mardi 12 février 2019

Les 138 Portes de la Sagesse - Porte 25


Les 138 Portes de la Sagesse - Porte 25

Chapitre 4 - Porte 25 - Adam Kadmon et ses ramifications

Porte 23 - cours audio du Rav Mordékhaï Chriqui Chlita

Les 138 Portes de la Sagesse - Porte 24


Les 138 Portes de la Sagesse - Porte 24

Chapitre 4 - Porte 24 - Adam Kadmon et ses ramifications

Porte 23 - cours audio du Rav Mordékhaï Chriqui Chlita

Les 138 Portes de la Sagesse - Porte 23

Les 138 Portes de la Sagesse - Porte 23

Chapitre 4 - Porte 23 - Adam Kadmon et ses ramifications

Porte 23 - cours audio du Rav Mordékhaï Chriqui Chlita



Les noms par lesquelles les pensées divines vont sortir en acte sont tous inclus dans la Torah. La Torah n'est constituée que de noms divins. Nous ne percevons que l'extériorité de la Torah, mais son intériorité n'est constituée que de noms divins. Les noms sont composés de lettres qui matérialisent les émanations divines qui s'enchevêtrent ensemble. Les anges aussi sont des applications de la parole. L'ange lui-même permet de passer réellement à l'état concret. Il n'y a pas une chose dans ce monde qui n'a pas une correspondance angélique. L'ange préposé à la subsistance a plusieurs noms ''פ.א.י'', ''ח.ת.כ'', ''ד.י.ק.ר.נ.ו.ס.א''.
Cela vient nous apprendre que sans les noms, il n'y a pas de sortie à l'acte. La pensée et le potentiel ne sortent en acte que par les noms. Il faut la parole car ce sont les lettres qui amènent les illuminations à l'action. Les noms ont donc une correspondance directement liée à l'action. Toute la Torah est le passage à l'acte de la volonté de D-ieu, c'est l'expression même de la divinité. Ce n'est pas seulement la création qui est liée à la Torah mais l'histoire et la direction sont aussi reliées à la Torah afin d'amener la création à sa perfection. C'est un caractère divin qui s'exprime à travers des personnages et des histoires de la Torah. Car toute cette expression de la Torah n'est perçue que du fait que nous sommes détachés de notre origine. Le mal en tant que tel n'existe pas lorsqu'il est lié à son origine. Il y a donc deux niveaux dans la Torah, il y a le mot qui fait sortir en acte tels que les événements et il y aussi le mystère de la Torah, le secret qui est enfermé dans chaque mot de Torah. Chaque secret correspond à la divinité des Séphirot qui existe dans chaque événement et dans chaque créature. Ainsi on comprend pourquoi la Torah est appelée l'instrument de D-ieu. La Torah est l'instrument avec lequel il fabrique et crée. Il y a un autre mystère dans la Torah qui est celui de la révélation de D-ieu, le plan divin. Les mystères de la Torah ont pour but de voir D-ieu partout. C'est ce que l'on appelle l'omniscience, l'omniprésence. Et même dans les événements qui nous paraissent contraires, D-ieu est présent car tous les noms de la Torah sont des noms divins.


Rav Mordékhaï Chriqui 
Retranscription Rav Michael Smadja

Publié par Blog Rabbi Moche Haim Luzzato 
Vous pouvez partager ce texte à condition d'en respecter l'intégralité et de citer la source: http://la-source-des-sagesses.blogspot.fr/





Vous appréciez ce site et voulez soutenir mon travail ?
Vous pouvez contribuer à la continuité de ce site en faisant un Don libre par PayPal, ....
Avec toute ma gratitude

dimanche 27 janvier 2019

La place des Nations dans le Tikoun Olam Rav Mordékhaï Chriqui

La place des Nations dans le Tikoun Olam 


Dans le Cantique des Cantiques, le roi Salomon fait la distinction entre les ''filles de Jérusalem'' et les ''filles de Sion''. Les ''filles de Sion'' font référence aux enfants d'Israël et les ''filles de Jérusalem'' font référence aux enfants des Nations.

Le Zohar commence par cet enseignement de Rabbi H'izkia: « comme la rose au milieu des épines» enseigne le cantique. Que représente la rose? Elle représente l'assemblée d'Israël.
Le Zohar fait une double comparaison entre la mère suprême et l'assemblée d'Israël. La mère suprême est la présence divine avant qu'elle ne soit présente. C'est le principe même de la présence divine, ce que l'on appelle la ''Bina''. Avant que la présence divine soit la Malkhout dans ce monde, la providence divine, il y a auparavant cette idée du principe supérieur. De la même manière que l'assemblée d'Israël se trouve ici bas parmi les Nations, ainsi la ''bien-aimée'' se trouve parmi les anges et parmi les forces supérieures. De même que la rose en haut, la ''mère suprême'' possède les deux couleurs rouge (rigueurs) et blanc ( bontés) ainsi la rose en bas, l'assemblée d'Israël, la Malkhout, possède ces deux principes que sont la bonté et la rigueur.
Le Zohar continu: « ce que la rose possède 13 pétales ainsi l'assemblée d'Israël, la présence divine, possède 13 pétales qui sont aussi les 13 principes de la clémence (qui s'épanchent du grand visage à la H'okhma pour aller à Bina qui va embellir par ces mêmes principes la présence divine, la Malkhout, l'assemblée d'Israël).»

Pour le Midrash, si Israël est une rose, les Nations, elles, sont des épines. Celles-ci sont faites pour protéger la rose. Pour le Zohar, les Nations sont représentées pas les pétales de la rose. Au lieu d'être une autre entité (les épines), elles font partie intégrante de la rose, elles sont ses couches extérieures. Israël représentant le cœur de la rose, lui donnant sa bonne odeur. Pour le Zohar, Israël en bas, correspond au principe féminin de Dieu. De la même manière que le principe féminin en haut est entouré de toutes les forces spirituelles que sont les Séphirot, ainsi Israël se trouve parmi les Nations. Il y a un programme divin appelé la ''Matrice'', la mère suprême, de laquelle va émerger tous les flux divin, et autour d'elle, il y a des préposés appelés ''anges'' qui vont distribuer et épancher ces flux dans le monde. De même ''en bas'', se trouve l'assemblée d'Israël et autour d'elle, il y a des pétales qui sont les Nations qui reçoivent et qui épanchent aux autres degrés de la création.

D'où provient l'origine des Nations? 
Pour le Ramh'al, la séparation des Nations d'avec Israël, provient de la faute originelle du premier homme. Dans le paradis où il se trouve, il y a deux arbres spécifiques: l'arbre de la vie éternelle et l'arbre de la connaissance du bien et du mal, de la liberté, de l'initiative personnelle et de l'intuition. De ces deux programmes, le premier homme choisit le deuxième, le programme de la voie de la perception des sens. Avant la tentation de l'extériorité, avant la séduction du monde extérieur, avant la voie du savoir et de l'expérience, le premier homme était dans la dimension de ce que plus tard, la Torah va révéler, la dimension du Judaïsme. Car nous voyons que les patriarches vont réparer sa faute. Il y a donc deux niveaux d'homme en lui, celui d'avant la faute où il est animé par l'idée de l'éternité et celui d'après la faute, où il est animé par les envies, par la temporalité où le moment présent est primordial. Il est pris alors dans un engrenage sans fin où il n'y a plus de but à son existence et où l'éternité est complètement absent de sa vie. Profiter du moment présent, percevoir par les sens est ce qui l'intéresse alors. Cette dichotomie dans la perception de la vie va se matérialiser par la séparation d'Israël et des Nations. Ce sont les deux voies de l'humanité: la voie de l'unité symbolisée par Israël et la Torah et la voie de la dualité où tout ne se perçoit que par son contraire, comprendre la vie par la mort, le bien par le mal qui est la voie de toutes les Nations. Dans cette voie, ce n'est que l'envie qui va animer l'homme mais pas une envie profonde mais bien une envie des sens. L'homme alors comme l'humanité poursuit une histoire dirigée uniquement par l'envie.

