', l'homme primordial qui est avant le monde de la Brya et même avant Atsilout! Pour cela, la forme de l'homme dans son essence est le révélateur de la perfection. Cependant lorsque l'homme se comporte de manière basse, étant dominé par son Néfech, l'âme animale et les pulsions que dégage ce Néfech, il perd cette forme supérieure.

Le Ramh'al exprime que le principe même de l'acte et le principe de la perfection, sont dans ce niveau qui s'appelle le ''corps''. Pour cela, les Mitsvot n'ont pas été données à la Néchama. Les Mitsvot sont pour le corps. Par les Mitsvot, le corps se sanctifie, s'élève et revient à son véritable niveau. Mais le corps descend au niveau de l'âme animal qui révèle les pulsions matérielles et qui est dominé par elles. 
Au moment de la faute, le corps est considéré comme une goutte nauséabonde et comme de la poussière de la terre mais il ne faut pas oublier ce qu'est véritablement le corps, d'où il vient. Il vient du niveau extrême où se tient Hachem, le niveau de ''Adam Kadmon''!

Dans ''Adir Bamarom'', le Ramh'al parle de la mort de Sarah: ''tes yeux verront ton maître sans voile'' 
C'est la louange que fait Avraham à Sarah au moment de son oraison. Avraham considère Sarah comme son maître! Il est arrivé au niveau de pouvoir percevoir son maître qui est Sarah c'est-a-dire la présence divine dans ce monde sans voile au moment de l'enterrement de Sarah.
Le Ramh'al dit que cet enseignement est un principe caché très profond car c'est le Tikoun, la réparation de la brisure des Kélim, des vases.

Toute la notion de la brisure est la séparation de la lumière et du Kéli. 
Chez l'homme cette brisure est représentée par la séparation de l'âme et du corps. Chaque seconde de notre vie, la brisure, la séparation de l'âme et du corps se fait c'est-a-dire la domination du corps sur l'âme, du kéli sur la lumière.

 La réparation ne se fait qu'au moment où le corps est dirigé par l'âme. Et non lorsque le corps est dirigé par les envies de la matière, par les pulsions que l'âme animale diffuse dans le corps. La forme pure du corps par le Tikoun, se rattache en profondeur à l'âme supérieure. Le Kéli étant la forme parfaite dans son essence pure. 
Cependant le kéli seul, c'est la domination des sept rois, des sept principes inférieurs, c'est la domination du mal. C'est la séparation entre le nom ''Avaya'' et le nom ''Elokim''. ''Élokim'' c'est le kéli, c'est le corps. ''Avaya'' c'est la lumière, le ''or'', la Néchama. 
Au moment de la mort de Sarah, il n'y avait aucun voile et Avraham a pu percevoir le divin tel qu'il est dans la création. Il a pu se rattacher au divin par le moyen de son maître, de Sarah, de son corps à l'état de pureté totale.

Rav Mordékhaï Chriqui (5776)
Retranscription Rav Michael Smadja
Publie par la Source des sagesses


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mercredi 8 novembre 2017

Vayera d'après le Zohar


Zohar « Vayéra» 5778

Dieu jure à Avraham après qu'il se soit révélé à lui au mont Moriah et après qu'Avraham ai eu le mérite d'avoir ligoté son fils comme il est dit: « maintenant je sais que tu crains Dieu»: «je jure par moi-même parce que tu n'as point épargné ton fils, je multiplierai ta descendance...». 
Le Zohar fait remarquer qu'une seule fois, est mentionné le niveau de révélation divine de Attik dans la Torah et c'est au moment de ce serment que fait Dieu à Avraham. Dieu qui représente ici, le petit visage ''Zéïr Anpin'' jure à Avraham sur le grand visage, Arikh' Anpin, Attika. Zéïr Anpin représente la conduite divine qui se cache dans le jugement, dans le bien et le mal, dans la récompense et la punition. La conduite de Attika Yomin n'est pas mentionnée dans la Torah mais dans le Midrash, il y est fait allusion au moment du don de la Torah « ils ont vu Dieu comme un ancien». Ce visage du Attik correspond à la volonté divine d'avant la création. Au niveau de la création, c'est le petit visage qui se révèle « au commencement, a créé Élokim, les cieux et la terre» où se révèle la conduite des lois de la Nature, du Réchimou, de la trace. Mais il y a au-dessus de ces forces, un maître « Adona-ï est Élokim» mais ces forces de Zéïr Anpin représentées par le nom divin Élokim peuvent se transformer en forces idolâtres ''les autres élohim'' comme il est dit « car tous les dieux (élohé) des nations....». Cette révélation de Dieu dans Zéïr Anpin, peut se révéler dangereuse et faire tomber l'homme. Par la lecture du Shéma, nous unissons tous les visages de Zéïr Anpin, de Abba et de Ima, avec Adona-ï, qui est le niveau de Attik « écoute Israël, (Y-H-V-H) Adona-ï Élokénou, Adonaï est UN». Il y a de nombreuses conduites dans le petit visage, il y a la conduite de ZOUN, du petit visage et de la Noukva, Il y a la conduite de Ima, la mère suprême et de Abba, le père. Ces conduites sont appelées dans la Kabbale, ''Partsoufim'', des visages. La conduite du grand visage, de Arikh' Anpin révèle la conduite de l'amour. Nous prions tous les jours dans les supplications que la conduite du jugement s'efface pour laisser place à la conduite du longanime, de la clémence sans limite, au-delà des mérites et des fautes. Cette conduite est la conduite de Attika Yomin. Israël a eu le mérite de la révélation de cette conduite au moment du don de la Torah « ils l'ont vu comme un ancien». Alors que toute la Torah n'est que la révélation de la conduite de Zéïr Anpin « voici les lois que tu placeras devant eux». Mais derrière cette conduite du jugement, il y a une autre conduite qui dirige cette même conduite du jugement qui est la conduite de Attik.
Our Kasdim est le niveau juste avant la création, où la trace est sans forme, la racine de toutes les créatures, l'espace primordial de la restriction de l'infini. Avraham est arrivé à ce niveau et Dieu lui demande de s'extirper de ce niveau car Dieu est inaccessible à ce niveau. Alors il est parti jusqu'à H'aran et même là-bas, il n'a pu rester et il est alors arrivé en terre de Kénaan. Dieu lui demande de sortir de ce point d'où s'épanche la création, de ce point de jonction du Kav et du Réchimou. Ce point de jonction est l'impulsion énergétique qui va révéler la potentialité de cette trace de l'infini qui se trouve dans l'espace primordial, l'A-D-N de toute la création. Toute cette trace ne peut passer à la réalisation que par le Kav. Cependant ce Réchimou peut aussi exister par un moteur interne sans l'impulsion divine de l'infini, par les lois de la Nature, de Élokim, des forces angéliques qui peuvent être perçues comme des dieux étrangers où il est impossible de percevoir Dieu. Pour cela, Dieu demande à Avraham de partir et d'atteindre la cinquantième porte de la sagesse, d'atteindre la cause des causes, le niveau du Kéter. Il faut pour cela qu'il quitte cette influence des lois de ce Réchimou que sont l'astrologie, l'astronomie, les lois de causes proches et de leurs effets qui sont les forces elles-mêmes du Réchimou. Mais même en quittant ce Réchimou et en arrivant en terre de Kénaan, il ne voit rien encore. Il n'y a à ce niveau que la parole qui est toujours au niveau du jugement. Il a toujours une perception duelle avec des questions sur le bien-fondé de l'action divine. Il ne connaît toujours pas Dieu. Il n'atteindra le niveau de la perception visuelle qu'au mont Moriah lors de la Akéda Itsh'ak « il a vu l'endroit de loin» « dans le mont de Dieu, il lui est apparu». Déjà après l'alliance de la Mila, Dieu est apparu à Avraham dans un niveau bas qui est le niveau des NéHY, ''netsah'-Hod-Yessod'' puis par la venue des anges, il a atteint le niveau de H'aGaT, H'essed-Guévoura'Tiphéret''. Dieu se révélant par l'intermédiaire des anges. Ce sont les niveaux des trois patriarches ''Avraham-Itsh'ah-Yaacov''. Au départ, il était au niveau de la porte de la tente, les NéHY, le niveau le plus bas de la révélation de la création qui est le niveau de la Malkhout de Zéïr Anpin. Par la circoncision, Avraham est monté dans les niveaux les plus bas de Zéïr Anpin, puis il est remonté jusqu'aux niveau des anges pour atteindre les lumières de Z-A. Par l'enlèvement du prépuce, Avraham a une perception beaucoup plus haute maintenant. Mais après la dernière épreuve, il a atteint le véritable niveau de la vision divine, les grands cerveaux.
La Akéda Itsh'ak pour le Ramh'al est la réparation des Kélim. Grâce au Kav, le Réchimou revient au niveau du monde des Akoudim où le Or et le Kéli ne font qu'Un. La brisure des Kélim est au niveau du monde des Nékoudim où le Or et le Kéli sont séparés. Il y a la création mais sans la lumière qui la relie au créateur. 
Le Kéli qui est la racine de la matière est alors sans lumière. Avraham qui symbolise le Kav, prend le réchimou, le Kéli symbolisé par Itsh'ak et le rattache à sa lumière. Alors le Kav rentre dans le Kéli qui va engendrer Yaacov qui est la symbolique du ''Makom'', de l'endroit dans le Réchimou qui va donner la possibilité à Rivka sa mère de naître.
 Ce lien du Or et du Kéli est la réparation de Our Kasdim qui est la révélation de la conduite du jugement. La Akéda révèle la conduite de Attik Yomin qui réunit et qui s'habille dans la conduite du jugement. Cette conduite de l'unité conduit en vérité de manière dissimulée la conduite du jugement pour révéler à la fin la domination de la lumière infinie divine.
 Par la Akéda, se révèle alors la vision divine aux yeux de Avraham. C'est la Torah du Kav, du Kéter. La véritable révélation de Dieu n'est pas le niveau de Z-A (la cause proche de tous les événements) mais de Attik (la cause cachée et profonde). Dans ce mont Moriah, s'est révélée cette conduite et uniquement au moment de la Akéda.

