vendredi 20 juillet 2018

9 Av, La réparation de la Malkhout



La réparation de la Malkhout ( la Royauté )


La conduite de la dualité et la conduite de l'unité
Il est possible d'expliquer les événements par le prisme de la récompense et de la punition où le bien vient par l'acte positif que j'ai accompli et où le mal vient par l'acte négatif que j'ai accompli. C'est d'après le Ramh'al, le chemin du bien c'est-à-dire la direction de l'accomplissement du bien où Dieu crée le monde pour lui prodiguer le bien. C'est une direction que Moshé définit ainsi:'' tous ses chemins sont jugement, c'est un Dieu intègre où il n'y a pas de faute, il est juste et droit''. Cette perception est appelée la ''conduite du jugement'', la conduite de l'arbre de la connaissance du bien et du mal où l'homme est le centre de la création. Mais il y a une autre direction, la conduite de l'unité, la conduite de l'arbre de la vie éternelle où Dieu agit selon sa volonté, indépendamment des actes des hommes, ''je frappe et je guéris'', où Dieu est le centre de la création. Quel est le sens à cette conduite? Il est évident qu'il y a un but à cette conduite: la réparation de la création qui passe par la perfection des créatures afin de pouvoir recevoir son unité. Ce sont les deux chemins que le Ramh'al explique dans DAAT TEVOUNOT et dans DEREKH HACHEM.

La perception du mal comme élément fondateur de ces deux voies
La conduite du jugement est la conduite des prophètes qui vont diriger ainsi le peuple. Mais cette manière de gouverner ne va pas tant que cela exceller car le mal est résistant. Cette conduite ne peut amener l'homme à la perfection et donc à la réparation du monde car par cette conduite soit le mal disparaît soit il est sous la domination du bien mais cela reste dans une perception duelle. Dieu en réalité veut que le mal se transforme en bien afin de percevoir que la royauté divine est partout. Nous ressentons l'exil de Yishmaël comme une grande plaie. Le Zohar prédit qu'à la fin des temps, Yishmaël va réveiller de grandes guerres dans le monde.

Le mal en tant que révélateur de l'unité divine
Nous pouvons voir Yishmaël comme un moyen de nous ramener à Dieu en nous tournant vers lui pour qu'il nous sauve. Mais selon la conduite de l'unité même Yishmaël a une part comme le mal en lui-même, a une part dans la réparation du monde. Il est là aussi pour révéler l'unité divine. Il n'y a aucun acte ou événement qui apparaît dans le monde qui ne vient pas réparer et révéler l'unité divine. Même si extérieurement les actes apparaissent être le contraire de la providence divine qui est le bien parfait comme la situation du juste qui souffre ou du méchant qui est heureux. Cette perception est due à la conduite du jugement où tout semble aller selon une justice causale où le bien entraîne le bien et le mal entraîne le mal. Même Moshé Rabbénou ne comprenait pas cette conduite lorsqu'il voyait le peuple souffrir « pourquoi fais tu du mal à ce peuple?» ''Zéïr Anpin'', le ''petit visage'' étant le mystère de cette conduite. Dieu est droit mais derrière cette conduite où le jugement en est le moteur, il y a une autre conduite qui est celle de la révélation de l'unité divine qui doit passer par l'expression du mal afin de le faire revenir au bien. Dans la perception humaine, le bien doit triompher du mal, il doit le vaincre et le soumettre. C'est la perception de la dualité qui amène à cette perception, la voie de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Moshé est la réparation de la connaissance, du DAAT de même que le Messie. Le premier homme, par sa faute a détérioré cette faculté qu'est le DAAT jusqu'à ce que vienne Moshé Rabénou qui a fait descendre la divinité dans ce monde de la matière par l'intermédiaire de la Torah. Celui qui se plonge dans la Torah, se colle à Dieu. La Torah étant une partie de l'existence divine. Moshé a créé le lien du bas vers le haut. Aucun homme n'a pu arrivé à son niveau. Même les patriarches ne faisaient que recevoir la révélation divine, ils ne répondaient pas à Dieu car il y avait une imperfection dans le DAAT. Yishmaël reçoit du haut vers le bas mais non le contraire car il n'a pas de DAAT. ''restez ici avec l'âne''