Dans la Cosmogonie que le Ari Zal a explique, cette dichotomie de la création par deux principes essentiels: la lumière, ''or'' et le vase, ''Kéli''. La lumière correspondant à l'essence divine, à l'essence de la volonté de Dieu, à sa volonté à l'état pure mais il faut un instrument pour exprimer cette volonté comme une scie qui est le moyen pour couper un morceau de bois. Le Kéli est l'instrument de la lumière plus que le ''vase''. Avant le Ari, cela était défini comme la lumière et le vêtement de la lumière. Pour le Ramh'al, cette enveloppe qui va s'exprimer est représentée par les Nations. La lumière étant la volonté à l'état pure qui ne s'exprime pas alors à travers quelque chose de concret, ce n'est qu'une pensée non encore exprimée. Ce n'est que grâce au Kéli qu'elle peut sortir en acte jusqu'à ce qu'il y ai la catastrophe appelée ''brisure des vases'' où le Kéli ne reçoit plus la lumière. Il ne veut pas être assujetti à la lumière. Comme si les lois de la Nature avaient une âme. Il n'en est rien car ce ne sont que des constations des théoriciens. Il n'y a aucune volonté intérieure en elles. Les scientifiques essaient de trouver une idée unificatrice qui unit toutes ces lois fondamentales qui régissent tout l'univers et qui serait leur âme. Le Ramh'al explique que les Kélim sont les lois de la Nature. Dans ces principes premiers, il y a le vêtement et la lumière. Ce vêtement va se séparer en forme de lanières comme la lettre ו ''vav''. Cette lettre est aussi une conjonction de coordination. Ce vêtement (les 231 portes) est composé de panneaux en forme de cercles. Ce sont les lettres ו coupées l'une de l'autre. Chaque ו correspond à une particularité qui vont se rassembler dans les quatre extrémités du tétragramme. Ces lettres ו vont former alors la lettre finale ם ''mem sofit'' C'est à ce niveau que sont enracinées les âmes d'Israël. Il est écrit alors « des vêtements s'échappent des âmes» c'est-à-dire que les vêtements vont quitter les âmes. Car au début, le vêtement va être la réalité de toute la Nature et l'âme est cette idée d'Israël qui est cachée et qui n'existe pas encore. Et pourtant il est enseigné « Israël est monté dans la pensée en premier lieu». Israël est de l'ordre de la pensée. Alors que le vêtement va dévoiler cette lumière, cette pensée première. Depuis le début, il y a une dichotomie, un genre de dualité dans la création. Dans le premier mot de la Torah '' בראשית", il est fait allusion à deux commencements: un commencement caché et un commencement révélé qui est la révélation des Kélim, la perception des lois de la Nature. Israël et les Nations se trouvent dans cette dichotomie de ces deux aspects du commencement. Cette même dichotomie d'Israël et des Nations dans la création va se retrouver dans l'histoire où la direction divine va tout faire pour révéler sa conduite cachée. Il est vrai qu'avec la sortie d’Égypte, la Torah écrit que Dieu sépare un peuple de parmi un autre peuple. Dieu seul pouvait distinguer Israël des autres peuples, même les anges qui avaient le véritable discernement de la Nature, n'avaient pas cette sagesse pour distinguer Israël des Nations. Cette distinction en fait ne commence pas avec la sortie d’Égypte ni avec Avraham et ni même avec le premier homme. Cette distinction est d'un ordre métaphysique, de l'ordre de la création ontologique.

Chaque partie de la création prise à part, possède un but propre, cohérent et indépendant à sa nature. Les minéraux, végétaux animaux humains sont différents l'un de l'autre. Il ne se dessine pas entre eux un lien qui les porte vers une finalité unique. Il peut y avoir des points communs dans leur nature au niveau moléculaire mais pas dans leur finalité. Chacun converge vers un but lié à sa nature propre. Chacun porte en lui un dessein qui se suffit à lui-même. Cependant la hiérarchie qui commande toute la nature qui commence par les cieux pour terminer ici bas, est reliée par la même gradation en cercles où l'intérieur devient l'extérieur du cercle inférieur... selon le Ramh'al tout est lié de manière graduelle. Toutes les existences sont liées et nécessaires pour parachever le but de la création déterminé par la connaissance suprême dans la création. L'homme doit alors s'élever à l'état de l'éternité pour percevoir le but final de la création.
Toute parole émise au mont Sinaï se subdivisa en 70 langues et donc Dieu n'a pas parlé seulement au peuple juif, afin que chacun puisse comprendre selon son caractère et sa nature cette parole. Le peuple juif et les nations sont donc liés à la Torah, ce lien est très ancien car il est relié aux principes premiers des Kélim.

Selon le Zohar, l'arbre de la connaissance avait un rôle de rideau qui sépare le monde de la vie éternelle et le monde de la dualité. L'homme voulait arriver à ce rideau, à ce panneau où se trouve le serpent ontologique qui représente le raisonnement par les sens, le raisonnement intellectuel. Ce serpent étant tout notre système de pensées. Cette connaissance englobe toute la nature et le premier homme, créature de Dieu, va saisir cette connaissance de l'intuition, de l'initiative, de la liberté de choisir, de la découverte par l'expérience. Il reste en filigrane le peuple d'Israël qui ne quitte pas la tente, il ne veut pas sortir de la perception éternelle. Mais par cet état, le monde reste dans son état duel et même en recevant la Torah, il reste dans la dualité. On ne peut arriver à relier la réalité de tous les jours avec la foi qui est le raisonnement de l'ordre de l'éternité. Dans la temporalité, il y a le ''à priori'', il y a le ''avant'' et le ''après''. C'est l'évolution, les causes et effets, la gradation. Ce système de penser est le système de penser de toute l'humanité y compris celui du peuple d'Israël.

Israël est cet ancien sacré, cet ancien qui est distingué et séparé de la nature, qui va se distinguer par les patriarches et surtout par la sortie d’Égypte. Mais ce lien avec l'éternité n'a pas abouti, encore une fois mais il a été alors révélé pour nous permettre de finir cette histoire de la temporalité.

Dieu par la création, a donné un rôle, une fonction à toutes les créatures. Il a réparti la réparation du monde selon toutes les créatures. Chaque être dans ce monde a une fonction. L'histoire fait parti de ce programme et en aucun cas, les événements qui se révèlent dans ce programme sont des tragédies liées aux impondérables. Ils ont tout un chacun un but dans la conduite qui mène au dévoilement divin dans la création. Mais personne, aucun prophète ne peut comprendre cette histoire, cette pensée mystérieuse qui est la distribution des fonctions. Cela ne dépend pas des bonnes ou des mauvaises actions de l'homme mais de la réparation. Nous sommes tous les serviteurs du palais de Dieu. Chaque être a reçu un rôle, nous sommes tous les serviteurs d'une même cause. Ce que chacun de nous reçoit de Dieu est pour la réparation universelle de la création. Il faut arriver à comprendre sa vie uniquement dans l'universel, arriver à atteindre la conscience non pas individuelle mais la conscience collective, le ''super-moi''. L'homme ne peut se réparer sans atteindre cette vision universelle. Ainsi même les nations ont pour but d'élever la parole de Dieu.

Les Nations sont ce ''ו'', ''vav'', la coordination des lanières. Au début, tout était unifié puis ces lanières sont apparues, ces lanières sont des directions philosophiques, des directions de pensées. En rattachant ces ''vav'', nous dévoilons l'essence de la création. Israël est de l'ordre de l'au-delà du temps humain objectif. En reliant Israël aux Nations, la providence divine va se révéler sur toute la création comme le Or entrant dans le kéli, la lumière dans le vase pour ne faire qu'Un: « comme cette rose parmi les nations»


mardi 6 novembre 2018

La Kabbale du Ramhal 2



La Kabbale du Ramh'al (2)

Adam Kadmon (A.K)

 

Ce qui s'est révélé en premier du Tsimtsoum (restriction), de ce H'allal (espace vacant), est cette structure que la Kabbale appelle ''Adam Kadmon'', ''l'homme primordial''.

Selon le Ari, dans ce H'allal, se sont révélées dix Séphirot, dix mesures divines qui sont en parallèle aux dix paroles créatrices. Ces dix Séphirot au départ, étaient dans un ordre appelé ''circulaire''. La lumière ''Kav'' ''rayon'' entre dans cet espace vacant ''H'allal'', en ce courbant selon la forme de cette cavité circulaire. Alors se révèlent les dix Séphirot, l'une dans l'autre comme des pelures d'oignon l'une recouvrant l'autre, jusqu'au point central appelé ''Malkhout'' du monde de la ''Assya'' (monde de l'action), notre monde, comme si tous les mondes se tiennent l'un dans l'autre. Puis ces mêmes Séphirot vont s'ordonner dans ce qui est appelé ''Yocher'', de manière ''droite'', en trois axes, l'axe droit (H'okhma-H'essed-Nestah') gauche (Bina-Guévoura-Hod) et central (Kéter-Daat-Tiphéret-Yessod-Malkhout). Ces trois axes sont la première construction qui s'est révélée dans ce H'allal, de suite après le Tsimtsoum.