Rav Mordékhaï Chriqui (5778)
Retranscription Rav Michael Smadja
Publie par la Source des sagesses

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mardi 7 novembre 2017

Les Portes de la Sagesse 3/138


Les 138 Portes de la Sagesse du Ramh'al -

 Porte 3

Chapitre 1: Portique 3  " L'Unite et son dévoilement "

    Après que nous avons vu les portes 1 et 2 et l'unité d'avant et du milieu, le Ramh'al veut parler de l'unité de la fin, du but de la création. Il n'y a pas de différence entre le début et la fin.
 Cependant ce qui amène les créatures à la fin, bien que cela peut nous paraître dérangeant à cause de la conduite intermédiaire est qu'il révèle le mal et donc un changement à priori dans l'unité divine de l'avant et de l'après.

    Le but ultime de la création est de prodiguer le bien selon le bien parfait. D-ieu est le bien parfait, l'extrême perfection. On peut le définir comme étant le bien même si nous n'avons pas le droit de le définir. Uniquement par la négation nous pouvons le définir pourtant dans la notion de bien, on peut le définir d'une manière positive.
    Lorsque D-ieu fait le bien, ce n'est pas pour lui qu'il le fait. En général, un homme lorsqu'il fait le bien, c'est pour lui qu'il le fait, mais pas D-ieu car le bien que prodigue D-ieu est un bien désintéressé. Lorsque de l'eau coule d'un verre, il y a deux raisons: soit parce qu'il y a un trou soit c'est parce que cela déborde. Chez D-ieu c'est parce que cela déborde. Chez l'homme c'est parce qu'il y a une lacune et donc il veut compléter cette lacune, le bien est pour lui sa manière de remplir ce manque, la pauvreté est une lacune, la maladie est une lacune. Tout cela est dans la dualité, le bien et le mal, une chose et son contraire.

    Le bien parfait ne procède pas du manque. Le bien de l'homme est toujours un bien relatif car ce bien est engendré par une situation.
 Pourquoi l'homme prie?
 Pourquoi l'homme donne? 
Pourquoi l'homme fait? 
Pourquoi un homme construit une maison? 
Car il ne veut pas être dans la rue. 
Pourquoi D-ieu a voulu créer la création?
 D-ieu ne manque de rien, il n'a besoin de rien.
Tout ce qui motive un homme est la lacune, le mouvement de l'homme est la lacune, ce qui va provoquer la dynamique est le manque.
Mais D-ieu n'a pas de lacune, alors qu'est-ce qui motive son acte, qu'est-ce qui va provoquer son action?
 D'après le Rambam, il est impossible de parler du but de la création. Nous pouvons expliquer le but par rapport à l'homme mais non par rapport à lui. On ne peut dire plus que: ''D-ieu veut faire du bien à l'homme''. Par rapport à l'homme, il y a un but mais par rapport à D-ieu, il n'y a pas de but car il est sans fin. Seul celui qui a une fin, a un but. Et ainsi est appelé D-ieu: '' le sans fin et sans but''.

 Pourtant il y a le Tsimtsoum ( retraction de la Lumière Originelle), donc, il s'est fait un but! 
Par le Tsimtsoum, il y a une révélation.

 D'après le Ari Zal, il n'y a pas de but sans le Tsimtsoum mais d'après le Ramh'al, il y a un but sans le Tsimtsoum, en amont du Tsimtsoum. Il est difficile de comprendre d'après le Ramh'al que dans l'unité, il y a le but. Mais ce n'est pas uniquement dans le tsimtsoum qu'il y a le réchimou et les Séphirot et les mondes et donc le but. Il y a quelque chose avant le tsimtsoum dans l'infini lui-même mais ici, dans cette porte, il est difficile d'en parler. Cette bonté divine étant une sorte de débordement qui va vers un but à lui qui n'est pas produit par une lacune. 