la connaissance vraie passe par la foi
Nous éclaircissons notre foi par le DAAT comme il est dit ''EMET VÉ ÉMOUNA'' ''la vérité et la foi''. Il faut une révélation de la Torah vraie afin de ressentir la foi.
''je suis HACHEM et je fais tous ces actes'' et donc même le mal c'est Dieu qui le programme, c'est lui qui le réalise, qui le fait exister. Le mal est capable de détruire l'existence, il est capable de refroidir tous les enfants d'Israël dans leur service divin. Alors il est possible de croire que le mal est une force indépendante, croire au SATAN une force que Dieu a créée et qui s'est révoltée, dirigeant lui-aussi le monde. Et tout le travail de l'homme serait de le combattre afin de l'éradiquer. C'est cela la croyance des musulman. Chez les juifs, ce n'est pas ainsi. La foi dans l'unité nous révèle qu'il n'y a pas de place pour le SATAN. C'est JOB qui a révélé la notion du SATAN. Dans la Torah, il n'est pas mentionné la notion du SATAN. Il est vrai qu'il y a une force qui s'appelle le mal mais dire que celle-ci a une indépendance, une autonomie est une erreur. C'est un chien méchant mais qui a toujours une laisse. Et c'est cette chaîne qui va augmenter ou diminuer les accusations. L'autre côté se trouve surtout dans la bouche, c'est le serpent, la mauvaise langue. Il n'a pas d'autre force et c'est Dieu qui lui donne la force. Il n'a aucune autonomie.
Nous devons réveiller notre foi en Dieu telle que nos sages la définissent. Quelle est la nature même de notre foi? Quelle est la différence entre la foi des nations et notre foi? Notre foi est singulière car Dieu nous a donnés un service divin spécifique à la réparation du monde. Mais les nations aussi ont une réparation à faire mais celle-ci se fait par la voie qui s'appelle la voie du bien et du mal uniquement, par des épreuves et des souffrances. Il n'y a pas une créature qui n'est pas là pour réparer le monde. Mais Dieu nous a donnés le Shabbat et la Torah, la voie de la sérénité. C'est la différence, c'est le chemin de la réparation qui se fait avec conscience. Notre travail est la réparation de manière consciente:''EMET VÉ ÉMOUNA''. Pour cela, il faut se connecter à tout événement, il faut que chaque action soit pour nous une Mitsva. Chaque acte doit être un moyen de se rapprocher de la présence divine. Les nations n'ont pas cette proximité divine, elles peuvent servir Dieu en tant que ''serviteur'', agir en tant qu'esclave, étant soumises tout en état dans une conscience séparée de lui mais elles ne peuvent faire le service du roi. Israël fait son travail, nous sommes ses envoyés comme il est dit ''l'envoyé est comme l'envoyeur'', devenant UN avec lui. Dieu a créé le monde manquant, imparfait et c'est NOUS qui devons le rendre parfait, le compléter.
C'est ce qu'il faut maintenant expliquer: la réparation de la royauté, de la MALKHOUT, la réparation de la Chékhina, de la présence divine. Il y a un niveau que le maître du monde n'a pas réparé comme le verset enseigne ''que Dieu a créé pour faire'' il a créé le monde incomplet et c'est à l'homme de le compléter, de compléter ce niveau qu'est Shabbat, le mystère de la MALKHOUT en transformant tous nos actes profanes en actes divins. L'homme dans la plus grande majorité de sa vie n'agit que par intérêt personnel et même ses Mitsvot sont de l'ordre du profane car mues par un intérêt personnel. Nos sages nous enseignent le contraire non seulement que nos Mitsvot sont mues par un désintéressement total mais mêmes nos actes profanes aussi: manger, travailler, dormir deviennent des actes divins. Et pour cela, il faut dominer les pulsions du corps pour faire dominer l'âme sur le corps: les actions du corps étant réveillées par la Néchama et non par le corps. Manger non pas parce que le corps le désire mais afin de révéler la présence divine dans ce monde par l'intermédiaire de la bénédiction, de la mastication, de la digestion....
il ne faut pas percevoir que manger est un moyen pour que le corps soit fort afin de servir Dieu, dormir afin d'être en forme le matin car ceci n'est qu'un moyen pour arriver au bien mais l'acte lui-même n'est pas en lui-même bien et si le corps pouvait se passer de manger ou de dormir, il faudrait alors s'en passer. Et c'est ce que le Ramh'al explique sur la différence entre le pur (celui qui mange pour les besoins du corps) et le saint (celui qui mange alors que le corps ne réclame plus rien). Pour le pur, la matière est obligatoire pour vivre mais le saint perçoit la matière différemment. Manger boire dormir sont des actes divins, ce sont des actes qui vont permettre à Dieu de se révéler dans ce monde, dans MON monde. Mon corps devenant une partie d'un corps universel qui est mu par une force qui se révèle dans toute la création. Et alors il n'y a aucune différence entre manger et mettre les Téphilin pour celui qui a sanctifié son corps. Mais celui qui est d'un niveau moindre mais qui a quand même purifié son corps, celui-ci a toujours des pulsions spécifiques et il faut les combler en mangeant en buvant et en dormant. À ce niveau, ses actes ne sont pas de l'ordre d'une Mitsva telle que la Torah nous la définit. Ces actes sont toujours commandés par le corps bien qu'il les dirige vers Dieu. C'est la voie du bien et du mal où tout acte est réalisé avec un intérêt matériel. Le véritable service divin est le dévoilement de la Malkhout divine dans ce monde et ceci passe par tous nos actes, en arrêtant nos moindres pensées issues d'une illusoire autonomie qui ne sont en fait que la matérialisation d'une domination du corps sur l'âme. Lorsque je mange, je réveille en moi l'énergie divine. Lorsque je dors, je révèle le divin d'une autre manière que lorsque je suis éveillé. Ce travail de la nuit ne peut se faire tout le reste de la journée. Même dans l'inconscience du sommeil, Dieu est présent et celui qui arrive à s'extraire de la conscience de ses sens, il pourra alors s'éveiller dans une conscience universelle au-delà du corps. Selon les Mékoubalim, même dans le sommeil lorsque les yeux sont fermés, il y a une lumière divine qui s'occupe de l'homme qui est le Kéter supérieur, le CHEM AB, le nom divin dont la valeur numérique est 72 qui est dans le mystère de la grande réparation qui se fait au moment du sommeil. La lecture du Shéma du coucher est même plus forte que la lecture du Shéma du matin. La force du Shéma du matin vient de sa préparation à la AMIDA. La lumière de la nuit vient du nom de 72 et de même que quelqu'un qui dort est sûr d'être vivant ainsi celui qui est mort est toujours vivant. Mais en vérité même éveillés nous sommes dans un état de mort clinique car en exil, la Néchama n'agit pas, elle est complètement anesthésiée par les pulsions du corps et un corps sans âme est un corps mort. Nous parlons du niveau de Néchama qui était éveillée au temps du temple construit. Au moment de la destruction du temple a été annulée la prophétie car les Néchamot ont été annulées. Tout ce que nous percevons maintenant ne provient que de notre intellect qui construit des logiques à partir des sens. Alors nous n'atteignons que la forme extérieure, la couleur et l'image qui nous est transmis par nos sens, par notre perception sensitive mais si nous utilisions l'intellect pur alors nous percevrions la véritable forme intérieur divine.
Par la Torah du YIH'OUD, de l'unité du Ramh'al et de la Torah de la Kabbale du Ari Zal et du Zohar de Rabbbi Shimon bar Yoh'aï, la lumière divine va de nouveaux éclairer et nourrir les âmes. Cette lumière atteint et n'atteint pas. Cette lumière n'arrive pas directement à la Néchama si nous la réveillons par la Torah et les Mitsvot car notre esprit est faible. Mais si nous réveillons notre conscience par une étude approfondie de la foi en un Dieu unique, dans la voie de l'arbre de vie qui nous plonge dans une unitude totale, alors nous atteindrons la sainteté et nous aurons une perception des secrets de la création et de la providence divine. Il n'y a pas de moment où un homme ne peut percevoir cette perception des mystères de la création. Ils sont devant l'homme à tout moment de sa vie et alors il vivra cette unitude de manière parfaite. La Torah du Ramh'al est la voie de la vie, il comprendra par cette voie comment se construit le monde. La foi dans l'unité divine n'est pas une simple philosophie, elle ne peut être perçue par la voie de la dualité, par la voie de la connaissance du bien et du mal, par le chemin de la récompense et de la punition, par le chemin de la limite. La foi dans l'unité est droite sans atermoiement. Il n'y a aucun doute dans le Zohar, dans la Kabbale, dans la foi. Le Ari Zal dit que la Torah orale se révèle par l'intermédiaire des âmes qui s'appellent la ''génération des dispersés'' et la Torah écrite par les âmes qui s'appellent la ''génération du déluge''. Les âmes de la génération du déluge vont être réparées au temps de Moshé par ces âmes qui ont été noyées dans le Nil, Noah étant Moshé. La corbeille de Moshé et l'arche de Noah représentent le même niveau de Malkhout qui protège cette même âme qui va être l'âme du Messie. La génération de la dispersion est la génération de la dispute avec Dieu et qui va être réparée par la génération de la dispute dans la Torah. Il y a par la dispute du Talmud une réparation de la dispute contre Dieu. Cette réparation se fait par le DAAT, la connaissance mais cette connaissance sans la foi n'est rien, c'est Essav qui est devenu un élohim, un dieu. Il faut devenir comme un animal dans la connaissance, annuler sa connaissance pour la mettre au service de Dieu et ceci passe par la foi. Le Ramh'al explique que les âmes qui réparent ce monde sont du niveau des six mesures, des six Séphirot inférieures, les six principes de la création, les six premiers jours mais sans la Malkhout qui est représentée par le septième jour, le jour du Shabbat, alors la réparation ne peut arriver à son but. Les six ordres de la Michna représentent la réparation des six principes inférieurs mais ceci, il faut le diriger par l'unité vers le Shabbat qui est le grand principe de la Malkhout. Celui qui s'occupe des six principes sans les diriger vers le Shabbat, mourra car il l'aura profané. Il n'aura pas relier les forces de ce monde à sa source divine. La faute montre que l'homme veut utiliser les six principes, veut vivre les six mille ans de ce monde. Lorsque le temple était construit, tous les jours étaient du niveau de Shabbat, le chemin du repos, de la sérénité. C'est le niveau de la Malkhout. Il y a des Néchamot qui viennent pour la réparation du Shabbat. Elles viennent réparer l'unité divine par le moyen de la ÉMOUNA, par le moyen de la foi, par la voie de la Malkhout. Et il y a des Néchamot qui viennent pour réparer le monde par la voie de la récompense et de la punition. C'est la différence qu'il y a entre les six principes et la Malkhout. Par quelle manière réparer la création? Soit par le travail dans ce monde, la voie de la causalité où mon acte est le déclencheur soit par la Malkhout où Dieu est omniprésent et où mon acte n'est autre que son acte. Mon travail étant de raccorder ma conscience à sa volonté. C'est le travail du Tsadik d'après le Zohar. Les autres peuvent devenir des justes mais la majorité du temps, ils vivent dans cette impression de ''c'est ma force et la puissance de mes mains qui me font vivre'' et même s'ils ne le disent pas mais leurs actes montrent cette perception de la vie. La voie de la ÉMOUNA est tout autre. La force de cette ÉMOUNA est au-dessus de la H'okhma, elle se trouve dans le Kéter et alors se révèle l'acte de la ÉMOUNA, le renforcement de la lumière sur les Néchamot.
H'okhma est l'association de deux mots ''Koah' Ma''''la force est quoi?'' la sagesse est dans la compréhension que notre force n'est rien. Le mot ''Guéoula'' ''délivrance'' a la même valeur numérique que le mot ''Ma'' ''quoi'' de 45. c'est-à-dire que la délivrance ne se révélera que par le fait que nous percevions que notre force ne vient pas de nous.
La réparation de la Malkhout ne va se faire que par le travail des Néchamot. C'est cela la fonction de la réincarnation d'après le Ramh'al dans la voie de l'unité. Alors que dans la voie de la récompense, la réincarnation a pour but de réparer nos fautes. Nous ne comprenons que cette voie de la dualité. La voie de l'unité n'étant pas une voie facile car elle ne nous concerne pas de manière spécifique. Mais selon cette voie, nous sommes ici pour réparer la Malkhout. Nous nous réincarnons pour révéler la gloire divine. Tout ce que crée Dieu, il ne le crée que pour sa gloire, pour rien d'autre. Et c'est par nos actions que nous pouvons exprimer cette gloire. Nous ne devons rien espérer de Dieu, c'est cela la voie de la Émouna. Espérer quelque chose sous-entend que nous sommes à son niveau, que nous méritons par notre travail. Cela est déjà une dissimulation de sa gloire. Notre seule espérance est qu'il se dévoile et par cela, nous n'existerons plus en tant qu'existence individuelle. Sa royauté passe par notre annulation. Tant qu'un être ressentira être séparé de Dieu, la gloire divine ne sera pas complète dans le monde et c'est cela la souffrance de la Chékhina. Lorsqu'un homme essaie de ressentir qu'il n'est rien que la volonté divine c'est cela la gloire de la Chékhina. S'occuper de réparer la Chékhina dans le monde est le plus beau des travaux. Ressentir la souffrance de la Chékhina est un niveau extrême dans la connaissance divine. Nous devons nous soucier que toute créature reçoive la royauté divine sur elle.
Ceci passe par la réparation des six principes inférieurs et non de la Malkhout. La notion du mal commence par la séparation des six Séphirot d'avec la Malkhout. Le côté masculin est représenté par les six Séphirot inférieures et le côté féminin par la Malkhout. Les six jours de la semaine sans le Shabbat est une aberration. La réunion de ces deux principes masculin et féminin est la complétude, la Malkhout devenant le Kéter, la royauté devenant la couronne. La sérénité ne se réveille que par l'adhésion à Dieu et c'est cela Shabbat, c'est la Malkhout qui s'unit aux six Séphirot. Nous devons espérer un monde entièrement Shabbat. Le temple est Shabbat. Les travaux du temple sont liés aux travaux de Shabbat. Le sang des sacrifices est la réparation de l'écorce qui est représentée par Essav et la graisse des sacrifices est la réparation de l'écorce qui est représentée par Yishmaël. C'est cela la puissance du temple, la réparation de toutes les créatures de ce monde. Les quatre niveaux de la création étaient représentés dans le temple: le minéral, le végétal, l'animal et l'humain. C'est le chemin de l'unité mais il y a aussi le chemin de la connaissance, de la souffrance, de la guerre, de la subsistance... et même dans le sacré, il y a ces deux voies, la voie de la connaissance et la voie de l'unité.

av Mordékhaï Chriqui 5778
Retranscription Rav Michael Smadja
Publie par la Source des sagesses