La majorité des commentaires du Ari s'occupent de ces Séphirot au niveau de A.K. Cette structure est révélée dans la Torah par le verset « à sa forme et à son image, Dieu a créé l'homme». C'est la première forme des Séphirot structurées en axes ''droite-gauche-centre''. Le Ramh'al la définit ainsi; « c'est le premier ordre que reçoit la lumière émanée pour se tenir dans le mystère des dix Séphirot, dans cette notion de ''structure'' d'homme appelée ''Adam Kadmon'', ''homme primordial''».

Le Ramh'al à ce niveau, ne tient pas compte des Séphirot circulaires qui est la première chose qui s'est révélée d'après le Ari. Cette lumière émanée dont parle le Ramh'al est le Réchimou, la trace de l'infini qui s'est enlevé au moment de la création. Pour le Ramh'al, la création n'est pas uniquement la résultante de l'entrée du Kav dans le H'allal au contraire de l'élève du Ari, Rabbi H'aïm Vital. Le Tsimtsoum est l'A.D.N de toute la création, il est la racine des Séphirot. Il y a deux aspects dans la notion de Séphirot, les notions de Kéli (moyen-réceptacle) et Or (moteur-lumière). Ce qui se révèle est le réceptacle et la lumière est l'âme. Le Réchimou, la trace est la racine du Kéli et le Or est la racine de l'âme. Le premier ordre dans lequel se tient la lumière émanée est le mystère de ce qui est appelé ''la forme de l'homme'' où les dix Séphirot s'ordonnent de manière précise. Au départ, elles étaient l'une sous l'autre ou l'une dans l'autre puis se révèle un autre ordre des Séphirot qui s'appelle la ''forme de l'homme'', qui est la première construction qui va engendrer par un processus d'enchaînement de ces Séphirot, tous les mondes. « Dieu a fait l'homme à sa forme et à son image» de quel homme parle le verset? De cette structure appelée ''l'homme primordial'', ''Adam Kadmon'' qui est construite avec une ''tête'' ''Kéter'' et les deux Moh'in (cerveaux) H'okhma et Bina, une main droite ''H'essed'', une main gauche ''Guévoura'', un buste, ''Tiphéret', deux jambes ''Nestah'-Hod'', l'appareil reproducteur ''Yessod'' et la force d'union qu'est la Malkhout. De cet ordre sont sortis toutes les lois, tous les mondes. C'est une structure constituée de lumières, battît selon le forme d'un homme.

La Kabbale ne va pas s'occuper directement de A.K mais de ses ramifications, des rayonnements qui s'échappent de lui: les lumières des cheveux, des oreilles, des narines, de la bouche, des yeux et du front. Les lumières des yeux sont le principal sujet de discussion comme le verset dit « et Dieu a ''vu'' que c'était bien». Toutes les détériorations et les réparations pour arriver à la perfection vont se faire au niveau des yeux. Ce que le Ari appelle ''la destruction'', la ''mort'', la ''brisure des vases'', va se réaliser au niveau de ces ''yeux''. Les lumières des yeux sont englobées dans ce qui est appelé le ''monde du chaos''. Dans ce niveau des ''yeux'', le Or et le Kéli sont séparés, le Kéli devient alors autonome et le Or se tient autour et attend que le Kéli le recherche afin de s'unir à lui.

Dans le monde du Tikoun, de la réparation, il y a un lien qui se fait petit à petit entre le Or et le Kéli qui n'est pas permanent. Ce n'est qu'au niveau du monde appelé ''monde futur'' qu'il y aura véritablement un lien continuel entre le Or et le Kéli, entre la lumière et le réceptacle, entre l'âme et le corps. Alors la création arrivera à la perfection.

En résumé, il y a les ramifications de A.K: du haut vers le bas, les lumières des cheveux, des oreilles, des narines, de la bouche. Toutes ces lumières ne sont pas perceptibles ce qui n'est pas le cas à partir des lumières des yeux qui sont le ''démarreur'' de toute la création. À ce moment le monde est chaos, c'est le règne des rois primordiaux, le règne des Kélim, des réceptacles, de ces sept forces inférieures.

Au niveau des lumières des yeux, il y a une domination des Kélim, où se révèle la séparation de l'ustensile (qui est aussi de la lumière mais dépourvue de son infinitude) et de la lumière. C'est cette séparation qui engendre la création car tant que le Kéli est englobé dans le Or, la création est avalée par le divin. Ce n'est que lorsque la lumière infinie se sépare de cette lumière altérée de son infinitude qu'il y a possibilité à la création de se révéler. La brisure d'après le Ramh'al, n'est pas une destruction mais le moyen de révéler la création. Les réceptacles sont eux-mêmes les lois de la créations qui ont alors une autonomie et ce n'est qu'à ce moment que nous pouvons parler de création car à ce moment la lumière est séparée de sa source d'émanation.

Le Ari parle à ce niveau d'une destruction, la brisure n'étant pas uniquement une séparation amenant à une révélation de la création mais aussi une destruction. Cette destruction amène au monde des ''points'' où va se révéler le mal ontologique qui va se transformer en monde de la ''réparation'', du ''Tikoun''. Ce monde étant un processus qui va amener l'union du Or et du Kéli, de l'âme et du corps. Ce monde est appelé le monde de la ''Atsilout'', de l'émanation qui va diriger et agir dans la création pour amener celle-ci à la réparation.

 

Adam Kadmon a deux sortes de ramification. 1/ les lumières des ''oreilles-narines-bouche'' 2/ les lumières des yeux qui vont amener une nouvelle réalité, la réalité des êtres séparés par la séparation du Or et du Kéli. C'est ce qui est appelé la ''brisure des vases'' qui se situe au niveaux des lumières des yeux.

L'union du Kav, du rayon avec le Réchimou, la trace de l'infini, est faite dans cette structure appelée ''Adam Kadmon''. Il y a alors déjà révélation et dissimulation. La révélation se fait par l'introduction de la lumière infinie qui s'épanche dans le H'allal et la dissimulation se fait par le Réchimou. L'union de ces deux états engendre l'âme et le corps. Tout le rayonnement de Adam Kadmon n'est que la révélation de cette union de ces deux états: intériorité et extériorité, révélation et dissimulation. Ce rayonnement donc de la ''face'' de A.K est la résultante de cette union du Or et du Kéli. Il se trouve donc que ces lumières qui sont dévolues à sortir de cette face de A.K, sont l'expression de ces unions du Kav et du Réchimou, du Or et du Kéli, de l'âme et du corps.

Cette situation des lumières des yeux qui entraîne une autonomie du corps, est fait allusion dans ce verset: « moi et lui ne pouvons résider dans un même endroit».

Les lumières des cheveux qui se sont révélées en premier, est comme le mystère du Kéter dont il est impossible de parler au contraire des lumières des ''oreilles-narines-bouche'' dont il est déjà possible de parler. Des lumières des oreilles, se révèle la lettre ה, des lumières des narines, se révèle la

lettre ו, des lumières de la bouche se révèle la lettre ד et ensuite toutes les autres lettres. Au niveau de la bouche se révèlent en fait toutes les 22 lettres de la création car c'est à ce niveau que se révèle le Kéli.

Que se révèlent alors dans ces lumières des narines et des oreilles? Il faut savoir que les lettres sont en fait les Kélim. La pensée est le secret des Séphirot et la parole comme le moyen d'exprimer cette pensée. En fait, le Kéli est l'action, il est le moyen de sortir en acte la pensée. Chez le Ramh'al, le Kéli n'est pas uniquement un réceptacle mais cela est surtout une action. Donc, les lettres qui expriment la parole sont les Kélim de la pensée. Au niveau des lumières des oreilles de A.K, il y a déjà une expression du Kéli, c'est la première expression de la pensée qui sort en acte mais de manière très subtile, où il n'y a qu'une seule lettre. Ce n'est qu'au niveau des lumières de la bouche qu'il y a l'expression complète du Kéli par la sortie en acte des 22 lettres de l'alphabet. Il y a alors la possibilité de donner une forme à toute pensée possible. Ce qui n'est pas le cas au niveau des narines et des oreilles où le Kéli est alors restreint à sa forme la plus simple.

Au niveau des narines, il y a donc la lettre ו(en vérité il s'agit de ו xא) et au niveau de la bouche, s'expriment toutes les lettre. Quelle différence y a t-il entre ces deux niveaux de lumière? En vérité tout découle de la lettre ה du niveau des oreilles qui se sépare en ו au niveau des narines plus le דau niveau de la bouche (la lettre ה peut se décomposer enד ו). au niveau des oreilles, les lumières droite et gauche qui sont appelées ''englobante'' et ''intérieure'', étaient éloignées l'une de l'autre. Dans les narines, elles se rapprochent et dans la bouche, elles s'unissent et alors se révèle le Kéli.