Pour cela, le Ramh'al dit que la fin du monde, son but est d'atteindre l'infini c'est-à-dire la perfection. Mais si D-ieu avait un but précis et défini dans la limite, le monde ne pourrait jamais atteindre l'illimité. Il ne serait jamais illimité et il n'y aurait pas de possibilité au monde futur. Et s'il y a un monde futur c'est-à-dire l'infini, c'est que depuis le début, le désir de la création est infini. 
Le Ari Zal n'a pas parlé du but dans l'unité seul le Ramh'al le fait. D-ieu n'a pas besoin de ses créatures cependant il les crée pour leur octroyer le bien. 
Mais d'où procède ce bien puisqu'il est sans but? 
Son bien ne procède pas du manque puisqu'il est sans manque. C'est le bien qui engendre le bien. L'acte ne procédant pas du manque. Sa volonté étant le bien extrême. Le bien dans son essence est de faire le bien dans son extrême perfection.
    Ici le Ramh'al introduit l'unité finale. Son désir est uniquement d'octroyer le bien parfait. Le salaire et la punition sont les motivations de l'homme pour faire le bien, combler des lacunes. Si l'homme n'était pas manquant, il n'y aurait pas de recherche du bien. Tout le principe de la création est la Noukva, le pouvoir féminin qui représente toute la réalité du monde qui est née en arrière c'est-à-dire sans se voir. 
La nature ne perçoit pas D-ieu car il y a une grande force qui empêche cette perception et donc elle ne saisit jamais D-ieu. Elle est dans le ''dos'' de la présence. Il y a comme une absence chez elle et il faut qu'elle se sépare pour qu'il y ai un retour de face à face. Et c'est cela qui engendre le service d'après le Ramh'al, la relation avec D-ieu avec amour. 
Le Ramh'al explique la différence entre les âmes d'avant leur descente dans un corps et après. Avant leur venue dans ce monde, elles sont comme des anges. Les anges aiment-ils D-ieu? 
Non ils ne peuvent que le craindre. Ils ressentent D-ieu qu'avec la crainte, ils ne le servent qu'avec crainte. Mais l'âme qui est descendue très bas, ne perçoit plus D-ieu et le recherche tout le temps qu'il est dans le corps. 
L'ange est soumis à la domination de l'unité divine, il n'a aucune sensation de volonté individuelle alors que l'âme dans le corps a la sensation d'avoir sa propre volonté. Mais s'il prend conscience par la Téchouva (acte de se retourner, regret pour les repentant), il peut atteindre ce que l'on appelle la recherche donc l'amour et la joie de retrouver sa présence ce qu'un ange ne peut atteindre et tout ceci du fait de sa situation dans ce corps où la face de D-ieu est cachée. C'est la situation de la séparation ''dos à dos'' ( voir Rochachana le secret du dos a dos) et c'est cela le bien, c'est la possibilité de dévoiler un amour qui est enfoui en lui. Et par cela, l'homme va atteindre le bien parfait par cette dissimulation de la présence divine grâce au travail et au libre-arbitre.

Qu'est-ce que la fin de tout? 
C'est le retour du mal au bien où il y a le dévoilement de l'unité.

Rav Mordékhaï Chriqui (5777)
Retranscription Rav Michael Smadja
Publie par la Source des sagesses

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lundi 6 novembre 2017

Vayera la révélation de l'Ancien dans la création

Paracha Vayéra 5778

La révélation de Atik ( l'Ancien des jours) qui est la forme divine d'avant la création

En partant vers la terre d'Israël, Avraham va en vérité à la découverte de Dieu. Il fait un voyage initiatique jusqu'aux tréfonds de lui-même, jusqu'au point central de la création. 

Il y a écrit deux fois les mots ''lekh' lékha'' ''va pour toi-même'' dans la Torah qui veulent dire ''va à la rencontre de ton origine primordiale. Une fois au moment où il se jette dans la fournaise de Kasdim et où Dieu lui demande de se diriger vers la terre d'Israël et une fois au moment de la Akédat Isth'ak, du ligotage de Isth'ak. 

Cette fournaise n'est pas qu'un lieu géographique, c'est aussi la représentation de l'espace primordial, du H'allal ( vide) où tout a commencé, où se trouve l'A-D-N, les gênes, la trace de toute la création. Mais encore à ce niveau extrême et vaporeux de la création, le moteur même du monde, ce qui anime toute cette Nature n'est pas perceptible. Il ne trouve dans cet espace que le chaos, un Magma de forces en fusion sans cohérence apparente. (C'est un peu cette sensation que vivent les gens en ce moment où toutes les croyances s'entrechoquent dans leur esprit et qu'à la fin ils ne croient plus en rien car toutes ces pensées sont inconsistances sans fondement). Car en vérité, il n'y a pas à ce niveau la révélation de la lumière infinie qui fait exister tout ce Magma en fusion, cette conscience divine qui anime les créatures. Cette espace primordial que Avraham a atteint est un vide mais un vide d'infini, où la création est en gestation et où Dieu donc est caché. Ce vide divin se révèle en fait dans chacun de nos actes car en fait, rien n'est créé de nouveau et tout est contenu dans cet espace vide primordial. Alors Dieu demande à Avraham de quitter ce niveau de création d'où la cause principielle est absente (cachée) pour aller dans ce niveau qu'est la terre de Kénaan où se trouve la perception de ce moteur divin. En entrant dans cette terre, il ne connaît Dieu que par la voix, c'est le degré de la prophétie mais il ne visualise rien. Il ne voit que la famine et les difficultés matérielles. Il continu alors son évolution vers l’Égypte. Il y a alors encore une autre rencontre avec Dieu, un autre niveau de conscience de Dieu où la parole divine est entendu même par le roi égyptien. Puis Avraham continue épreuve après épreuve, étape après étape dans cette ascension depuis le vide primordial jusqu'à l'épreuve finale qu'est le ligotage de son fils. Ce n'est pas le sacrifice mais le ligotage des sens. Itsh'ak représente l'engendrement, le corps, la matière à l'état de perfection. Il faut ligoter la Nature afin de faire entrer à l'intérieur le rayon de l'infini. Avraham Avinou correspond à ce rayon infini qui entre dans la trace laissée par le retrait de cet infini, c'est cela le ligotage de la matière avec le rayon infini. À notre niveau, ce ligotage a pour conséquence le ligotage des sens, le ligotage de notre perception, de notre intelligence à la perception divine et infinie, à l'intelligence divine et infinie qui est issue de la foi en Dieu. Par ce ligotage (/paralysie des membres lors de certaines méditations), nous pouvons comprendre quel est la véritable puissance qui nous anime.

Le patriarche Avraham symbolise donc le rayon infini qui est la parole de Dieu. Itsh'ak symbolise la limite, la rigueur, la Nature. Il faut alors attacher l'infini avec la nature, le ligotage de Itsh'ak par Avraham. 

Mais que se passe t-il après le ligotage? Que va amener ce ligotage au niveau de la création? Il est écrit qu'après le ligotage, Avraham a appelé le mont Amoriah ''l'endroit où Dieu lui est apparu''. C'est le lieu où Avraham a vu Dieu. Avraham se révèle en Dieu et Dieu se trouve en Avraham. Dieu lui dit alors «je jure par moi-même parce que tu n'as point épargné ton fils, je multiplierai ta descendance...» sur quoi jure Dieu? Qu'y a t-il au-dessus de Dieu afin qu'il jure sur lui? 