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jeudi 19 juillet 2018

9 Av, se reconnecter a la Chehina

9 Av, se reconnecter a la Chehina



sur le verset ''elle n'a pas de consolateur parmi ses aimés''
le principe de l'exil est l'exil de la Chékhina, de la présence divine. Nous sommes comme des branches de la Chékhina, ces âmes qui suivent leur mère. Comme il est mentionné dans le Zohar à propos du verset ''renvoyer tu renverras la mère''. Les enfants suivent la mère et cette mère crie. Bien que nous sommes une partie d'elle où plutôt des embranchements d'elle et non elle-même. Elle n,'a pas de consolateur c'est-à-dire qu'elle n'a pas trouvé de consolateur.
Le Midrash raconte: « Le jour où les ennemis sont entrés dans la ville et ont détruit le temple, il y avait un juif en dehors de la ville qui cultivait sa terre et sa vache refusait de travailler et elle se mettait à crier sous ses coups de bâtons. Alors un ange lui est apparu et lui dit que la vache crie à cause de la destruction du temple. Et alors le juif se mit à pleurer. Deux à trois heures plus tard, la vache se releva et se mit à danser. L'homme fut très étonné alors une voix céleste lui dit ''lèves toi et laboure la terre car le Messie est né. Alors l'homme s'est levé, il s'est nettoyé le visage et retourna dans sa maison pour retourner sur Yérouchalaïm à la recherche du Messie. Alors la mère du Messie lui dit d'aller à la maison de untel où un enfant vient de naître. Il voit l'enfant et l'embrasse et chaque année il va lui rendre visite ce jour précisemment. Le nom de cet enfant est Ménah'em. Des années plus tard l'enfant meurt et sur ce fait il est dit ''elle n'a pas de consolateur (Ménah'em) parmi ses aimés''» ménah'em est l'homme qui va consoler la chékhina. Il y a de nombreuses histoires dans le Zohar de personnes qui se soucient de la Chékhina, de la souffrance du peuple, de l'exil et de la destruction de Jérusalem. Une personne qui se préoccupe réellement de la souffrance du peuple d'Israël, il est certain que la Chékhina parle par sa gorge. Mais la véritable préoccupation est loin de notre pensée car nous vivons dans un confort matériel qui nous empêche de ressentir la véritable souffrance spirituelle de la perte du temple et de l'exil. Il est vrai que nous sommes sortis physiquement de l'esclavage mais spirituellement nous sommes toujours emprisonnés dans cette perception du monde que les nations nous imposent. Ces informations, cette manière de comprendre les informations, la science ne sont elles pas la plus grande des prisons psychiques? C'est cela le véritable exil de la Chékhina. La Chékhina est la partie la plus profonde de l'homme, c'est une partie de sa Néchama. Lorsque la Néchama n'est nourrie que de pensées vaines et futiles c'est à ce moment que la Chékhina est en exil. Où sont les pensées de l'homme, où sont ses centres d'intérêt, où sont ses préoccupations? Il ne se soucie que de son confort matériel. Ses pensées sont emprisonnées dans un carcan produit par les énergies pulsionnelles de son corps réveillées par les sens au contact du monde extérieur. L'homme a un Néfech, une âme animale pour faire vivre le corps qui se trouve dans le foi et il a aussi un Rouah' qui se trouve dans le cœur et la Néchama qui se trouve dans le cerveau. Celle-ci est entièrement sainte, au-delà des contingences de ce monde alors que le Rouah' est l'intellect de l'homme. Et de quoi s'occupe l'intellect? Même lorsque l'intellect s'occupe de Torah, il n'est qu'au niveau d'une Torah matérielle perçue par nos sens et nos pulsions. C'est une Torah qui nous est propre, qui nous touche personnellement dans notre vie de tous les jours, elle s'occupe de choses qui sont liées aux six Séphirot inférieurs, à Zéïr Anpin, c'est la Torah du corps, c'est la Torah de l'exil. Ce n'est pas la Torah de Dieu qui est du niveau de Arikh' Anpin, des grands cerveaux ''HaBaD''. La Torah de Dieu est une Torah d'adhésion à l'unité divine, une Torah spirituelle, divine. La Chékhina est liée au consolateur. Où est ce consolateur? Il est en nous mais nous dormons. Notre esprit n'est relié uniquement à la matérialité. Dieu amène de grandes épreuves dans le monde afin que nous nous préoccupions au minimum de l'âme animale, du Néfech. Les souffrances sont beaucoup plus efficaces que dix livres de Moussar. Une mauvaise nouvelle peut atteindre beaucoup plus en profondeur les recoins de l'âme que les réprimandes car l'homme ne se préoccupe plus de son Néfech, de son corps et de tout ce qu'il a. Il comprend que tout cela est dérisoire, il ne s'occupe à ce moment plus que des problèmes de sa Néchama, comment revenir à l'adhésion divine. Le peuple d'Israël n'a jamais connu de tranquillité, de sérénité afin de révéler le bien qu'il y a en lui. La lumière ne peut se percevoir que de l'obscurité. Mais il y a un autre chemin pour arriver à la lumière. Si depuis le début nous nous préoccupons de l'âme, de la Néchama. C'est à cela que fait allusion le verset:'' elle n'a pas de consolateurs parmi ses aimés''. Si nous pouvions percevoir ce que nous faisons subir à la Néchama à cause des fautes, alors nous mettrions toutes nos forces pour ne plus la voir souffrir. Le Tsadik est un docteur de l'âme, le Messie est le docteur de l'âme. Aujourd'hui notre préoccupation n'est plus de soigner notre âme car nous sommes complètement plonger dans la matérialité. L'âme n'a plus de consolateur. L'âme ou la Chékhina c'est la même chose. L'homme préfère consoler son corps plutôt que son âme car les fautes ont complètement éteint la Néchama. De même qu'il y a des maladies du corps, il y a aussi des maladies de l'âme jusqu'à ce que l'âme meurt de maladie. De même qu'un malade ne trouve plus de goût à la nourriture ainsi les Mitsvot n'ont plus de goût pour lui. La Néchama étant tellement atteinte par les fautes, par l'orgueil du corps que les Mitsvot n'ont aucun effet sur elle. Les mauvaises qualités de l'esprit sont beaucoup plus pernicieuses que les fautes du corps. La colère, l'orgueil, la jalousie, la haine sont les mesures qui vont éteindre l'amour, l'envie du divin, la crainte de Dieu. Le temple est appelé aussi ''midot'' ''mesures'' qui font allusions aux Séphirot supérieures. Ces Séphirot sont les Midot, le temple et ce sont aussi l'homme. Lorsque l'homme arrive à réparer ses Midot, ses qualités, ses traits de caractère, il atteint la Kédoucha et le sacré qui est la plus haute des mesures, le Kéter. C'est le niveau du saint temple.
Qui sont les aimés de la Chékhina qui ne consolent pas la Chékhina? Le Midrash dit que ce sont les sages de la Torah qui ne s'occupent de Torah que dans leur propre intérêt, pour profiter de ce monde. Nous faisons les Mitsvot par intérêt, pour gagner le monde futur. Combien de Mitsvot faisons nous pour réparer le monde, pour révéler la gloire divine dans le monde? Tant que l'homme ne se préoccupe pas de la Chékhina, il sera en exil. Nous qui sommes censés amener la profusion de la bénédiction dans le monde et sur les nations, nous sommes sous leur joug! Pourquoi? Car nos préoccupations ne sont pas les véritables préoccupations que nous devons avoir. Qui peut bien nous sauver? Les nations où la gloire divine? Il n'y a d'autre sauveur que le maître du monde. La chékhina est la construction de toutes les Néchamot d'Israël. Lorsque le peuple est uni, alors se révèle la Chékhina. Lorsque dix hommes se réunissent, alors la Chékhina se révèle. Tout celui qui habite Israël, tout celui qui étudie la Torah, tout celui qui accomplit les Mitsvot est appelé ''l'aimé'' de la Chékhina. Mais voici que celle-ci n'a pas de consolateur, ses aimées ne se préoccupent pas d'elle. Ils ne se soucient pas d'elle. Leurs pensées ne sont pas dirigées vers elle et sa révélation dans ce monde. Si nous donnions réellement son importance à l'étude du Zohar, alors nous pourrions commencer à nous soucier de la Chékhina. La véritable maladie est la maladie de la Chékhina. En exil, dans l'exil de l'esprit, la Chékhina est malade. Les anges qui sont nommés sur les nations recevaient de la Chékhina au temps du temple mais depuis sa destruction, ces anges reçoivent leur énergie du monde profane, de l'esclave. Ils ne reçoivent plus du Kodesh. Les aimés qui ne peuvent consoler la Chékhina sont les anges Mikhaël et Gabriel qui préfèrent le peuple d'Israël et le temple à la Chékhina elle-même. Alors Dieu leur dit:'' si c'est ainsi, vous mettrez vous-mêmes le feu au temple.'' ce n'est pas les nations qui ont détruit le temple mais les anges que nous chérissons.
Il faut réveiller l'amour entre le mari et sa femme et ceci passe par la parole. La Chékhina aime lorsque l'on parle en bien de son peuple. Car qu'est-ce qui est préférable? L'étude de la Torah ou prendre la défense de son peuple. C'est la défense de son peuple. Le Zohar a le statut de ''MET MITSVA'' d'un mort qui n'a aucun parent pour l'enterrer. Rabbi shimon a révélé le Zohar qui est l'énergie vitale de la Néchama et de la Chékhina. Le peuple d'Israël en exil donne la force aux nations de nous asservir et de nous dominer. Le Zohar est au-dessus de la Torah de ce monde, au-dessus des sciences profanes qui ne se basent que sur les lois physiques. Le Zohar s'occupe des lois qui sont au-dessus de la physique, il s'occupe de la métaphysique, des lois divines qui dirigent les lois physiques. C'est le Zohar qui va nous faire comprendre de façon vraie la compréhension des choses. C'est le plan vrai du monde. Combien sommes nous dépendant de ces lois physiques et même nos sages deviennent dépendant de ces lois. Seuls ceux qui étudient le Zohar peuvent se libérer de cette prison psychique qu'est notre esprit. Le Zohar va permettre à l'homme d'utiliser toutes ces sciences profanes pour un but sacré sinon elles ne serviront qu'à renforcer son ego et cela sera la plus grande des détériorations qu'il peut y avoir dans le monde.
La guérison peut se faire par la parole, en particulier par la Téphila, la prière et l'étude de la Torah. Mais il y a une plus grande guérison: développer l'amour pour Dieu. Le Ari Zal enseigne que plus grand est le travail sur les unions (YIH'OUDIM) que l'étude de la Torah. Unir ensemble les noms divins. La plus grande des unions est AMEN, l'union du nom ''AVAYA'' qui représente les cieux, le spirituel avec ''ADNOUT'' qui représente la terre, le matériel ainsi יאהדונהי. Le nom AMEN ''אמן'' a pour valeur numérique 91, la même valeur que ces deux noms réunis, les deux noms de la foi car AMEN veut dire ''avoir la foi''. Dans l'union qui se fait dans le אמן, le AMEN du Kadish il y a d'abord le א de ADNOUT et leי de AVAYA alors que dans le AMEN des bénédictions il y a d'abord le י de AVAYA puis le א de ADNOUT. La bouche c'est la Malkhout, la gorge c'est la Bina. Le cœur de l'homme est la H'okhma, qui est le cerveau. Lorsque nous faisons les unions de ces deux noms, nous pouvons arriver à révéler la Chékhina dans ce monde et cette union ne se révèle que par l'amour divin. Cet amour qui se réveille par cette union est le véritable défenseur de la Chékhina, son véritable consolateur.