Comment cette union des deux sortes de lumières que sont les ''englobantes'' et les ''intérieures'' peuvent révéler le Kéli? En vérité, à l'intérieur même de la lumière, il y a cette notion appelée ''Kéli''. Celui-ci est avalé à l'intérieur du Or. Dans les lumières des cheveux, le Kéli est tellement avalé qu'il est complètement annulé, n'ayant aucune réalité pouvant être défini par une qualité ou par une lettre. Bien que nous pourrions le définir à ce niveau par la lettreי, mais cela n'est pas écrit dans les livres, nous ne pouvons alors pas affirmer ceci. Malgré tout, il y a certaines allusions faisant référence au Kéter et à la H'okhma alors que les oreilles font référence à la Bina.

Dans A.K, il y a déjà une certaine matérialisation de la droite et de la gauche, ce qui n'est pas le cas au niveau du Tsimtsoum, où les Séphirot se révèlent en cercles où il n'y a ni droite ni gauche.

Et donc, le Kéli pour le Ramh'al ne se crée pas au niveau de la bouche, ex-nihilo mais il se révèle petit à petit à partir des lumières des oreilles. Car le simple fait de définir ces lumières en ''Makif'' et ''Pénimi'', sont le signe d'une création, d'un Kéli où il y a un contour ''Makif'' et un volume ''Pénimi''. Bien que le Kéli à ce niveau est virtuel mais ces lumières sont la preuve de son existence. Nous comprenons que le corps qui est un engendrement du Kéli, n'est pas insignifiant, il ne provient pas que de la poussière de la terre, sa source est divine. Il est d'un niveau extrême qui révèle aussi le Or. Ce n'est pas la lumière qui révèle le réceptacle mais bien le contraire, c'est le Kéli qui révèle le Or.

Au départ, le Makif et le Pénimi au niveau des oreilles, sont éloignés l'un de l'autre. Cette expression ''éloignés'' ne définit pas une notion d'espace car à ce niveau, il n'y a pas encore la notion d'espace-temps. Cela veut plutôt dire que le Kéli ne peut être saisi à ce niveau car son contour et son volume sont ''éloignées'' l'un de l'autre. Cette notion de droite et de gauche au niveau des oreilles est effectivement le commencement de la création mais pas comme nous la connaissons. C'est un niveau de perception de l'unité divine extrême, de même que les lumières des narines et de la bouche, dans un niveau moindre. Tous ces niveaux sont tout de même des niveaux dans la création qui amènent au rapprochement et à l'adhésion à l'unité divine qui est l'intériorité même de Adam Kadmon. Ces lumières des oreilles-narines-bouche sont déjà des ramifications du temps, des échelons qui amènent à l'autonomie du corps, à la rencontre de la révélation du corps.

Pour le Ari, ces lumières des oreilles-narines-bouche ne sont mentionnées que pour une seule chose, la révélation du Kéli. Pour le Ramh'al, elles sont aussi des moyens de s'élever, elle révèlent des niveaux d'adhésion divine du monde futur. Il y a une élévation dans la perception divine même dans le monde futur qui correspond aux septième, huitième, neuvième et dixième millénaire. Ce dixième millénaire étant le niveau des lumières des cheveux où il n'y a pas la moindre trace du corps.

Les lumières de la bouche sont considérées comme la révélation du Kéli. Comment le Kéli se révèle des lumières de ce niveau? Par le retour des lumières à leur source comme il est dit: ''la lumière ne se parfait et ne se révèle que par son retour''. La lumière ''sort'' de la bouche et ne se parfait que par son retour à l'intérieur de la bouche. C'est ce qui est appelé ''Or H'ozer'' ''le retour de la lumière''. Il y a un ''or Yachar'' ''lumière sortante'' et un ''Or H'ozer'' ''une lumière revenant à sa source''. Cette ''sortie'' et ce ''retour'' à sa source sont en fait les deux éléments du principe même de la révélation du Kéli. Sa source est à l'intérieur de A.K et ce n'est que sa révélation qui se fait par la sortie.

Le Réchimou est la trace de la lumière alors que le Kéli est une révélation de cette lumière par une action. Le Kéli est cette trace de la lumière qui se révèle, il est lui-même la lumière qui provient de cette restriction de l'infini. Le Kéli est une trace de la lumière infinie, il n'est que le contour de cette lumière qui va délimiter l'action. Tout forme définit une action: en voyant un crayon, nous comprenons sa fonction. Nous voyons bien que l'action révèle la pensée. La trace de la lumière, le Réchimou du Or, est en fait l'expression de cette même lumière. Ce n'est que par le fait que la lumière sorte en laissant sa partie grossière et en faisant revenir à l'intérieur sa partie fine que le Kéli se révèle. La partie grossière est la forme qui se révèle à l'extérieur et la partie fine qui est l'âme du Kéli retourne à l'intérieur. Ce Kéli à ce niveau de révélation n'a aucune autonomie, ce Réchimou n'a alors aucune réalité propre. Il n'a de réalité uniquement parce que le Or rayonne sur lui.

En vérité, le Réchimou n'est pas qu'une simple trace de ce qu'il y avait mais l'histoire de tout ce qu'il va se passer dans la création. Le Réchimou est une trace qui va petit à petit se révéler en des temps précis et amener cette même création à la perfection où le Kéli va revenir à sa source qui est le Or infini. Le Kéli ne se révèle que par la matérialisation d'un manque et plus le manque va se compléter plus le Kéli va revenir à sa forme fine qu'est la lumière. Dans le temps, le Kéli n'est que la matérialisation d'une partie de ce Réchimou qui doit alors se révéler pour exprimer son manque. Le corps en soit est une partie du Réchimou qui va en se complétant pour adhérer à la lumière.

Rav Mordékhaï Chriqui

 

 

mardi 30 octobre 2018

Les 138 Portes de la Sagesse 26/138

Les 138 Portes de la Sagesse - Porte 26

Chapitre 4 - Porte 26 - Adam Kadmon et ses ramifications

Porte 26 - cours audio du Rav Mordékhaï Chriqui Chlita




Il y a trois définitions de la lumière émanée.
1/ le Réchimou, la trace
2/ Makom, endroit, ce n'est pas un endroit physique mais la possibilité à la création d'exister
3/ H'allal, espace primordial, vide que D-ieu va remplir.

1/ Le Réchimou est la réalité qui est la racine des mondes inférieurs, son A-D-N où il est inscrit tout ce qui va se passer.
2/ Makom cela veut dire '' donner la possibilité aux êtres inférieurs d'exister.
3/ H'allal, car à ce moment, il n'y avait rien de créé si ce n'est sa lumière infinie.
Dans les écrits du Ari, il n'est mentionné que les deux dernières définitions pour la lumière émanée: ''H'allal'' et ''Makom'' car ces deux définitions vont de paire. Mais la notion de ''Réchimou'' n'est mentionnée que par un ou deux sages de la Kabbala et bien sûr par le Ramh'al.
Pour lui, le Tsimtsoum n'est qu'un retrait de l'infini, d'une force spécifique que D-ieu veut dévoiler. Et de cette force limitée, va naître toute la création. Le Tsimtsoum a fait que se dévoile de lui, une force de parmi une infinie possibilités de forces. C'est cela que le Ramh'al appelle ''Réchimou'', la trace de son infini dans le fini, une lumière nouvelle qui n'est pas nouvelle mais qui paraît nouvelle. Cette lumière qui est l'engendrement du Tsimtsoum est la racine de tous les mondes inférieurs. C'est le Réchimou c'est-à-dire la trace de ce qu'il y avait, c'est la Malkhout du Eïn Sof, de l'infini.
Quel est le lien avec la définition de ''Makom'' ou ''H'allal''? Car ces deux définitions expriment une idée de vide dissociées de la définition du Réchimou! En vérité, le Ramh'al a une nouvelle définition du ''Makom'' et aussi du ''H'allal''.
La lumière émanée a été appelée ''Réchimou'' car on été renouvelées d'autres choses. Le mot ''Réchimou'' est un nom qui fait référence au passé car à un moment, de nouvelles choses se sont produites et donc, son nom a changé. Le nom éveille en fait son action.