Le Zohar explique ainsi: « on a enseigné que l'ancien (Atik) est le plus caché et scellé de tous les noms de Dieu. Ce nom de Atik n'est mentionné dans la Torah qu'une seule fois, lorsque le ''petit visage'' ''Zéïr Anpin'' jure à Avraham. C'est par ce nom de Atik, du grand visage que Zéïr Anpin jure à Avraham. Atik étant le visage de Dieu avant la création. On ne parle pas évidemment de l'essence de Dieu. Avraham va vivre après le ligotage cette expérience de l'absolu divin qu'est ce visage qui est appelé Attik. Il rentre alors dans la cinquantième porte de la sagesse car il a été capable de ligoter sa nature, ses engendrements car tout ceci ne nous appartient pas. Par le ligotage de la perception des sens, cette cinquantième porte s'ouvre à l'entendement humain. L'existence ne dépend plus de mes sens, de mes perceptions et des vérités issues de ces sens. Alors le rayon infini peut entrer dans l'espace primordial pour le faire vivre qui va révéler le visage de Dieu d'avant la création. 

« au commencement il a créé Élokim...» ce ''Élokim'' est en fait la multitude des forces divines. Il y a un maître unique à ces forces. Au moment de la création, nous sommes loin de l'unité, c'est le chaos de toutes ces forces révélées par le nom Élokim. Ces forces chaotiques correspondront plus tard à des expressions de Dieu, à des visages de Dieu. Chaque expression n'est pas une réalité intrinsèque mais une dynamique dans le temps car en réalité, il n'y a qu'une seule réalité divine. Toutes ces expressions ne sont que des habits à sa volonté unique. Les visages par lesquelles, la volonté de Dieu se manifeste, sont comme des habits. Dieu prend le visage de la rigueur, de la bonté ou bien de la justice, de l'amour et de la compassion jusqu'à prendre le visage d'un criminel. Ces visages expriment le mouvement et l'action divine mais en aucun cas, ils ne correspondent aux attributs divins. Jusqu'à la Akéda, Avraham s'adresse aux visages de Dieu qui se révèlent dans ce petit visage, de Zéïr Anpin comme au moment de la destruction de Sédom mais en aucun cas à ce niveau divin qu'est le Attik, l'ancien. Ce petit visage correspond à la direction divine de la justice. Avraham connaît alors tous les visages de Dieu mais il n'arrive pas à faire l'union de tous ces visages, l'union des antinomies, l'union des oppositions. Au moment de la Akéda, il prend son fils et veut le sacrifier, ce qui est à l'opposé de toutes ses conceptions et valeurs de vérité, alors qu'avant il réagissait à toutes les requêtes de Dieu. Car maintenant, il rentre dans cette catégorie de celui qui craint Dieu. Il atteint la crainte révérencielle de Dieu qui est complètement séparée de la crainte de la punition. Il n'y a plus alors la crainte de la mort, il n'y a plus que la crainte révérencielle de la gloire qui est présente en nous et nous sommes présents en elle. Cette expérience de la crainte de Dieu qui se révèle en son fort intérieur est sa dernière expérience. Cette expérience va lui faire connaître une autre forme de Dieu et non plus uniquement le Dieu de la création (qui est d'après les Kabbalistes, la révélation de Dieu par le Tsimtsoum, la restriction de l'infinitude divin qui est Élokim qui peut devenir des dieux étrangers). 

Du Dieu de la création, les hommes vont ne percevoir que des lois naturelles extirpées de leur intériorité divine alors qu'il y a un maître à toutes ces lois qui les coordonne et qui les réunit dans une seule et unique volonté. En restant dans la création, il est impossible d'atteindre ce niveau de perception de l'unique et même en sortant de la fournaise et en entrant dans la terre de Kénaan, Avraham reste encore cloué avec cette idée que Dieu n'est pas présent continuellement dans la création. Cette perception du divin dans la continuité ne peut se faire que lorsqu'il y a une union du rayon de l'infini dans la trace qui a engendré la création. Cette relation, Avraham l'a réalisée par la Akéda, le ligotage des Séphirot au Kav. C'est dans l'union du divin avec la création, de l'âme et du corps qu'apparaît la révélation divine. Il ligote le petit visage, Zéïr Anpin à l'ancien, Attik qui est cet aspect vrai et authentique de Dieu qui est au-dessus de la création, c'est le transcendant. Avraham a alors atteint une relation avec l'infini en s'extrayant de la conduite du petit visage. 

Nous pouvons vivre dans ce monde en étant serviteur de Dieu et ne pas vivre la vie divine, ne pas vivre l'éternité. Il faut en quelque sorte le sacrifice de la vie temporaire et éphémère pour atteindre cette vie éternelle qu'est la perception de la conduite divine de Attik. Jusqu'à la Akéda, Avraham ne voit pas Dieu, il ne perçoit que sa voix. Par la Akéda, Avraham a arrêté de percevoir par ses sens, il a arrêté de réfléchir, d'être rationnel. Il faut rattacher le rationnel à la connaissance divine, le corps à l'âme. 

Ce Attik, cette conduite de l'infini s'habille dans cette conduite de la limite, de la trace. Avraham a atteint cet au-delà de la limite. Dieu l'invite même à déshabiller ce vêtement, à arrêter le questionnement logique qui habille la conduite divine dans ce monde.

Rav Mordékhaï Chriqui (5777)
Retranscription Rav Michael Smadja
Publie par la Source des sagesses

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vendredi 3 novembre 2017

Paracha Vayera le sacrifice d Ytsak ou la ligature de son corps

Paracha ''Vayéra''

''la ligature d'Ytsh'ak ou le sacrifice d'Ytsh'ak?''

Ce sacrifice heurte en général la raison humaine mais nous allons voir qu'en réalité cette épreuve n'est que l'acte de ligature et non l'acte d'égorgement. C'est-à-dire que le fils d'Avraham est d'abord lié puis il est déliée.

Dans les premiers versets de ce chapitre, il est écrit que Dieu met à l'épreuve Avraham. On voit que dans cette épreuve, il ne discute pas au contraire du moment où Dieu lui annonce qu'il allait avoir une progéniture où il lui demande ''comment le saurais-je?''.

 Dans son périple pour aller au mont Moriah, Ytsh'ak interroge son père ainsi ''où est l'agneau?'' Avraham lui répondant que Dieu y pourvoira. Avraham continue son chemin en vivant une contradiction dans sa façon de penser et cet ordre qui lui est ordonné. À ce moment, Avraham devient celui qui écoute au contraire de la période de Sodome où il prie pour empêcher sa destruction. Ici, il écoute l'ordre même s'il va contre toute sa philosophie bienfaisante. Et lorsque l'ange intervient pour l'empêcher de sacrifier son fils, il ne le fait qu'avec la parole et non avec un acte physique (comme la destruction de Sodome). Nous pouvons comprendre aussi de ce passage que Dieu n'intervient dans la vie des gens que par la ''parole''. Mais en vérité Dieu ne lui demande pas de tuer son fils mais de le ligoter. Pour cela, nous parlons de ligature et non de sacrifice. Nous voyons qu'à la fin, il n'est plus question de Ytsh'ak mais uniquement de Avraham.

De manière exotérique, la ligature est une épreuve, la dixième épreuve par laquelle Dieu a éprouvée Avraham. L'épreuve étant une purification de la matière afin que se révèle la présence divine. Mais de manière ésotérique, c'est Ytsh'ak qui est éprouvé.