Quelle est cette notion d'unification? Dieu n'est pas UN dans son essence? En vérité c'est la révélation de Dieu des mondes supérieurs dans le monde inférieur. Il y a son essence même qui n'a aucun lien avec la création qui est impossible de définir, aucun mot ne peut le définir et il y a la notion de gloire qui émane de lui qui se révèle de lui. Ce qui se révèle de lui dans ce monde est la notion de Élokim, c'est sa gloire, c'est la création elle-même, les arbres, les pierres, la technologie...cette gloire sur terre si elle n'est pas reliée au divin, n'a pas de sens, n'a pas de but. Ce ne sont que des lois physiques qui veulent dominer de manière désordonnée. Dans cette vision, l'homme est en soi le but de la création. Mais cela est une fausse vision de la création car le monde a été créé pour révéler l'unité divine par l'intermédiaire des hommes. Celui qui pense qu'il est le centre de la création, toutes ses Mitsvot et bonnes actions ne lui sont d'aucune utilité et au contraire cela l'éloigne de Dieu car cela renforce son ego qui est le contraire du but des Mitsvot. En vérité, la première existence de la création est contenue dans le nom ADNOUT, י.ד.נ.י qui va faire exister toutes les existences. C'est l'existence de la Chékhina qui va donner vie à la forme matérielle de la création. C'est la IMA, la mère de toutes les existences. Les âmes du peuple d'Israël sont une part de la Chékhina. Nous sommes dans ce monde pour être la Chékhina, pour recevoir Dieu dans ce monde comme une femme qui reçoit de son mari pour enfanter. Ainsi le peuple d'Israël reçoit la Chékhina afin d'enfanter. La Chékhina, l'assemblée d'Israël et la Malkhout sont une seule et même notion c'est-à-dire la racine de la création. Et pour cela, il faut unir cette notion de Chékhina à sa source divine qu'est AVAYA afin de révéler l'unité divine dans la création. La Chékhina devenant le réceptacle, la matrice où la divinité va s'engouffrer afin de procréer. En fait la Chékhina est la dissimulation comme le corps qui dissimule la Néchama de même que Israël est dissimulé par les nations. Et tout cela pour révéler la création comme la graine qui est enfouie dans la terre pour la révéler. Ainsi, les dix paroles de la création sont les dix Séphirot qui représentent la Chékhina, la Malkhout du Eïn Sof. Ce sont Israël et ses dix niveaux. Ce sont les dix Séphirot de toute la création. Les nations ne veulent pas de nous, ils nous veulent cachés comme nous, nous voulons que la chékhina soit avec nous, par dissimulation. Il y a une dissimulation de l'unité divine pour laisser apparaître l'existence de la dualité. C'est cela l'exil et cet exil nous satisfait car il nous procure une autonomie qui nous plaît. Mais il est impossible que le monde perdure sans cette unité divine, de même qu'il est impossible que les nations perdurent sans Israël. Il est impossible de détruire Israël comme il est impossible de faire abstraction de Dieu. Le but est de révéler la Malkhout, la Chékhina, de faire revenir la dissimulation à la révélation. Faire revenir le dos à la face. Le dos est la conduite cachée qui doit devenir la face, la Chékhina doit se fondre à Dieu pour ne faire qu'UN et pour cela, il faut que Israël et la Malkhout ne fasse qu'un par la lecture du Shéma
Le 9 Av ( Rav M. Chriqui, 5776-2)
Réparation de la Malhout
il est possible d'expliquer les événements soit par le prisme de la récompense et de la punition où le bien vient par l'acte positif que j'ai accompli et où le mal vient par l'acte négatif que j'ai accompli. C'est d'après le Ramh'al, le chemin du bien c'est-à-dire la direction de l'accomplissement du bien où Dieu crée le monde pour lui prodiguer le bien. C'est une direction que Moshé définit ainsi:'' tous ses chemins sont jugement, c'est un Dieu intègre où il n'y a pas de faute, il est juste et droit''. Il y a une autre direction, la conduite de l'unité où Dieu agit selon sa volonté indépendamment des actes des hommes, ''je frappe et je guéris''. Quel est le sens à cette conduite? Il est évident qu'il y a un but à cette conduite: la réparation de la création qui passe par la perfection des créatures afin de pouvoir recevoir son unité.
Ce sont les deux chemins que le Ramh'al explique dans DAAT TEVOUNOT et dans DEREKH HACHEM. La conduite du jugement est la conduite des prophètes qui vont diriger ainsi le peuple. Mais cette manière de gouverner ne va pas tant que cela exceller car le mal est résistant. Cette conduite ne peut amener l'homme à la perfection et donc à la réparation du monde car par cette conduite soit le mal disparaît soit il est sous la domination du bien mais cela reste dans une perception duelle. Dieu en réalité veut que le mal se transforme en bien afin de percevoir que la royauté divine est partout. Nous ressentons l'exil de Yishmaël comme une grande plaie. Le Zohar prédit qu'à la fin des temps, Yishmaël va réveiller de grandes guerres dans le monde. Nous pouvons voir Yishmaël comme un moyen de nous ramener à Dieu en nous tournant vers Dieu pour qu'il nous sauve. Mais selon la conduite de l'unité même Yishmaël a une part comme le mal en lui-même a une part dans la réparation du monde. Il est là aussi pour révéler l'unité divine. Il n'y a aucun acte ou événement qui apparaît dans le monde qui ne vient pas réparer et révéler l'unité divine. Même si extérieurement les actes apparaissent être le contraire de la providence divine qui est le bien parfait comme la situation du juste qui souffre ou du méchant qui est heureux. Cette perception est due à la conduite du jugement où tout semble aller selon une justice causale où le bien entraîne le bien et le mal entraîne le mal. Même Moshé Rabbénou ne comprenait pas cette conduite lorsqu'il voyait le peuple souffrir ''pourquoi fais tu du mal à ce peuple?'' Zéïr Anpin étant le mystère de cette conduite. Dieu est droit mais derrière cette conduite de jugement, il y a une autre conduite qui est celle de la révélation de l'unité divine qui doit passer par l'expression du mal afin de le faire revenir au bien. La perception humaine veut que le bien triomphe du mal. C'est la perception de la dualité qui amène à cette perception, la voie de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Moshé est la réparation de la connaissance, du DAAT de même que le Messie. Le premier homme ayant détérioré cette faculté qu'est le DAAT jusqu'à ce que vienne Moshé Rabénou. Il a fait descendre la divinité dans ce monde de la matière par l'intermédiaire de la Torah. Celui qui se plonge dans la Torah, se colle à Dieu. La Torah étant une partie de l'existence divine. Moshé a créé le lien du bas vers le haut. Aucun homme n'a pu arrivé à son niveau. Même les patriarches ne faisaient que recevoir la révélation divine, ils ne répondaient pas à Dieu car il y avait une imperfection dans le DAAT. Yishmaël reçoit du haut vers le bas mais non le contraire car il n'a pas de DAAT. ''restez ici avec l'âne''
Nous éclaircissons notre foi par le DAAT comme il est dit ''EMET VÉ ÉMOUNA'' ''la vérité et la foi''. Il faut une révélation de la Torah vraie afin de ressentir la foi.
''je suis HACHEM et je fais tous ces actes'' et donc même le mal c'est Dieu qui le programme, c'est lui qui le réalise, qui le fait exister. Le mal est capable de détruire l'existence, il est capable de refroidir tous les enfants d'Israël dans leur service divin. Alors il est possible de croire que le mal est une force indépendante, croire au SATAN une force que Dieu a créée et qui s'est révoltée, dirigeant lui-aussi le monde. Et tout le travail de l'homme serait de le combattre afin de l'éradiquer. C'est cela la croyance des musulman. Chez les juifs, ce n'est pas ainsi. La foi dans l'unité nous révèle qu'il n'y a pas de place pour le SATAN. C'est JOB qui a révélé la notion du SATAN. Dans la Torah, il n'est pas mentionné la notion du SATAN. Il est v rai qu'il y a une force qui s'appelle le mal mais dire que celui-ci a une indépendance, une autonomie est une erreur. C'est un chien méchant mais qui a toujours une laisse. Et c'est cette chaîne qui va augmenter ou diminuer les accusations. L'autre côté se trouve surtout dans la bouche, c'est le serpent, la mauvaise langue. Il n'a pas d'autre force et c'est Dieu qui lui donne la force. Il n'a aucune autonomie.
Nous devons réveiller notre foi en Dieu telle que nos sages la définissent. Quelle est la nature même de notre foi? Quelle est la différence entre la foi des nations et notre foi? Notre foi est singulière car Dieu nous a donnés un service divin spécifique à la réparation du monde. Mais les nations aussi ont une réparation à faire mais celle-ci se fait par la voie qui s'appelle la voie du bien et du mal uniquement par des épreuves et des souffrances. Il n'y a pas une créature qui n'est pas là pour réparer le monde. Mais Dieu nous a donnés le Shabbat et la Torah, la voie de la sérénité. C'est la différence, c'est le chemin de la réparation qui se fait avec conscience. Notre travail est la réparation de manière consciente:''EMET VÉ ÉMOUNA''. Pour cela, il faut se connecter à tout événement, il faut que chaque action soit pour nous une Mitsva. Chaque acte doit être un moyen de se rapprocher de la présence divine. Les nations n'ont pas cette proximité divine, elles peuvent servir Dieu en tant que ''serviteur'' agir en esclave, étant forcés tout en état dans une conscience séparée de lui mais elles ne peuvent faire le service du roi. Nous faisons son travail, nous sommes ses envoyés comme il est dit ''l'envoyé est comme l'envoyeur'', devenant UN avec lui. Dieu a créé le monde manquant, imparfait et c'est NOUS qui devons le rendre parfait, le compléter.
C'est ce qu'il faut maintenant expliquer: la réparation de la royauté, de la MALKHOUT, la réparation de la Chékhina, de la présence divine. Il y a un niveau que le maître du monde n'a pas réparé comme le verset enseigne ''que Dieu a créé pour faire'' il a créé le monde incomplet et c'est à l'homme de le compléter, de compléter ce niveau qu'est Shabbat, le mystère de la MALKHOUT en transformant tous nos actes profanes en actes divins. L'homme dans la plus grande majorité de sa vie n'agit que par intérêt personnel et même ses Mitsvot sont de l'ordre du profane car mues par un intérêt personnel. Nos sages nous enseignent le contraire non seulement que nos Mitsvot sont mues par un désintéressement total mais mêmes nos actes profanes aussi: manger, travailler, dormir deviennent des actes divins. Et pour cela, il faut dominer les pulsions du corps pour faire dominer l'âme, le corps: les actions du corps étant réveillées par la Néchama et non par le corps. Manger non pas parce que le corps le désire mais afin de révéler la présence divine dans ce monde par l'intermédiaire de la bénédiction, de la mastication, de la digestion....
il ne faut pas percevoir que manger est un moyen pour que le corps soit fort afin de servir Dieu, dormir afin d'être en forme le matin car ceci n'est qu'un moyen pour arriver au bien mais l'acte lui-même n'est pas en lui-même bien et si le corps pouvait se passer de manger ou de dormir, il faudrait alors s'en passer. Et c'est ce que le Ramh'al explique sur la différence entre le pur (celui qui mange pour les besoins du corps) et le saint (celui qui mange alors que le corps ne réclame plus rien). Pour le pur, la matière est obligatoire pour vivre mais le saint perçoit la matière différemment. Manger boire dormir sont des actes divins, ce sont des actes qui vont permettre à Dieu de se révéler dans ce monde, dans MON monde. Mon corps devenant une partie d'un corps universel qui est mu par une force qui se révèle dans toute la création. Et alors il n'y a aucune différence entre manger et mettre les Téphilin pour celui qui a sanctifié son corps. Mais celui qui est d'un niveau moindre mais qui a quand même purifié son corps, celui-ci a toujours des pulsions spécifiques et il faut les combler en mangeant en buvant et en dormant. À ce niveau, ses actes ne sont pas de l'ordre d'une Mitsva telle que la Torah nous la définit. Ces actes sont toujours commandés par le corps bien qu'il les dirige vers Dieu. C'est la voie du bien et du mal où tout acte est réalisé avec un intérêt matériel. Le véritable service divin est le dévoilement de la Malkhout divine dans ce monde et ceci passe par tous nos actes, en arrêtant nos moindres pensées issues d'une illusoire autonomie qui ne sont en fait que la matérialisation d'une domination du corps sur l'âme. Lorsque je mange, je réveille en moi l'énergie divine. Lorsque je dors je révèle le divin d'une autre manière que lorsque je suis éveillé. Ce travail de la nuit ne peut se faire tout le reste de la journée. Même dans l'inconscience du sommeil, Dieu est présent et celui qui arrive à s'extraire de la conscience de ses sens, il pourra alors s'éveiller dans une conscience universelle au-delà du corps. Selon les Mékoubalim, même dans le sommeil lorsque les yeux sont fermés, il y a une lumière divine qui s'occupe de l'homme qui est le Kéter supérieur, le CHEM AB, le nom divin dont la valeur numérique est 72 qui est dans le mystère de la grande réparation qui se fait au moment du sommeil. La lecture du Shéma du coucher est même plus forte que la lecture du Shéma du matin. La force du Shéma du matin vient de sa préparation à la AMIDA. La lumière de la nuit vient du nom de 72 et de même que quelqu'un qui dort est sûr d'être vivant ainsi celui qui est mort est toujours vivant. Mais en vérité même éveillés nous sommes dans un état de mort clinique car en exil, la Néchama n'agit pas, elle est complètement anesthésiée par les pulsions du corps et un corps sans âme est un corps mort. Nous parlons du niveau de Néchama qui était éveillée au temps du temple construit. Au moment de la destruction du temple a été annulée la prophétie car les Néchamot ont été annulées. Tout ce que nous percevons maintenant ne provient que de notre intellect qui construit des logiques à partir des sens. Alors nous n'atteignons que la forme extérieure, la couleur et l'image qui nous est transmis par nos sens, par notre perception sensitive mais si nous utilisions l'intellect pur alors nous percevrions la véritable forme intérieur divine.