La lumière émanée est appelée ''Réchimou'', la trace de la lumière primordiale infinie qui est restée dans le ''H'allal'', dans l'espace 'vacant', c'est-à-dire au moment du Tsimtsoum. Cette trace peut être expliquée ainsi: la trace d'un pas sur le sable. Au début, l'infini remplissait tout l'espace. Il n'y a rien en dehors de lui. Mais à un moment donné, il détermine un ''H'allal'', un espace dans lequel va se jouer tout l'enjeu de la création. Cette empreinte donc s'appelle aussi ''Makom'', l'espace de toute l'existence car il leur donne l'existence. L'expression ''endroit'', ''Makom'' ici veut dire ''possibilité d'être'' ce que le sans-fin qui est le sans-but, ne peut pas donner comme possibilité d'exister. Cet endroit, ce ''Makom'' s'appelle aussi ''H'allal'' ''espace vacant'', littéralement cela veut dire le ''vide'' mais en fait c'est l'espace vacant de sa lumière infinie, l'infinie ne se trouvant pas comme auparavant.
D-ieu crée à partir d'un espace. Il crée d'abord un espace primordial avant qu'il y ai la révélation des Séphirot, des premiers principes de la création. C'est ainsi que l'on comprend superficiellement. Cet espace primordial est le résultat du Tsimtsoum, du retrait. Il crée la possibilité d'exister par une limite. Cette limite va créer l'espace entre lui et nous. S'il n'y a pas cette limite, nous retournons en lui. Il y a comme une sorte de barrière qui permet une existence en dehors de lui. Mais en réalité, il n'y a rien en dehors de lui. Nous, nous sommes en dehors de lui mais lui n'est pas en dehors de nous. C'est-à-dire que par cette conscience d'être séparé de lui, nous pouvons exister mais en réalité, il n'est jamais séparé de nous. Ce n'est qu'une impression qui s'appelle le Réchimou, le Makom et le H'alllal. Le Ramh'al dans Adir Bamarom explique cela ainsi: ''il y a un tsimtsoum pour les émanations (les créatures) mais pas pour la source de l'émanation
(D-ieu). Puisqu'en fait il nous dirige et nous donne l'existence, cela veut dire qu'il est en nous. Cet espace primordial qui crée cette séparation, est en lui. Pour pouvoir faire les Séphirot qui sont les premiers principes de la création, il crée cet espace qui va contenir ces Séphirot. D'où viennent ces Séphirot? Elles viennent d'une trace, la trace de l'infini qui était là auparavant. De cette trace, va surgir les Séphirot.
Au départ, il est appelé ''H'allal'', espace vide, ensuite ''espace de l'existence'' et ensuite le ''Réchimou''. Mais à quel moment vient l'idée du Réchimou? On peut changer le nom des différentes émanations selon son état ou son action. Cette émanation que l'on appelle la ''Trace'' sera appelée plus tard les ''différents mondes'' et la ''construction de tout ce qui va exister''. Mais avant de l'appeler avec tous les autres qualificatifs selon les étapes de révélation de cette émanation, on va l'appeler par son premier nom ''Réchimou''. Ce nom de ''trace'' est par défaut. Car une trace, une empreinte est reliée à ce qui se rapporte à elle, elle est du même genre que ce qu'il y avait auparavant. Le Réchimou ne peut correspondre à l'idée première de l'origine. La première différence est que la lumière primordiale qui a quitté l'infini, la lumière du Tsimtsoum, n'était pas perceptible. Mais cette lumière d'après le Tsimtsoum est perceptible donc on ne peut les comparer réellement. Elles ne sont pas du même genre et donc on ne peut pas vraiment l'appeler ''Rchimou'', la Trace ou l'empreinte. Il faut rappeler que le Ari Zal n'a pas donner comme définition de la création le nom de ''Réchimou''. D'après lui, les Séphirot se sont réalisées avec le Kav, le trait de lumière qui entre dans l'espace vacant. Mais d'après le Ramh'al, c'est le Réchimou lui-même avec le Kav qui révèle les Séphirot. Le Kav, le rayon, serait la Néchama, le Or et le Réchimou, le Kéli des Séphirot. Pour cela, on peut l'appeler l'empreinte car en vérité, ce qui se révèle n'est pas quelque chose de nouveau mais il est comme une petite part de lui. Et tant qu'il n'y avait pas l'acte de la restriction, rien ne pouvait se révéler en lui-même. Mais après le Tsimtsoum, cela devient perceptible.
On peut expliquer tout cela selon l'idée de la Malkhout. Car celle-ci est la racine de toutes les créatures. La Malkhout est la synthèse de chaque Séphira de Zéïr Anpin.
La Malkhout de H'essed, la Malkhout de Guévoura....et toutes ces Malkhout forment la Malkhout générale.
Puisqu'il y a dans les mondes inférieurs, dix racines, est-ce que l'on peut dire que les racines de toute créature sont en vérité dans la dernière partie de chaque Séphira? Cette loi qui donne la possibilité à ce qu'il y ai des créatures s'appelle ''Malkhout'' car c'est la synthèse, le lien qui existe dans les différentes parties de chaque Séphira. Dans chaque Séphira, il y a une idée, une image spirituelle de l'être inférieur. La Malkhout englobe en elle toutes les Malkhout des sept Séphirot et les réunit toutes ensemble. Pour cela, elle est la loi qui donne l'existence à toutes les créatures. Comment est constituée cette loi, cette lumière, cette émanation dans la Malkhout? Elle est composée de la force du principe qui donne l'existence dans chaque Séphira. Il y a une loi dont toute sa réalité est de donner l'existence qui trouve son origine dans les différentes forces qui existent dans chaque Séphira.
Tout ce que nous avons expliqué est du niveau de la Malkhout de la Atsilout, la Malkhout de Z-A. Maintenant nous allons voir cela au niveau du Eïn Sof. Car ce qui se révèle en vérité dans l'espace de la restriction, la trace est la Malkhout du Eïn Sof et ce qui se cachent, ce qui se retirent sont les neuf autres Séphirot. On peut comparer ce qui se retire aux neuf Séphirot. En bas, nous avons Noukva, la Malkhout qui est composée des neuf Séphirot de Z-A ou plutôt des Malkhout des neuf Séphirot, de même la Malkhout du Eïn Sof est une synthèse de toutes les malkhout des neuf Séphirot qui vont se retirer et qui échappent à toutes les créatures. Et ce qu'il reste est ce que l'on a besoin pour la créature elle-même. C'est cela la force de la limite dont on a parlé: la Malkhout étant composée des neuf Séphirot et elle est la synthèse de toutes les forces qui existent dans toutes les Séphirot pour sortir les êtres séparés. Il s'agit du principe de la loi et non pas de la source, des racines des êtres qui se trouvent dans la Malkhout de la Atsilout qui à partir d'elle, se forment Brya, Yétsira et Assya. Car nous sommes à un niveau très haut, au niveau de ce que l'on appelle la loi. Pour cela, cette lumière dévoilée, la trace en d'autres termes peut être appelée la ''Malkhout''. Et on peut dire qu'elle est comme la dernière partie de ce qui s'est retiré c'est-à-dire que l'on peut considérer la Malkhout à l'instar des neuf Séphirot qui se sont retirées. Et c'est pour cela que l'on peut l'appeler ''Réchimou'', l'empreinte, la trace de ce qui s'est retiré. Les neuf Séphirot qui se retirent dans l'infini sont comparées à une entité entière car l'infini n'est pas quantifiable mais le fait de les nommer ''neuf Séphirot'' c'est pour percevoir l'idée de ce qu'il reste. La Malkhout elle-même enferme les germes de tout ce qui s'est retiré. C'est donc vraiment une empreinte de l'infini car l'antithèse contient l'idée de la thèse. L'illimité contient le limité et lorsque l'infini se retire, reste cette trace qui a toujours été en lui, le fini.
Il y a deux idées que l'on doit retenir sur la Malkhout: 1/ cette synthèse qui correspond à la loi qui donne l'existence aux créatures , existe aussi en-haut que l'on appelle ''la première existence'', ''la possibilité d'être'', c'est la force qui donne une possibilité aux êtres séparés d'exister.
2/ mais puisqu'elle est constituée du Réchimou, elle correspond à une force dans chaque Séphira et est appelée aussi la racine des mondes inférieurs.
Donc la Malkhout donne la possibilité à l'existence et est aussi la racine des créatures. Quel est l'élément qui donne cette notion de ''Racine''?