Pour le judaïsme au contraire des autres religions, la ligature n'est pas un sacrifice, ce n'est qu'une épreuve. Le but n'est pas d'arriver au sacrifice. De manière ésotérique, la ligature est le retour à l'unité divine. Réunir la bonté (Avraham) et la rigueur (Ytsh'ak), le cœur et la raison. la foi et La connaissance, l'âme divine et l'intellect, Yshmaël et Essav. C'est Yaacov qui va relier ces deux perceptions, ces deux forces car c'est à partir de la ligature que Ytsh'ak et Avraham ont engendré Yaacov. La ligature est le rattachement de ces deux aspects qui sont opposites. C'est l'union des contraires.

Le Ramh'al explique le mot ''Akéda'', la ligature par le mot ''Akoudim, qui est le monde des ''tâches''. C'est le niveau de la création où les différents points ''Nékoudim'' qui sont opposés s'unissent. Akoudim est un monde où la lumière, ''Or'' c'est-à-dire le divin et le Kéli, le réceptacle, le vase qui va devenir la créature dans son aspect ontologique sont unis. ''Akoudim'' veut dire l'union entre la lumière et le vase, l'union entre l'âme et le corps. 

Nous savons que pour la création, il va y avoir une brisure des vases ou plutôt une brisure de symétrie où le vase ne reçoit pas la lumière. Le corps n'accède pas et ne se soumet pas à cette lumière de l'infini. Pour le Ramh'al, ce n'est qu'à la résurrection des morts que la lumière pourra s'introduire dans le vase où le corps sera unifié à l'âme. Il faut aussi savoir qu'au moment de la révélation Sinaïtique, le corps s'est uni à l'âme, les tables de pierre s'unissent aux lettres, le divin étant gravé dans la matière. 
L'âme et le corps sont unis uniquement dans un monde qui n'est pas le notre. La création étant un monde de division. 
Il faut unifier le cerveau et le cœur, le ciel et la terre dans le monde des AKOUDIM. Il faut unir notre intelligence avec l'intelligence divine. La foi étant l'intelligence divine. Il faut unifier ces deux aspects car le corps est soumis aux vicissitudes du temps, il est soumis à l'envie, au désir. 
Il y a alors deux choix: soit sanctifier l'acte interdit au nom de Dieu, tuer au nom de Dieu où la lumière envahit complètement le corps et le fait se mouvoir ou bien ligoter le corps et maîtriser ses sens, maîtriser le Kéli. Avraham par la ligature d'Ytsh'ak apporte la lumière divine dans le monde. Mais pour cela, il ne faut pas en arriver à sacrifier le corps mais uniquement à le ligoter c'est-à-dire le soumettre à l'âme. C'est le principe même de ''AKOUDIM'' et de la ''Akéda''. Ce monde qui nous rappelle l'ontologie du monde car en fait le monde présent où le corps et l'âme sont séparés n'est qu'une situation momentanée où il y a place au questionnement car sans questionnement dans ce monde, la foi est erronée car elle est soumise au corps.
 Ce n'est que par le raisonnement que le corps peut se soumettre à l'âme. Mais le raisonnement sans la foi est aussi une domination du corps et ce n'est que la foi qui va amener les limites à la connaissance, au corps. Il faut ligoter les sens.
Pour le Ramh'al, les Kélim sont les sens. Tout ceci pour faire pénétrer l'âme divine, le rayon de la lumière divine. Avraham a vu l'endroit uniquement parce qu'il croit. Sans la foi, un homme ne peut percevoir. Le raisonnement sans la foi n'est rien dans le service divin. La foi se renforce par l'acception du joug divin et des Mitsvot. On ne peut pas comprendre le monde uniquement par les sens et donc par le raisonnement issu de ces sens. Il y a besoin d'un autre facteur qui est la foi qui va réveiller l'âme divine. Il faut l'union de Avraham (la foi) et de Ytsh'ak (la raison) pour engendrer la vérité qui est représenté par Yaacov.

 Rav Mordékhaï Chriqui (5777)
Retranscription Rav Michael Smadja
Publie par la Source des sagesses

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jeudi 2 novembre 2017

Les Portes de la Sagesse 2/138


Les 138 Portes de la Sagesse du Ramh'al -

 Porte 2



Chapitre 1: Portique 2  " L'Unite et son dévoilement "


    Les quatre premiers chapitres nous expliquent en fait l'Unité et la Souveraineté Divine que l'on appellera la ''Volonté Divine''.

 La première définition de la Volonté que nous avons vue est que "seule sa Volonté existe". 
Toute autre volonté, non seulement est la conséquence de la première volonté mais en vérité, on ne peut même pas leur donner le titre de ''volonté'' car il n'est pas possible que 2 volontés puissent coexister en même temps. 
Il n'y a donc qu'Une seule Volonté qui est souveraine, celle de celui qui est l'infini.

 Nous allons maintenant définir dans cette porte la nature de cette volonté. Sa définition étant le ''bien'' et tout ce qui apparemment est mauvais, donc le contraire du bien, ne peut sortir d'une autre autorité, d'un autre pouvoir et se dresser contre lui. Sa fin révélera en vérité sa véritable nature qui est le bien et donc n'est en fait engendrée que de sa seule et unique volonté. 
Nous découvrirons alors qu'il n'y a qu'une volonté, qu'une seule réalité qu'une seule existence.

Nous avons déjà expliqué qu'il y a trois sortes d’unités.
 L'unité primordiale d'avant la création qui est l'infini avant le Tsimtsoum, avant l'espace primordial, et il y a à la fin, l'unité finale. 
Mais entre ces deux unités, il y a l'unité du milieu, des six mille ans, le moment où il y a une dissimulation, où une place est faite à la création et donc au mal aussi, que l'on appelle le contraire de sa volonté.