Par la Torah du YIH'OUD, de l'unité du Ramh'al et de la Torah de la Kabbala du Ari Zal et du Zohar de Rabbbi Shimon bar Yoh'aï, la lumière divine va de nouveaux éclairer et nourrir les âmes. Cette lumière atteint et n'atteint pas. Cette lumière n'arrive pas directement à la Néchama si nous la réveillons par la Torah et les Mitsvot car notre esprit est faible. Mais si nous réveillons notre conscience par une étude approfondie de la foi en un Dieu unique, dans la voie de l'arbre de vie qui nous plonge dans une unitude totale, alors nous atteindrons la sainteté et nous aurons une perception des secrets de la création et de la providence divine. Il n'y a pas de moment où un homme ne peut percevoir cette perception des mystères de la création. Ils sont devant l'homme à tout moment de sa vie et alors il vivra cette unitude de manière parfaite. La Torah du Ramh'al est la voie de la vie, il comprendra par cette voie comment se construit le monde. La foi dans l'unité divine n'est pas une simple philosophie, elle ne peut être perçue par la voie de la dualité, par la voie de la connaissance du bien et du mal, par le chemin de la récompense et de la punition, par le chemin de la limite. La foi dans l'unité est droite sans atermoiement. Il n'y a aucun doute dans le Zohar, dans la Kabbala, dans la foi. Le Ari Zal dit que la Torah orale se révèle par l'intermédiaire des âmes qui s'appellent la ''génération des dispersés'' et la Torah écrite par les âmes qui s'appellent la ''génération du déluge''. Les âmes de la génération du déluge vont être réparées au temps de Moshé par ces âmes qui ont été noyées dans le Nil, Noah étant Moshé. La corbeille de Moshé et l'arche de Noah représentent le même niveau de Malkhout qui protège cette même âme qui va être l'âme du Messie. La génération de la dispersion est la génération de la dispute avec Dieu et qui va être réparée par la génération de la dispute dans la Torah. Il y a par la dispute du Talmud une réparation de la dispute contre Dieu. Cette réparation se fait par le DAAT, la connaissance mais cette cette connaissance sans la foi n'est rien, c'est Essav qui est devenu un élohim, un dieu. Il faut devenir comme un animal dans la connaissance, annuler sa connaissance pour la mettre au service de Dieu et ceci passe par la foi. Le Ramh'al explique que les âmes qui réparent ce monde sont du niveau des six mesures, des six Séphirot inférieures, les six principes de la création, les six premiers jours mais sans la Malkhout qui est représentée par le septième jour, le jour du Shabbat, alors la réparation ne peut arriver à son but. Les six ordres de la Michna représentent la réparation des six principes inférieurs mais ceci, il faut le diriger par l'unité vers le Shabbat qui est le grand principe de la Malkhout. Celui qui s'occupe des six principes sans les diriger vers le Shabbat, mourra car il l'aura profaner. Il n'aura pas relier les forces de ce monde à sa source divine. La faute montre que l'homme veut utiliser les six principes, veut vivre les six mille ans de ce monde. Lorsque le temple était construit, tous les jours étaient du niveau de Shabbat, le chemin du repos, de la sérénité. C'est le niveau de la Malkhout. Il y a des Néchamot qui viennent pour la réparation du Shabbat. Elles viennent réparer l'unité divine par le moyen de la ÉMOUNA, par le moyen de la foi, par la voie de la Malkhout. Et il y a des Néchamot qui viennent pour réparer le monde par la voie de la récompense et de la punition. C'est la différence qu'il y a entre les six principes et la Malkhout. Par quelle manière réparer la création? Soit par le travail dans ce monde, la voie de la causalité où mon acte est le démarreur soit par la Malkhout où Dieu est omniprésent et où mon acte n'est autre que son acte. Mon travail étant de raccorder ma conscience à sa volonté. C'est le travail du Tsadik d'après le Zohar. Les autres peuvent devenir des justes mais la majorité du temps, ils vivent dans cette impression de ''c'est ma force et la puissance de mes mains qui me font vivre'' et même s'ils ne le disent pas mais leurs actes montrent cette perception de la vie. La voie de la ÉMOUNA est tout autre. La force de cette ÉMOUNA est au-dessus de la H'okhmla, elle se trouve dans le DAAT et alors se révèle l'acte de la ÉMOUNA, le renforcement de la lumière sur les Néchamot.
H'okhma est l'association de deux mots ''Koah' Ma''''la force est quoi?'' la sagesse est dans la compréhension que notre force n'est rien. Le mot ''Guéoula'' ''délivrance'' a la même valeur numérique que le mot ''Ma'' ''quoi'' de 45. c'est-à-dire que la délivrance ne se révélera que par le fait que nous percevions que notre force ne vient pas de nous.
La réparation de la Malkhout ne va se faire que par le travail des Néchamot. C'est cela la fonction de la réincarnation d'après le Ramh'al dans la voie de l'unité. Alors que dans la voie de la récompense, la réincarnation a pour but de réparer nos fautes. Nous ne comprenons que cette voie de la dualité. La voie de l'unité n'étant pas une voie facile car elle ne nous concerne pas de manière spécifique. Mais selon cette voie, nous sommes ici pour réparer la Malkhout. Nous nous réincarnons pour révéler la gloire divine. Tout ce que crée Dieu, il ne le crée que pour sa gloire, pour rien d'autre. Et c'est par nos actions que nous pouvons exprimer cette gloire. Nous ne devons rien espérer de Dieu, c'est cela la voie de la Émouna. Espérer quelque chose sous-entend que nous sommes à son niveau, que nous méritons par notre travail. Cela est déjà une dissimulation de sa gloire. Notre seule espérance est qu'il se dévoile et par cela, nous n'existerons plus en tant qu'existence individuelle. Sa royauté passe par notre annulation. Tant qu'un être ressentira être séparé de Dieu, la gloire divine ne sera pas complète dans le monde et c'est cela la souffrance de la Chékhina. Lorsqu'un homme essaie de ressentir qu'il n'est rien que la volonté divine c'est cela la gloire de la Chékhina. S'occuper de réparer la Chékhina dans le monde est le plus beau des travaux. Ressentir la souffrance de la Chékhina est un niveau extrême dans la connaissance divine. Nous devons nous soucier que toute créature reçoive la royauté divine sur elle.
Ceci passe par la réparation des six principes inférieurs et non de la Malkhout. La notion du mal commence par la séparation des six Séphirot d'avec la Malkhout. Le côté masculin est représenté par les six Séphirot inférieures et le côté féminin par la Malkhout. Les six jours de la semaine sans le Shabbat est une aberration. La réunion de ces deux principes masculin et féminin est la complétude, la Malkhout devenant le Kéter, la royauté devenant la couronne. La sérénité ne se réveille que par l'adhésion à Dieu et c'est cela Shabbat, c'est la Malkhout qui s'unit aux six Séphirot. Nous devons espérer un monde entièrement Shabbat. Le temple est Shabbat. Les travaux du temple sot liés aux travaux de Shabbat. Le sang des sacrifices est la réparation de l'écorce qui est représentée par Essav et la graisse des sacrifices est la réparation de l'écorce qui est représentée par Yishmaël. C'est cela la puissance du temple, la réparation de toutes les créatures de ce monde. Les quatre niveaux de la création étaient représentés dans le temple: le minéral, le végétal, l'animal et l'humain. C'est le chemin de l'unité mais il y a aussi le chemin de la connaissance, de la souffrance, de la guerre, de la subsistance... et même dans le sacré, il y a ces deux voies, la voie de la connaissance et la voie de l'unité.
Le 9 Av ( Rav M. Chriqui, 5776-3)
la destruction du temple
Lorsque Dieu a voulu détruire le temple, il est écrit dans le Midrash:'' tout le temps que je suis à l'intérieur, les ennemis ne peuvent le toucher. Alors je vais me cacher de lui''. C'est l'expression de la séparation de la providence divine de sur le temple et de sur Israël jusqu'à la venue du Messie. Tout le temple et tous les ustensiles du temple ne sont là que pour révéler la présence divine, il s'est retiré de ses deux premiers temples car il n'est intéressé que par le troisième temple qui est de l'ordre du Kéter. Le premier temple était de l'ordre de la H'okhma, c'est le temple que le roi Shlomo a construit. H'okhma étant le mystère de la création '' béréchit « au commencement», Élokim a créé les cieux et la terre'', «béréchit» par la sagesse, par la H'okhma qui est appelée «réchit» «commencement» Dieu a créé le monde comme il est écrit le''réchit H'okhma'', le commencement de la sagesse est la crainte de Dieu'' car pour craindre Dieu d'une crainte révérencielle, il faut être très sage. Dieu a créé le monde imparfait et la H'okhma est là pour le parfaire car d'elle-même la création ne peut perdurer telle qu'elle est. C'est une création où le mal peut se matérialiser, c'est le TOHOU, le chaos. Par la H'okhma, peuvent régner alors les sept rois primordiaux. Il est possible qu'il y ai une idole dans le saint des saints. Car bien que cet endroit ai en lui une très grande sainteté, Dieu n'a pas construit sa création de manière parfaite et que le mauvais côté soit complètement repoussé, que la notion de destruction soit expulsée de la réalité, que soient repoussées les idées erronées, le Satan et l'ange de la mort. Il y a la place dans cette création afin que se tienne le mal. Il est vrai que son impureté ne se tient que dans les mondes inférieurs de la création mais par la faute du premier homme, il nous a été donné une possibilité d'introduire l'impureté dans le saint des saints, dans notre saint temple. Malgré cela, tout le temps que le temple était érigé, les ennemis ne pouvaient y pénétrer. Au moment où Dieu s'est retiré, alors les ennemis ont pu s'introduire. Le premier temple n'était pas parfait et si les enfants d'Israël avaient pu se dépasser et s'élever, ils auraient pu atteindre l'éternité.
''Lorsque tu viendras dans la terre et tu y dormiras'' cette paresse qui nous prend aujourd'hui car nous nous habituons à notre vie de tous les jours, c'est cela l’idolâtrie, c'est cela l'idole dans le saint des saints, devenir des êtres sans ambition autre que de rassasier sa petite personne, sans vouloir s'élever dans la spiritualité. Celui qui vit dans la routine laisse place au mauvais penchant.