La Malkhout a deux idées. Il y a l'idée d'être l'espace et aussi d'être la racine. Cela fait allusion aux deux aspects de la Malkhout: Rah'el et Léa. Dans la Atsilout, il y a deux Partsoufim qui correspondent à la Noukva. Dans l'infini, au niveau du Tsimtsoum, dans le Makom, la Malkhout du Eïn Sof correspond à ces deux aspects.
Léa correspond aux racines elles-mêmes. En tant que racine, Léa est la mère des enfants. Rah'el est le Makom, l'endroit, l'espace, la possibilité. Yaacov vient pour Rah'el. Mais en pratique ce n'est pas elle qui va donner car elle est stérile. Elle n'a pas besoin d'enfant car elle n'est que beauté. Rah'el est la première notion du féminin et Léa bien qu'elle est d'un niveau plus haut est l'idée de la racine.
La Malkhout du Eïn Sof donne deux aspects: la possibilité d'être, l'espace qui correspond à la Malkhout et l'autre aspect qui correspond à la synthèse de toutes les racines, la dernière de toutes les parties qui existe dans toutes les Séphirot.
Voilà la raison pourquoi, on l'appelle ''Réchimou'', la trace même s'il ne correspond pas car il est perceptible donc fini alors que l'infini n'est pas perceptible. Et pourtant, on l'appelle l'empreinte, il faut alors qu'il lui ressemble! Donc, quel est le dénominateur commun? Puisqu'en fait, le Eïn Sof a été appelé ''Rayon'', ''flux'', et le Réchimou aussi est une émanation, un flux, donc les deux sont du même genre bien que le Eïn Sof soit une lumière imperceptible et que le Réchimou est une lumière perceptible. Car cette possibilité d'être visualisée est rattachée au Réchimou en tant qu'accident, la lumière peut se révéler comme elle peut ne pas se révéler. Ce n'est pas dans son essence. Par contre dans la première lumière qui est l'infini, il n'y a aucune possibilité d'être perceptible. Dans les Séphirot, cette possibilité de percevoir n'est pas naturelle car elle est liée à une volonté. Toute la création n'est liée qu'à une volonté, à une force qui est limitée, pour cela elle est appelée ''Réchimou'', la trace qui procède de l'illimité. La limite se révélant du sans-fin. Et c'est cette force que D-ieu veut révéler.
Comment peut-on dire que ce qui se retire pour laisser apparaître le fini, sont les neuf Séphirot et ce qui se révèle est la Malkhout? Voici que les Séphirot sont limitées et ce qui se retire revient à l'infini, redevient sans fin. Donc ce ne peut être les neuf Séphirot qui se sont retirées! De plus lorsque nous parlons de ''neuf'' Séphirot, ce sont neuf actions qui se distinguent l'une de l'autre. Et dans l'infini, il est impossible de les séparer! On ne peut parler de distinction. Et donc ce qui se retire n'est pas les neuf Séphirot! En vérité, les Séphirot ne sont pas nouvelles car procédant de l'infini, elles sont divines. Ce qui est nouveau est leur révélation. Nous savons qu'une partie se distingue de l'autre uniquement par la limite. C'est la limite qui révèle la distinction. Et dans l'infini, il n'est pas apte de parler de limite donc de distinction. Il est vrai que les Séphirot ont un aspect de limite et ce qui se retire est sans fin et de ce point de vue, cela ne peut être comparé à cette idée des neuf Séphirot, à cette idée de limite. Mais ces neuf Séphirot mêmes si elles sont limitées, elles enferment une idée de l'infini. Car elles ne se définissent comme neuf qu'au niveau du Tsimtsoum. La Malkhout est cette limite qui fait la distinction des Séphirot. Comme le grain dans la terre qui se désagrège et qui révèle la couleur, la forme, la qualité... toutes ces distinctions sont enfermées dans le grain mais peut-on réellement les distinguer? Leur distinction ne se produit qu'au contact de la Malkhout. Donc c'est la Malkhout qui contient les limites, les aspects de la limite. Mais les Séphirot elles-mêmes n'ont rien de ce qui est la limite. Les forces qui sont en fait les Séphirot, qui sont limitées, qui sont primordiales pour toutes les créatures, en vérités sont constituées de neuf parties qui sont la construction et la structure même de la Malkhout elle-même. Et c'est cette force, cette voie de la limite qui était enfermée dans l'infini et l'infini émanait de toute sa force sur chaque partie et les faisait ramener en lui vers l'infini. À quel moment se révèlent-elles en tant que Séphirot séparées? Seulement lorsqu'elles entrent en contact avec l'espace primordial, avec la notion de la limite. Mais ces mêmes parties, si elles sont rapprochées, ramenées vers l'infini, elles deviennent elles-mêmes infinies. elles s'engloutissent, elles s'insèrent dans l'infini. Ce n'est qu'après la révélation que l'on dit qu'elles sont neuf. Les neuf Séphirot ne se distinguent pas selon leur nature car elles ne correspondent qu'à une seule idée, au principe des Séphirot qui ne correspond qu'à une seule Séphira comme si ce n'était qu'une émanation car dans chaque Séphira est enfermée la limite qui fait sa révélation dans ce monde. Mais dans l'infini, cette force que l'on appelle la limite, est engloutie, insérée et donc ne correspond en rien à quelque chose de limitée car il n'y a pas de limite. Chaque Séphira étant ramenée au sans-fin. Pour cela elles ne sont pas appelées neuf Séphirot mais le principe des neuf Séphirot. Seuls les Séphirot après le Tsimtsoum sont des parties de la Malkhout. Pour cela, elles sont toutes limitées. La Malkhout qui est dans chaque Séphira, correspond à la voie de la limite qui est aussi en-haut, dans l'infini qui la domine et qui la transforme en infini comme les neuf autres Séphirot. Quand aux neuf Séphirot, elles ne sont que des éléments qui correspondent à une idée qui domine la limite, qui est au-dessus de la limite et de ses différentes parties. Ces neuf Séphirot correspondent à la force de l'infini qui domine la voie de la limite. Il s'agit donc de lois qui vont se révéler dans la Malkhout pour le besoin nécessaire de la direction. Puisque la Malkhout après le Tsimtsoum va révéler dix Séphirot, alors ces dix états, rétroactivement vont se révéler en tant que neuf niveau plus un niveau de synthèse. Donc ces neuf particularités existent au sein de l'infini qui ne sont pas à ce moment des particularités en elle car est retirée de ces Séphirot, leur particularité, leur distinction qui est leur limite. Dans l'infini, ces distinctions sont transformées. Et donc la Malkhout donne d'abord dans le Tsimtsoum, la possibilité de la limite, elle révèle la limite qui va révéler les particularités des Séphirot. Pour cela, nous disons qu'il y a les racines et aussi l'espace. L'espace crée la possibilité, le Tsimtsoum va révéler la possibilité et après, il y a les racines. Prenons l'exemple d'un grain. Il est entièrement blanc, il n'y a pas la couleur de l'arbre, de la feuille, du fruit. Et pourtant toutes ces particularités qui vont se révéler, sont contenues dans la graine. Et donc toutes les particularités des Séphirot sont contenues dans l'infini mais elle les transforme pour les rendre comme elle. À quel moment, les particularités des Séphirot se révèlent? Là, il y a un danger. Dire que D-ieu se transforme en création est du déni en disant que tout ce qui existait, se révèle. Nous ne disons pas cela mais plutôt que D-ieu se retire et ne se révèle pas car il est imperceptible. Il n'y a qu'une chose de l'infini qui se révèle, une trace qui est la synthèse des limites de chaque Séphira. Chaque Séphira en tant qu'infini se retire du fini car il y a une révélation par le Tsimtsoum. C'est le Or des Séphirot qui se retire. Mais on a dit que c'est uniquement dans une force que D-ieu veut révéler la création. Et donc ce n'est pas la divinité entière qui se révèle. Mais cette force est aussi infinie. De cette force se révèle deux choses: la Malkhout et les neuf Séphirot. Les neuf Séphirot étant l'infini qu'il y a dans la Malkhout. La Malkhout étant la limite qu'il y a dans les neuf Séphirot.