 Mais de quelle volonté parle-t-on ?
 Si je dis, que sa volonté c'est le bien, il y a alors la possibilité de faire le contraire du bien, donc, au milieu, il y a la possibilité au mal de se matérialiser et uniquement au milieu. Nous allons essayer de comprendre comment, même avec le mal, il y a sa souveraineté. 
Dans notre logique, nous ne comprenons une chose que par son contraire. Si le premier homme avait suivi la voie de l'arbre de la vie, la voie de l'éternité, il n'aurait pas eu besoin de cette confrontation avec la dualité (Dualite que l on retrouve des le debut dans le Beth de Berechit, ce monde ne fonctionne que par le mode par (+)(-), lumiere tenebre, bien mal,...). 
Mais à partir du moment où l'homme (dans un Gan, en général pour les enfants pour les protéger avant qu il puisse marche par ces propres moyens pour découvrir choisir, rester dans une ile de beauté à ne rien faire 1 jour, 1 semaine, 1 an, un siècle,...sans rebondissements...) veut avoir une volonté propre, un désir, il ne peut plus comprendre la vie sans la mort. S'il avait annihilé ce désir, automatiquement, il vivrait D-ieu au niveau de l'unité, où il n'y a pas besoin de son contraire pour saisir une vérité. Mais puisqu'il émet un désir, il est en contradiction avec D-ieu et donc, il faut qu'il s'annule devant D-ieu, il doit mourir pour atteindre le monde futur qui est cette adhésion avec D-ieu.
 Le premier homme n'avait pas besoin de la mort à priori et de passer par le contraire de la vie pour percevoir les choses.
Puisque la volonté divine n'est que le bien, seul le bien ne peut se réaliser. 
Mais comment cela peut-il se faire voyant qu'il y a le mal? 
En fait, le mal n'est qu'à priori, il n'est qu'au début car il n'existe que tout le temps que l'on n'a pas atteint la perfection. Toute étape avant la perfection s'appelle le mal. Même si on tombe, on se relève. La création, c'est-à-dire la séparation est elle-même le mal (séparation du ciel et de la terre). 
Dès que l'enfant naît et se sépare de sa mère, le mauvais penchant se réalise en lui. Et donc, même la création dès qu'elle sort, le mal apparaît.
 On parle du mal ontologique, le mal dans son début. Le bien, en fait, est son contraire, c'est le retour à l'unité. 
Les six jours de la semaine étant la séparation de D-ieu et le Shabbat est le retour à
 D-ieu. Il y a création et donc obligatoirement, il y a le mal et maintenant il y a le Shabbat qui est la réparation de ce mal. Si le monde avait fait son Shabbat, même si précédé par les six jours, il aurait atteint l'union, la proximité et la réalité de l'unique. Mais tant qu'il n'y a pas ce retour, il n'y a donc pas de réparation. 
C'est le Shabbat qui va faire le Tikoun. 
Le mal est nécessaire pour la création mais pas pour rester. Le mal est nécessaire pour le début.

Nous avons déjà évoqué cette idée : supposons que la volonté suprême désire d'autres volontés qui peuvent aller contre sa propre volonté et donc cela n'irait pas contre sa volonté puisqu'il le désire. C'est une idée philosophique qui vient du fait que l'on puisse croire à l'unité divine mais pas à sa souveraineté. 
Cette théorie veut mettre en exergue que D-ieu permettrait le mal pour révéler le salaire et la punition dans le monde.
Mais puisque maintenant, on définit la volonté divine comme le bien, il est impossible de dire qu'il soit possible de faire le contraire du bien, que des volontés fassent le contraire de sa volonté et que cela soit dans n'importe quel mode que l'on veut.
En d'autres termes, je ne définis pas sa volonté mais je la contredis. Du fait que nous avons déjà défini que sa volonté est le bien, toute autre volonté qui ne va pas dans ce sens, s'oppose à celle-ci. Si nous n'avions pas défini ce qu'était sa volonté, alors nous aurions pu accepter de dire qu'il permette des volontés qui s'opposent à lui car puisqu'il le veut, cela n'est pas contre sa volonté. Pour cette raison, le Rambam a refusé de dévoiler le but de la création, car pour lui, il n'y en a pas, du fait que D-ieu est sans fin et donc sans but, car sa Volonté est au-delà de l'Esprit et de ce que nous pouvons percevoir. 
Mais si nous disons comme le Ramh'al qu'il y a un but même si lui-même est sans but, mais qu'il veut un but, (le but du monde est de faire le bien à ses créatures) ; s'il y a un but ultime, alors il y a un sens à l'existence. Entre deux points, il ne peut passer qu'une seule ligne. Et donc, il faut dire que D-ieu a retiré la possibilité à d'autres volontés différentes de la sienne. Il ne veut que le bien.

Et donc que se passe t-il dans la conduite intermédiaire des six milles ans ?

 Si tu veux dire que le bien est de faire le bien aux justes et que le mécréant n'aura que ce qu'il mérite, pourtant le prophète dit : '' je prendrais en miséricorde toute créature même si elle ne le mérite pas'' ou bien ''il n'y aura plus de faute en Israël''! Nous voyons que D-ieu veut faire le bien même aux mécréants. Mais peut-être que ce bien ne se dévoile qu'à la fin, après le purgatoire ?
 Cette période des six mille ans serait donc une période catastrophique, période où le mal aurait un pouvoir réel. 
D'une manière simple, cette période est la période du salaire et de la punition. Cette vision est divisée en douze Partsoufim, visages, d'après la Kabbala. 
Il y a douze modes. Il y a en a quatre essentiellement, le nom de quatre lettres ''י.ה.ו.ה'' un cinquième pour la pointe du ''י'', cinq modes, cinq Partsoufim, cinq manières, mais en vérité, il y a douze Partsoufim dans le char céleste. Et donc de multiples conduites qu'il faut arriver à comprendre et entre autre, il y a le principe du salaire et de la punition. Mais toutes ces conduites ont un même but, la réparation finale. 
Chacun peut choisir sa manière d'arriver au but mais ce n'est qu'un mode parmi tant d'autres. On parle de formes dans le char qui sont des caractères et des modes de pensée. En fait, il s'agit de purifier les mécréants, de les réparer.


 Que se passe-t-il au milieu du chemin qui ne peut être en opposition avec le but final ? 
Toutes les parties de ce milieu doivent converger vers cette fin. La fin de tout est dans chaque homme, qu'il soit juste ou mécréant, c'est-à-dire leur octroyer un bien. Il y a donc un bien pour tous, car sa volonté n'est que bonté. 
Le problème est en nous : comment interpréter tous les événements qui vont s'intercaler pour arriver au but final ?
Maintenant que nous savons que la volonté est uniquement de faire le bien, chaque événement, chaque volonté particulière n'est que le bien. Lorsque les actions sont en mouvement, dynamiques, il ne faut pas qu'elles soient régies par le hasard mais tournées vers une intention, une conscience.
Chaque action doit être ressentie et pensée, le moindre petit geste doit être en adéquation avec sa conscience ( la pleine conscience). Ainsi le mal ne peut apparaître.
 Effectivement le mal existe tant que nous sommes imparfaits et que nous sommes dans le cheminement. Tant que l'homme est dans l'interprétation du moment, il ne verra que le mal. Tant que l'union ne se fait pas, la forme finale ne peut apparaître, elle est déformée, c'est le Tohou. (Le problème est que nous sommes attirés par ce Tohou et nous voulons qu'il soit notre finalité car en fait c'est la finalité du Kéli, les 7 rois primordiaux, les sephirot qui veulent dominer seul, alors que la lumiere et le keli ne sont qu'UN).