La Hokhma a aussi une fin, c'est l'intériorité de la création, c'est l'enchaînement de tous les mondes, de la création mais ce n'est pas l'infini. Le Ramh'al dit que le premier temple devait épancher l'énergie divine dans le monde à partir de la première forme de la création qu'est la H'okhma pour amener la création au plus grand niveau qu'est le Eïn Sof, le Kéter de l'éternité là où le mal n'est que bien. Mais ce que nous puisons du temple n'est que pour les besoins de la création, pas plus. Nous voulons une vie matérielle agréable un point c'est tout. Mais est-ce que nous nous demandons vraiment la véritable question? ''nous voulons te voir, Dieu''? ''nous voulons vivre dans la maison de Dieu à jamais''?
C'est cela qu'il faut désirer, non la subsistance et le confort matériel. Car vouloir le confort matériel signifie vouloir restreindre l'épanchement divin, c'est vouloir la conduite de Zéït Anpin, c'est refuser l'infini. C'est vouloir ABBA, la H'okhma, la IMA, la Bina afin qu'elle pardonne les fautes mais cela est de refuser l'infini de Dieu et ceci déjà du temps du temple du roi Shlomo. Ils refusaient de faire épancher sur eux ce niveau du Kéter et de recevoir uniquement une perception différente de ce que la H'okhma peut révéler, la sagesse la plus élevée de Arikh Anpin. Dieu ne fait qu'envoyer son épanchement bénéfique mais lorsque celui-ci entre dans le prisme du Tsimtsoum, par l'union avec le temps qui sont appelées les unions du milieu qui sont selon le monde présent, cet épanchement se transforme en matière, en nourriture, en argent...toutes les choses de ce monde présent. Cette force qui rentre en contact avec le temps dans ce monde, peut se traduire en Torah, en crainte divine selon le niveau de l'union. Il y a des unions inférieures, des unions moyennes et des unions supérieures. Il y a aussi des unions des baisers de la bouche qui se traduisent par la H'okhma, la sagesse suprême de la Torah. Mais lorsque nous nous trouvons dans des situations de ''dos à dos'', il n'y a d'union qu'avec le mal et alors le penchant domine et c'est par son intermédiaire que la force va s'épancher dans le monde et peut résider dans le saint des saints. Et maintenant nous ne pouvons plus entrer à l'intérieur car les ennemis y sont et c'est nous qui leur avons donnés la place. Nous avons vider l'endroit de toute pureté et alors l'épanchement divin se déverse sur l'impureté par l'intermédiaire des anges du monde de la Yétsira et se transforme alors en une matérialité la plus basse. C'est cela la véritable peine de la destruction du temple où il n'y a plus d'union. La destruction du temple est la séparation de la Chékhina d'avec les niveaux d'union suprême où elle peut s'unir avec Dieu. Nous sommes orphelins et nous avons un père, nous sommes orphelins et nous avons une mère qui est la sainte Chékhina mais quelle sorte de mère? Nous avons un père mais quelle sorte de père avons nous? Dieu ne veut pas d'une union basse pour un intérêt matériel de l'homme. C'est nous qui ne voulons pas de cette union. Dieu ne veut pas des sacrifices dans la forme que nous lui offrons. Ces sacrifices qui sont approchés pour nos intérêts personnels, pour nous faire exister comme nous voulons exister, Dieu n'en veut pas. Pour cette raison Dieu a détruit le temple et a amené les Yishmaëlim sur notre terre. Il est vrai que nos fautes sont la cause proche de la destruction et de cette situation d'exil c'est-à-dire la cause compréhensible dans notre perception duelle mais la véritable raison est pour nous faire comprendre d'arrêter de se comporter dans cette forme de perception de la vie où JE suis le point central de la création, dans cette forme de la H'okhma du premier temple et de la Bina du second temple. Le troisième temple sera du niveau du Kéter où la H'okhma et la Bina ne sont pas encore séparées, où la perception est d'un niveau d'union parfaite avec Dieu et son infinitude, où l'homme n'existera plus dans ce niveau individuel mais dans un niveau universel. La réparation de la Chékhina sur terre ne peut se faire uniquement que par l'union totale avec Dieu jusqu'à percevoir et ressentir qu'il n'y a rien d'autre que lui dans la création et c'est ce qu'exige Dieu de nous. Ressentir dans tous nos gestes que seul Dieu est présent en nous, que seule sa volonté n'est volonté. Et cela passe par une abnégation de soi qui révèle des forces insoupçonnées dans l'esprit de l'homme. Cette abnégation, ce don de soi donne de la force à la Chékhina car cette abnégation annule les forces du corps. Et la Torah doit nous amener à cette perception et ceci doit passer par une Torah dépourvue d'intérêt personnel. Le Rav Lévinstein lorsque les sages se moquaient de l'étude du Moussar en prétextant que seule l'étude de la Torah amène à la vérité, leur répondait ainsi: cela est exact mais de quelle Torah parlent nos sages? De la Torah LICHMA, tournée uniquement vers la Chékhina. Il explique alors que lorsqu'il s'inquiète de savoir si son cours va être bien compris, cela n'est déjà plus une Torah LICHMA. Combien est long et difficile ce travail de s'unir à la Chékhina! Il faut de plus en plus penser de manière universelle et non de manière singulière, à notre petite vie particulière. Tous nos actes doivent être en adhésion avec la Chékhina et envers toutes les créatures de ce monde et même des autres mondes. C'est cela la véritable réparation de la Chékhina et c'est sur cette absence d'union qu'il faut pleurer., non sur des pierres. Chacun se souciant de lui-même, pas plus, n'agissant que pour lui-même, accomplissant les Mitsvot de manière automatique. Cette Torah est faible. Il faut réveiller cet amour divin dans tous nos actes, vouloir ressentir cette proximité de l'union avec Dieu comme un désir charnel. Le corps étant rempli d'une énergie divine qui dépasse notre petite conscience. Lorsqu'un homme prie avec sa bouche, prie avec son intellect, son corps est séparé de la Chékhina, il faut arriver à prier avec tous ses membres, alors le souffle de la Chékhina se réveille en lui pour l'emporter vers des niveaux de proximité divine extrême. Le roi David dit ''je suis ma prière'', Yisth'ak avinou a été le sacrifice, il n'a pas offert un sacrifice, il est devenu lui-même le sacrifice.
Le 9 Av ( Rav M. Chriqui, 5776-4)
Il faut comprendre qu'au delà de l'exil et de la destruction du temple, il y a une notion de MOHED, de fête, dans cette date du neuf Av, c'est-à-dire une rencontre soit dans le deuil soit dans la joie. Le livre de la création nous explique que le mois de Av est dominé par la lettre ''têt''. Chaque mois ayant une lettre qui représente sa couronne. Et le ''têt'' est l'initiale du mot ''tov'' le bien et est aussi l'initiale du chiffre neuf et donc le 9 Av est sous le signe du tov du tov, du bien du bien. Ce jour-là, le peuple d'Israël a raté quelque chose d'exceptionnelle. C'est le jour ou devait être annoncée leur entrée en terre sainte qui est l'union avec la Chékhina, avec la présence divine sur terre.
Nous allons parler de cette union ratée ou de cette union qui n'a pas abouti. Que faire pour que cette union revienne et soit rétablie convenablement?
Il y a un texte dans le livre ''la voie de Dieu'' où le Ramh'al parle de la complexité de l'homme, de l'union du corps et de l'âme. Le corps étant le résultat de la dissimulation de la présence divine comme d'ailleurs toute la matière qui procède de cette dissimulation. L'autre composante de l'homme étant l'âme humaine qui procède du monde divin. Au début, l'âme est asservie et est obligée de descendre dans ce monde mais à la fin, elle s'unira avec plaisir au corps. L'âme au début est oppressée pour venir dans ce monde mais à la fin elle est consentante. Ceci pour dire que l'âme et le corps représentent une antinomie. Et pour quelle raison, Dieu oblige l'âme à descendre dans le corps? Si le but de l'homme est d'arriver à l'adhésion, alors il n'y a qu'à mettre l'homme dans un endroit qui lui permettrait de fleurir mais puisque l'homme est mis dans ce monde où tout le détourne du but ultime, dans un corps qui ne fait que le tirer vers le bas, c'est que l'on demande à l'homme de dominer le corps et la matière. Son but est d'empêcher ce corps de le dominer et de faire aller ce corps dans les chemins de l'intellect c'est-à-dire de la Néchama. Le premier homme lui-même créature céleste a trébuché dans ce corps et dans cet endroit où l'homme ne peut arriver à l'adhésion avec Dieu et avec l'infini. Ce monde qui attire l'homme par ses beautés et cette âme qui est enveloppée par ce corps. La majorité de la vie de l'âme dans le corps n'est que souffrance. Seule la personne qui dirige toutes ses actions selon son âme pourra se sentir libre. Il est vrai que l'âme nourrit le corps mais son but est de se lier complètement avec ce corps même si celui-ci disparaît au moment de la mort mais ce n'est qu'une séparation éphémère jusqu'à la résurrection. Alors le corps reviendra au niveau de la Néchama pour vivre l'éternité. Car pour le Ramh'al, le véritable plaisir est avec le corps, ce n'est pas l’âme dans le paradis et pour cela, il a besoin de faire un travail énorme afin de dominer les pulsions du corps et d'aller dans les voies de Dieu. Le corps en fait n'est pas la prison de l'âme mais le lieu qui est apte à elle.
Il y a un plan mystérieux dans la création, dans le corps et aussi dans l'exil d'Israël chez les nations. Et celui qui ne connaît pas ce plan, la véritable raison, alors, il est en combat, en conflit perpétuel avec le corps, combat entre le bien et le mal. Mais celui qui est dans la sagesse, il n'est plus dans le combat. Il est dans une harmonie dans les actes de son corps d'avec son âme. Ce plan justement veut réunir deux choses, réunir l'âme sainte et divine dans la matière épaisse qui représente en fait tout l'univers car le corps est le microcosme de tout ce qui existe dans l'univers. L'âme est représentative de tout les mondes célestes. Cette union qu'est l'homme primordiale, cette structure de la création est en fait l'union du Réchimou qui est la trace de la lumière avec la lumière elle-même. Cette trace de la lumière est le corps physique de l'homme, c'est la dissimulation qui est le résultat du Tsimtsoum, de la restriction. Cette trace en union avec le rayon va créer ce que l'on appelle ADAM KADMON, le plan primordial. Et il y a aussi en bas un homme qui va réunir les deux choses de cette structure. Ce ne sont pas les anges ni les animaux qui représentent cette universalité qui est cette union du divin et de la matière. Cette union qui est complète et paradoxale, elle existe ici bas dans ce monde et seulement dans ce monde et non dans le monde que l'on appelle le paradis où ne subsistent uniquement les âmes. Ce n'est pas l'idéal. Ce n'est qu'un niveau d'âme en attendant qu'elles retournent dans la résurrection des corps car les deux parties doivent vivre éternellement ensemble. Mais en attendant, il y a un travail à faire: il faut épurer le corps, il faut élever le corps et ce n'est qu'à partir de la matière, qu'à partir de l'action matérielle que l'homme va atteindre la perfection et l'élévation jusqu'à la pureté et le summum des degrés. Et mieux encore, cette dégradation de l'âme sera son élévation. Le corps sera pour elle une sorte d'ascenseur qui va élever l'âme à un niveau encore supérieur de là où elle vient. Elle va atteindre la perception la plus précieuse qui s'appelle la ''proximité'' en transformant les ténèbres en lumières et la mort en vie éternelle.