Nous avons deux noms pour définir le Réchimou, l'empreinte: le H'allal, l'espace primordial vacant qui est l'empreinte de la lumière qui la précède et le Makom, l'endroit.
Cela serait l'empreinte des neuf Séphirot qui se sont retirées et ce qui se révèle serait la dixième Séphira qui est la Malkhout. On considère ce qui se retire, comme les Séphirot du Eïn Sof qui est une idée très difficile à accepter d'après le Ari Zal qui dit que les Séphirot sont ce qui se révèle après le Tsimtsoum. Donc le Réchimou lui-même représente les dix Séphirot mais pour le Ramh'al les Séphirot ont leur source dans l'infini. Puisque d'après lui, le Tsimtsoum n'est qu'un retrait de l'infini et donc cette force de la limite qui se révèle dans les Séphirot est une révélation de ce qui existait déjà au sein de l'infini. Il a juste été retiré le sans-fin d'une force, d'une certaine dimension que l'on va appeler les ''Séphirot''. Elles existaient auparavant et donc la Malkhout et le Réchimou qui se révèlent sont vraiment une trace ce cette infinie qui existait avant le Tsimtsoum. Mais d'après cette explication si les neuf Séphirot se sont retirées dans l'infini, comment peut-on les avoir distinguées comme étant neuf car ce qui se retire est de l'ordre de l'infini. Il y a en vérité un principe de neuf Séphirot qui ne sont qu'une seule entité, qu'une seule Séphira. Donc la domination sur chaque degré pour le ramener à l'infini, c'est cela le Tsimtsoum, c'est cela qui s'est retiré. Il s'est retiré l'idée des neuf Séphirot mais il ne s'agit pas de neuf Séphirot séparées. On ne peut les subdiviser et les considérer comme des entités séparées.
La Malkhout est ce qui relie les forces entre elles pour créer une loi qui donne l'existence aux êtres. Chaque Séphira a sa Malkhout, sa partie inférieure qui est le principe même de l'existence. La Malkhout générale est le Réchimou, cette trace qui se révèle et représente en vérité toutes les parties inférieures des neuf Séphirot qui sont représentées par ce départ de l'infini. Cette relation qu'il y a lorsque se réunissent toutes les forces qui viennent de l'infini, forment le Réchimou. Et cet aspect et ce niveau sont l'espace primordiale de toutes les créatures. C'est la loi même qui leur donne la possibilité d'être. Il y a quand même une différence entre le Réchimou et le Makom bien que nous parlons de la même chose. Le Réchimou est la racine des êtres inférieurs et le Makom est la possibilité d'être. C'est une loi qui donne la possibilité à l'existence d'apparaître.
Nous avons vu deux aspects de la Malkhout en bas et pour le Ramh'al, ils sont aussi en haut dans le Réchimou: -1/ l'idée de la Malkhout en tant que racine des êtres inférieurs -2/ l'idée de la Malkhout en tant que Makom pour donner la possibilité aux êtres inférieurs d'exister. Ce que l'infini ne pouvait leur donner. Il est appelé ''espace'' mais ce n'est pas un espace physique. L'espace s'est révélée dans le Tsimtsoum car les Séphirot sont de l'ordre du divin donc sans matérialité aucune. Mais en fait l'espace dont on parle est la possibilité de se révéler et d'exister. Une sorte de séparation de l'infini. Dans son ''esprit'', D-ieu a donné à l'idée de la création de se révéler comme un homme qui de célibataire devient un homme marié, il a dans son esprit une toute autre manière de penser, il luit faut admettre maintenant qu'il vit à deux et avec toutes les conséquences que cela entraîne. Le désir en fait crée un espace cérébral. Ainsi D-ieu crée un espace limité pour ses Séphirot qui vont donner naissance à toutes les créatures. Cet espace étant ce Réchimou, une empreinte de quelque chose qui existait déjà auparavant. D-ieu a retiré l'infini d'une force, d'une réalité qui se révèle alors et qui va donner naissance aux dix Séphirot.
Que signifie ''H'allal'', ''espace vacant''? Il ne s'agit pas de vide réellement mais plutôt d'un principe de réception pour pouvoir percevoir. C'est un niveau qui donne la possibilité à d'autres de résulter à partir de lui. La Malkhout de Atsilout donne la possibilité à d'autres mondes de résulter à partir d'elle. La Malkhout est comme une femme qui va donner des enfants. Elle a une matrice qui va faire sortir des enfant de même que la terre qui reçoit la graine pour faire pousser des plantes. Ainsi la Malkhout est un espace d'où va procéder la création. Mais tout le temps que cet espace n'a pas sorti les mondes, on peut dire qu'il est vide dans le sens qu'il ne contient pas encore ce qu'il va sortir. Et lorsque cet espace sortira les mondes, on dira que ce H'allal est rempli. ''Vide'' veut dire qu'il n'a pas encore révélé son potentiel et ''rempli'' veut dire qu'il a sorti en acte son potentiel.
Tout le temps que l'infini dominait, il y avait une perfection partout. Une fois que cet infini s'est retiré, la Malkhout s'est révélée. Cette Malkhout, ce Réchimou est appelé ''vide'' car il n'a pas encore révélé ce qu'il contient. Cette Malkhout est capable de faire sortir donc de contenir et puisqu'elle n'a pas encore sorti et révélé les mondes, elle est appelée ''H'allal'' ''vide'' mais attention elle n'est pas réellement vide car en vérité il y a la racine, le Réchimou de tous les mondes qui vont sortir à l'intérieur de cet espace. En vérité, il ne s'agit seulement que d'une empreinte de monde comme les gènes des mondes futurs. Il s'agit d'un souffle imperceptible, pour cela on le défini comme ''vide''. D'après le Ramh'al, la réalité des Séphirot n'est que dans leur révélation. Car en vérité la lumière des Séphirot est de l'ordre du divin, donc elle existe tout le temps. Ce qui est nouveau dans la Séphira est sa révélation. Et donc même si cet espace primordial est rempli, il est considéré comme vide par rapport au Eïn Sof qu'il a quitté car avant le Tsimtsoum, il n'y avait qu'un espace infini, cet espace même était contenu dans l'infini et il n'y a pas besoin de compléter, d'ajouter. Donc ce n'est pas un espace vide mais un espace plein. Mais puisque cet espace primordial a besoin d'être révélé, pour cela il est appelé ''H'allal''. Pour cela, lorsque le Kav, le rayon descend dans le Réchimou pour révéler les Séphirot, nous dirons qu'il a rempli le H'allal. Adam Kadmon remplit tout le H'allal par les dix Séphirot.
Quel est le besoin de dire que par rapport au Eïn Sof, il s'appelle H'allal, ''vide'' alors qu'il n'est pas vide? Deux raison: -1/ car c'est un vide qui est relatif par rapport au Eïn Sof. -2/ puisque le potentiel qui est enfermé dans cet espace doit se révéler, il y a besoin donc d'une complétude, il s'appelle pour cela H'allal. Il est appelé ''vide'' car il doit recevoir quelque chose.
Pourquoi avoir besoin de comparer ce vide à l'infini puisque nous savons qu'il s'appelle ''vide'' du fait qu'il doit se compléter? Car en vérité, cet espace primordial est rempli de Réchimou et Il n'y a pas besoin de l'appeler H'allal mais quand je parle de ce qu'il contient, pour lui donner le titre de ''vide'' il faut le comparer au Eïn Sof. Par rapport à son état antérieur qui était rempli, il s'est vidé et donc relativement, il est appelé ''vide'' car l'infini ne se trouve plus en lui comme auparavant. Et maintenant il y a la possibilité aux mondes d'exister. Il y a dans cet espace, une fine une pellicule qui l'a rempli. Cette fine pellicule est appelé le Réchimou où tous les mondes sont inclus dedans.
Ces deux définitions du vide sont par rapport au passé qui est le Eïn Sof et du futur qui est la révélation de tous les mondes.