 Le premier homme ne voulait pas de l'éternité de suite, par sa faute, il voulait rallonger son temps dans ce monde. Et cette situation est catastrophique car rien n'est jamais terminé et donc cela ne peut être bien. Rabbi Akiba voyait et concevait réellement la fin même au milieu. C’est une véritable conception. Il faut savoir que chaque événement s'insinue dans un plan et que chaque chose peut se percevoir si l'on enlève ce désir de posséder comme une providence divine extraordinaire. Nous voulons posséder les choses, les dominer car nous ne savons pas qu'elles s'insèrent dans un plan divin. Mais si nous savons que ce n'est qu'un morceau d'un puzzle, alors, nous ne voudrions plus le posséder en tant que tel mais dans un plan général. Et donc, tout ce qui se passe n'est pas assujetti au hasard. Mais si la fin nous échappe, alors chaque événement est indépendant de l'autre et sujet au mal car imparfait. 
Mais de toutes les façons, le mal n'est pas éternel, il doit obligatoirement tomber. Le mal n'est qu'une expression de la Sitra Ah'ara que D-ieu a créé mais qui apparaît réel jusqu'à ce qu'il donne l'impression de dominer tout le monde entier. 
Le Ramh'al veut nous expliquer que le mal est au service de l'unité en vérité. Le mal ne relève que de l'imperfection et ne peut exister que dans l'imperfection.
Ce mal d'avant la fin reflète quelque chose qui est à priori contre sa volonté dans cette situation de temporalité et donc il est impossible qu'il soit éternel car le mal, en fait, est relatif aux différents individus et donc, il n'est pas absolu et éternel. 
Le mal ne peut s'expliquer que d'une manière individuelle et non d'une manière universelle. Le Roi David a dit : '' les voies de D-ieu sont vérité mais on va les percevoir que lorsqu'elles sont unies''. Le mal commence dans la pluralité et donc dans l'individualisme mais dans l'universalité, cette situation ne peut exister.
Et même au niveau de l'individu, le mal est une existence qui procède d'une déficience, d'une lacune, d'une dissimulation et d'un manque. Le mal n'est que relatif. Un homme étant très riche qui perd toute sa fortune va énormément souffrir de ce manque alors que celui qui est pauvre mais qui a toujours été dans cette situation ne souffrira pas ce que l'ancien riche souffre, car pour lui, il n'y a pas de manque. Le manque n'apparaît uniquement lorsque l'on veut posséder. Si nous nous comportons dans ce monde comme étant des emprunteurs et non des propriétaires, le mal n'apparaîtrait pas. Ce monde n'est pas notre propriété, il ne nous appartient pas en aucune manière, il n'est pas notre monde. Le mal ne vient que par cet attachement que je ressens tout au long de ma vie. Et même la vie ne m'appartient pas.
Le mal n'est que la conséquence du manque. Alors que le bien est une réelle existence et n'est pas la conséquence d'un manque.
La fin et le but de sa volonté existe dans chaque étape, dans chaque événement et le bien est la fin de toute chose pour chaque individu et même pour le mécréant. Car si le bien est le but, il se trouve dans toutes les parties du cycle et je dois le voir dans tous les méandres de ce cycle et c'est cela qui déclenche le mouvement.
 C'est le bien qui doit être le déclencheur du mal. Celui-ci ne doit être qu'en apparence comme un père qui montre un visage dur devant son fils mais tout ce mouvement doit être déclenché par l'amour qu'il a pour son fils.
 La forme peut être interprétée comme mauvaise mais en vérité le fond n'est que bonté dans chaque détail de son action. Ainsi en est-il de D-ieu avec nous.
Si la fin est différente de ce qu'il s'est passé au début, donc ce n'est pas le même genre mais puisque nous savons que le début est bien et aussi la fin, alors il ne devrait pas y avoir d'interférences entre le début et la fin. Mais nous voyons que le milieu n'est pas comme le début et la fin et donc n'est pas du même genre, comment cela se fait-il qu'il existe puisqu'il est différent de ce qu'il va être à la fin ? À quoi sert-il ?
 Le Ramh'al va nous donner une réponse pour nous calmer mais ce n'est pas une réponse définitive car il est impossible d'arriver à la fin sans cette perception du mal. Et s'il aurait été possible d'y arriver sans cela, il n'y aurait pas eu besoin de passer par ce chemin.
 D-ieu va selon l'homme. En prenant cette voie relative, D-ieu va avec lui. Et si l'homme avait une autre voie, alors D-ieu se comporterait autrement avec lui. En vérité, le mal n'est là qu’à fortiori, il n'est pas là à priori. Le mal ici, est perçu comme un intermédiaire, un moyen pour arriver au bien. Nous comprenons de tout ceci que la punition est mauvaise. Nous sommes au niveau des Moh'in de Katnout, dans Zéïr Anpin, dans une situation où le plan final n'est pas révélé. 
Tant que nous sommes à l'extérieur, le mal sera là. Dès sa création, l'homme a le mal en lui. Il faut être avec D-ieu pour ne pas être avec le mal. Il n'y a que la proximité divine qui peut nous faire sortir de cette situation. Mais à partir du moment où nous sommes des créatures, ''JE suis'', c'est terminé. Il n'y a plus d'autres possibilités. Le mal est une nécessité de la création afin d'arriver au but final. Car apparemment, D-ieu ne veut pas de la punition et elle doit se transformer car D-ieu n'en veut pas car il ne veut que le bien. Et même maintenant, il ne veut pas que nous souffrions et il doit donc changer à la fin. Puisque la volonté suprême veut que tous les individus vivent le bien, donc son intention est que dans l'ensemble de tout le monde, il n'y ait que le bien.
Toute sa domination est la domination du bien mais si le moyen pour atteindre ce bien est un mal, cela n'est rien, car à la fin, le bien parfait va se réaliser dans toutes les créatures et dans tous les détails. Et si ce qui précède est mal interprété, ce n'est pas important.
 
Si le mal existe alors, quelle est sa source ? 
Si nous ne prenons pas en considération la cause, l'origine, cette réponse est bonne mais si nous voulons aller plus loin et trouver l'origine de ce mal, cette réponse est inexacte car tout ce qui est à priori mauvais, ne peut sortir d'une autre autorité, d'une autre source pour se tenir contre sa volonté. Il est vrai que dans le monde de la séparation et des individus, il y a le mal.
Nous devons retirer maintenant l'idée du premier homme qu'il y a deux pouvoirs, deux sources, le mal et le bien. Cela est le déni de l'unité de D-ieu. C'est l'idolâtrie.
Comment pouvons-nous considérer deux autorités ? 
car comment comprendre que D-ieu puisse créer le mal ?
 Comme nous voyons que déjà, il y avait quelque chose contre le premier homme puisque D-ieu lui interdit de manger du fruit de l'arbre de la connaissance. Il n'a pas pu intégrer le mal dans l'unité. Même s'il y a des événements contradictoires et catastrophiques, nous savons que cela ne provient que de D-ieu et aucune volonté ne peut empêcher sa volonté de se réaliser même si ces volontés procèdent de lui.
 Ce que l'on considère et que l'on voit maintenant apparemment contraire à sa volonté, comme le meurtre, on veut automatiquement le relier au Satan et ne pas l'attribuer à sa volonté. Mais cela est impossible qu'il en soit ainsi. Le mal ne peut subsister et se réaliser mais à notre niveau, ce n'est que rétroactivement que nous comprenons que ce qui s'est passé n'était pas une autre volonté car nous ne percevons pas la forme finale au moment où le mal apparaît, du fait que nous lui donnons nous-mêmes une importance et une réalité propre. Et si nous avions au moment de l'instant de l'événement, la compréhension de toute la conduite divine qui n'est que bien, alors cette perception du mal ne pourrait apparaître à nos yeux.
Il faut donc en priorité retirer de notre esprit cette notion de deux pouvoirs, de deux sources, car un pouvoir autonome doit se réaliser et puisqu'il ne se réalise pas, elle n'est pas autonome et donc elle n'existe pas, car pouvoir veut dire impossible à substituer et à faire disparaître. 
Mais comment comprendre alors que dans la situation intermédiaire, le mal puisse empêcher la volonté divine de se réaliser ?
 D-ieu veut révéler l'unité et si nous nous déconnectons de l'aspect humain qui nous empêche de nous élever et que nous nous placions dans l'aspect divin de la création, nous percevrions que le but est de dévoiler sa puissance unitaire et c'est cela le bien, la révélation de l'unité. Mais maintenant que nous faisons la différence entre le bien et le mal, car pour qu'il y ait du bien, il faut qu'il y ait du mal, l'unité divine se voile. Tout ceci ne se passe qu'au niveau de l'esprit humain. Mais si nous changeons de niveau de perception et nous disons que le but est le dévoilement de l'unité divine, nous pourrions percevoir que chaque détail de tout événement n'est qu'Unité et pour cela, il faut arrêter de juger si cela est bien ou mauvais.
 Cela est, point final. Et c'est ainsi que le véritable bien se dévoilera à nos yeux. Car le bien que nous croyons être bien, n'est bien que parce que nous l'avons choisi en tant que bien par rapport à d'autres choses qui automatiquement deviennent mal. 
Mais en vérité, Tout n'est que perfection divine, il suffit de changer notre définition du bien. Arrêter de mettre en parallèle le bien et le mal car ce n'est que parce que ce bien existe que le mal existe. Donc ce bien que nous recherchons n'est qu'un leurre car sa source n'est que l'illusion de la dualité.