Ceci dit, le but de l'âme en descendant dans le corps est de transformer le mal en bien. Et cette idée de transformer le mal au bien est d'amener justement le corps à l'âme. Le corps n'étant que l'âne (âne ''H'amor'' en hébreu a les même consonnes que matière ''H'omer'') c'est-à-dire la matière. Lorsque Avraham dit a Yishmaël et à Éliézer de rester avec le H'amor au moment où il va sacrifier Yitsh'ak, cela veut dire que le corps est le dominant et il peut le rester pendant des années et même au moment de la prière, au moment de l'étude de la Torah et de l'accomplissement des Mitsvot car l'homme ne change rien à son corps. C'est lui qui dirige l'âme sans que celle-ci ne s'en rende compte. Nos sages enseignent qu'au moment du sommeil, l'homme se décharge du fardeau et pour cela, juste avant de dormir il faut accepter le joug de la royauté céleste. Le Shéma de la nuit est plus grand encore que le Shéma du matin car au matin, l'âme est dans le corps et c'est son travail d'asservir son corps mais au moment de dormir où l'homme ne veut qu'une seule chose: se séparer de ce corps, c'est à ce moment qu'il lui est exigé de dire le Shéma et de rester dans ce corps. Et c'est justement dans ces moments où le corps est pesant soit parce qu'il est malade soit parce que les événements ne vont pas comme il le souhaite et où l'âme veut se séparer de ce corps qui est pour lui un fardeau, qu'il faut au contraire redoubler d'efforts pour rester en lui et pour l'élever. C'est par les épreuves que l'homme grandit car à ce moment, l'âme fait son travail dans le corps en essayant de le travailler pour qu'il s'attache à elle et qu'il reste sous sa domination. C'est le corps qui reçoit le joug de la royauté divine et non l'âme et donc c'est lui qu'il faut transformer. Le Shéma transforme le sommeil du corps en quelque chose de sacré. Le Ramh'al dit ainsi:'' jusqu'à ce que l'action matérielle profane elle-même soit accomplie avec la pensée que Dieu nous l'ordonne et alors cette action va agir de manière parfaite''. Lorsque l'homme annulera cette autonomie illusoire du corps en ressentant que son acte n'est dirigé que par une force supérieure et indépendante de ses propres pulsions, alors cet acte-là sera dirigé par l'âme elle-même et sera parfait. Il n'y a pas mieux que l'action matérielle pour arranger l'homme. En d'autres termes, en l'homme sera intégrée directement la perfection. Et le niveau supérieur se dégagera de ce niveau bas et dégradant et ce n'est qu'à partir de lui qu'il va s'élever.
Cette union de l'âme et du corps n'est pas seulement pour mettre l'homme à l'épreuve. Cette vision n'est qu'une perception au niveau duel, une perception de l'enfance des cerveaux, KATNOUT HAMOH'IN. Dans la Kabbala, on nous enseigne autre chose. Il est donné à l'homme un travail de Tikoun, de réparation du monde. L'homme en se réparant, répare le monde avec lui. L'homme s'élève et alors le monde s'élève. Mais s'il ne domine pas ce corps alors celui-ci va le rabaisser dans les tréfonds de la matière, un peu plus d'argent, un peu plus de biens matériels...mais si ce corps est dominé par l'âme alors c'est lui qui va pousser l'homme jusqu'à l'amener à l'union. C'est le corps ou plutôt la sanctification de l'acte comme dit le Ramh'al qui va élever la Néchama. Manger sera alors comme offrir un sacrifice. Manger étant non pas un don mais une offrande et par cette offrande, l'homme s'élève. Ce n'est pas en prenant que l'on s'élève mais en donnant. Toute action matérielle si le corps domine ne sera qu'un acte impur de possession alors que lorsque l'âme domine le corps, cet acte se transformera en don, en don de soi. Tout acte peut devenir un acte pur sans intérêt personnel. Ce n'est qu'en apparence que ce monde apparaît antinomique. Les hommes croient que ce monde n'est pas le véritable monde et alors ils vont vouloir se séparer de lui, devenir des ascètes. Le Ramh'al est contre cette voie de l'ascétisme. On a besoin de l'ascétisme mais juste temporairement, pour prendre conscience mais après il faut revenir à ce corps. La mort est aussi une sorte d'ascèse mais le but n'est pas l'affaiblissement du corps par les jeûnes, le but est de vivre avec le corps convenablement, de trouver cette harmonie entre le corps et l'âme, de dominer cet animal et de le transformer en ange. Le but du monde étant de transformer cette matière épaisse grâce à la Néchama, grâce à l'intellect, grâce à la sagesse afin de ramener cette matière à l'unité, de la ramener au niveau de l'âme divine. Dieu fait descendre dans ce monde une sorte de puce qui s'appelle l'âme pour corriger le corps, pour corriger le monde qui est le résultat de la dissimulation de sa présence divine et rendre cette ombre de la mort en une lumière éclatante, transformer l'ange de la mort en ange de vie éternelle. Les explorateurs sont d'accord que la terre d'Israël est une bonne terre mais c'est aussi une terre qui mange ses habitants. Dans cette faute, il y a comme une sorte d'incapacité de l'homme à faire face au corps, à faire face à la matière. Il est préférable de vivre dans le désert où les forces du corps sont amoindries car il n'y a rien d'attirant dans le désert. Les explorateurs pensent qu'il est préférable de rester dans un monde spirituel que d'être confronté à la vie matérielle. Il est préférable de vivre dans un guétho plutôt que de se confronter à la vie matérielle de la terre sainte. Mais voilà Dieu veut le règne de sa présence dans ce monde. Le Beth Hamikdach est justement la centrale de transformation de la matière, de la transformation du corps, de la purification de ce corps. Dieu sait que l'homme faute, le problème n'est pas tant de fauter, de tomber. Le problème est de ne pas se relever. Et c'est ce que Dieu nous demande, exige de nous, nous relever. Le corps est là pour fauter, pour révéler le manque et l'âme est là pour combler ce manque, pour faire revenir le mal au bien. Le véritable travail est de retourner au temple et non de porter son deuil. Il faut arrêter de faire le deuil du corps comme de faire le deuil du temple car cela est la même chose. Le temple n'est fait que de pierres, d'or, d'argent et de cuivre aussi mais tout cela va prendre une autre dimension d'élévation et de sanctification. Ce vin que l'on donne à boire au juste est comme ce vin que l'on verse sur l'autel des sacrifices. Une action matérielle devenant une action divine. Et c'est ce qui nous manque avec la destruction du temple. Cette intelligence qui est en fait le rapport entre la matière et le divin et qui fait très peur si l'on peut dire au ''spirituel'' qui préfère annuler complètement la matière. Mais en vérité cette matière ne doit pas être annulée mais transformée. Cette matière qui est la conséquence de la dissimulation et est effectivement à l'origine du mal mais si nous savons la transformer en acceptant l'unité de la création, si avant de dormir nous acceptons le joug de la royauté divine, si avant de manger, nous invoquons la bonté divine qui nourrit toutes les créatures, alors cette matière nous permet de sanctifier non seulement un moment mais aussi une action. Et cette action devient plus forte encore que l'action des anges.
Ce qui nous manque en fait est ce DAAT, cette intelligence, ce savoir du corps. ''pour cela mon peuple a été exilé'' se plaint Yéchayahou le prophète. Par le manque de conscience, par le manque de DAAT. Et l'origine de ce manque de DAAT est la faute du premier homme qui nous a conduit à ne percevoir que l'arbre de la connaissance du bien et du mal où le vrai DAAT est en exil comme ce que Dieu lui dit ''où es tu?'' il parle de son corps pas de l'âme:''où es ton corps?'' tu l'as laissé tomber, il est séparé de ton âme. Et donc le peuple d'Israël sans cette union avec son âme ressemble aux nations et c'est cela l'exil. Dieu vous a donnés une âme pour éclairer les nations, pour amener la lumière aux nations. Le temple avait pour but de ramener tous les peuples vers Dieu, les amener au service divin. Mais au lieu de cela, le prophète leur reproche d'être parti chez eux. Et cela est à cause du manque d'intelligence, du manque de DAAT. En fait on connaît Dieu mais ce que l'on ne connaît pas est le but qui est assigné à l'homme qui est cette union du ciel et de la terre. La clé de voûte est Jérusalem. C'est le temple qui fait ce lien entre le ciel et la terre, entre l'âme et le corps. Cette conformité du corps à l'âme doit être dans tout le corps. La conscience ne doit pas rester dans la tête, proche de l'âme, elle doit s'épancher dans tout le corps. Le corps a 613 organes et nerfs qui lui permettent d'être uni, l'âme aussi grâce au corps va épancher 613 lumières mais avant d'être dans le corps, elle ne peut pas éclairer de 613 lumières. Chaque partie, chaque organe doit être sanctifié. Chaque pensée, chaque parole, chaque action doit être élevée. Mais il nous reste les débris de la vraie Torah, la Torah de Rabbi Chimon bar Yoh'aï qui nous apprend non pas l’ascétisme du corps, l'annulation du corps comme son fils voyant des hommes s'occuper des affaires de ce monde et ne pouvant supporter cette idée où le travail devient dichotomique, sur deux plans, l'un spirituel et l'un matériel. Cette dichotomie erronée étant la séparation du Tétragramme AVAYA, le spirituel et de ÉLOKIM qui est la Nature. Le temple en fait est le ROUAH', le souffle de Dieu qui relie le ciel et la terre comme le souffle qui relie le cœur et la parole, l'âme est le souffle. Ce qui unit l'âme divine et le corps c'est-à-dire l'âme nutritive, l'âme animale, cet âne qui est en nous, cette matière, est ce souffle, cet esprit, cette conscience, ce DAAT dont parle le prophète. Le véritable Tikoun est dans cette union et le temple est ce qui permet de faire cette jonction. Mais lorsqu'il n'y a pas cette clé de voûte, il y a une sagesse qui permet de réunir, c'est la Malkhout. La royauté relie le peuple et le roi et c'est le dernier niveau divin des Séphirot. C'est aussi le début et le commencement de la création des créatures. C'est la fin du divin et en même le début de la création matérielle. C'est ce souffle de sagesse et de discernement qui réunit la foi et la raison. Pour comprendre cela, il faut comprendre que le temple n'est pas un sanctuaire mais une centrale, un transformateur d'énergie matérielle en énergie divine. C'est la réparation de l'homme, c'est la réparation du monde. C'est le service de l'homme dans le temple qui va réunir ces deux aspects de la vie, le spirituel et le matériel. Les prières d'Israël jouent aussi ce rôle, le chant des Léviim, le travail des Cohanim vont souder la matière au spirituel.
Il y a une Torah que chacun de nous accomplit et chacun selon son niveau. Mais la véritable joie est dans l'union dit le Ramh'al. SASSON VESIMH'A, la délectation ''SASSON'' qui est le masculin et la joie ''SIMH'A'' qui est le féminin, c'est l'union des deux forces comme à Pourim où on a transformé le deuil en joie. L'union est de l'ordre de l'éternité où il n'y a plus de contraire. Les principes masculin et féminin s'unissent pour ne devenir qu'un seul et même principe. Et c'est cela la Torah du Eïn Sof, de l'infini, c'est la Torah de l'union des extrêmes, de l'union du bien et du mal. Et c'est cette Torah qu'Israël a abandonnée. Il y a une Torah qui est l'émanation divine dans ce monde mais il y a une Torah qui est issue de notre intelligence qui est toujours en rapport avec nos intérêts. Cette Torah est une Torah qui ne fait que servir les intérêts des hommes, cette Torah, Dieu n'en veut pas. Ce n'est qu'une Torah qui n'est présente que lorsqu'elle sert les intérêts personnels. La présence divine devenant une prostituée. Le corps est aussi devenu une prostituée. Il y a une autre Torah dit le Ramh'al qui est une Torah de l'ordre de l'infini, du Eïn Sof qui réunit l'infini aux mesures des Séphirot inférieures. Et c'est cette Torah qui relie Dieu aux hommes et que Israël a abandonnée. Pour cela, nous avons perdu cette relation du corps avec l'âme. C'est cette relation qu'il faut rétablir. Ce n'est pas le mont Sinaï qui est important, il n'a pas été sanctifié mais c'est le mont AMORIA où va être érigé le temple qui va être sanctifié. C'est le mont où Avraham va sacrifier son fils Yith'ak et qui va élever le corps au rang de sacrifice. Et c'est à cet endroit que se révèle Dieu éternellement. Alors qu'au mont Sinaï, il n'est descendu qu'une fois et après, il est parti.