Rav Mordékhaï Chriqui 
Retranscription Rav Michael Smadja

Publié par Blog Rabbi Moche Haim Luzzato 
Vous pouvez partager ce texte à condition d'en respecter l'intégralité et de citer la source: http://la-source-des-sagesses.blogspot.fr/





Vous appréciez ce site et voulez soutenir mon travail ?
Vous pouvez contribuer à la continuité de ce site en faisant un Don libre par PayPal, ....
Avec toute ma gratitude

samedi 27 octobre 2018

La Kabbale du Ramh'al - l'unité de l'infini

La Kabbale du Ramh'al
1/ l'unité de l'infini

Par l'étude et l'approfondissement des notions de Kabbale, se fait certainement la réparation de la présence divine, de la gloire divine qui est le trône de gloire et la royauté dans ce monde. Cette forme d'étude est l'ordre véritable de la réparation car l'éclaircissement de toutes ces notions révèle son ordonnancement. Par l'éclaircissement de toutes ces notions, le mal se rabaisse et l'ordre de la conduite supérieure se révèle. Tant que le mal agit, l'ordre de cette conduite est caché. Par l'affaiblissement de la puissance du mal, se révèlent les secrets de la Torah qui vont agir et parfaire la réparation du monde.

« lorsqu'il est monté à sa volonté de créer les mondes...» débutent ainsi les paroles du Ari sur l'explication du Tsimtsoum, de la restriction primordiale. Nous voyons que le Ari n'a voulu commencer son explication qu'à partir de cette volonté et non avant. « au commencement, a créé élokim...» c'est-à-dire les Séphirot, les mesures de cette restriction de l'infini qui sont les racines de toute la création. Ces mêmes Séphirot qui se révèlent dans cette ''cavité'', cette restriction par l'intermédiaire du ''Kav'', de ce rayon de l'infini qui s'introduit dedans. Par cette ''action'', se font des ''cercles'' à l'intérieur selon la forme de cette ''cavité''. Se révèlent alors les dix Séphirot'', les dix mesures de sa pensée infinie, qui sont les dix paroles de la création.

Qu'elle est cette notion de ''volonté divine première''?
Avant d'être appelée '' celui qui est la source de l'émanation divine'', ''Mahatsil'', cette volonté est appelée ''l'infini''. Pour le Ramh'al, la volonté est le ''Eïn Sof'', l'infini, le sans fin et donc, en aucun cas, la Kabbale ne s'occupe de la nature même de Dieu mais uniquement de sa ''volonté''. Il y a deux sortes de volonté: 1/ une volonté de l'ordre de l'infini 
2/ une volonté de l'ordre du fini, liée à une finalité, un but. Cette deuxième volonté n'apparaît qu'après la restriction de l'infini. Car un but est en soi une limite. Avant la restriction de l'infini, la volonté n'a pas de limite, elle s'appelle alors ''la volonté sans fini, sans but''. Cette volonté est une force, une sorte de ''lumière'' qui s'épanche sans limite, sans but qui ''remplit le tout''. Rien n'est vide de cette volonté. Et nous ne parlons jamais de la nature même de Dieu mais uniquement de sa volonté infinie. Dieu est au-delà de sa volonté, il n'est pas un intellect supérieur comme certains philosophes veulent l'appréhender.
Pour le Ramh'al, la Kabbale ne s'occupe en aucun cas de la nature divine et toutes les qualités que la Torah et la Kabbale utilisent comme la ''miséricorde'', la ''bonté'', la ''rigueur''... au sujet des Séphirot, ne définissent en aucun ses qualités. Ces qualités ne sont que les mesures de cette volonté qui se révèle et non de la volonté sans fin. Ces qualités ne sont que des révélations que nous pouvons percevoir telles que le souvenir ou la guerre qui ne sont absolument pas des qualités divines mais des expressions de sa volonté qui se révèlent dans l'histoire du monde. Le ''souvenir'' est ce que je comprends de l'action qui se révèle et n'a rien à voir même avec sa volonté finie bien que pour le Ramh'al, la ''lumière'' est une révélation de sa volonté. La différence entre l'infini et le fini est que l'infini ne se révèle pas alors que le fini se révèle car en vérité la révélation elle-même est une limite car elle se fait dans un temps précis ou un endroit précis. La volonté passe alors du sans-fin qui ne peut se percevoir à la volonté fini qui elle peut être perçue.

Pour passer de la volonté sans fin à la volonté révélée, il faut passer par une étape qui s'appelle le Tsimtsoum, la restriction. Ce principe est une sorte de pont de passage si l'on peut s'exprimer ainsi, un transpondeur du non-révélé au révélé. Lorsque le Ari exprime ainsi « lorsqu'il est monté à sa volonté...» de quelle volonté parle t-il? C'est une volonté qui se tient justement entre le sans-fin et le fini car le fait d'avoir la ''volonté de créer'' est déjà une limite!
Soit le Tsimtsoum est lui-même cette ''montée de volonté'', cette envie des ''eaux féminines'' qui se réveille du bas vers le haut ou bien nous pouvons expliquer que cette volonté de créer est ce qui va être le déclencheur du Tsimtsoum. Il y aurait donc une Torah qui serait avant le Tsimtsoum!

Le Ramh'al explique qu'il y a trois niveaux dans le Tsimtsoum et cette volonté de créer qui n'est pas le Tsimtsoum proprement dit, serait le premier niveau du Tsimtsoum, au niveau du Kéter, H'okhma et Bina du sans-fin. Il y a l'engendrement du Tsimtsoum qui s'appelle les ''7 Séphirot inférieures'' et tout ce que le Tsimtsoum va engendrer, provient de ces 7 Séphirot inférieures. Tout ce qui est avant cet engendrement est du niveau de Abba et Ima, c'est-à-dire H'okhma et Bina et au-dessus d'eux Kéter. Ce Kéter étant cette volonté de créer.
Il y a trois niveaux dans la volonté de créer: 
1/ volonté de créer une résidence dans ce monde
2/ volonté de faire le bien 
3/ volonté de révéler l'unité divine.
Ce troisième niveau est le but extrême de la création où il n'y a rien d'autre que lui et même le mal qui apparaît comme étant son contraire ne provient que de lui. Le mal est donc le bien lui-même car il vient pour révéler l'unité divine. Toutes les créatures étant l'expression des Séphirot et cette expression qui se perçoit dans les mondes, inclus aussi le mal. Le mal lui-même est un maillot essentiel dans la révélation de l'unité divine. En vérité, tous les événements, tous les moments, toutes les créatures sont liés entre eux pour un seul but, la révélation de l'unité divine. La création n'a pas été créée pour elle-même mais pour révéler uniquement la présence divine.

Cette révélation de l'unité divine de l'infini se fait alors par gradation. Cette gradation est appelée ''la brisure''. Le Tsimitsoum étant appelé par certains sages la ''première brisure'' de la même manière que la brisure des vases est appelée le deuxième Tsimtsoum. Cette brisure est pour les besoins de la révélation. Il y a alors dix Séphirot puis nombre de mondes pour arriver aux créatures qui vont alors se parfaire pour révéler l'unité divine. Le peuple d'Israël a en lui cette centralité dans la révélation, les autres peuples étant des ''revêtements'' qui vont aussi permettre cette révélation de l'unité divine. Le processus va passer par la création de tous les mondes.
Pourquoi Dieu veut-il révéler son unité par l'intermédiaire de ses créatures? L'unité divine ne se révèle que par l'annulation du Tsimtsoum, l'annulation des limites du corps et ce n'est qu'à ce niveau d'adhésion à Dieu que se trouve la réponse à notre question. L'assemblée d'Israël est la Noukva de la création, l'adhésion d'Israël à Dieu est la situation de face à face entre le petit visage et la Noukva. Le Tsimtsoum est la situation de séparation de ces deux états que sont le petit visage et Noukva. Le Tsimtsoum est la révélation des limites qui sont inclues dans l'infini. Bien que la limite est le contraire de l'infini, celui-ci la contient. Il n'y a rien qui est en dehors de lui et même ce qui se trouve en dehors de son inifnitude et qui est appelé ''contre lui'', est lui-même et donc même le mal est inclus dans cet infini. C'est en le ré- incluant dans l'infini qu'il perd de son pouvoir de séparation c'est-à-dire en lui enlevant ses limites (bien-mal) qu'il va perdre de son pouvoir de séduction.

Il y a deux voies devant l'homme, celle de l'arbre de vie et celle de l'arbre de la connaissance. L'arbre de vie est un chemin sans mal, sans calcul. Ces notions de mal et de calcul sont engendrées par la voie de l'arbre de la connaissance, qui est la voie de la perception des choses par leurs contraires et donc leurs limites. Je comprend le bien parce qu'il y a le mal, le chaud parce qu'il y a le froid, la vie parce qu'il y a la mort.... en vérité, il y a une perception en dehors des limites, il y a le bien sans le mal, la vie sans la mort. Cette perception des choses qui ne passe pas par le contraire et donc par la limite, est le chemin de l'arbre de vie qui ne se perçoit que par la voie de l'unité divine, sans dualité, sans les limites du corps et de sa perception. Le mal anthologique est la séparation, le règne du multiple, de la dualité et donc le bien est le retour à la perception de l'unité en dehors des barrières créées par les sens. Ce bien étant appelé la ''perfection''.




Rav Mordékhaï Chriqui 
Retranscription Rav Michael Smadja

Publié par Blog Rabbi Moche Haim Luzzato 
Vous pouvez partager ce texte à condition d'en respecter l'intégralité et de citer la source: http://la-source-des-sagesses.blogspot.fr/




Vous appréciez ce site et voulez soutenir mon travail ?
Vous pouvez contribuer à la continuité de ce site en faisant un Don libre par PayPal, ....
Avec toute ma gratitude