En vérité toute la Kabbalah ne veut pas se baser que sur une acceptation de la foi mais surtout sur un éclaircissement de la foi. Par la Kabbalah, nous pouvons atteindre une connaissance et un éclaircissement des individualités. Et c'est cela l'ordre divin ''tu connaîtras aujourd'hui et tu le ramèneras à ton cœur qu'il n'y a rien d'autre que lui''.  Ce n'est pas seulement une connaissance intellectuelle, superficielle, il faut la faire aller dans le cœur qui est le moteur de la vie.

Comment comprendre cet enseignement ?
Comment connaître D-ieu si ce n'est en comprenant sa conduite ?
 Connaître D-ieu c'est connaître la direction. Tous les événements catastrophiques qui sont difficiles à comprendre et qui font trébucher les mécréants, ne sont pas un moyen d'arriver au bien à fortiori. Mais au contraire ce sont ces événements qui vont prouver et qui vont dévoiler l'unité divine qui est dans tous ces chemins. Il veut nous montrer par ces moyens que l'on appelle le mal à priori, il va révéler son unité.
Comment par le contraire, peut-il prouver son unité ? 
Ce qu'il se passe n'est pas contre lui, comme nous l'avons expliqué précédemment, rien ne change même pour un instant de ce bien que prodigue D-ieu.
Comment par la voie du mal, l'unité peut-elle se révéler ?
 Par le fait de percevoir que le mal n'est que subjectif et qu'il n'est que bonté, par cela, il dévoile sa perfection. Grâce au mal, il nous montre qu'il n'y a rien d'autre que lui. Il va créer pour exclure tout le monde de l'erreur, le contraire. Car l'esprit ne peut comprendre que par son contraire car il ne perçoit que par le fait qu'il soit séparé. Pour cela, il crée à priori le mal et par cela, le contraire va apparaître.
 Ce que nous devons savoir est que ce mal n'a jamais été en aucun cas autonome et il n'est qu'une création de D-ieu, qui n'est qu'une absence, l'espace primordial qui apparaît comme son contraire et qui donne la possibilité aux créatures autres que lui de pouvoir exister.

 Comment est-il possible à l'homme d'exister ?
 Et s'il existe, il est D-ieu lui-même, puisque D-ieu est partout. 
En fait, il y a ce ''Or'' qui existe par sa force et sa volonté que D-ieu retient, c'est le Tsimtsoum et alors peut apparaître son contraire et par ce contraire, il va apparaître l'unité en montrant que le contraire n'existe pas. 
Le contraire faisant qu'une conscience autre que D-ieu puisse exister et lorsque nous percevons que ce contraire n'est qu'une illusion, cette conscience elle-même revient à l'unité divine et c'est cela le véritable bien : ressentir le retour à l'unité.
D-ieu donne un pouvoir à la créature pour le lui retirer. D-ieu pouvant créer son contraire car en fait cette perception du contraire n'est qu'illusoire. Elle n'est qu'au niveau de l'esprit de l'homme. L'antithèse va, à la fin, atteindre l'unité, en prouvant que le mal n'a pas de pouvoir (l EGO)réellement mais c'est une chose qui est créée par lui, jusqu'au moment où les créatures perçoivent et conçoivent le contraire et ne peuvent plus concevoir maintenant une antinomie plus grande, illusion totale. 
Ressentir le mal comme étant vrai n'est qu'une réalité de l'ordre de l'imaginaire. 
Le premier homme, en donnant une importance au mal, lui a donné une réalité individuelle et autonome. Il avait en lui la force d'annihiler tout le mal des six mille ans.
 Tous les mécréants existent comme une expression du contraire. Du fait qu'il ait donné une réalité au mal, celui-ci va se concrétiser dans un temps réel puis il va disparaître. Tous les grands mécréants comme Aman, Parho et Hitler sont la réalisation du contraire de sa volonté, mais ils peuvent être absous et intégrés par le travail de l'homme en l'incluant dans l'unité. 

Dans les cinquante jours d'attente des tables de la loi, le peuple d'Israël pouvait finir toute l'expérience du mal. C'est vrai que D-ieu a créé tous les détails de la possibilité de la pensée humaine, de la volonté humaine. Toutes ces pensées peuvent être inclues dans le bien grâce à la Torah mais aussi être considérées comme des fautes. En d'autres termes, un homme peut réaliser le même acte et le transformer, soit en Mitsva, soit en faute.

Dans la conception divine, il n'y a pas de bien ou de mal, mais pour prouver son unité, il crée l'autre car c'est à partir du contraire qu'il va révéler son unité en ce que Aman a fait la volonté divine. Tous les détails de l'histoire de Aman sont en fait la matérialisation de ce que D-ieu veut qu'il fasse pour la perfection du monde. Le mal guidant le mécréant. 
Le mal étant au grand service de D-ieu. Et lorsque le mal disparaît, se dévoile son unité.
 Dans l'optique humaine du salaire et de la punition, le mal est à fortiori. Mais selon l'action divine, D-ieu ne veut pas dévoiler le bien par rapport au mal, car ceci n'est qu'une interprétation, il veut en réalité révéler son unité et son unité ne se fait pas par la révélation du bien, mais par la révélation du mal qui se transforme en bien. Le mal en tant qu'absence de la divinité, d'après le Ramh'al, est à priori. Il est voulu pour dévoiler son unité. 
En réalité, D-ieu n'est pas absent. Il n'est absent que dans notre esprit. La gloire divine est partout mais la faute n'est que dans l'esprit de l'homme, l'absence n'est que dans l'esprit. Ce n'est que et uniquement dans la connaissance que l'éclaircissement va se faire.

Rav Mordékhaï Chriqui (5777)
Retranscription Rav Michael Smadja
Publie par la Source des sagesses

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