av Mordékhaï Chriqui 5776
Retranscription Rav Michael Smadja
Publie par la Source des sagesses


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mardi 17 juillet 2018

Zohar- Masse



Zohar Massé 5778

Les 42 étapes de l'itinéraire de l'humanité.

Les 42 étapes des 40 ans passés dans le désert par le peuple d'Israël correspondent aux 42 étapes de l'histoire de l'humanité. Ces 40 ans dans le désert sont la structure parfaite du peuple d'Israël et de toute l'humanité entre la sortie d’Égypte et les plaines de Moav à la frontière d'Israël. Toutes ces années de zizanie, de reproches et d'épreuves forment en fait les différents moments qu'un homme traverse dans ce monde.

Le nom divin de 42 lettres correspond au monde du Tikoun. Selon le Ari Zal, ce nom ''MAB'' va permettre au chaos de se restructurer, de reprendre une forme apte à une perpétuité. Ce nom aussi est celui qui élève ce monde jusqu'aux mondes supérieurs. Il correspond donc aussi bien à la réorganisation de la structure primaire du monde qui n'est pas organisé convenablement et au Tikoun, à la réparation du chaos.

Le Zohar explique ainsi: « viens voir: au moment où Dieu a fait sortir les enfants d'Israël d’Égypte, il les a faits sortir avec le nom divin de 42 lettres, avec ce même nom qui a créé les cieux et la terre». Au départ, la création exprime un chaos qui va grâce à ce nom (qui est contenu dans les 42 lettres des deux premiers versets) se structurer pour sortir de ce chaos. Et c'est le don de la Torah qui va permettre finalement la mise en place de la structure finale ou presque de l’œuvre de la création. Le Midrash enseigne dans cette optique que tout le temps que le peuple d'Israël n'a pas reçu la Torah, la création continue à être dans le chaos même si l'humanité existe et perdure dans l'histoire (et donc avec un semblant d'organisation) mais en vérité, celle-ci exprime un désordre. La création par le nom de 42 va en s'organisant mais elle va se parfaire donc par le don de la Torah et la perception de l'unité de Dieu ne va se révéler qu'après la sortie d’Égypte, par ce don de la Torah.

Les pérégrinations du peuple d'Israël montrent en fait une structure de la création où se révèlent des descentes, des dégradations qui deviennent elles-mêmes des élans, des forces qui vont amener l'homme à une élévation spirituelle.

Cette sortie d’Égypte jusqu'à l'entrée en Israël correspond donc au nom de 42 lettres et donc à une nouvelle structure de la création.

Le monde de la Atsilout et ses ramifications: les trois mondes ''Bérya-Yétsira-Assya''

Depuis la sortie d’Égypte jusqu'au mont Sinaï, il y a 12 stations qui correspondent non pas seulement aux 12 tribus d'Israël mais aussi aux 12 permutations des lettres du Tétragramme. Elles correspondent aux 12 modes de la direction divine au niveau du Tétragramme. Par ces 12 étapes, la création pouvait arriver à la perfection. C'est le modèle idéal sans passer par les vicissitudes des épreuves de la vie et de l'histoire de l'humanité, le chemin de l'arbre de la vie éternelle (qui représente le monde de la Atsilout, de l'émanation). Dieu a voulu en trois jours (qui représentent les trois mondes inférieurs) faire avancer le peuple d'Israël de 30 étapes, 10 par jour (afin de relier ces trois mondes au monde de la Atsilout). Mais la première étape après avoir quitter le mont Sinaï a été les ''tombeaux de l'envie'' où le peuple a fauté en allant après leurs envies matérielles. À ce moment précis, ils ont quitté la sagesse divine (le monde de la Atsilout) pour aller dans la sagesse humaine, la sagesse des sens (les trois mondes déconnectés de cette Atsilout). Même avant la faute, il y avait besoin de ces 30 étapes qui devaient se concentrer en 3 jours afin d'amener Israël et la création à un niveau encore plus haut que le don de la Torah comme si ce niveau du don de la Torah n'était pas suffisant.

Quels sont ces 30 niveaux et où nous amènent-ils?

En fait, le peuple d'Israël représente l'humanité dans son ensemble et au mont Sinaï, il a pu expérimenter l'unité divine et percevoir la cause des causes (l'arbre de la vie éternelle). Mais après cette vision, Israël a voulu la saisir par ses propres moyens (l'arbre de la connaissance du bien et du mal) avec ces 30 autres étapes qui sont issues de la volonté divine. Dieu a voulu que le peuple expérimente les vicissitudes de l'histoire pendant 3 jours. Mais par leurs fautes, ces 30 étapes que le peuple devait obligatoirement expérimenter, ont perdurer dans le temps et il leur a fallut 38 années pour vivre ces épreuves. Ces 38 années représentent les six mille ans intermédiaires de la création.

Ces 30 étapes correspondent en fait aux nations (qui représentent le premier homme après la faute) et aux conflits qu'Israël va vivre en se confrontant à elles.

La première étape d'un homme (après le mont Sinaï) est vécue comme une renaissance qui est liée à l'envie. Un enfant lorsqu'il arrive au monde, la première des choses qu'il veut faire est de téter. En sortant d’Égypte, ils n'ont pas connu cette étape de l'envie car du chaos (représentée par Ramsès), il sont passés par Souccot qui correspond aux nuées divines de splendeur qui recouvrent et protègent de tous côtés. Puis il y a eu l'étape appelée ''H'érout'' qui correspond au chemin de la liberté...on peut dire que ces 12 étapes correspondent à la voie idéale (où le mal n'a pas d'emprise) pour arriver au mont Sinaï. Par contre, après avoir quitter le mont Sinaï, comme un enfant qui se sauve de l'école à la fin des cours, l'homme veut sortir du ventre de sa mère et expérimente alors la souffrance de la venue au monde. Il se trouve devant l'expérience de la tétée, de l'envie. C'est une étape obligatoire dans l'histoire de l'humanité mais automatiquement, il faut passer par l'étape de l'amertume, ''MARA'' qui fait découvrir à l'homme sa responsabilité au sein de l'humanité. Dans ces 30 dernières étapes, nous percevons une sorte d'évolution du genre humain aussi bien au niveau de l'individu qu'au niveau universel.

Il y a donc un itinéraire idéal de 12 étapes pour les sages pour arriver directement à la révélation (le chemin de l'arbre de la vie éternelle) et il y a un autre itinéraire de 30 étapes qui se révèle par l'expérimentation, par l'envie et le désir où se révèlent des moments forts et des moments faibles (le chemin de l'arbre de la connaissance).

Ce qui est important dans ce chemin bordé de conflits où certaines nations sont figées dans une étape, est qu'il faut savoir que toutes doivent obligatoirement continuer leur chemin. Lorsque Israël évoluera, alors les nations aussi évolueront pour suivre le chemin d'Israël. C'est Israël qui doit être le modèle et donner cette forme parfaite de la révélation divine même en vivant les épreuves afin de les surmonter.

Hachem, Dieu providence

En vérité, ces 30 étapes viennent nous enseigner que Dieu est souverain dans l'histoire et pas uniquement le Dieu créateur. Les étapes, les épreuves et les rencontres dans la vie ne sont pas fortuites. Elles sont volonté divine, Dieu désire ces 30 étapes afin que les créatures puissent comprendre l'unité divine par son contraire. Ce n'est alors que par les ténèbres, par les dégradations que l'homme pourra percevoir la vérité. Israël va pouvoir comprendre sa fonction aussi par les différentes nations qui elles, sont restées dans ces étapes, figées où elles se confinent et ne veulent pas évoluer.

La Torah du Sinaï et la Torah de Moav

Le désert ne montre pas seulement un exil mais aussi le moyen de mériter la terre sainte, le royaume de Dieu et la révélation de sa royauté. On a reçu la Torah non seulement sur le mont Sinaï mais aussi à la dernière étape qui est ''les plaines de Moav''. À Moav, Moshé a appris au peuple d'Israël à adapter la Torah pour la conquête de la terre et comment vivre la Torah dans cette terre. C'est aussi la Torah du roi David autre que la Torah du mont Sinaï où le mal n'affecte pas l'homme. Le mal a affecté Moshé et toute la génération du désert après la faute du veau d'or et tous vont mourir dans ce désert. Avec David, nous allons travailler et transformer le mal en bien. Nous voyons que le Roi David est l'engendrement justement d'unions difficiles tels que Yéhouda et Tamar, de Boaz avec Ruth qui descend de Moav, d'un inceste entre Loth et sa fille, David étant lui-même le fils indigne d'une grande lignée.

Ces 30 étapes ont été rajoutées aux 12 premières étapes qui étaient la vie parfaite d'avant la faute du premier homme (l'arbre de vie éternelle) car il faut maintenant expérimenter la vie et non plus la recevoir avec foi. Nous vivons maintenant l'arbre de la connaissance du bien et du mal et par ceci, nous pouvons inclure aussi les nations. Dans les 12 premières étapes, les nations n'ont pas de part, n'ont pas accès.

Les 12 premières étapes nous ont fait atteindre le monde de la ''ATSILOUT'', de l'émanation pure de tout mal. Les 30 étapes qui devaient se faire en trois jours représentent en fait les trois niveaux de la création que sont les mondes de la création (Bérya) de la formation (Yétsira) et de l'action (Assya). Ces trois mondes représentent différentes expériences afin d'arriver à la perfection du monde de la Atsilout. Le monde de l'action représente le monde de l'envie (l'étape appelée ''le cimetière des envies'') où les envies nous poursuivent et qu'il faut enterrer pour accéder aux autres mondes. La plaine de Moav correspond à la porte du ciel, l'accès à cette découverte du ciel dans la terre, à cette immanence, à cette présence divine dans ce monde, à ce trône divin. Les 30 étapes ont amené cette Torah de l'adhésion volontaire au contraire de la Torah du mon Sinaï qui au contraire était le résultat d'une adhésion forcée.

 

Rav Mordékhaï Chriqui